ORNEMENTATION USUELLE
DE TOUTES
LES ÉPOQUES
CHRONIQUE
DE L’ART INDUSTRIEL
C €> O
FEUILLESUPPLÉMENTAIRE
11° LIVRAISON
S’adresser, 146, rue de Vaugirard, à Paris , pour tout ce qui regarde l’administration;pour tout ce qui regarde la rédaction, à M. HENRI DU CLEUZIOU, à la même adresse;et pour les abonnements, à MM. DEVIENNE et Ce, éditeurs, 18, rue Bonaparte, Paris .
SOMMAIRE : Chronique de l’Exposition universelle , II. do Cleuziou. — De l’Ameu-blement, E. Guichard. — Essai sur l’histoire de la poterie française, H. du Cleuziou.— Les Arts Parisiens, A. Luciiet. — Bulletin.
CHRONIQUE
DE
L’EXPOSITION UNIVERSELLE
Les mâts sont dressés, les oriflammes flottent au vent, les tour-niquets fonctionnent, le vélum paraît et disparaît. L’expositiondu Champ de Mars a ouvert, à l’heure dite, ses portes aux visi-teurs. Tout n est pas complet ; mais, si nous nous contentons au-jourd’hui d’une simple vue d’ensemble, le prochain mois nousfournira très-amplement matière à des rapprochements étrangerset même à des comparaisons rétrospectives. L’immense ruche estpeuplée d’abeilles travailleuses.
Hélas! malgré les mâts, les drapeaux, les écussons, les fais-ceaux, les oriflammes, ou peut-être à cause de ces mâts et deleurs drapeaux qui, légers, flottent au gré de la brise, rendantplus aérienne encore la décoration des tapissiers, l’architectureparaît courte, basse, trapue, sans forme, sans élégance, sans har-monie. Nous avons dit là-dessus notre opinion, nous n’avons pasà y revenir; l’aspect du palais terminé ne fait que la confirmerentièrement.
Mais à peine le seuil est-il franchi, que l’ordonnance irrépro-chable de l’intérieur vous force à une admiration complète. Leclassement, d’une logique au-dessus de tout éloge, est aussi par-fait dans ses subdivisions que dans son ensemble. On part du tra-vail bruyant, de la lutte énergique de l’homme avec la matière,pour arriver decrescendo aux conceptions silencieuses de l’intelli-gence ; des industries métallurgiques, de l'emploi des matièrespremières, aux toiles de nos maîtres, aux chefs-d’œuvre des siè-cles passés, Cette judicieuse classification des commissaires dis-pense du volumineux et incommode livret, devenu célèbre depar la justice ; catalogue qui brille par une quantité si considé-rable de renseignements qu’on y perd, pour les y chercher, sonlatin, son grec, son allemand, son russe, son italien et même sonfrançais . Le véritable et athentique (sic) portrait du Christ, com-mandé par l’empereur Tibère César , se trouve à côté des den-tiers à succion sans ressorts, à deux pas des Villes de France , vê-tements sur mesure et confections pour dames.
Si vous affrontez les échelles doubles et les ballots, laissant lesmachines que l’on essaye, passant par-dessus les sabres, les fusils,les cartouches et les Chassepot, principale attraction du moment,près desquels, du reste, stationne toujours une foule nombreuse,vous pouvez déjà juger, dès l’orfèvrerie, de ce que sera dansquelque temps l’Exposition française. Les surtouts de Christofle