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Deuxième partie.
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— STYLE OGIVAL DE L’OCCIDENT.

Si un grand nombre d’édifices religieux, qu’on n’acheva souvent qu’au bout de plusieurs siècles, nous offrentle développement progressif de l’architecture du moyen âge, il en est peu cependant plus susceptibles que lacathédrale Notre-Dame de Fribourg de nous enseigner d’une manière plus certaine et plus instructive le dé-veloppement du style à ogive. Nous pouvons y étudier les dernières tentatives de vie du roman en Allemagne ;nous pourrons aussi y saisir les premiers essais de l’architecture sécularisée, et non plus hiératique et sacer-dotale , mais religieuse, c’est-à-dire , celle du XIII e siècle , qui a pris pour signe distinctif et caractéristiquel’arc à tiers points, l’ogive et une ornementation empruntée à la végétation indigène de nos champs et de nosforêts.

Nous avons dit plus haut que le transsept avec ses deux tours, à l’exception de leur partie supérieure, étaitla partie la plus ancienne de notre église, et qu’elle datait de la fin de la première moitié du XII e siècle. C’estce que nous prouvera le style de l’architecture. Les deux portes d’entrée du nord et du sud, les trois fenêtresqui les surmontent, ainsi que les deux roses de ce transsept, offrent tous les caractères bien déterminés del’architecture de l’époque en question. L’ogive n’y est point encore employée. Le fronton de couronnementdes deux façades est orné vers chaque rampant de celte rangée de petites arcades à plein cintre, qui appar-tiennent également au XII e siècle. Les deux étages inférieurs des deux tours latérales rappellent encore l’archi-tecture de cette époque.

L’arcade qui conduit du transsept au chœur, en passant sous la tourelle méridionale, offre de chaque côtéune frise remarquable dans son épaisseur. A gauche l’on aperçoit un homme à queue de poisson, une femmedont le corps se termine également en queue de poisson, et qui allaite un enfant. A la suite, l’on voit ungriffon combattu par un homme armé. Plus loin ce sont deux centaures ailés combattant l’un contre l’autre.A droite, en face de la famille de sirènes , c’est un homme qui tient deux griffons par une corde passée autourde leur cou. Ces griffons cherchent à atteindre un animal dont on ne peut plus reconnaître la forme , et quel’homme qui est au milieu d’eux tient enfourché sur deux bâtons. Ensuite vient une femme assise sur un liondont elle ouvre la gueule ; plus loin c’est un moine qui punit un loup tenant un bélier ; il le corrige avec unelance. Le dernier sujet enfin représente un moine dressant un loup. Ce dernier tient un livre ouvert et un stylet ;il détourne la tète de la vue du moine, et derrière lui l’on voit un bélier. Ces frises sont incontestablement dela construction primitive de l’édifice ; ce qu’il y a de remarquable, c’est que l’arcade où se trouvent ces sculp-tures est à ogive, tandis qu’il n’y a pas trace de cette forme à l’extérieur.

La nef date du commencement du XIII e siècle. Les deux premières travées orientales le prouvent par leurcaractère de simplicité, qu’on observe surtout dans leurs fenêtres. On y voit les premiers et timides essais desmeneaux. Un montant central et perpendiculaire divise la fenêtre en deux parties égales, dont chacune estcouronnée par une ogive. Un lobe qui a son point de centre sur l’axe du meneau surmonte le tout et remplitl’intérieur de la partie supérieure de la fenêtre. Ces quatre fenêtres de la nef sont moins élevées et ont une ap-parence plus lourde et plus massive que les autres. Elles ont une grande analogie avec les fenêtres de la claire-voie des églises de Noyon et de Saint-Leu d’Esserent (*). L’entablement supérieur de cette partie est différentdu reste. Il nous offre les grosses feuilles à crochet que nous retrouvons dans tous les monuments du com-mencement du XIII e siècle, à Notre-Dame de Paris, à Notre-Dame d’Amiens, à Saint-Pierre de Beauvais etautres. Sur les six contre-forts de la nef, les deux plus orientaux ont une moindre élévation que les quatreautres, et les clochetons qui les surmontent portent encore puissamment le caractère de l’architecture à ogiveprimitive. Les quatre travées occidentales de la nef, et le bas de la tour, jusqu’à la naissance de la partie octo-gone , datent du milieu du XIII e siècle et du règne de Conrad I er , qui gouverna de 1236 à 1272. C’est ce quenous prouve, indépendamment de l’architecture elle-même, l’inscription de la grosse cloche principale, fondueen l'année 1258, et mise en place sans doute bientôt après. Voici l’inscription qu’on lit sur cette cloche :

Anno Domini mcclviii. xv. Kl as. Augusti structa est campana. O Rex Glorie. Veni cum pace. Me

RESONANTE PI A POPE LO SUCCURRE MARIA.

Pour décrire la tour d’une manière facile et claire, nous la diviserons en deux parties distinctes : 1° la partiecarrée du bas , et 2° la partie octogone du haut. Ces deux parties se subdiviseront ensuite en plusieurs étages.Nous citerons d’abord, comme principal ornement extérieur de la grande division carrée du bas, le portail

;*) Voyez Plans, coupes, élévations et détails de la cathédrale de Noyon , par D. Rainée. 1846, in-folio. — Histoire de l’archi-tecture en France, etc., par le même. Paris , chez Frank, 69, rue Richelieu (vignette de la page 65).