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5 (1768) Opera Philologica / nunc primum collecta, in classes distributa, praefationibus & indicibus exornata, studio Ludovici Dutens
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II

OPERA PHILOLOGICA.

Si jai réustì à animer des excellens Hommes à cultiver le calcul desInfinitésimales , cest que fai pu donner des échantillons considérablesde fon usage. Mr. Huygens en ayant su quelque chose par mes Lettres,le méprifa, Se ne crut point quil y avoit-dedans quelque myfiere,jusquà ce quil en vit des ufages surprenans, qui le portérent à létu-dier un peu avant fa mort : lui, à qui un inerite tout-à-fait éminentdonnoit quasi droit de mépriser tour ce quil ne favoit pas. Jai pariede ma Spécieuse Generale à Mr. le Marquis De THospital , & à dautres;mais ils ny ont point donne plus dattention que si je leur avois conteun songe. Il faudroit que je lappuyafse par quelque usage palpabile;mais pour cet effet il faudroit fabriquer une panie au moins de maCharaÙériJìique ; ce qui nest pas alle, fur - tout dans létat je fuis,& fans la conversation de personnes qui me puistent animer Se assisterdans des travaux de cetre nature.

La fource de nos embarras sur la composition du Continu, vient dece que nous concevons la matiére & lefpace comme des lubstances; aulieu que les choses matérielles en elles - memes ne som que des p sieno-mènes bien réglés. Et SPATIUM nihil aliud ejl prxcisè quam orda exif-tendi , ut tempus eji orda exiftendi , sed non stmul. Les parties , autantquelles ne l'ont point marquées dans létendue par des phénomènes eftec-tifs, ne consistent que dans la postìbilité , 8c ne sont dans la ligne quecomme les fractions sont dans lunité. Mais en suppofànt tous les pointspossibles, comme actuellement existans dans le tout, (ce quil faudroitdire si ce tout étoit quelque chose de substantiel compose de tous sesingrédiens) on senfonce dans un labyrinte inextricable.

Jen ai dir quelque chose autrefois à Mr. Hugony , qui me marquedans fa Lettre avoir lhonneur, Monsieur, détre connu de vous. Il avu ausi! mes Réflexions astez étendues sur lOuvrage de Mr. Locke, quitraite de lEntendement de lHomme. Mais je me fuis dégouté de pu-blier des réfutations des Auteurs morts, quoiquelles dussent paroître du-rant leur vie, 8c ètre communiquées à eux-memes. Quelques petitesRemarques méchappérent, je ne fai comment, & furent portées en An-gleterre par un parent de feu Mr .Burnet Evéque de Salisbury. Mr. Lockeles ayant vues en parla avec mépris dans une Lettre à M. Moìineux ,quon peut trouver panni dautres Lettres posthumes de Mr. Lecite. Jenen appris fon jugement quaprès cetre imprelsion. Je ne men étonnepoint: nous étions un peu trop disterens en principes, & ce que javan-£ois lui paroistoit des paradoxes. Cependant un ami plus prévenu pourmoi, «Se moins prévenu pour Mr .Locke, me mande que ce quon yainfere de mes réflexions lui paroit le meilleur de la Collection. Je na-dopte point ce jugement, ne layant point vue.

Mr .Locke avoit de la subtilité Le de ladrestè. Le quelque espéce de

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