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Deuxième partie.
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— CHAPELLE FUNÉRAIRE, A MONTMORILLON . —

qui s'élève d’une imposte profilée en quart de rond, est sphéroïdale et dépourvue de nervures; elle est percéede six meurtrières étroites et disposées en abat-jour. Deux portes sont pratiquées dans les murs ; l’une estl’issue de l’escalier en limaçon qui mène à l’étage supérieur; l’autre, placée vers le sud-ouest, est d’un usageinconnu. Montfaucon dit qu’elle servait d’entrée à une galerie souterraine, longue de cent toises, qui, ajoute-t-il, conduisait à la rivière, et permettait aux prêtres d’y aller laver les entrailles des victimes. Laissant decôté cette dernière partie de la proposition, on ne peut s’empêcher de penser qu'une assertion aussi formelledoit avoir un fondement; il paraît cependant qu’il n’en est rien, car Siauve assure avoir fait creuser, et êtrearrivé à une glaise qui n’avait jamais été remuée. Dans l'état actuel, le souterrain a la forme que nous avons re-produite en ponctué sur le plan ; les terres en ont évidemment été rapportées à une époque peu éloignée, et ilest facile de se convaincre qu’il n'y a jamais existé de galerie voûtée.

Le sol de l’étage supérieur est à 7 m ,72 de celui de l’étage inférieur, aussi n’y parvient-on qu’en franchissantun escalier de dix marches. Au centre est une ouverture découpée de manière à former une rosace à six con-trelobes. C’est vraisemblablement par cette ouverture qu’on descendait les cadavres dans la crypte, quiparaît avoir servi de charnier dans l’origine, et en a certainement servi à une époque récente. Chaque face del’étage supérieur, qui est octogone, offre un grand arc ogive, retombant sur des espèces de pilastres dont l’im-poste ne s’élève qu’à 0m,85 du sol. Au-dessus de ces impostes, et dans les angles dièdres formés par lespans entre eux, sont de petites colonnettes fort courtes, dont les fûts tronqués se terminent par des fleuronsou des tètes humaines, et dont les chapiteaux sont ornés de crochets et de feuilles perlées. De ces chapiteauxpartent des nervures qui supportent les voûtes, disposées d’arête, et vont se réunir à une ouverture circu-laire, espèce de couronne dont le sommet est à 10",66 au-dessus du sol. Montfaucon dit que, à partir decette ouverture, s’élevait une sorte de tuyau ou cylindre creux jusqu’à la hauteur de 4 toises. Il l’a figuré surla coupe qu’il donne du monument, et il semble en effet y avoir des arrachements de ce cylindre. 11 paraîtnéanmoins difficile qu’il ait existé réellement, car il eût constitué une charge telle que la voûte aurait eupeine à le supporter.

L intérieur de l’avant-corps n’a pas d’intérêt. On y remarque seulement la porte de l’escalier de la crypte,et des renfoncements, peut-être modernes, qui servaient vraisemblablement pour le service de l’autel depierre qu’on y voyait encore au commencement de ce siècle, et qui faisait de cette partie de la chapelle lesanctuaire destiné aux prêtres.

A l’extérieur, l’avant-corps est complètement nu ; mais les murs de l’Octogone offrent sur leurs faces desarcades ogivales formées par de simples redents de 0“,30 d’épaisseur; au centre, et dans la partie supérieurede ces arcades, sont percées les petites fenêtres qui éclairent l’étage supérieur. Du côté opposé à l’avant-corps,l’arcade encadre la porte d’entrée de l’édifice, laquelle est en plein cintre; elle est surmontée, commenous l’avons dit, de la baie carrée où se trouvent les statues. A 6",85 de la partie inférieure des arca-des, règne une corniche portée par des modillons profilés en console, ou garnis de têtes fantastiques ; au-dessus commence une flèche, garnie d’arêtiers, qui est tronquée à une hauteur de 6 m ,70. Nous avons hasardé larestitution de la lanterne, par laquelle elle se terminait sans doute. M. de Caumont dit que cette lanterneexistait encore en 1772, mais c’est, à n’en pas douter, une erreur; car, sur les gravures de l’ouvrage de Mont-faucon, publié en 1726, la flèche est représentée dans l’état de mutilation où elle se trouve actuellement. Cesgravures sont, il est vrai, de la plus étrange inexactitude, mais elles expriment l’état de la flèche avec tant denetteté, qu’il est impossible de ne pas s’en rapporter à ce qu’elles indiquent sur ce point.

Au-dessus de l’avant-corps, mais dans l’affleurement des murs de l’Octogone, existe un campanile commu-niquant avec la flèche. Il est terminé par un fronton et percé de deux baies ogivales. On parvient à cecampanile par un escalier fort étroit, pratiqué daus l’épaisseur des murs, et dont la porte se trouve à 3",85du sol de l’étage supérieur, de sorte que, s’il n’existait pas de tribunes dans l’intérieur de l’édifice, on nepouvait parvenir à cet escalier que par le moyen d’une échelle.

Un des caractères qui frappent dans le monument de Montmorillon , c’est que l'aspect, tout roman à l'exté-rieur, est au contraire tout ogival à l’intérieur ; rien n’indique pourtant qu’il y ait eu des remaniements à uneépoque postérieure ; et, en effet, l’analyse fait voir que cette dissemblance est plus apparente que réelle, et vrai-semblablement l’ensemble delà construction, élevée simultanément, date de vers le troisième quart du XII esiècle. C’est également du XII e siècle que date la tour d'Évrault, de l’abbaye de Fontevrault, qui, destinée aumême usage que l’Octogone, présente avec cet édifice de nombreuses analogies. La tour d’Évrault, du reste ,est beaucoup plus compliquée comme plan que l’Octogone ; on y remarque même une certaine tendance à