C ï N QJJ I E M £ PARTIE. 6/z
auro'ient manqué il y a long-temps, si l’on ne les avoit armez decharpante par des avant-becs faits dc bons pieux poussez jusquauferme, bien amoisez & liez l’un avec l’autrc, laissant un espace autour des piles que l'on a le foin de tenir plein de gros cartiers deKbages , qui fervent à arrestcr & à rompre la violence du choc desgrandes Eaux.
Ce que nous disons de ces fonds de fable ou de gravier ne doits’entendre que pour les lits des rivières ; Car par tout ailleurs, c’està dire aux endroits où il n’y a point de courant à craindre qui puisseremuer le fable ou le gravier, on peut assez bien fonder dessus cesfonds fans rien piloter ; pourveu que l’on ait connu par la fonde quece n’est pas fable mouvant, & que le terrain qui est au dessous estassez fort pour soutenir la charge & du lit de labié & du Bâtimentque l’on veut construire au dessus.
Livre I.
Chap. XI.
Ces Ouvrages ne seconservent que par-ce qu’ils font armezde bonne charpantetout autour.
t’on peut fonder furle fable dur & fur legravier par tout ouil n'y a point decourant d’eau.
CHAPITRE XII.
D h fond dé Ghisè .
M Aintenant pour parler de la nature de la Classe, quel’on appelle autrement dc la terre â Potier, & qui est ordi-nairement de couleur d ardoise ou de mine de fer; Il est bon de fça-voir qu’il cít quasi le seul terrain qui tienne l’eau & dont on fe servepour faire les conrois du fond & des costez des canaux & des bas-sins des fontaines. C’est pour cela que ceux qui font la recherchedes Eaux dans les Campagnes, s’arrestent à la Glaise aussi-tost qu’ilsPont rencontrée , & s’ils en connoissent la pente , ils ne font quecreuser une rigole au plus bas dans toute fa longueur avec une pier-rée, dans laquelle ils peuvent feurement attendre que toutes lesEaux de la Campagne fe rassemblent ; lesquelles ils peuvent par aprèsconduire où il leur plaist. C’est ainsi que l’on a fait â Rougis quiest le heu où fe ramassent les Eaux qui tombent fur la coste Occi-*dentale de la Plaine du Long-boyau , & qui font ensuite amenées àPans par des Conduites & des Aqueducs d’une structure magnifi-que , & dignes de la magnanimité de la Reine Marie de Medecis, àqui l’on a l’obligation de cet Ouvrage ; comme du Palais d’Orleansautrefois appelle l'Hôtel de Luxembourg , Sí de cette belle prome-nade plantée de grands arbres , que l’on nomme le Cours de laReine, étendu le long de la Riviere au dessous du Jardin des Tuil-leries. Les baux de Belleville & du Pré saint Gervais , qui viennentaussi à Paris par l’autre costé de la Ville, cstoient assemblées par lemême artifice.
íl est vray que le fruit de ces nobles travaux ne répond pas tou-jours à ce que l’on en avoit dû attendre , peut estre par cette pro-priété singulière de ce terrain de Glaise , qui pour peu qu’st soit
Cccccccc
Char. XII.
On fe sert de la,glaise pour les con-rois des canaux Scbassin* de fontaine.
Les Eaux percenttous les terrains desCampagnes & s’ar-relìcnt leulemcntsutla glaise.
Eaux de Rongis ra-massées dans la Plai-ne du Long boyau,& amenées par con-duittes & aqueducsà Pari».
Auflïbten que cellesdc Belleville & duPrc S. Gervais.
La glaise se tour-mente quand elle eítéventée. '