CHAPITRE III. 5i
ïie reste pas, comme les étoiles, attaché au même point de cette voûtedont le mouvement les ramène si régulièrement h des intervalles égauxdans une lunette immobile.
Dirigez de même une lunette au soleil ; mais pour <j ne son éclat nevous blesse pas les yeux, commencez par visser a l’ocul ? t re un verrecoloré qui amortisse la vivacité de la lumière. Faites que le centre dusoleil traverse exactement la lunette par le centre ; dès le lendemain ilpassera plus haut ou plus bas, et au bout de fort peu de jours il cesserad’entrer dans la lunette.
Les moyens d’observation qui nous ont prouvé la régularité du mou-vement des étoiles, sont donc insuffisans pour suivre la marche dusoleil ; ainsi il faut en imaginer de nouveaux: on en verra plusieurs dansle chapitre suivant.
Je dis encoi’e que les étoiles sont ou paraissent attachées à la voûtecéleste, ce qui signifie seulement qu’elles se comportent à notre egard,qu’elles nous présentent les mêmes apparences que si elles étaient toutesplacées dans la surface concave d’une voûte sphérique ; nous n’avonsencore aucun moyen de juger de leurs distances rectilignes, ces distancessont entièrement indéterminées. On ne peut juger de la longueur d’uneligne que lorsqu’on la voit en travers ; si vous la regardez dans le sensde sa longueur, cette longueur disparait. Dans le fait, il peut paraîtrefort peu vraisemblable que toutes les étoiles soient également éloignéesde la terre; mais si on les considérait comme placées à distances iné-gales du centre sur des rayons d’une même sphère qu’on imagineraitdans 1 espace et qui n’aurait aucune réalité , on ne ferait que compliquerinutilement le problème, et l’on serait plus éloigné de bien concevoircomment tous ces corps, nageant dans le vide ou dans un fluide déliécomme l’air, pourraient tourner si rapidement autour de nous, enconservant entre eux leurs distances angulaires, c’est-à-dire, en nousenvoyant des rayons qui fissent toujours le même angle au fond denotre œil. Il serait bien difficile que l’une n’allât pas plus vite que l’autre,qu elles revinssent toutes en 24 11 bien juste aux mêmes positions , et c’est cequi avait fait imaginer les cieux solides ou le firmament : continuonsdonc encore de considérer le ciel comme une calotte solide qui porteles étoiles fixes, et qui tourne uniformément autour de la terre; atta-chons-nous a tirer de nos observations toutes les conséquences qui s’endéduisent rigoureusement; mais distinguons soigneusement parmi cesconséquences celles qui ne sont et ne peuvent être que conjecturales;