Band 
Tome premier. A - C.
Seite
25
JPEG-Download
 

aimeroit mieux mourir que d’estre contre le roi, i.de troyes , 1475. jSt avec telles mensonges se abu-sent bien aucuneffois les maistres, comm. n, 2. Onabusoit le roi quand on lui conseilloit entrepren-dre ceste guerre, id. m, 2 . || xvi* s. Ils sçavent l’a-rithmetique si parfaitement que jamais ne s’abusentà conter, lanoue, (83. Cet enfant nous abuse, carles estables ne sont jamais on hault de la maison,rab. Garg. i, 12 . Laissons les abuser de leur loisir,mont, i, 187. Il me Yenoit compassion du pauvrepeuple abusé de ces folies, in. i, 200 . On ne peultabuser que des choses qui sont bonnes, id. n, 60 .Elle n’y trouva les efforts répondants à sa taille,beauté et jeunesse par où elle avoit été prinse etabusée, id. iii, 37t. Il usa d’une ruse par la quelleil abusa l’une et l’autre partie pour le bien de lachose publique, amyot, Solon, 2 t. Solon pour vraiest un fol abusé, Qui de son gré lui-même a refuséUn si grand heur que lui offroient les dieux, id. ib.22 . Stesimbrotus s’abuse grandement pour n’avoirpas bien pris garde à la suitte des temps, id. Thém.3. Son filz abusoit un peu trop de l’affection que luiportait sa mere, et de lui aussi semblablement parle moyen d’elle, id. Thém. 36. Abusant la jeunessede vaine espérance, id. Fab. Bt.Les Lacedemoniensabusèrent d’Alcibiades plus tost qu’ils n’en usèrent,id. Aie. et Cor. 4. Il abusa de son éloquence à ca-lomnier et faussement charger et accuser ceux quivaloient mieux que lui, id. Pélop. 44. Celui qui nevise à la voie Par où il va, faut et s’abuse, marot,iii, 69.

— ÊTYM . Abus; provenç. et espagn. dbusar ;ital. abusare.

ABUSEUR (a-bu-zeur), s. m. Celui qui abuse, quitrompe.

— HIST. xiv* s. Se le dit tel abuseur avoit aucunechose prins ou gaingné sous ombre de la dite abu-sion, du cange, abusor. || xv* s. Et trouva on quece n’estait qu’un abuseur; si le fit prendre et em-prisonner, et eut sa finance qui estait grande , j. desursins, 1389. Et se trouva un cordelier forgé qui delui-même prit débat au dit frere Hieronime [Savo-narole], l’appellant heretique et abuseur de peuple,comm. viii, 1 9. || xvi" s. C’estoyent divinateurs,enchanteurs et abuseurs du simple peuple, rab.Pant. iv, 68. [Traitz] dont le cruel abuseur pleind’attraits A bien souvent faict mainte plaie amere,marot, ii, 280. D’un petit nombre d’abuseurs sontsorties plusieurs sectes, calv. Inst. 89.

—étym. Abuser.

ABUSIF, IVE (a-bu-zif, ziv’), adj. || 1° Qui tient del’abus. Tout privilège qui tend à l’exemption de cettecontribution étant injuste et abusif, vauban, Dîme ,to4. || 2° En termes de grammaire, emploi abusifd’un mot.

— hist. xiv* s. Faire une comparaison abusive dechoses qui ne sont pas comparables, oresme , Thèse deMeunier. ||xvi°s. Tout ce que les hommes apprennentde Dieu par les images est frivole et mesme abusif,calv. Inst. 66. Il rompit et annulla cette coustumecomme abusive, pleine de larcin, carloix, v, 32.

— ÊTYM . Abusirus, de abusus, abus.

ABUSIVEMENT (a-bu-zi-ye-man), adv. || 1*D’une

manière abusive. On avait établi abusivement cettemesure. || 2° En termes de grammaire, employerabusivement un mot.

