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Deuxième partie.
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— STYLE OGIVAL.

placer ce grand architecte. Il entoura les œils-de-bœuf du tambour de la coupole d’incrustations en marbresnoir et blanc, et construisit les pilastres de marbre, sur lesquels Baccio d’Agnolo éleva l’architrave, la frise etla corniche. C’est ce dernier architecte qui donna les dessins de la galerie de la coupole, ceux que Brunelleschi avait laissés à sa mort s’étant perdus par l’incurie des intendants de la fabrique. Il avait déjà exécuté une grandepartie de la galerie, lorsque Michel-Ange Buonarrotti critiqua l’ouvrage de Baccio, et la galerie resta inachevée.

Brunelleschi a banni le style à ogive (appelé manière tudesque par Yasari) des monuments qu’il éleva : ilemploya de nouveau les corniches antiques et mit en honneur les ordres toscan, corinthien, dorique et ioni-que. Sa coupole de Sainte-Marie des Fleurs, toutefois, n’en conserve pas moins un caractère qui n’est pointantique quant à l’ensemble. L’on voit, par notre coupe, que l’intrados forme une ogive. Mais l’extérieur dutambour qui supporte la coupole, est tout à fait dans le style antique. La lanterne qui la couronne, exécutéeaprès la mort et sur le modèle de Brunelleschi , offre le même cachet. La coupole intérieure est recouvertepar une seconde plus légère, et qui lui sert de toiture. On monte à la lanterne dans l’espace laissé vide entreles deux coupoles.

La coupole de la cathédrale de Florence est la plus grande connue et la première assise sur un tambour (*) ;c’est aussi la première qui ait été construite double, ainsi que nous l’avons expliqué plus haut.

La belle tour carrée et isolée, dite le Campanile, placée à 6“,50 de distance à l’angle sud-ouest du dôme, futcommencée le 9 juillet 1334 par Giotto di Bondone de Yespignano. Taddeo Gaddi continua les travauxen 1336,année de la mort de Giotto . C’est à l’occasion de la construction du campanile que notre artiste reçut de larépublique de Florence le titre de citoyen et une pension annuelle de cent florins pour le récompenser deschefs-d’œuvre qu’il avait créés. Cette élégante tour nous offre l’art toscan à ogive dans tout son développe-ment et dans tout son plus grand perfectionnement. Mais nous y retrouvons cependant les mêmes défauts queceux signalés dans notre description de la cathédrale. La ligne horizontale y domine d’une manière trop abso-lue, et coupe même quelquefois le système perpendiculaire d’une manière désagréable. Le campanile nousoffre le meilleur exemple de l’impuissance des plus grands artistes italiens de construire des monumentsd’une haute élévation, avec des réminiscences de l’aichitecture antique. Cette œuvre du Giotto n’exhibe pasl’entente de cette ordonnance perpendiculaire de lignes et de faces, si admirablement exprimée dans nos clo-chers du Nord.

Notre planche de détails du campanile nous montre la partie inférieure du soubassement (n° 7), le n° 5 sapartie supérieure. Il est très-simple et d’un goût parfait ; tous ses profils sont antiques. La figure 8 repré-sente la porte d’entrée située à l’ouest. Le système horizontal s’y fait connaître par une sorte d’imposte, con-tinuation du tailloir des deux chapiteaux des pilastres formant les pieds-droits de la porte. Sur le soubasse-ment, divisé en deux rangées horizontales de panneaux, s’élèvent quatre étages, dont le dernier a beaucoupplus de hauteur quo les trois autres. La figure 4 nous donne le couronnement supérieur de la tour. Lafigure 3 représente les fenêtres du second étage, la fig. 2 celles du troisième étage, la fig. 1 les quatre grandesfenêtres du quatrième étage supérieur, et enfin la fig. 6 les petites baies centrales du premier étage du bas.

Le campanile forme un parallélipipède complet qui s’élève dans les mêmes dimensions depuis sa base jus-qu’à son sommet. A chaque angle saillit un contre-fort octogonal, ainsi qu’on peut le voir par la fig. 1 denotre planche de l’élévation, des plans et de la coupe. Le corps du campanile a I3 m ,30 de largeur au rez-de-chaussée, et I2 m ,40 dans le restant de son élévation. Le mur du rez-de-chaussée a 3™,60 d’épaisseur : celledu mur des quatre étages est de 3 m ,15. Nos quatre plans indiquent suffisamment la disposition de l’escalierintérieur qui conduit à la plate-forme, et nous dispensent d’en parler ici. Il est facile de voir, par l’arrange-ment de la plate-forme et des pierres d’attente, qu’il était dans le projet de l’auteur du campanile de le cou-ronner d’une flèche. Relativement à cette construction, nous avons encore le témoignage de Vasari . Suivantle projet de Giotto , dit-il, au-dessus de la plate-forme devait s’élever une pyramide quadrangulaire, hautede cinquante brasses ; mais les architectes modernes ont toujours conseillé de ne point exécuter ce supplé-ment tudesque, dont la suppression ne paraît pas devoir nuire à la beauté du campanile (**). La hauteur ducampanile, depuis le sol jusqu’au-dessus de la balustrade de couronnement, est de 81 m ,75(***). Sa décoration

(*) On appelle tambour l’espace perpendiculaire situé entre le corps du monument et la naissance de la coupole.

(**) Vasari, traduction française de Leclanché et Jeanron. Vie de Giotto , tom. 1", p. 218.

(***) Dans la Metropolilana Fiorentina Illustrata de Molini, il est dit, page 41, que le campanile a 140 brasses de hauteur ;en comptant 594 millimètres pour la brasse, cela donnerait 83 m ,18, hauteur donnée aussi par M. Willis.