pierre, le chœur put être consacré le 28 septembre 1322, jour de la fête de Saint-Côme et de Saint-Damien, etanniversaire de la dédicace de l’ancienne cathédrale qui avait été livrée au culte en 873.
Après 1 achèvement du chœur, les travaux reprirent avec activité ; on éleva les colonnes du transsept jusqu’auxchapiteaux des bas côtés, et on posa la porte septentrionale. On travailla également à la nef, et surtout à l’érec-tion d’une des deux énormes tours. Malheureusement l’activité des ouvriers fut bientôt paralysée de nouveau ;plus d un fourbe avait abusé des collectes qu’on faisait pour subvenir aux frais de construction, et l’archevêqueFrédéric de Saarvverden se vit forcé d’annuler en 1370 toutes les lettres patentes délivrées pour cet objet par sesprédécesseurs. Cette mesure détourna beaucoup de fidèles de faire de nouveaux dons; en outre, de temps à autre,on voyait se renouveler les différends et les guerres entre les archevêques, la ville etles princes voisins. Thierry deMoers, qui occupa le siège de Cologne de 1414 à 1463, épuisa les finances par des guerres continuelles; cepen-dant ce fut sous ce prélat que la tour du sud fut conduite à la hauteur où nous la voyons aujourd’hui, et reçut lesdeux cloches, qui, ayant sans doute éprouvé quelque accident, furent refondues dix ans plus tard, et devinrentcelles qui existent encore maintenant. C est aussi de cette époque que datait la grue gigantesque qui, après avoirservi à monter les pierres de taille, était restée sur la tour jusqu’à nos jours, et était devenue en quelque sortel'enseigne de la ville. En 1816, cette grue menaçant ruine a été démolie; mais elle a été rétablie à neuf en1819, à 1 aide d un legs de 18,000 rixdales fait à cet effet par M. de Klespe, ancien bourgmestre et sous-préfetsous 1 empire. L’autre tour, celle du midi, en resta à ses premières assises. Pendant la dernière moitié duXV e siècle, la nef était arrivée à la hauteur des chapiteaux des bas côtés, et, au commencement du siècle sui-vant, on put couvrir de voûtes les bas côtés septentrionaux. A partir de ce moment, les travaux cessèrententièrement, et tout portait à croire que cette œuvre magnifique resterait à jamais imparfaite.
Lorsque de uos jours le goût de l’étude des monuments du moyen âge vint se joindre à l’enthousiasme ex-clusif qu’avaient excité jusqu’alors les œuvres des Grecs etdes Romains, les premiers regards se tournèrent versla cathédrale de Cologne , et les premiers soins durent avoir pour but la conservation des parties commencéesou terminées. La pierre du Drachenfels qu’on avait employée à la maçonnerie étant parsemée de roche schis-teuse, et l’oxydation des boulons de fer passés dans les joints des pierres, les attaquant à l’intérieur, l’édificen’avait pu résister à l’influence destructive des vents et de l’humidité. Les chapiteaux, les balustrades, lesgouttières, les statues, leurs niches, les pinacles, les arcs-boutants étaient déjà rongés, etles morceaux quis’étaient détachés avaient causé aux toits et aux voûtes des dommages notables. II est vrai que de temps entemps le chapitre métropolitain avait fait exécuter quelques travaux indispensables pendant le cours duXVIII e siècle; mais l’entrée des armées françaises, jointe à l’émigration des chanoines, porta un coup fatal auxrevenus de la cathédrale,|qui d’ailleurs pendant plusieurs années servit alors de magasin de fourrage. Lorsque,en 1802, après la suppression de tous les chapitres, elle devint simple église paroissiale, le trésor de la ville etla charité des paroissiens ne purent suffire aux dépenses les plus urgentes. Toutefois, Napoléon ordonna quele plomb des gouttières, qui avait été enlevé en 1796 et 1797, fût remplacé, et cette opération fut terminée en1813. Quelques autres travaux furent aussi exécutés sous la domination française, mais ils ne firent que retar-der une chute qui devenait de plus en plus imminente.
Dès 1816, la basilique de Cologne attira l’attention du gouvernement prussien; l’illustre architecte Schinkel reçut l’ordre d’en examiner l’état, et sur son rapport, on travailla à réparer le toit, et on remplaça toutes les piè-ces pourries de la charpente. Mais ce travail même donna occasion de reconnaître que toute la construction étaitdans le plus triste état, et que, sans l’emploi de moyens énergiques, l’époque de la ruine totale de la cathédraleavançait à grands pas.
En 1821, M. Ahlert, inspecteur des bâtiments, fut chargé de faire un devis des frais que devaient entraînerles réparations urgentes, lesquelles furent exécutées sous la direction decet architecte jusqu a sa mort, arrivée le10 mai 1833. Le 14 août de la même année, il fut remplacé par M. Zwirner, qui depuis lors conduit les tra-vaux avec autant de zèle que de talent. Dès les années 1824 et 1825, la couverture de plomb du chœur avait étérenouvelée, etles réparations au mur du nord avaient commencé. Ces travaux furent continués avec un re-doublement d’activité ; les vitraux menacés par la dégradation de ce mur furent de nouveau garantis, et, dans lesannées 1828 et 1829, ils furent entièrement restaurés par Guillaume Düssel, maître vitrier, aidé de ses deuxlils. Les couvertures de plomb des basses nefs du nord, seules existantes, furent également refaites ; le mur dupignon du chœur du côté du midi fut relevé presque à neuf; les meneaux, qui étaient en très-mauvais état, furentremplacés ; en 1829 et 1830, les piliers butants etles contre-forts du midi furent reconstruits, et ainsi la con-servation du chœur fut assurée.