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Deuxième partie.
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— STYLE OGIVAL. —

antiquité. L’église de Saint-André de Vercilli, bâtie au commencement du XIII e siècle par le cardinal Guala,n’aura sans doute pas été sans influence sur le parti pris par l’architecte de se servir de l’ogive dans le dômede Florence . Quant aux colonnes , il n’a point voulu les employer à l’intérieur. C’est le système de pilastresqui y règne.

Le plan de Sainte-Marie des Fleurs , de Florence , forme une croix latine , dont les trois branches supé-rieures ont une égale dimension. Le chœur et les deux transsepts sont polygonaux et construits par l’octogone ;ils offrent trois faces. Cinq chapelles carrées rayonnent sur les faces apparentes de l’octogone en questionL’intersection présente également une figure à huit pans. Quatre grandes travées forment la nef et ses colla-téraux. Elle devait avoir une travée de plus dans sa longueur. Mais les familles des Falconieri et des Bischierine voulurent pas sacrifier des bâtiments qu’elles possédaient à l’est du dôme, et l’architecte fut obligé de secontenter de donner à son monument la longueur qu’il a actuellement. Car l’architecte avait l’intention debâtir cinq travées au lieu des quatre qui existent. C’est ce que peut prouver la disproportion de la nef avec l’é-tendue du chœur, qui, pour l’œil exercé habitué à l’étude des plans des églises de l’époque de la nôtre, est tropétendu pour la dimension longitudinale de la nef. Il est évident que l’architecte a voulu appliquer dans son œuvrele beau système des chapelles rayonnantes en usage dans les pays du Nord, et tel que nous le voyons pratiquéà Reims , Beauvais et Cologne . Mais il n’a point tiré parti du bel effet d’ombre et de lumière que produit cesystème à l’extérieur, par le périmètre des lignes obliques et angles rentrants et sortants, tel qu’on le voitdans les cathédrales que nous venons de citer. Au dôme de Florence , les cinq chapelles du chœur et de chacundes transsepts sont englobées et circonscrites dans la moitié d’un octogone, et trois faces seules de cettefigure se présentent à la vue du spectateur. Ces chapelles sont prises entièrement dans l’épaisseur du mur.Cette disposition, qui malgré cela est fort belle à l’intérieur, ne peut être excusée que par l’intention del’artiste de couvrir l’intersection par une immense coupole , pour laquelle il a été obligé d’établir des pointsd’appui solides et vigoureux. La cathédrale de Pise avait sa coupole, et Saint-Marc de Venise avait la sienne.Arnolfo di Cambia voulut doter Florence d’une autre coupole , dont la grandeur et la magnificence devaienteffacer les autres. Il en conçut le projet ; il ne put l’exécuter, mais des dispositions avaient été prises à ceteffet dans son plan de l’édifice. Ce n’est que cent vingt-cinq ans'plus tard que fut commencée la coupole qu’onadmire aujourd’hui, comme une des plus belles qui existent.

Ce ne sont pas des colonnes qui soutiennent les arcades de la nef, mais des piliers carrés à angles rentrantsaux extrémités, dans lesquels est placée une colonaette. Nous n’y voyons pas, comme dans le Nord, l’ap-plication des demi-colonnes sur les grandes faces et qui produisent un si bel effet. Les piliers de notre cathé-drale empruntent quelque chose de l’aspect des pilastres. Coupés d’abord à une hauteur de 1 l m ,50 environpar le chapiteau, sur lequel est adaptée une sorte de frise avec corniche, servant de bases aux pilastres supé-rieurs, coupés ensuite une seconde fois à une élévation de 20 m par la continuation horizontale de l’archivoltedes arcades, ces piliers n’ont point d’élégance ni de légèreté ; ils semblent lourds et écrasés. Les arcades qui sé-parent la nef des bas côtés, sont à ogives. Immédiatementau-dessus de ces arcades, règne une élégante balustradesupportée par de riches consoles très-saillantes et composées de feuillages. C’est du pied de cette balustradeque s’élèvent les arcs-doubleaux transversaux et les nervures diagonales. Ainsi que notre coupe le fait voir, iln’existe point de triforium dans Sainte-Marie des Fleurs de Florence. Au lieu de nos belles claires-voies duNord, il n’existe dans notre cathédrale qu’un mur plein, percé de quatre grands oculus de chaque côté. S’ilsne sont pas aussi beaux que nos claires-voies du XIII e siècle sous le rapport esthétique, ils sont suffisants pourla lumière qu’ils doivent faire entrer dans le monument. Car, n’oublions pas que le soleil du Midi est infini-ment plus éclatant et plus vif que le nôtre : qu’en hiver, le ciel n’est point aussi longtemps brumeux que cheznous, et que, par conséquent, les baies qui doivent éclairer l’intérieur d’un édifice n’ont pas besoin d’êtreaussi spacieuses que dans le Nord. Toutes les arcades intérieures du dôme sont à ogives. Les fenêtres des bascôtés sont élégantes et élancées. Elles sont d’une grande simplicité à l’intérieur, n’ayant qu’un seul meneau.La partie octogonale de l’intersection n’offre pour ainsi dire que des parties de murs lisses, si l’on en excepteles trois galeries qui en font le tour à l’intérieur. Les chapelles du chœur et des transsepts ont également unegrande sobriété d’ornementation. La galerie qui règne au-dessus des arcades de la nef, qui se prolonge aussisur les quatre faces pleines de l’octogone de l’intersection, règne également dans les transsepts et le chœur,de sorte qu’en partant du mur de la façade occidentale, l’on peut faire le tour de la cathédrale (*).

'*) La longueur du dôme de Florence dans œuvre est de 153 m. ; la nef a 18"50 de largeur; la largeur de la nef et des