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lement accessible à l’entendement. Une recherche6i abstruse et si embarrassante, boss. A vert. m. Jesais tout ce qu’on a dit sur cette matière abstruse,volt. Dial. 24, 1 7. 11 pénétrait déjà dans la géomé-trie la plus abstruse et la perfectionnait par ses dé-couvertes, à mesure qu’il l’étudiait, lorsqu’en 1684,a face de la géométrie change presque tout àcoup.... fonten. Bernoulli. || 2“ En un sens défavo-rable , philosophe abstrus. || Abstrus se met après lesubstantif : Ra isonnement abstrus, question abstruse.
_SYN. abstrus, abstrait. Une chose abstruse est
une chose qu’on ne peut comprendre que par unesuite de raisonnements, et qu’à force d’efforts; unechose abstraite n’est malaisée à comprendre qu’àcause de la généralité qui y est inhérente. Unechose abstruse est toujours difficile; une choseabstraite peut être aisée pour un esprit habitué auxspéculations philosophiques.
_hist. xvi's. Des moyens si estranges [singeries
des sorciers] semblent venir de quelque abstrusescience, mont, i, 96. L’anatomie de la philosophieen laquelle les plus abstruses parties de notre naturese pénétrent, id. i, 169.
— ÊTYM . Abstrusus, de abs, indiquant éloigne-ment, et trudere, pousser. Comparez intrus et in-trusion.
ABSURDE (ab-sur-d’, ou, suivant la prononcia-tion réelle, ap-sur-d’), adj. || 1° Qui est contre lesens commun. Peut-on rien dire de plus absurde?Une hypothèse étrangement absurde. 11 est absurdede croire que.... Une opinion absurde. Un absurderaisonnement. Un merveilleux absurde est pour moisans appas, boil. A. P. m. Laisse là tes combats etcet absurde usage Qui met souvent le crime à l’a-bri du courage, Anne de lloleyn, m, 4. || 2° Enparlant des personnes, qui parle ou agit contre le senscommun. Raisonneur absurde. C’est un hommeabsurde. || 3“ S. m. Absurdité. Tomber dans l’ab-surde. Réduire un homme, son homme à l’absurde.Démontrer une proposition par la réduction à l’ab-surde. L’absurde ne peut être cru. Quand l’absurdeest outré, l’on lui fait trop d’honneur De vouloir parraison combattre son erreur : Enchérir est plus court,sans s’échauffer la bile, la font. Fab. îx, t. || 4° Ab-surde à, avec un verbe à l’infinitif. 11 mentait à soncœur en voulant expliquer Ce dogme absurde àcroire, absurde à pratiquer, volt, h* Disc, sur l’hom-me, 123.
— HIST. xvi* s. Voilà un bon mot et un utile de-sir, mais pareillement absurde, mont, ii, 379. Iln’est aulcun absurde, selon nous, plus extreme quede maintenir que le feu n’eschaufl’e point, id.Il, 356.
—ÊTYM . Absurdus. On fait venir habituellementabsurdus de ab et surdus, sourd; mais on ne voitpas «omment cela pourrait signifier absurde. Dèslors on a cherché ailleurs : absurdus a le mêmesens que absonus, et signifie par conséquent quisonne mal, d’où absurde. Le surdus de absurdusest rattaché au radical sanscrit sur, sonner, avecun suffixe, dus.
ABSURDEMENT (ab-sur-de-man, ou, suivant laprononciation réelle, ap-sur-de-man), adv. D’unemanière absurde.lia raisonné absurdement. lia ab-surdement raisonné. Il était ridicule d’augmenter leconseil, déjà absurdement nombreux, st-simon,609, 242.
— étym. Absurde et ment (voy. mf.nt).
ABSURDITE (a-bsur-di-té, ou, suivant la pronon-ciation réelle, a-psur-dité), s. f. || 1° Vice de ce quiest absurde. L’absurdité d’un raisonnement» Ou-vrir les yeux sur l’absurdité de ces disputes. 11 étaitdifficile de dire de quel côté il y avait le plus d’ab-surdité et de folie. |l 2° La chose même qui est ab-surde. Quelle absurdité! Que sert de réfuter ces ab-surdités? Les impies sont tombés dans toutes lesabsurdités, boss. Hist. n, 13. [| 3° En parlant despersonnes. L’absurdité de cet homme est choquante.
