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Tome deuxième.
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ARBRES ECHOUES OU CHICOTS ( SNAGS) DU MISSISSIPI ET DE L’OHIO. 323

deux seulement étaient employés sur le Mississipi ou sur le Bas-Ohio. Chaque chicot en-levé revenait alors, en ne comptant que les frais courants, à 42 fr. 67. Dans la campagnede 1835, cette dépense monta à 69 fr. 33; mais l’année avait été malheureuse. Dansl’automne de 1837,1e lieutenant Saunders, chargé des .travaux de l’Ohio supérieur,donnait comme résultat de la campagne le chiffre de 50 fr. 35.

On ne s’est pas borné à faire disparaître les chicots ; on a voulu en empêcher le re-nouvellement. A cet égard il y avait une mesure préventive toute simple : c’était dedépouiller d’arbres les rives, sur une largeur de 45 m ,70, là où le courant est le plus vif,et spécialement aux points où ces rives sont rongées par les eaux. Il devait en résulterune économie; car, ainsi que le faisait remarquer le major Delafield, dans un rapportde 1835, un snag extirpé revient à 8 doll., et un manœuvre payé à raison de 1 doll.par jour abattra facilement dans sa journée quinze grands arbres destinés à être dé-racinés, qui, une fois dans le lit du fleuve, menaceraient de se tranformer en chicots.

Dès 1834, on avait détruit ainsi les bois le long du Mississipi , au-dessous du confluentde l’Ohio, sur un certain espace. La zone dégarnie avait 45 m ,70. L’opération n’avait,eulieu que là où les bords étaient exposés à l’érosion du courant, et presque partoutl’effet en avait été excellent. La rive avait dès lors cessé d’être à pic ; elle avait prisl’inclinaison modérée d’une grève plongeant par degrés dans le fleuve. On a donc con-tinué à combiner l’abattage des bois avec l’enlèvement des chicots. D’après les obser-vations des ingénieurs chargés d’inspecter ou de diriger les travaux, c’étaient les arbresprécipités dans le fleuve avec le lourd faisceau de leurs racines chargées de terre, quitendaient le plus à se métamorphoser en chicots. Généralement il y a très-peu dechance pour qu’un arbre qui a flotté pendant quelque temps s’enfonce dans le fleuveet s’y fixe en prenant la position inclinée qui rend les chicots si dangereux.

Le lieutenant Bowman, du Génie, dans un rapport sur la campagne 1833-34, estimaitqu’avec 225,877 fr., on pourrait dégager ainsi les rives du Mississipi , autant que ce se-rait nécessaire, du confluent du Missouri à Natchez , où la culture commence, et où parconséquent les forêts ont disparu des bords immédiats du fleuve. Il pensait qu’il suffi-rait de faire l’abattage sur un quart de la distance, tantôt sur une rive, tantôt surl’autre. Déjà, sur une longueur de près de 500 kilom. au-dessous du confluent del’Ohio, l’opération avait été accomplie partout où c’était à désirer ; on la payait àraison de 105 fr. 36 par hectare.

Voici quelques détails sur les résultats des dernières campagnes à l’égard du Missis-sipi et de l’Ohio :

Du 1 er octobre 1833 au 1 er mars 1834 on enleva du Mississipi 1,385 chicots, et onabattit 1,621 arbres là où les bords étaient minés.

Du 3 novembre 1834 au 30 septembre 1835, le Mississipi fut débarrassé de 1,462 chi-cots , et sur ses rives on coupa 2,599 arbres. Deux snag-boats, l Helepolis et PArchi-medes , avaient été en activité durant cette campagne et la précédente.

Dans l’été et l’automne de 1835, on commença à enlever les chicots de l’Ohio, au-dessus de Louisville . Le nombre de ceux qui furent détruits pendant cette premièrecampagne n’est pas mentionné dans les rapports annuels.