Band 
Deuxième partie.
JPEG-Download
 

— ÉGLISE DE SAINT-FRANÇOIS A ASSISES. —

autres combinaisons de charpente qu’elles remplacent, par la pente qui a été donnée à leurs extrados ; les boisse réduisent ainsi à une suite de faîtages et de pannes portant les chevrons, excepté dans la croupe qui sur-monte l’abside.

Une partie du mobilier de l’église haute n’offre pas moins d’intérêt que l’édifice lui-même. Le trône del’évêque est contemporain de la construction première : établi sur plusieurs marches de marbre, il consiste enun large siège dont le dossier en pointe est orné de crosses végétales ; des lions en marbre, comme le reste,servent d’appui pour les bras. Deux colonnes, précieuses par la matière, s’élèvent en avant du siège et portent,par l’intermédiaire de leurs riches chapiteaux , une corniche surmontée d’un fronton aigu, orné de fleuronsrampants et d’une ouverture trilobée. Cet ensemble, s’appuyant sur le mur du fond de l’abside, forme un daismonumental. Deux portraits de papes, contemporains sans doute de la construction de l’église, et dont lamémoire s’y rattache par quelque lien historique, sont retracés au-dessus.

Une série de stalles, du plus beau travail et attribuées à Sansovino , en 1501, fait le tour du sanctuaire ets’étend jusque dans les transsepts ; le style est celui de la transition de l’art gothique à la renaissance ; le cou-ronnement ou dais de chaque siège se compose d’un pignon aigu et fleuronné, accompagné de pinacles dansle goût du moyen âge, et d’une petite voûte en coquille. (Voir le dessin en perspective.) Un entablement den-ticulaire leur sert de support commun. Les accotoirs qui séparent les stalles sont de riches consoles d’uneexécution très-soignée et comparables aux plus beaux travaux de la renaissance. Dans le haut-dossier, aumilieu de nombreuses moulures et de cadres en forme d’arcades, on remarque des ouvrages de marqueterie enbois, d’un dessin admirable, qui représentent des sujets d’histoire, et des portraits de moines et de prélats,exécutés avec une vérité et une expression frappante ; les draperies en sont belles et d’un bon effet. Les con-tours de ces marqueteries sont tracés par des lignes en bois noir, les chairs en bois fauve, et les draperies enbrun. Les basses stalles sont placées en avant de celles que nous venons de décrire, et décorées seulement deconsoles d'une belle exécution. Le maître-autel est moderne, ainsi que tous les accessoires qui l’accompagnent.Des piédestaux, isolés et placés aux quatre angles, supportent autant de figures d’anges à genoux sur des nuages.Le lutrin est de même un meuble moderne.

Les auteurs qui ont écrit sur l’église d’Assisi, et qui ont traité l’histoire des arts et des artistes en Italie ,11 e sont pas d’accord sur le nom de l’architecte qui fut chargé par le frère Élie de faire les projets du monu-ment que nous venons de décrire. Vasari dit qu’on doit les attribuer à un nommé Jacobus (Jacopo), Allemand de nation et père du célèbre Arnolfo di Lapo; on a pensé que cet artiste fut amené en Italie par l’empereurFrédéric II.

Le père Angeli, qui a écrit l’histoire du couvent et de l’église d’Assisi, confirme l’opinion de Vasari , et nousapprend, en outre, qu’un concours s’ouvrit à cette occasion entre les plus habiles artistes, et que ce fut Jaco-bus qui l’emporta sur ses concurrents ; il s’exprime ainsi : Proplerea ex Germania, omnium archileclonicesperitorum illius œvi peritissimo Jacobo Alemanno (ut refert Georgius Vasarius ) convocalisque aliis ineadem arte versatis quos inter adhuc juvenis devotione ductus adfuit Philippus de Campello qui posleaordinem ingressus est , et post Jacobum predictum tolius operis prefectus est conslilulus. Consideraloemensoque situ , variis prœposilis exemplaribus , perpensisque schematibus , omnes judicio Jacobi stelerunt ,

et 15 a mensis 1228 , fundamenlis fodiendis multiplex imposita fuit manus . Sub initio mensis maii

1230, ad eum statum opus redactum fuit ut pro feslo proximo Pentecostes in nova basilica et convenlu facilepotuerit generale capilulum, et sancti corporis ad eam fieri translatio. Ici le père Angeli est trop explicitepour que les détails qu’il donne n’aient pas été pris à une bonne source ; quant au peu de temps qu’il indiquecomme ayant suffi à la construction de l’église, savoir du 15 mai 1228 au commencement du même mois del’année 1230, il ne faut probablement entendre que les travaux relatifs à l’église basse et à la crypte, carpour l’ensemble du monument, il est impossible qu’il n’ait été employé que deux années; la date de la consé-cration se reportant à 1253, il devient clair que ce ne fut qu a cette dernière époque qu’on termina l'archi-tecture, la peinture murale et sur verre, ainsi que la sculpture des ornements.

Le père de la Valle voudrait attribuer la construction de cette église à Niccola Pisan, opinion qui n’est pasacceptable, puisque l’art de l’école pisane a une physionomie qui lui est particulière et dont on ne retrouveaucune trace dans le monument d’Assisi ; Niccola se dirigea de bonne heure vers l’imitation de l’antique , etsur son architecture ce goût se révèle dans les détails. On sait en outre qu’à l’époque de la construction del’église d’Assisi, Niccola Pisan était occupé à Bologne au monument que l’on considère comme son chef-d’œuvre,l’^rca di San Domenico. L’opinion de Vasari paraît donc bien établie. Un artiste étranger, né dans une con-