Band 
Tome troisième.
Seite
614
JPEG-Download
 

614 ASTRONOMIE.

33. On est moins exigeant sur mer, où les observations sont bienplus incertaines ; on y peut observer les distances de lac lune au soleilou aux étoiles. Ces distances sont calculées pour chaque jour, de troisen trois heures pour le méridien de Paris , dans la Connaissance desTems. En trois heures, le mouvement est assez uniforme pour que ,par une simple règle de trois, on puisse en conclure la distance pourun moment quelconque, ou savoir à quelle heure, quelle minute etquelle seconde du tems de Paris , répond une distance donnée. Onchoisit des étoiles brillantes et peu éloignées de l’écliptique, atin quel’observation soit plus facile, et le mouvement relatif plus uniforme.

34- En théorie, rien de plus simple et de plus exact tout-à-la-fois :aussi cette idée est-elle déjà fort ancienne; il y a deux cents ans qu’elle *a été proposée pour la première fois; mais il fallait des tables lunaireset solaires auxquelles on pût se fier; ce n’est pas quand la distancecalculée pouvait différer de 10' ou plus d’avec l’observation, que l’onpouvait employer cette méthode avec sûreté.

11 fallait des instrumens qui pussent mesurer exactement ces distances;on parait y être enfin parvenu depuis quelques années ; et cependantavec les meilleurs instrumens, les navigateurs les plus exercés trouventencore des anomalies dont ils ne peuvent rendre raison. Les tableslunaires se perfectionnent de jour en jour ; cependant avec les meilleurestables il est encore difficile de répondre toujours de 20" sur une dis-tance, et 20" de degré font déjà 40 1 ' de tems. A cette erreur possiblede la théorie, il faut joindre celle de l’observation qui peut encoreêtre plus considérable ; on peut donc craindre encore des erreursde 80" de tems qui équivaudront à 20' ou ^ de degré. Ce devrait êtrele maximum de l’erreur; et le plus souvent cette précision serait suffi-sante. Au reste, on obtient quelquefois bien mieux, qu’un tiers ouuu quart de degré, mais on ne peut en répondre.

55. Les calculs sont assez longs ; les distances observées sont altéréespar les effets de la parallaxe et de la réfraction qui varient suivant laposition de l’observateur, et qu’on ne peut calculer d’avance. Aiusi,quand, le navigateur a mesuré une distance et marqué l’heure de samontre, il f au t qu’il corrige la distance apparente de ces divers effets;pour ces corrections il a besoin de connaître les hauteurs des deuxastres à l'instant marqué.