— HIST. xvi" s. De toutes les absurdités, la plusabsurde aux épicuriens est de desadvouer la force etl’effet des sens, mont, ii, 4 2.
— ÊTYM . Absurditas, de absurdus, absurde(voy. absurde).
ABUS (a-bu), s. m. || 1° Usage mauvais qu’onfait de quelque chose. Abus de la force. La Grèce â dû sa ruine à l’abus de la liberté. Tout commencepar la nécessité et finit par l’abus. Ils font abus denourriture. De quoi les hommes savent-ils user sansabus? Comme il y a dans les conditions élevéesplus de faux désirs, plus d’abus de son âme quedans les états inférieurs, les grands sont sans doutede tous les hommes les moins heureux, buff. Na-ture tles anim. Qu’est-ce de communier indigne-
ment? quel abus du saint même des saints! bourd.Pensées, t. m,p. 3 1 4. Laisser impunie une profanationest un abus si énorme, id. ib. p. 362. Un superflu quime deviendrait pernicieux et nuisible par l’abusque j’en ferais, id. ib. t.n,p. 77. Je sais que dans l’a-mitié dont je parle il y a divers degrés d’abus et dedésordres, id. ib. p. 259. Les ministères publics sontdes assujettissements perpétuels et très-réels, àmoins qu’on ne veuille, par un abus énorme, ennégliger toutes les fonctions et en abandonner tousles devoirs, id. ib. p. 486. Le peu qu’on en cite estun abus du texte, boss. Avert. Voilà le plus grandabus qu’on ait jamais fait de l’Evangile , id. iv, écrit,30. Mais qui peut arrêter l’abus de la victoire? volt.Ali. i, i. Ne prends point pour vertu l’abus de lavictoire, saurin,N par(acus,v,5. || 2“ Coutume,usagemauvais qui s’introduit. Telle est la force des abus.Un abus qui s’introduit depuis quelque temps. On a re-tranché ces abus. Cet abus subsiste, comme tant d’au-tres, par la raison qu’il estétabli. Ils réforment tousles abus, boss. Hist. ii, 4. Comment ils doivent re-prendre et réprimer les abus, id. ib. ii, 6. Lesabus du gouvernement, id. ib. il, it. Tenir les abusnécessaires dans les bornes précises de la nécessitéqu’ils sont toujours prêts à franchir, les renfermerdans l’obscurité à laquelle ils doivent être condam-nés, et ne les en tirer pas même par des châtimentstrop éclatants, fonten. Argenson. Nous préserventles dieux d’un si funeste abus,Berceau de lamollesseet tombeau des vertus, volt. Brut, ii , 4 . PhilippeAuguste saisit le temporel des évêques d’Orléans etd’Auxerre pour n’avoir pas rempli cet abus devenuun devoir [conduire leurs vassaux à la guerre], id.Mœurs, 60 . Les bons mots ne sont qu’un abus ;Pourtant, messieurs, permettez-nous d’en dire,Béranger, Gourmands. Trinquer est un plaisir fortsage Qu’aujourd’hui l’on traite d’abus, id. Trin-quons. |[ 3° appel comme d’abus , appel interjetéd’une sentence rendue par un juge ou supérieurecclésiastique, qu’on prétend avoir excédé ses pou-voirs ou contrevenu aux lois. C’est une assez faibleconsolation que celle des appels comme d’abus,pasc. Pensées, Pape, 7. Le bruit se répandit que leprocureur général appellerait comme d’abus detout ce que le pape pourrait faire au préjudice deslibertés de l’Eglise gallicane, st-simon, 502, 82 . Cequ’il y eut de plus intéressant, ce fut l’appelcomme d’abus que le parlement introduisit, volt.Mœurs, 75. || 4° En jurisprudence, abus de pouvoirse dit quand un fonctionnaire outre-passe le pou-voir qui lui est confié et fait des actes qui ne luisont pas permis. || B* Abus de confiance, délit donton se rend coupable en abusant de la confiance quiavait été accordée. || 6° En termes de grammaire,abus des mots, sens détourné et forcé qu’on leurdonne. || 7° Erreur. C’est un abus de croire. Lourdet grossier abus! croyance ridicule! rotrou , Bélis.v, 8. Qu’un si charmant abus serait à préférer Al’âpre vérité qui vient de m’éclairer! corn. Hér.m, i. Et semant de nos noms un insensible abus,id. Hér. iv, 4. Mais il faut renoncer à des abus sidoux, id. Pulch. n, t. Dans les moments où Dieu vous a affligé, vous vous êtes adressé à lui; vousavez ouvert les yeux sur l’abus de ce monde misé-rable, mass. Carême, Prospérités temp. Que sais-jesi,au premier jour, votrefin soudaine et surprenantene fournira |pas à ceux qui m’écoutent de grandesmais d’inutiles réflexions sur l’abus du monde et deses espérances, id. ib. Impénilence finale. Travaillerserait un abus : J’ai cinquante écus, bér. Cinquanteécus. || 8°Proverbe. Le monde n’est qu’abuset vanité.
