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Deuxième partie.
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— STYLE OGIVAL DE L’OCCIDENT. —

Dans la chapelle Saint-Jean se trouve le tombeau du fondateur delà cathédrale, Conrad de Hochstedeu ; sastatue de bronze, longue de 2" 08, est étendue sur une table de marbre noir. Cette ligure, mutilée en 1802, a étéenlevée pour la restaurer. On voit aussi dans cette chapelle le monument du doyen du chapitre PhilippeHenri de Croy, sculpté par Yan Helmont. Le retable qui surmonte l’autel, et qui provient de l'église de l’an-cien couvent de Sainte-Claire, bâtie en 1306, représente en douze compartiments sur fond d’or la vie et la pas-sion de J.-C. Ce monument est très-curieux, en ce qu’il nous fait connaître l’état de la peinture en Allemagne à cette époque.

Nous arrivons maintenant à la chapelle des Trois Rois, située immédiatement derrière le chœur. En avantde cette chapelle, dans le pavé, sont plusieurs tombes ; la plus remarquable, bien qu’aujourd’hui sans inscrip- •tion, recouvrit les restes de Marie de Médicis, morte en exil à Cologne en 1642. On sait qu’après la mort ducardinal de Richelieu, le corps de cette reine fut transporté dans les caveaux de Saint-Denis ; mais le cœur estresté à Cologne . Au-dessus de la tombe, dans la voûte, on voit une inscription qui nous apprend que, le 17 oc-tobre 1434, un vent impétueux renversa une pierre énorme qui perça la voûte et tomba sur le pavé de l’église.

L’ouragan qui causa ce dommage renversa à l’église Saint-Géréon une voûte sous laquelle Gérard de Manders-cheid, alors prévôt du chapitre,fut écrasé.

En face delà chapelle, adossé au maître-autel, on voit le mausolée de l’archevêque Théodoric , comte deMoers , mort en 1464. A gauche est saint Pierre, recommandant le prélat agenouillé à la Vierge, assise avec l’en-fant entre deux anges tenant les armoiries du défunt et celles de la métropole. De l’autre côté sont les trois rois,offrant à l’enfant leurs présents ; le sujet se trouve ainsi être double.

La chapelle des Rois presque entière est occupée par l’édicule construite en 1688 et ornée de pilastres ioni-ques de marbre, laquelle, fermée par des grilles et par plusieurs serrures, contient la merveilleuse châsse oùsont conservées les reliques des trois rois Mages. Selon Ruttler, ces reliques furent trouvées en 326 par Hélène ,mère de Constantin, lors de son pèlerinage en Orient; elle les fit transporter soigneusement à Constantinople .

Bientôt après, l’archevêque Eustorge, à qui l’empereur en avait fait présent, les apporta à Milan , où elles furentdéposées dans l’église placée depuis sous l’invocation du même Eustorge, canonisé. Lorsque Frédéric Barbe-rousse s’empara de la ville en 1163, Reinald de Dassèle, archevêque de Cologne , les reçut en récompense desservices qu’il avait rendus à cet empereur pendant le siège. Reinald obtint en même temps plusieurs reliquesdes Machabées, des saints Apollinaire, Eclix, Nabor, Grégoire de Spolette, etc. Il accompagna lui-même ce trésor,qui traversa en triomphe la Suisse, descendit leRhin jusqu a Remagen , où il le remit à Philippe de Heinsberg,alors prévôt du chapitre, et retourna en Italie .

Le 23 juillet 1164, les reliques furent déposées dans l’ancienne cathédrale, d’où elles ont été transférées dansla nouvelle; elles y étaient garanties seulement par une simple grille de fer, jusqu’à ce que l’archevêqueMaximilien-Henri fit construire l’édicule qui les renferme aujourd'hui, et sur le fronton de laquelle on voitsculptés en marbre, par Michel Von der Voorst d’Anvers , l’adoration des Mages, saint Félix et saint Nabor, etdeux figures de femmes portant les armoiries du chapitre métropolitain, au milieu desquelles figurent cellesde l’archevêque Maximilien-Henri. Sur la frise on lit l’inscription : tribus ab oriente regirus devicto inagnitione veri numinis mundo capitulum metropol. erexit. Au-dessous de la fenêtre grillée qui s’ouvre t

dans les grandes cérémonies pour permettre au peuple d’apercevoir le reliquaire, est écrit :

CORPORA SANCTORUJM RECUBANT HIC TERNA MAGORUM ;

EX HIS SUBLATUM NIHIL EST ALIBIVE LOCATÜM.

Enfin, au-dessus des trpncs placés à droite et à gauche entre les colonnes on lit : et apertis thesauris

SUIS OBTULERUNT MUNERA.

En 1794, les reliques furent portées ainsi que le trésor à Arnsberg, puis à Prague , où les trois couronnes de J

diamant furent vendues, et enfin à Francfort-sur-le-Mein . Lorsqu’on les rapporta en 1804, la châsse fut ré-parée et remise à son ancienne place. Cette châsse, chef-d’œuvre d’orfèvrerie du XII e siècle, est en cuivredoré, à l’exception de la façade, qui est d’or pur ; sa forme est celle d’un tombeau ; sa longueur est de 1™ 85, sa f

largeur de l m à la base, sa hauteur de l m 50; sur la façade tournée à l'ouest, on voit représentée l’adoration desMages et le baptême de Jésus-Christ . Au-dessus de ces sculptures est une sorte de couvercle qui s’enlève, etpermet de voir les crânes des trois rois, ornés de couronnes dorées, garnies de pierres de Bohême, espèce degrenats; dans le fronton est l’image du divin Juge, assise entre deux anges qui tiennent les attributs de lapassion ; les deux bustes au-dessus représentent les anges Gabriel et Raphaël ; et enfin une énorme topaze oc-

!