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TROISIEME PARTIE. SECTION II. CHAPITRE I.
du golfe Saint-Laurent au golfe du Mexique , qui est formée par les fleuves eux-mêmes.
Le cours du Saint-Laurent est interrompu, entre le lac Erié et le lac Ontario , par lacataracte du Niagara (volume 1 er , pages 39 et 53). Plus bas, du lac Ontario à la mer, ilprésente, d’espace en espace, des rapides que les bateaux ne sauraient remonter et mêmequ’ils ne pourraient descendre (volume 1 er , page 47). En considérant le Saint-Laurentcomme ayant son point de départ au fond du lac Michigan , ce qui est naturel quandon s’occupe de ses rapports avec le Mississipi , on devra regarder comme un obstaclequ’il était avantageux de franchir, la péninsule comprise entre le lac Michigan et leslacs Érié et Huron, dont l’interposition entre ces lacs oblige le commerce à un énormedétour. Si au contraire on fait partir le Saint-Laurent de l’extrémité occidentale dulac Supérieur , on reconnaîtra la nécessité d’un canal autour du Sault Sainte-Marie, quibarre le passage aux navires entre le lac Supérieur et le lac Huron (volume 1 er , pages38 et 52). De ce même point de vue il serait utile de frayer quelque passage au traversde l’autre grande péninsule, bordée d’un côté par le lac Huron , de l’autre par les lacsOntario et Érié .
Le lit de l’Ohio, et plus encore celui du Mississipi , étaient originairement hérissés dechicots ( ’snags ), c’est-à-dire de troncs d’arbres fixés au fond par les racines, et présen-tant aux bateaux ascendants une pointe menaçante. De pareils écueils, cachés sous leseaux, sont formidables ; il fallait en débarrasser le lit de l’Ohio et du Mississipi , et pour-voir à leur enlèvement régulier à mesure qu’ils se renouvelleraient, car les prodigieusescrues de ces fleuves déracinent tous les ans des arbres, en nombre extraordinaire, dansles forêts qui les bordent (1 er volume , page 74). L’Ohio et le Mississipi , du moins dansles régions que la civilisation s’est ouvertes, n’ont pas de cataractes, si ce n’est cellede Louisville, sur l’Ohio. A Louisville donc, mais là seulement, un canal latéral étaitindispensable. Il convenait aussi d’augmenter la profondeur du chenal de l’Ohio sur leshauts-fonds qu’on rencontre çà et là pendant l’été, dans la partie supérieure de soncours, et même dans la partie inférieure. Enfin, il y avait lieu à rechercher jusqu’àquel point il serait possible d’améliorer la passe principale du Mississipi , où quel-quefois sont arrêtés les navires d’un tirant d’eau un peu fort (volume 1 er , page 80).
Disons en peu de mots comment on a procédé à chacun de ces perfectionnements,en commençant par le Saint-Laurent.
L’État de Michigan occupe la péninsule à peu près triangulaire qui est comprise entrele lac Michigan, a l’ouest, le lac Huron et le lac Érié ou son prolongement le lac Saint-Clair , à l’est. La population qui afflue du littoral ne s’est point encore écartée duMidi de l’État. Partie des bords du lac Saint-Clair et des frontières de l’Ohio et de l’In-diana , elle a marché principalement dans la direction de l’orient à l’occident. Les voiesde communication , dès lors, ont dû se concentrer dans la portion de l’État la plus mé-ridionale. C’est une zone longue, de l’est à l’ouest, d’environ 375 kilom., et haute, dumidi au nord, de 150 moyennement.
Le terrain y est très-favorable à l’établissement des voies de communication perfec-tionnées, et particulièrement de chemins de fer.
La tendance naturelle de l’État devait être de diriger ses canaux et ses chemins de