— HIST. xiv* s. Et aucuns se delettent en abus dedeliz [plaisirs] charnels, oresme, Elh. 203. ||xvi's.S’il est question de corriger quelques abus..., la-noue, 85. Les appellations comme d’abus ont lieuquand il y a contravention contre les saints decrets,libertés de l’Eglise gallicane, arrest des cours sou-veraines, jurisdiction seculiere ou ecclesiastique;et tient-on qu’elles sent de l’invention de messirePierre de Cugnieres, ores qu’elles semblent plusmodernes, loyskl , 888 . En appelant d’Atropostrop irée Comme d’abus, marot, ii, 272.
— ÊTYM . Proveuç. abus; espagn. et ital. abuso ;de abusus, de ab, indiquant perversion, et usas,usage (voy. us).
ABUSÉ, ÉE (a-bu-zé, zée). || 1“ Part, passé.Trompé. Abusé par de vaines promesses. Abusé surl’état des choses. Abusé et dépouillé. Nous étionsbien abusés, pasc. Prov. -H. En vain du sang desrois dont je suis l’oppresseur, Les peuples abusésm’ont cru le défenseur, volt. Mer. i, 4. Ma jeu-nesse, nourrie à la cour de Néron , S’égarait, cherPaulin, par l’exemple abusée, rac. Bérén. n, 2 .
|| 2“ abusée, s. f. Je plains cette abusée, et c’estmoi qui la suis, corn. Oth. m, i. || 3” En parlantd’une femme séduite Jeune fille abusée.
ABUSER (a-bu-*-'), v. n. || 1° User mal, se pré-valoir de. Ayant abusé de leurs talents. Abuser del’ignorance de quelqu’un. Abuser cruellement de lavictoire. Pour seconder les criminelles intentions d’unami, lequel abusait de votrecrédulité, bourd. Pensées,t. ii, p. 261 . Vous croyez qu’abusant de mon auto-rité Je prétends attenter à votre liberté, rac. Mithr.i, 2 . J’abuse,cher ami, de ton trop d’amitié, id. Andr.m, i. Avez-vous prétendu que muet et tranquille, Cehéros qu’armera l’amour et la raison , Vous laissepour ce meurtre abuser de son nom? id. Iph. i,l. Etnos seuls ennemis, altérant sa bonté, Abusaient contrenous de sa facilité, id. Brit. v, 3. La perfide abu-sant de ma faiblesse extrême.... id. Phèd. v, 7. Etque de mon bonheur vous avez abusé Jusqu’à plusattenter que je n’aurais osé, corn. M. de Pompée ,iii, 2 . Prince, vous abusez trop tôt de ma bonté, id.Nie. ii, 3. Je vous remets ce droit dont j’allais abu-ser, volt. Orphel. v, 6. Vous ne voudrez jamais,abusant de mon âge..., id. Brut, n, 4. Il abuse ences lieux de son pouvoir fatal, id. Sém. u, \. Us onttous abusé de leur nouveau pouvoir, id. Ali. ii, 2 .Depuis qu’aux cieux l’amour est retenu, De sonbeau nom vous abusez encore, malfil. Narc. 1 .11 2" Ab-solument. Usez , n’abusez pas. L’homme est dis-posé à abuser. || 3° Abuser de quelqu’un, ne pas secomporter avec lui comme il conviendrait. J’abusede vous en vous entretenant si longuement de mespropres affaires. Abuser d’un domestique, le fairetrop travailler. On dit dans le même sens abuserd’un cheval. Vous abusez d’une infinité de person-nes en leur faisant accroire que les points sur les-quels vous essayez d’exciter un si grand orage sontessentiels à la foi, pasc. Prov. 4 7. || 4° Abuserd’une fille, la posséder. Pour venger sa fille dontRoderic abusait, boss. Hist. i, n. Nous flétrissonsdu nom d’incestueux le frère qui abuse de sa sœur,volt. Métaph. 9. Alexandre VI était accusé d’abuserde sa propre fille Lucrèce , id. Mœurs, no. || Abu-ser, v. n., se conjugue avec l’auxiliaire avoir.
