— SAINTE-MARIE DES FLEURS A FLORENCE . —
L’extérieur de Sainte-Marie des Fleurs est empreint d’une noble majesté et d’une imposante grandeur : ilest revêtu de marbre blanc, noir et rouge, et ce revêtissement forme une immense quantité de panneaux carrésde toutes dimensions. Il nous semble cependant qu’il y a une trop grande exubérance de panneaux, et leurdisposition ainsi que leur couleur ont souvent fait comparer la cathédrale de Florence à un grand ouvragede marqueterie, et il faut l’avouer, la comparaison n’est point inexacte, mais méritée. Il paraît que les deuxtravées occidentales de notre monument n’ont point été élevées par Arnolfo, ni même d’après ses dessins.Elles offrent, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, une disposition autre que celle des deux travées orientales.Les fenêtres sont moins élevées, et des espèces de pilastres, formant des contre-forts de très-peu de saillie, or-nent ces deux travées de l’ouest, tandis qu’ils manquent aux deux autres travées. Il est à présumer que cettepartie du monument a été exécutée par Giotto , qui a fait aussi un projet de façade principale qui eut uncommencement d’exécution. Nous ferons encore remarquer que les deux travées de l’ouest ont de chaquecôté quatre fenêtres, tandis que les deux autres n’en ont que deux qui sont infiniment plus élevées que lespremières. On entre dans la cathédrale de Florence par sept portes, dont trois sont placées sur la façade occi-dentale, et quatre autres sur les façades du nord et du midi. Les portes latérales seules attirent l’attention del’artiste. Ainsi que les fenêtres, elles offrent le style florentin à ogive dans toute sa perfection comme dansson entier développement. Mais il ne faut pas y chercher l’harmonieux agencement des lignes droites et deslignes courbes, ni la savante disposition des plans, et des colonnettes telles que l’homme de science et de goûtse plaît à les étudier dans nos cathédrales d’Amiens, de Reims et de Cologne . Dans les fenêtres, et surtout dansles portes latérales de notre monument, on retrouve sans peine le sentiment de l’antiquité romaine, dontl’esprit italien dans le moyen âge n’a su s’affranchir entièrement. Nous ne regardons le dôme de Florence quecomme une traduction classique de notre architecture septentrionale, création des hommes du Nord, affran-chis des traditions absolues de l'antiquité, quoique de temps en temps nous y surprenions cependant certainsvestiges, singulièrement transformés et métamorphosés néanmoins. Nous ne pouvons passer sous silence lesbelles colonnes torses de la porte latérale du nord-ouest et les magnifiques sculptures qui lui servent de base,et qui représentent un lion et une lionne avec ses petits. Il est vivement à regretter que les artistes qui sontallés en Italie , n’aient jamais songé à dessiner l’ornementation du monument qui nous occupe.
Le dôme contient de magnifiques vitraux peints par François-Dominique Livi de Gambassi en Toscane . Ladélibération de l’oeuvre de Sainte-Marie des Fleurs qui le charge de ces travaux est datée du 15 octo-bre 1436 (*). Il y existe aussi d’autres vitraux peints d’après les dessins de Ghiberti et de Donatello .F. D. Livi est le même artiste qui a peint le couronnement de la Vierge du vitrail de la fenêtre de la grandechapelle de l’église paroissiale d’Arezzo .
La partie la plus remarquable de notre cathédrale est sans contredit sa coupole. Elle n’est point l’œuvred’Arnolfo di Cambia, mais de Filippo Brunelleschi , architecte florentin. A la mort d’Arnolfo, il ne put voirbander que les trois principaux arcs qui soutiennent la coupole.
Le gouvernement de la république de Florence convoqua, en l’année 1420, une réunion des plus illustresarchitectes de France, d’Allemagne, d’Angleterre, d’Espagne et d’Italie , pour avoir leur avis sur le projet de laconstruction d’une coupole pour le dôme. Cette assemblée eut lieu dans l’œuvre de Sainte-Marie des Fleurs,et après bien des discussions, Brunelleschi remporta la victoire sur ses compétiteurs et ses rivaux.
La coupole, déformé octogone, a été commencée en l’année 1421, cent vingt-cinq ans après la pose de lapremière pierre de l’église. Aucun architecte depuis la mort d’Arnolfo n’avait osé se charger de la constructiond’une coupole sans faire une dépense prodigieuse de charpentes. Brunelleschi ambitionna cette construction,et sans parler de son projet à personne, il étudiait la structure d’un grand nombre de coupoles, d’une quantitéde voûtes antiques, et particulièrement celle du Panthéon de Rome, où il allait souvent. L’œuvre de Brunel-leschi fut terminée dans l’espace de treize ans, le 12 janvier 1434, et l’année suivante l’église fut consacrée parle pape Eugène IV .
Après la mort de Brunelleschi, les administrateurs du dôme désignèrent Giuliano da Maiano pour rem-
bas côtés est de 42 ni. Les bas côtés ont 8”,50 de largeur. La hauteur de la voûte est de 43 m ,85. La hauteur de la coupole estde 89 m ,25 jusqu’à la naissance de l’ouverture circulaire. Le diamètre de la coupole est de 42 m ,25. La longueur dutranssept dansoeuvre est de 92 m. y compris les deux chapelles du nord et du sud. Les transsepts ont 17 m. de largeur sans les chapelles, et31 m. avec ces dernières.
(*) La Metropolitana Fiorentina Illustrata par Molini. Florence , 1820, p. 17 et 53 et suivantes.