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Deuxième partie.
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— STYLE OGIVAL DE L’OCCIDENT. —

voitures. La tour du sud, conduite jusqu’au troisième étage, est haute d’environ 82 mètres. L’une et l’autre doi-vent, d’après le plan, avoir quatre étages et être surmontées de flèches octogones à jour, le tout s’élevant jus-qu’à la hauteur énorme de 166" 50. (Voy. la façade terminée.) C’est sur le plan de ces tours, légèrement modifié,qu’on a construit la flèche de la cathédrale de Fribourg en Brisgau. A Cologne , les deux tours doivent flanquerle grand portail et faire tète aux basses nefs ; chacune d’elles doit être percée à rez-de-chaussée d’une fenêtreet d’une porte. La porte de la tour méridionale (voy. la pl.) présente quatorze niches destinées à recevoir desstatues, et dans le tympan un bas-relief représentant le martyre de saint Pierre. Aux archivoltes, sur d’élégantesconsoles et sous de riches baldaquins, sont trois rangées de figures de saints assises ; c’est parmi elles que nousavons choisi la statue de saint Grégoire, que nous avons placée au milieu d’une de nos planches de détails. Cettemême tour contient les cloches, dont les deux plus grosses, datant, comme je l’ai dit, de 1447, pèsent l’une6,000 kilog., et l’autre 11,200 kilog. Dans l’église, près de l’entrée de la tour, on voit tracée sur les dalles l’é-norme circonférence de ces deux cloches.

Pénétrons maintenant dans l’intérieur delà basilique. Des cinq nefs dont elle doit se composer, il n’y a determiné que les deux collatérales du nord ; la grande nef, fermée par des planches, sert en ce moment d’atelierpour la taille des pierres destinées à la construction de cette nef même et des basses nefs méridionales, qui,ainsi que je l’ai dit, s’élèvent en ce moment avec une certaine rapidité. Ces cinq nefs couvriront un espace de38 mètres de long dans œuvre, sur 42,50 de large.

En entrant dans la cathédrale par la porte placée au pied de la tour septentrionale, on se trouve dans ladouble basse nef du nord. Les premières travées ne contiennent pas d’autels, mais leurs fenêtres offrent de ma-gnifiques vitraux du commencement du seizième siècle. L’archevêque Herman de Hesse, le chapitre, la ville etplusieurs familles nobles, se réunirent pour les faire peindre par les artistes les plus distingués de cette époque,qui fut celle de l’apogée de l’art en Allemagne ; et ainsi se trouva réalisé un des plus admirables chefs-d’œuvrede la peinture sur verre.

Première fenêtre. En bas, un donateur et une donatrice, avec les armoiries des comtes de Daun et deLeiningen; au-dessus, la Vierge et saint Laurent; plus haut, l’Ecce Homo et le Christ au Jardin des Olives,Jésus-Christ accablé d’outrages, la flagellation, le Christ en croix et la résurrection ; dans la rose, le jugementdernier.

Deuxième fenêtre. En bas, un chœur d’anges, le comte de Daun et Obersteen à genoux, et les armoiries deplusieurs nobles familles colonaises; au-dessus, saint Pierre, l’archevêque Philippe et saint Sébastien; plushaut, à droite, l’arbre généalogique de Jésus-Christ, et à gauche six sujets de la vie de saint Pierre. Dans larose, saint Pierre avec les armoiries du chapitre portées par trois anges, saint Antoine ermite, saint Hubert, etquatre prophètes.

Troisième fenêtre. En bas, Marcus Agrippa et Marsilius, héros qui, suivant la tradition, délivra Cologne assiégée par un empereur romain ; l’un et l’autre en armure du moyen âge, et tenant la bannière de Cologne ;ils sont séparés par des trophées et l’écusson aux trois couronnes, armoiries adoptées par la ville en l’honneurdes trois rois. Au-dessus, saint George, saint Beinold, saint Géréon et saint Maurice, tous également revêtusd’armures. Plus haut, grand sujet représentant l’adoration des bergers, et, dans la rose, la sainte Vierge,quatre prophètes, trois anges, et deux écussons aux armes de Cologne .

Quatrième fenêtre. Eu bas, seize écussons des différentes familles qui ont contribué à la confection de cesvitraux, accompagnés de la date de 1509 ; au-dessus, saint Pierre avec l’archevêque Herman IV, landgrave deHesse, et ses armoiries, la Vierge Marie et l’enfant Jésus, sainte Élisabeth et saint Christophe; plus haut, l’a-doration des mages et la reine de Saba chez Salomon ; enfin, dans la rose, Jésus-Christ, les quatre évangélistes,trois anges, deux apôtres et quatre prophètes.

La moitié de la cinquième et dernière fenêtre est murée ; l’autre moitié est fermée d’un vitrail représentant lesdonataires, sainte Madeleine , saint George, saint Pierre, saint Jean l’évangéliste, et le couronnement de la Vierge.

Après avoir franchi ces cinq travées, on trouve en tète de la dernière basse nef, à gauche, l’autel de la Croix,ainsi nommé parce que le contre-retable contient un crucifix très-ancien, entre la Vierge et saint Jean, sculp-tures de grandeur naturelle, surmontées d’un baldaquin du XVI' siècle. Cet autel est entouré d’une grille ; dansl’angle où elle rencontre le mur extérieur, était sur un piédestal une statue de marbre de l’archevêque Guil-laume de Gennep . Cette statue n’y est plus ; près du piédestal, qui est encore en place, est déposée l’anciennechaire datant de 1544, laquelle était bien peu digne d’un tel monument. Par une petite porte voisine, on en-trait dans une ancienne église qui, comme celle de Sancla Maria ad Gradus, dont nous avons parlé, était atte-