CHAPITRE XXXVI. 6 i 5
s’éclipsent presque tous les jours ; il ne faut pourtant pas compter deuxmois environ chaque année, où Jupiter et ses satellites sont invisibles,parce qu'ils sont trop voisins du soleil. D’ailleurs le mouvement con-tinuel du vaisseau fait à chaque instant sortir Jupiter hors de la lunette;et pour ces observations, on a besoin que la lunette soit stable; et,meme a terre, elles ne réussissent que médiocrement, pour peu quele vent agite la lunette. On a fait jusqu’ici des efforts inutiles pourgarantir l’observateur ou l’observation des mouvemens du vaisseau; ilfaut donc un phénomène que l’on puisse observer avec les instrumensde reflexion que nous avons décrits. Il faut un astre dont le mouve-ment soit rapide et assez bien connu, pour que l’on puisse d’avancecalculer la place qu’il occupera chaque jour et d'heure en heure,du méridien de Paris , par exemple : il faut que le navigateur puisseobserver le lieu de cet astre, et le comparer au lieu calculé ; il enconclura l’heure de Paris et la longitude du vaisseau.
3a. De tous les astres la lune est, sans aucune comparaison, celuidont le mouvement géocentrique est le plus rapide. Son mouvementdiurne est de i3 ° ii' par rapport aux étoiles, ej. de 12 0 11' par rapportau soleil.
Supposons que la lune et une étoile aient passé ensemble au méridienun certain jour, le lendemain il y aura 5a' de différence entre les deuxpassages. Si nous supposons le mouvement uniforme, l’ascension droiteaura augmenté de o !l 62' entre ces deux passages au même méridien.Pour le méridien qui est à 180° du premier vers 1 ouest, la lune aurapassé 26' après l’étoile; il n’y aurait eu que i3' de plus en ascensionpour le méridien qui est à égale distance entre les deux autres, ou go*à l’ouest du premier. Ainsi 62' répondent aux 36o° de la sphère et dela terre, et aux 24 heures de longitude terrestre; 26', à 180° ou 12’ 1 ;13', à go° ou 6 h ; 2' 10" ou i3o" de tems, à 15" ou une heure, et 2"10"' à une minute. Ainsi, pour avoir la différence des méridiens à i'près en tems, il faudrait ne pas se tromper de 2" 10'" sur le passageau méridien; on aurait la longitude à 6" de tems près, si l’on observaitles passages à o",2 près dans les deux endroits : c’est tout ce qu'onpourrait faire dans deux observatoires, tels que ceux de Paris et deGreenwich ; cependant, par un nombre considérable de comparaisonsde ce genre, on n’a pu encore obtenir cette médiocre précision d’unemanière bien incontestable.