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Deuxième partie.
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— STYLE ORIGINAL DE L’OCCIDENT. —

On s’occupa ensuite du nettoyage et de la restauration de l’intérieur du chœur ; on retrouva alors aux tym-pans des arcades de légères traces de 28 figures colossales d’anges, cachées depuis le dernier siècle sous uneépaisse couche de badigeon ; on reconnut aussi des restes de l'ancienne peinture architecturale qui purentservir à guider dans les restaurations. Les peintures à fresque du cul-de-four et celles du mur provisoire derefend qui surmonte l’orgue, représentant le Christ entre les apôtres saint Pierre et saint Paul, ont été habile-ment restituées par le peintre Gustave Lesinsky ; on a également réparé les vitraux du chœur, et on en a garniles petites-fenêtres; enfin les principaux ornements de l’intérieur du chœur ont été débarrassés delà crasse sé-culaire qui les cachait aux regards, et rendus à leur splendeur première.

L’emploi de 300,000 thalers (1,125,000 fr.) à ces restaurations, et le rétablissement du siège archiépiscopalen 1825, conduisaient naturellement au désir de voir continuer et terminer l’édifice. Ce désir devint celui dela masse de la population, et fut enfin réalisé par le concours de différentes circonstances favorables, à la têtedesquelles on doit placer l’avénement au trône du roi actuel, lequel fut suivi presque immédiatement de larestauration du chœur. Le 6 novembre 1841, Frédéric Guillaume IV accorda à cet effet un secours provisoire de50,000 thalers, et le 8 décembre il approuva la formation d’un comité central pour l’achèvement de la ca-thédrale, lequel s’était constitué le 13 avril de la même année par un service solennel célébré dans la cathé-drale même, en présenced’une foule innombrable. L’enthousiasme des Colonais, comme une étincelle électrique,fit tressaillir l’Allemagne entière, et bientôt il se forma dans toutes ses villes des sociétés pour venir en aide à lasainte entreprise. Le comitéde Stuttgart , entre autres, donna une preuve immédiate de sonzèle par l’envoi d’unbateau chargé de pierres de taille ; le comité de Munich, sous la protection du roi de Bavière , ce prince siéclairé et si ami des arts, devint le centre de tous les petits comités formés dans ce royaume; enfin, un comitéfut établi même à Paris , et se vit bientôt entouré du concours des hommes les plus éminents et par leur posi-tion et par leur goût éclairé pour les arts. Des quêtes pour l’achèvement de la cathédrale furent faites danstoutes les réunions; des troncs dans le même but furent placés dans les hôtels fréquentés par les étrangers;enfin le produit de la rétribution exigée pour la visite du trésor et de la chapelle des rois mages fut affecté àla même destination.

La première pierre des travaux d’achèvement a été posée solennellement en 1842 par le roi de Prusse, quicontribue chaque année pour une somme de 50,000 thalers (187,500 fr.). Depuis lors, les travaux ont avancérapidement, surtout du côté du midi, qui était le moins avancé. De ce côté, l’ornementation du portail latéralqui forme l’extrémité du transsept est terminée, et les basses nefs ont presque atteint la hauteur de la naissancedes voûtes. Enfin, pour le dire en passant, ce qui manque à l’entier achèvement de la cathédrale est loin d’êtreaussi important qu’on pourrait le croire au premier coup d’œil ; le chœur est entièrement achevé, ainsi qu’unegrande partie du reste de l’édifice; les fondations existent partout, et n’ont souffert aucune altération; enfin,les parties inachevées sont à peu près toutes élevées à une certaine hauteur.

Nous pouvons donc espérer que sur ce point la fatale prédiction de Satan recevra dans un temps plus oumoins éloigné un éclatant démenti ; quant à la seconde partie de sa menace, relative à l’oubli dans lequel devaitêtre à jamais plongé le nom de l’incomparable artiste, auteur de la cathédrale de Cologne , il y a tout lieu decroire qu’elle a cessé dès à présent d’être à redouter. Une découverte récente, fondée sur des documents au-thentiques, semble indiquer positivement comme ayant été le premier architecte de la cathédrale Gérard deSaint-Trond, maître tailleur de pierre, magister lapicida, comme on disait alors. Nous avons vu que la pre-mière pierre du nouveau monument fut posée en 1248 ; on a retrouvé une charte de 1257, par laquelle lechapitre, en considération des services distingués rendus par M* Gérard, tailleur de pierre, qui dirigeait tousles travaux, lui fait présent d’un terrain sur lequel il avait élevé à ses frais une grande maison toute bâtie enpierre (*). Ce maître Gérard est vraisemblablement le même dont le nom figure parmi ceux des fondateurs etbienfaiteurs de l’hôpital de Sainte-Ursule de Cologne, et qui y est désigné comme maître de l’œuvre de lacathédrale, Werk Meister von Dotn. Si les historiens gardent le silence sur maître Gérard, comme sur pres-que tous les architectes de la cathédrale, tout porte à croire cependant que c’est à lui que doit revenir l’hon-neur de cet admirable plan qu’ont imité la plupart des constructeurs de cathédrales ; si ce plan eût été fournipar un autre architecte, il faudrait que celui-ci fût mort presque immédiatement, puisque, neuf ans après lapose de la première pierre, maître Gérard avait déjà pu, en dirigeant les travaux, mériter et obtenir une ré-

(*) Cette charte est conservée dans les archives de Darmstadt ; elle fait partie du livre copiai des archives du grand chapitrede Cologne .