abuser,!), a. || 1* Tromper. Abuserquelqu’un d’unvain espoir. Nous nous laissons abuser par les opi-nions du vulgaire. Ils sont grossièrement abusés,pasc. Pron. n. La flamme de vos yeux.... Ne se lassedonc point.... d’abuser les vœux dont elle est désirée,malh. iv, 3. Car, sans le revenu, l’étude nousabuse, Régnier, Sat. iii. Dites s’il me détrompe oum’abuse en effet, corn. Héracl. n, 6. Notre pro-fond silence abusant leurs esprits, Ils n’osent plusdouter de nous avoir surpris, id. Cid, iv, 3. Sorsdu trône et te laisse abuser comme moi, id. Héracl.i, 2 . Moi, j’aurais l’âme assez méchante pour abu-ser une personne comme vous ! mol. D. J. ii, 2 . Jevous abuserais si j’osais vous promettre Qu’entrevos mains, seigneur, il voulût le remettre, rac.Andr. i, (.Je crains, je crains qu’un songe ne m’a-buse, id. Phèd. ii, 2 . C’est pleurer trop longtempsune mort qui t’abuse, id. Èsth. i, (. Est-ce ainsiqu’on m’abuse et qu’on croit me jouer! volt.Orphel. iii, 3. Une image trompeuse ne vient-ellepas abuser mes yeux? fén. Tél. iv. Je reconnus,mais trop tard, les chimères qui m’avaient abusé, J.i. rouss. Hél. m' part. Liv. (8. || 2° Abuser une fille,la séduire. Une fille abusée était punie avec le sé-ducteur, j. j. rouss. Ém. v.
s’abuser, v. ré fl. Se faire illusion. En cela, je mesuis abusé. A moins que je ne m’abuse. Voulant nousaffranchir, Brute s’est abusé, corn. Cinna, ii, 2 .Mais tu t’abuseras, mol. l’Élourdi, i, (0. Vois si jem’abuse, rac. Baj. m, 3. Mais moi-même.... me se-rais-je abusée? id. Baj. m, 6. Penses-tu que je soismoins épouse que mère? Tu t’abuses, cruel.... volt.Orphel. iv, 6. En conseiller d’Etat, de discours jem’abuse, Régnier, Élég. u.
— HEM. Pascal a dit : Il n’est pas possible des’abuser à prendre un homme pour un ressuscité.Cet emploi, qui peut très-bien être accepté, est unarchaïsme. Voyez-en un exemple plus bas dans untexte de Lanoue.
— HIST. xiv* s. Comme Phalaris qui tenoit uneenfant et avoit concupiscence de abuser en par de-lettation de luxure inconveniente, oresme, Eth.404. || xv* s. Me faites, vous et raison, Au-
cune déclaration ; Ou de votre fait suis abus, Pouice que dit avez dessus, la font. 675. Povre homme,tu t’abuses bien ; Par ce chemin ne feras rien, Si tune marches d’autre pas, Nat. à l’Alch. 3t. Las! nesuis le premier de France Qui sotement s’est abusé,ch. d’orl. Rond. 34. Ausquels fut dit pour le diclseigneur, qu’ils s’abusoient et que le dict seigneur