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Deuxième partie.
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— CATHÉDRALE DE COLOGNE . —

compense. Rien ne justifie cette supposition, et, jusqu’à preuve contraire, je crois qu’on peut considérer maîtreGérard comme le véritable architecte de la cathédrale de Cologne . Le savant antiquaire Wallraf, dans son sup-plément à l’Histoire de la ville de Cologne et de ses environs, regarde comme probable que le fameux domini-cain Albert le Grand, qui à cette même époque habitait Cologne , put ne pas être étranger à la conception dece plan, non moins en ce qui touche l’harmonie architectonique qu’en ce qui concerne l’ordonnance de lasymbolique à la fois théologique et philosophique du temple. Wallraf fonde cette hypothèse et sur la faveurdont jouit Albert le Grand auprès de Conrad de Hochsteden et de ses successeurs , et sur la connaissance quelonaquen 1270 Albert le Grand bâtit, d’après son plan et en grande partie de ses deniers, le grand et beauchœur de l’église de son couvent, dont le style approche beaucoup de celui de la cathédrale.

Quelques noms des architectes successeurs de Gérard sont parvenus jusqu’à nous: c’est ainsi que nous savonsqu en 1437 maître Nicolas de Buren (petite ville de la Gueldre ) était architecte de la cathédrale, et avait sousses ordres un nommé Christian, conducteur de travaux. A maître Nicolas de Buren, qui mourut en 1445, suc-céda maître Conrad Kuyn, que l’on trouve nommé chef de l’œuvre de la cathédrale de Cologne , et qui dut à cetitre celui de grand maître de la confrérie des tailleurs de pierre de toute l’Allemagne : celui-ci mourut en 1469,et on voit encore contre une colonne de la partie latérale nord du chœur, près du transept, une inscription rap-pelant son souvenir. C’est le seul monument érigé dans la cathédrale à la mémoire d’un de ses architectes. Oncroit que maître Conrad eut pour successeur maître Jean de Franckenberg ; on sait également que, de l’an 1478environ jusque vers 1509, un nommé Henri était maître conducteur des travaux; mais là se bornent tous lesrenseignements recueillis jusqu’à ce jour sur les artistes qui ont coopéré à la construction de la cathédrale, dontnous allons maintenant entreprendre la description.

On sait que presque toutes les églises ogivales, bâties pendant le cours de plusieurs siècles, portent dans leursdiverses parties le cachet particulier de l’époque qui vit s’élever chacune de ces parties ; il n’en est pas de mêmede la cathédrale de Cologne , qui a cela de particulier que ses fondements et toutes les parties terminées sontconstruites d’après un seul et même plan, dont on possède encore le dessin original, de sorte qu’elle présenteraune unité aussi rare qu'admirable.

Du côté du Rhin, ou plutôt sur la pace de Margrelen, située entre la Trankgass et le Domhof (cour du Dôme ),je chœur de la basilique offre l’aspect le plus imposant. C’est aussi de ce côté seulement que l’édificepeut paraître terminé. L’extrémité du comble, couronné dans toute sa longueur d’une crête à jour, est sur-montée d’une énorme croix terminée à chaque extrémité par des fleurs de lis, et ayant 9 mètres de hauteur.Cette croix, pesant 694 kil., n’a été placée que le 3 août 1825, mais elle existait depuis longtemps, et avait, dit-on, été donnée à l’église par Marie de Médicis . Au centre de la croisée s’élevait un clocher haut de 65 mètres,qu'il fallut démolir en 1812. Le projet porte une superbe flèche centrale en pierre, découpée à jour commecelles de la façade, et hautes de plus de cent mètres.

Quatorze arcs-boutants de chaque côté (voy. l’élévation latérale du chevet), à partir de la fenêtre du milieu,servent de soutien au chœur, et viennent s’appuyer à des contre-forts surmontés d’élégantes pyramides. Chacunede ces pyramides (voy. la pl.) porte douze niches destinées à recevoir des anges hauts de 2 mètres, dont plu-sieurs ont été refaits récemment par M. Wilhem Imhoff. La partie supérieure des arcs-boutants, au point où ilsrencontrent la balustrade du toit, est elle-même couronnée d'une autre pyramide plus simple, dont nous don-nons également le dessin. Enfin, entre ces arcs-boutants s’ouvrent, dans la partie supérieure de la muraille duchœur, de magnifiques fenêtres à meneaux variés. Sur la même planche nous avons reproduit l’une de ces fenêtres.L'édifice entier est entouré de gargouilles toutes plus bizarres les unes que les autres. Nous en avons choisiquatre, que nous donnons pour exemple sur l’une de nos planches de détails.

Vue du côté du nord, sur le Frankenplalz, la cathédrale porte dans toute sa longueur le sceau de la perfection ;mais à son angle N.-O. la tour à peine commencée vient détruire ce magnifique ensemble. C est surtout du côtéméridional donnant sur le Domhof qu’on doit se placer pour se rendre compte du véritable état de l’édifice,qu’on aperçoit dans toute sa longueur, depuis le chevet jusqu’à la tour du midi, séparée du chœur par l’espaceresté inachevé. C’est de ce côté que se trouvait, comme à la proximité de beaucoup d’autres cathédrales, uneéglise appelée Sancla Maria ad Gradus, en allemand Margreten. Cette église, qui devait son nom aux degrésqui y conduisaient, et qui était jointe à la cathédrale par une colonnade, a été démolie en 1817.

La façade occidentale, large de 60 mètres, est peut-être aujourd’hui la partie qui paraît la plus incomplète. Latour septentrionale n’est élevée que de 12 mètres au-dessus du sol, et c’est comme par miracle que le peu qui enexiste est parvenu jusqu’à nous, car en 1772 sa démolition avait été décidée pour faciliter la circulation des

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