Band 
[Texte.]
Seite
84
JPEG-Download
 

jæ> 84

C’est ordinairement le vendredi et le samedi que les marchandsd’antiquités nouvelles vont se recruter chez l’ouvrier en chambre.Heures propices pour acheter; veille ou jour de paye à faire, etde factures à régler; tout près du dimanche et du lundi. L’argentcomptant sonne et tente le pauvre choutier, qui lâche son travailau plus bas, ayant peur de manquer ; trop bas môme quelquefois,car il n’a rien appris et ne sait pas se rendre compte. Si bienqu’on arrive à dire de lui, un jour ou l’autre, le plaignant ou leraillant, c’est tout comme : « Pierre s’est remis à son chou,mais il l’a mangé feuille à feuille, sans murmurer, comme unlapin ! »

Auguste Luchet .

{La suite au 'prochain numéro.)

LA PEINTURE SUR VERRE

(suite )

Nous l’avons déjà dit et nous le répétons avec certitude : il n’ya pas traces d’émaux dans les vitraux avant le commencement dela Renaissance. Ce n’est donc qu’à partir de cette époque que cenouveau moyen de coloration fut employé, et encore ce fut-il avecune excessive sobriété. Nous n’en avons jamais remarqué dansles grandes compositions de cette époque, mais seulement dansles vitraux destinés à la décoration des appartements. Parmiceux-là, nous devôns citer les petites vitres (dites vitraux suisses)qui sont souvent des merveilles d’exécution, et qui sont presqueentièrement faites avec du verre coloré au moyen de l’émail

Les grandes pages de la peinture sur verre , les immenseset magnifiques verrières Renaissance de nos cathédrales neconservent aucune trace de ce procédé.

Les teintes de chair qu’on voit sur le visage et sur les mains

En effet, vers la fin de la Renaissance, il ne suffisait plus aupeintre de savoir dessiner et peindre, il lui fallait encore con-naître la fabrication des couleurs et savoir les employer avec

Fig. 3

Fig. 2 et 3. — Armatures du XIII e siècle.

Fig. 1. —Armatures du XII e siècle.

Fig. 4. — Détails de la construction d’une armature aux XII e etXIII e siècles.

des personnages sont bien une coloration d’application ; mais iln’y entre point de fondant, et nous n’admettons pas cette teintedans l’ordre des émaux.

Un émail est un verre très-fusible, incolore, auquel on ajouteun oxyde qui, par une fonte préalable, le colore soit en bleu, enblanc mat, en vert, en rouge, etc., etc. Le jaune d’application etla teinte de chair ne sont donc point des émaux proprement dits,mais seulement des substances colorantes.

Pour nous, et à plusieurs points de vue, le procédé de colora-tion au moyen des émaux fut fatal à l’art du peintre-verrier.

succès. Le plus souvent, il était forcé de cuire lui-méme à feudécouvert chaque morceau peint à l’émail; cela lui prenait beau-coup de temps, lui créait une série de difficultés et le faisait

SLu

IMme

■ftirmal

' lEDU

■U.eI

mm

lgnwii«g«

Fig. 5

Fig. 5 et 6. — Vitraux dits incolores dont les dessins ne sont formésque par la disposition des plombs (XII e siècle).

tomber dans une recherche de tours de main très-préjudiciablesà l’inspiration.

Aussi voyons-nous les véritables artistes découragés renoncer