xxxvm ELOGE DE M. LEIBNIZ
mathématiques , il 1’expofe naîvement dans le mois de Sep-tembre 1691. des Actes de Leipsic. Il dit qu’il étoit encoreentiérement neuf dans la profonde geometrie, erant à Paris en1672. qu’il y connut l’illustre M. Huygens, qui étoit aprèsGalilée 6t Defcartes celui à qui il devoit le plus en ces ma-deres , que la lecture de fon livre de Horologio oscillatorio ,jointe à,celle des ouvrages de Pascal, & de Grégoire de SaintNincent , lui ouvrit tour d’un coup l’esprit, 6c sui donna desvués qui l’étonnérent lui-mème, 6c tous ceux qui favoientcombien il étoit encore neuf; qu’aulsi-tòt il s’offiit à lui ungrand nombre de theorémes qui n’étoient que des corollai-res d’une méthode nouvelle, dont il trouva depuis unepanie dans les ouvrages de Gregory , de Barrou , Le de quel-ques autres ; qu’enfin il avoit pénétré jufqu’à des fources pluséloignées 6c plus fécondes , & avoit foumis à l’analyfe cequi ne l’avoit jamais été. C’est fon calcul dont il parie. Pour-quoi dans cene histoire qui paroît si sincère, Le si exemptede vanite, n’auroit-il pas donné piace à M. Newton ? il estplus naturel de croire que ce qu’il pouvoit avoir vu de lui en1672. il ne l’avoit pas entendu aussi finement qu’il en est ac-cuse , puisqu’il n’étoit pas encore grand géométre.
Dans la théorie du mouvement abstract qu’il dédia a l’Aca-démie en 1671. Le avant que d’avoir encore tien vu de M.Newton , il pose déja des infiniment-petits plus grands les' unsque les autres. C’est-là une des clefs du fystème, Le ce prin-cipe ne pouvoit guère demeurer sterile enne fes mains.
Quand le calcul de M. Lèibniz parut en 1684, il ne futpoint reclamé ; M. Newton ne le revendiqua point dans fonbeau livre qui parut en 1687 ; il est vrai qu’il a la générositéde ne le revendiquer pas non j)lus à préfent, mais fes amisplus zélés que lui pour fes intérets auroient pù agir en fa pia-ce, comme ils agiffent aujourd’hui. Dans tous les Actes deLeipsic M. Leibniz est en une possession paisible Le non inter-rompué de l’invention du Calcul différentiel. Il y déclare mè-me que Mefsieurs Bernoulli l’avoient si heureufement cultivé,