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Le Saint-Laurent se prête admirablement a la construction d’un canal latéral. Sesbords sont habituellement plats dans le voisinage immédiat du fleuve. En général, ilsoffrent à la surface un sable renfermant des cailloux et des blocs roulés. Au-dessousdu sable est une argile bleue, propre presque partout à faire un bon fond pour le canal ;cependant elle est sablonneuse par places ; elle est aussi entrecoupée de lits minces desable. Le caractère le plus remarquable du fleuve est la constance de son niveau,grâce aux Grands Lacs qui pour lui remplissent l’office de régulateurs. Entre le lacOntario et l’île de Montréal , ses plus grandes crues sont de 0 m ,50 à 0 m ,60 ; plus bas,elles vont à 3 m , à cause de l’Ottawa , puissant cours d’eau, très-gonflé au prin-temps et à l’automne, qui se jette dans le Saint-Laurent, en tête de cette île (1). Seule-ment , au renouvellement de la saison, lors de la débâcle, les glaces que le Saint-Laurent charrie en quantité prodigieuse, s’arrêtant çà et là, opèrent quelquefoiscomme un barrage et élèvent le niveau des eaux, immédiatement en amont ; mais cesespèces de débordements ne durent que quelques heures; ils ont lieu particulièrementlà où la vitesse du courant est très-ralentie.
Une fois les travaux du Saint-Laurent achevés, même avec les dimensions actuellesdu canal Welland, une goélette de 120 ton., partie de Cleveland (État d’Ohio ), et mêmede Chicago et de Michilimackinac, pourra descendre à Québec et continuer sa routevers les Antilles; et lorsque la rivière Illinois sera jointe au lac Michigan , par le canalaujourd’hui à demi achevé qu’a entrepris l’État d’Illinois , la même goélette pourrarevenir à son point de départ en remontant le Mississipi .
Un résultat positif de la canalisation du Saint-Laurent serait, comme nous l’avonsdit, de faire de Montréal le port le plus voisin du marché du Nord-Ouest de l’Unionaméricaine, et cette conséquence a de la portée, ainsi que nous avons cherché à le fairepressentir (page 278).
D’après les relevés de 1818-19-20, la moyenne du commerce entre Montréal etQuébec d’une part, et le haut pays d’autre part, s’élevait :
ton.
A la descente, à,À la remonte, à
16,800
22,280
Depuis lors, il s’est accru, comme l’indique le tableau ci-joint :
(1) L’ile de Montréal, qui est très-large et plus longue encore, borde la gauche du lac Saint-Louis, qui est une expan-sion du Saint-Laurent , et par son extrémité supérieure elle touche au bas du lac des Deux-Montagnes, qui n’est qu'unélargissement de l’Ottawa à sa réunion avec le Saint-Laurent.
U.
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