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Quatrieme, cinquieme et derniere partie.
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Livre IVChap. VIII.

Deux choses à con-sidérer dans la veue.

L’apparance de l’ob-jet dans l’ceil.

Et le jugement quenous Faisons furcette apparance.

le sens ne trompepoint dans la pre-mière.

Mais l’on n’en peutpas dire autant de laseconde.

Et quoiqu’il y puisseavoir des gens quine prennent pas lesapparances pour vé-rité.

On ne peut pas direque cela soit univer-sel.

7 i 6 COURS D’ ARCHITECTURE,ter fur les choses douteuses, fans avoir aucun dessein d’offenscr per-sonne.

Je dis donc premierement qu’il faut avouer qu’iì y a dans la veuedeux choses, comme ils disent, tres-differentes à considérer & quifont des essets, qui font le plus souvent fort opposés f un à l’autre:La premiere que nous pouvons appeìler l’apparance de l’objet dansl’ceil , est l’espece de l’objet qui est figurée dans le fonds de cetorgane par les rayons visuels qui luy font envoyez des differentesparties du même objet, & qui concourant ensemble vers la prunelle,y font des angles differens entr’eux , selon la difference de 1 éloi-gnement de l’objct, dont ils tracent l’image dans íe fonds de l’œil ;laquelle est plus ou moins grande à proportion de la grandeur deces angles : D’ou il arrive que des objets de disserente grandeur, situezdans des éloignemens differens,peuvent produire dans l’oeil des ima-ges entierement égales, si les rayons qu’ils envoyenc font par leurconcours à fœil des angles égaux. La seconde est l’estime ou le juge-ment que nostre raison, ou si l'on veut nostre sens commun , faitordinairement fur cette apparance ou fur cette image.

Quant à la premiere, on peut dire en quelque façon, que le sensde la veue ne trompe jamais, & qu il reprefente sideiement l'efpece<ie l’objet en la maniéré qu’il la reçoit, ou pour mieux dire en lamaniéré que l'image s’en trouve formée ou figurée dans son orga-ne ; Mais on ne peut pas assurer la même chose du jugement quel'on fait sur l’apparance formée dans l’ceil. Car il est à croire queles Enfans comme les bestes qui ne font point capables de réflexion,jugent de l’objet en la maniéré quel’œil le leur reprefente, & croientqu’un bâton dans l’eau est rompu ou courbé, comme il est rompuou courbé dans l’image qui s’en est formée dans leur organe, &que le disque du Soleil n’a pas plus de deux pieds de grandeur,parcc que cette grandeur eít celle qui est tracée dans leur œil parson especc. Il est vray qu’il peut y avoir des personnes avancées dansun âge parfait, dont le sens commun fortifié d’une longue habitudecontractée même fans y penser , peur en joignant, comme on dit,aux images qui font dans l’œil, les circonstances des choses qu’iíconnoist dailleurs, (telles que font l'éloignement & la situation desobjets , & la grandeur des choses aufquelles il le compare, ) corri-ger par ce moyen les erreurs de la veue & empêcher que les imagesappâtantes ne soient prises pour véritables. Mais de dire que celasoit universel, & que de la capacité extraordinaire de peu de parti-culiers, l’on doive tirer des conséquences generales de l’infalhbiiitéde ce sens j C’est ce me semble, beaucoup avancer, & trop donnerâ la bonne opinion que l’on a du reste du monde, qui à mon exem-ple , se trouve bien souvent abusé par les apparances.

Il m’est arrivé plusieurs fois en voyageant de me tromper lour-dement dans l’estime que je faisois de i’éioignement d’unc Ville que

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