Livre VIII.Chap. X.
Ornerstîns âej Bâti-
mens Royaux,
Nos figures clans ìcsreprésentations aile ••goriques doiventestre vêtues á l'An-tique.
Dessein allégoriquepour le bas relief dela Porte S.Bernard.
Nos figures dans lareprésentation du-ne Histoireau natu-rel doivent estrevêtues à la Françoi-se fan s mode extra-vagante.
172. COL K S D’ ARCHITECTURE.
nez , doivent , à mon sens être blâmez : Car c’est une espece deprofanation d’introduire íî prés de nos Autels des marques de l’an-cienne idolâtrie. Il seroit bien plus à propos de placer dans ces mé-topes la figure de nos Calices, de nos Encensoirs, de nos Chande-liers, & des autres instrumens servants à nostre Religion , qui fe-roient fans doute un aussi bel effet que ces figures des Anciens.
Les habits de Cérémonie de nos Rois , des Princes , des Cheva-liers, des Magistrats ôc les autres de cette nature , ne doivent pointestre changez dans les représentations des grandes Histoires , quifont à bien parier les ornemens dont il faut enrichir les façadesdes bâtimens les plus majestueux d’entre les profanes, comme seroitla représentation du Sacre , d’un Mariage , de la création des Che-valiers de l’Ordre , des Astèmblées d’Estats , du Lict de Justice,dune Entrée, des Festins , des Festes ou Tournois , ou des autresgrandes actions qui se font par les Rois avec pompe ôc avec grandappareil en Public.
Sur quoi il est bon néanmoins de remarquer qu’il y a certainesHistoires que l'on ne reprefente que fous les Figures des Divinisez,anciennes, comme font celles des Vertus , de la Victoire , de l’A-bondance &; des autres; Et que fi l’on y veut faire entrer des Figuresmodernes , il faut en ce cas les revestir comme les autres à 1 Anti-que. Comme si l’on vouloit, par exemple , faire entendre fous desreprésentations allégoriques, que c’est au Roy à qui nous avons i’o-bligation du rétablissement du Commerce , on pourroit feindre laFigure du Roy assise sur un Trône élevé ôc vêtue à la maniéré d’unedes Divmitez anciennes comme d’Apollon ou de Mars, présentantà ia France qui ícroit à genoux à fa main droite , le Dieu des Ri-cheíles ôc l’Abondance, qui luy íeroient amenez à fa gauche parMercure, Neptune, Hercule ôc par les autres Dieux qui ont part auCommerce ou à la Navigation , avec des Genies en l’air versant desrichesses à pleines mains , ôc des Fleuves couchez au coin de l’Hi-stoire. Cardans ces fortes de représentations qui font purement allé-goriques , ôc où les veritez font cachées fous les apparances de laFable : Il feroic tres-mal séant d’y rien mêler qui ne fust fous som-bre de la fiction. Et c’est au jugement de l’Architecte de don-ner à ses principales Figures des attitudes ôc des habillemens qui leursoient propres.
Mais lorsque l’on veut dépeindre une Histoire au naturel, je nevoudrois pas me íervir d autres ornemens que de ceux que nousavons parmy nous ; Je voudrois seulement choisir ceux qui con-viendroient le mieux aux pertonnes que j’aurois à reprcfenteiq Ceuxqui n’ont rien d’extravagant ; ôc ceux principalement qui pour estreriches ne laissentavec négligence.
pas d’avoir une nouvelle grâce quand ils font mis
Aux