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Deuxième partie.
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— CATHÉDRALE DE COLOGNE . —

naate à l’église principale. Cette église, qu’on nommait Zum Pesch, in pasculo, a été démolie en 1844, et à saplace s’élève le transept de la basilique. En cet endroit, le monument aura 70™ de large dans œuvre, et setrouvera divisé dans ce sens en neuf nefs, par 16 piliers disposés sur deux rangs. (Voy. le plan.) Le transeptaura 27“ 30 de large. A côté de la porte est une Piété, sculpture fort ancienne. Au delà de l’autel de la Croix,on voit une espèce de grand porche, au-dessus duquel sont suspendus des bâtons dorés, qui par leur nombreindiquent celui des années depuis lesquelles l’archevêque vivant occupe le siège de Cologne .

Franchissant une grille de fer, on se trouve dans le pourtour du chœur. A gauche, on voit contre la mu-raille le tombeau du chanoine Adam Dæmen, mort en 1717, et, à droite, le grand tombeau isolé de l’archevêqueAngebert III, mort en 1368, qui de son vivant s’était fait ériger ce monument. Dans les vingt-quatre arceauxogivals qui entourent le sarcophage, étaient placées autant de statues représentant des prophètes et des femmesen prière ; il n’en existe plus que huit intactes et sept mutilées.

Près de là, à gauche, est la porte qui donne accès à la sacristie ; elle est surmontée des figures de la Vierge etde saint Jean, sculptées dans le style du XVI e siècle. Dans un espace fermé, est un tabernacle ogival en pierre,qui, quoique d’un travail médiocre, est néanmoins intéressant, en ce qu’il peut donner une idée bien impar-faite, il est vrai, de ce qu’était celui du chœur, dont je parlerai tout à l’heure.

Au fond de la sacristie est une petite salle dans laquelle est l’entrée du trésor, fermé par deux portes dontune de fer, petite chambre sans ornements, et bien peu digne, aussi bien que les armoires, de renfermer desobjets aussi magnifiques. Il n’entre pas dans le plan de cet ouvrage de décrire ces merveilles, mais je ne puism’empêcher d’indiquer les principales. Le premier objet qui fixe l’attention est la magnifique châsse qui ren-ferme les restes de saint Angebert ; elle est d’argent massif, pèse 75 kil., est longue de 1 “ 30, large de 0“ 40,et haute de 0“ 79. Sur ses différentes faces sont des bas-reliefs représentant les époques principales de la viedu saint, plusieurs archevêques de Cologne , le Sauveur entre saint Pierre et saint Materne, les trois rois et lesquatre évangélistes. Sur la châsse est la statue couchée de saint Angebert entre deux anges. Ce chef-d’œuvred’orfèvrerie est l’ouvrage de Conrad Duisberg, qui le fit à Cologne de 1633 à 1635. Les autres objets les plusprécieux sont un bâton avec une pomme d’ivoire, et trois anneaux d’une chaîne de fer que la tradition faitremonter au temps des apôtres; onze reliquaires, uu buste d’argent de saint Grégoire de Spolette, une fleur d’ordonnée par l’empereur Maximilien-Henri; dix bas-reliefs d’ivoire, ciselés par Melchior Paulus (1703-1733), re-présentant des scènes de la passion; un grand antiphonaire avec des miniatures sur vélin; un beau crucifix debronze, ouvrage de Hardy, vicaire de la cathédrale, mort en 1819; une croix d’autel émaillée, et garnie depierres précieuses, haute de 1“ 165 ; une'croix processionnelle, haute de 1“ 15, et ornée de pierres fines; unemagnifique croix archiépiscopale de 2“ 30 de long; une crosse de chorévêque, datant de 1178, et surmontéed’une adoration des Mages; plusieurs crosses de différentes époques; un osculum pacis d’or pur et de pierresfines ; le glaive en or et argent des électeurs de Cologne au XVI e siècle ; enfin un grand ostensoir d’or, garni depierres précieuses, haut de 0“ 40, pesant 9 kil., et aussi admirable par le travail que par la matière.

En sortant de la sacristie, on trouve à gauche un autel sur lequel est placé un très-ancien crucifix qui exis-tait dans la cathédrale primitive, avant l’incendie qui la détruisit. A côté, dans la muraille, est le tombeau duchanoine Henri de Mering, fondateur de l’autel, mort en 1700 ; et sur une console on voit l’image agenouilléed’un chevalier d’Enneberg, qui, priant avec ferveur, se prépare au pèlerinage de terre sainte. Près de l’autel,une porte donne dans le cachot où l’on renfermait les hérétiques ; c’est un réduit profond de 6“, nommé trou deSaint-Pierre ; on y voit encore des chaînes et des anneaux, et on lit sur le mur les noms de Fluchsteden et Kia-rembach, hérétiques qui périrent sur le bûcher. La porte voisine de celle du cachot ouvre sur un escalier quiconduit au triforium.

Continuant de visiter les chapelles qui rayonnent autour du chœur, on trouve d’abord celle de Saint-Ange-bert, qui contient plusieurs tombeaux, dont le plus remarquable est celui de l’électeur de Cologne Antoine,mort en 1561 ; c’est dans cette chapelle que sont placés les fonts baptismaux.

La chapelle Saint-Materne, qui suit, est surtout intéressante à cause du tombeau de l’archevêque Philippe,de Heinsberg , mort en 1191. Ce tombeau représente une ville enceinte de murailles munies de tours, de porteset de meurtrières. Aux deux faces sont placées les armes de la maison de Heinsberg, et celles de la ville de Co-logne . Au milieu est couchée la statue coloriée du prélat, de grandeur colossale. La forme singulière de ce mo-nument s’explique par la tradition qui nous apprend que ce fut cet archevêque qui fit bâtir les murailles deCologne . L’autel de cette chapelle, ainsi que celui de la chapelle Saint-Angcbert, a été érigé en 1716 par le cha-noine Ad. Guillaume Fabricius.