D’ARCH ITECTURE.
mais j’ai cru que dans ce dessein je devois proposer un exempleoù la beauté de l’Architecture l’emportât sur l’économie d’un perede famille, qui distribue plutôt sa place suivant les usages qui luiconviennent, que selon les réglés de la belle décoration. Cepen-dant, quoique cette maison tienne beaucoup du palais par le de-hors, les appartemens & leurs dégagemeng s’y trouvent aíïèz heu-reusement tournés, & les pièces n’en font point aíïèz grandespour qu’on puiste dire qu’elles consomment la place, ni si petitesqu’elles ne soient proportionnées à la masse extérieure de l’édifice;l’acquisition de quelque place auprès de celle-ci, dans laquelle onrangeroit les basse-cours, rendroit cette maison un hôtel accom-pli. Je ne m’arrêterai point à faire l’examen des différentes distri-butions qu’on pourroit faire fur cette même place : comme de lais-ser le grand corps-de-logis simple, de doubler une des ailes, Lee.car un Architecte qui a du génie, peut se retourner d’une infinitéde façons fur un même sujet. Je me renfermerai dans la distribu-tion que j’ai imaginé, qui me semble la plus avantageuse , pourinstruire en termes généraux des préceptes qui deviennent infinispar rapport aux réglés particulières.
Mais pour revenir à la description de cet édifice, il est supposéaffis fur une place de ving - deux toises Le demie de largeur, furenviron soixante Le quinze toises de profondeur, dont le bâtimenten occupe vingt-cinq; d’un côté ce bâtiment fait l’encoignured’une rue, Le de l’autre il est appuyé contre un mur mitoyen : ilconsiste en un petit corps-de-logis fur le devant, qui communiquepar le moyen de deux ailes à un grand corps-de-logis double quiest au fond d’une cour environnée de toutes parts de bâtimens ; Lecette cour a quatorze toises Le demie de largeur fur quinze toisesde profondeur, fans y comprendre les saillies des avant-corps.