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Tome deuxième.
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EMBRANCHEMENTS ABOUTISSANT AU MISSISSIPI.

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soit possible de les traverser à cheval. Il n’est pas rare de les trouver recouverts deplantes herbacées, d’arhustes et même de saules qui y ont pris racine. Les allu-mions , qui ont à peu près rempli la ci-devant nappe d’eau, ont barré les affluents duRed-River et ont créé ainsi à leurs confluents d’autres lacs tels que le lac Bislineauet le lac Bodeau. L’espace obstrué occupe une longueur que M. Darby estimait à97 kilom., et que le capitaine Shreve, en 1832, portait à 225 kilom. A la rigueur,avec un batelet, on pouvait se frayer un passage d’une extrémité à l’autre, au milieude ces chenaux multiples, se croisant les uns les autres, ici couverts par les bois de dé-rive , ailleurs libres et dégagés; pendant l’inondation le voyage était possible à des em-barcations plus fortes; mais la navigation commerciale n’existait pas. Il importait pour-tant de rétablir la communication entre le haut et le bas de la rivière , car au-dessusdu radeau, sur un espace de plusieurs centaines de kilom., la Rivière-Rouge est naturel-lement praticable pour de fortes barques, pendant une grande partie de l’année, demanière à permettre de remonter jusqu’à l’État d’Arkansas , et plus loin bien avant dansle Texas . M. Darby estime l’étendue de son cours à plus de 1,600 kilom.

Originairement on songea à avoir une navigation latérale au fleuve, en suivant quel-ques-uns des nombreux bayous (Yolume I er , page 73), ou dérivations naturelles,que, par des coupures, on eût reliés entre eux ou à divers tronçons de la rivière. En 1832le capitaine Shreve, qui s’était rendu célèbre par les hauts faits qu’il avait accomplisen qualité de commandant de bateaux à vapeur sur le Mississipi, proposa d’ouvrir lacommunication en détruisant le radeau lui-même. A cet effet, il voulait dégarnir deleur végétation les bords du chenal, le long du radeau et en dessous, dépouillerpareillement, et même faire disparaître les îlots épars que cimente un limon aiséà dissoudre. Privés alors de leurs attaches, les bois de dérive, que des travail-leurs embarqués sur des bateaux à vapeur auraient d’ailleurs désunis en faisant in-tervenir la force de leurs machines, eussent été entraînés par le courant. On eûtaussi enlevé les chicots, là, où ils contribuaient le plus à fixer le radeau. La premièrecampagne eut lieu en 1833. Le capitaine Shreve prit avec lui le sncig-boat /’Archimède et trois autres bateaux à vapeur : le Java, le Souvenir, la Perle (Pear!) montésensemble par 159 hommes. Arrivé sur les lieux, le 11 avril, au bayou Loggy , pointextrême du radeau du côté d’aval, il écrivait le 8 mai, qu’avec sa flotille il était déjàparvenu à 64 kilom. au travers des obstructions. Conformément au programmeconvenu d’avance , les arbres dont le radeau se composait avaient été séparés les unsdes autres , et comme la rivière était alors dans sa crue , on avait pu les diriger dansles bayous qui traversent les marais situés à droite et à gauche du chenal. On s’effor-çait ainsi d’engorger les hayons , afin que toute l’eau restât autant que possible dansle lit de la rivière. Les petits arbres des îlots avaient été arrachés afin que la massedes îlots, ne présentant plus de résistance , put être enlevée par le courant. Le 16 mai,le capitaine Shreve était à 40 kilom. plus haut, au bayou Pascagoula . Le 23 juin,il écrivait de Natchez (Mississipi ), que la campagne était terminée. En la prolongeantplus avant pendant l’été on eût compromis la vie des hommes de l’expédition. L’amé-lioration avait été ébauchée sur une longueur de 114 kilom. jusqu’à la station