II
OPERA PHILOLOGICA.
Si j’ai réustì à animer des excellens Hommes à cultiver le calcul desInfinitésimales , c’est que fai pu donner des échantillons considérablesde fon usage. Mr. Huygens en ayant su quelque chose par mes Lettres,le méprifa, Se ne crut point qu’il y avoit là-dedans quelque myfiere,jusqu’à ce qu’il en vit des ufages surprenans, qui le portérent à l’étu-dier un peu avant fa mort : lui, à qui un inerite tout-à-fait éminentdonnoit quasi droit de mépriser tour ce qu’il ne favoit pas. J’ai pariede ma Spécieuse Generale à Mr. le Marquis De THospital , & à d’autres;mais ils n’y ont point donne plus d’attention que si je leur avois conteun songe. Il faudroit que je l’appuyafse par quelque usage palpabile;mais pour cet effet il faudroit fabriquer une panie au moins de maCharaÙériJìique ; ce qui n’est pas alle, fur - tout dans l’état où je fuis,& fans la conversation de personnes qui me puistent animer Se assisterdans des travaux de cetre nature.
La fource de nos embarras sur la composition du Continu, vient dece que nous concevons la matiére & l’efpace comme des lubstances; aulieu que les choses matérielles en elles - memes ne som que des p sieno-mènes bien réglés. Et SPATIUM nihil aliud ejl prxcisè quam orda exif-tendi , ut tempus eji orda exiftendi , sed non stmul. Les parties , autantqu’elles ne l'ont point marquées dans l’étendue par des phénomènes eftec-tifs, ne consistent que dans la postìbilité , 8c ne sont dans la ligne quecomme les fractions sont dans l’unité. Mais en suppofànt tous les pointspossibles, comme actuellement existans dans le tout, (ce qu’il faudroitdire si ce tout étoit quelque chose de substantiel compose de tous sesingrédiens) on s’enfonce dans un labyrinte inextricable.
J’en ai dir quelque chose autrefois à Mr. Hugony , qui me marquedans fa Lettre avoir l’honneur, Monsieur, d’étre connu de vous. Il avu ausi! mes Réflexions astez étendues sur l’Ouvrage de Mr. Locke, quitraite de l’Entendement de l’Homme. Mais je me fuis dégouté de pu-blier des réfutations des Auteurs morts, quoiqu’elles dussent paroître du-rant leur vie, 8c ètre communiquées à eux-memes. Quelques petitesRemarques m’échappérent, je ne fai comment, & furent portées en An-gleterre par un parent de feu Mr .Burnet Evéque de Salisbury. Mr. Lockeles ayant vues en parla avec mépris dans une Lettre à M. Moìineux ,qu’on peut trouver panni d’autres Lettres posthumes de Mr. Lecite. Jenen appris fon jugement qu’après cetre imprelsion. Je ne m’en étonnepoint: nous étions un peu trop disterens en principes, & ce que j’avan-£ois lui paroistoit des paradoxes. Cependant un ami plus prévenu pourmoi, «Se moins prévenu pour Mr .Locke, me mande que ce qu’on yainfere de mes réflexions lui paroit le meilleur de la Collection. Je n’a-dopte point ce jugement, ne l’ayant point vue.
Mr .Locke avoit de la subtilité Le de l’adrestè. Le quelque espéce de
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