— ÉTYM . Abusive au féminin, et ment (voy.ment).

f ABUTER (a-bu-té), v. a. et v.n. || I" Terme demarine. Mettre bout About, ou toucher par un bout.Ces pièces de bois abutent. || 2° Au jeu de boule oude palet,lancer la boule ou le palet vers un but poursavoir qui jouera le premier. Eh bien, abutons.

— hist. xvi* s. Le temple St-Sorlin fut gagné àcoups de canon par les assiégés : ce qui fit tenirconseil en la place St-Georges, et résoudre de mettrele feu en toutes les rues qui abuttoient à la mai-son de ville, d’aub. Hist. i, 38. Articulation, c’est-à-dire jointure : sçavoir quand iceux os sont tel-lement abuttés et alliés que.... paré, iv, 43. Faultluy [à l’âme] fournir d’object où elle s’abbutte, mont.1, 21.

— ÊTYM . X et but:

( t ABUTILON (a-bu-ti-lon),s.m.Botanique. Planted’agrément des Antilles , cultivée dans quelques par-ties de l’Europe , à écorce filandreuse, de la familleues malvacées.

ABYME (a-bi-m 1 ), s. m. Voy. abIme.

ABYMER (a-bi-mé), v. a. Voy. abîmer.

ACABIT ( a-ka-bi ; le ( ne se lie pas ), s. m.|| 1° Qualité bonne ou mauvaise des choses. Ces fruitssont de bon acabit. Ce mouton, ce drap sont demauvais acabit. || 2“ En parlant des personnes. Ce

DICT. DE LA LANGUE FRANÇAISE.

sont gens de même acabit. Vous ne le corrigerezpas, tel est son acabit, Acad. || Loc. vie. Poiresd’une bonne acabit, dites d’un bon acabit.

— HIST. xv* s. Se en cest malheur et labit Nousmourions par quelque acabit [accident], Ame n’y aqui bien nous fasse, villon, Baill. et Mal. On a ditaussi acabie : boursault, Ésope , iv, 3: Et de quelleacabie étoit-il conseiller? Le féminin n’est plususité.

— ÉTYM . Bas-latin, acapita, acapitis, acapita-gium, mots qui signifient au propre l’action de seconstituer vassal d’un seigneur, mot à mot, actionde prendre pour chef; par extension, droit d’en-trée, et, par une nouvelle extension, toute espèced’achat. Acabit veut donc dire achat, débit, et,comme le remarque ménage, des fruits d’un bonacabit signifient proprement des fruits d’un bon dé-bit. Acapita, acapitagium sont composés de ad etcapitagium; capitagium, de caput , chef (voy.chef).

ACACIA (a-ka-sia; Castel et Béranger l’ont fait,en vers, de trois syllabes, et la prononciation ordi-naire ne lui en donne non plus que trois ; maison pourrait aussi, en vers, le faire de quatre sylla-bes, suivant l’habitude de notre poésie, qui tendplus à allonger les mots qu’à les raccourcir), s. m.|| 1° En botanique, nom d’un genre de la famille deslégumineuses, dont deux espèces fournissent la gom-me arabique et la gomme du Sénégal . Suc d’acacia,suc exprimé des gousses pilées du mimosa nilotica.Suc d’acacia indigène, suc tiré du fruit non encoremûr du prunellier. Le suc d’acacia est astringent.|| 2* Dans le langage ordinaire, l’acacia est le fauxacacia ou acacia blanc, arbre d’agrément, espècede robinier à rameaux épineux et à fleurs blancheset odorantes. Ses gais refrains vous égalent en nom-bre, Fleurs d’acacia qu’éparpillent les vents, Bé-ranger, Ém. Debraux. Sous l’acacia léger j’auraisplacé Delille, castel, les Plantes, iv. || Au pluriel,des acacias.

— HIST. xvi* s. Berberis, sumac, acacia et leurssemblables, paré, viii, 63. Quant aux sucs solideset endurcis, comme l’aloès, l’acacia.... id.xxv, 27.

— ÉTYM . Provenç. acassia; du latin acacia, dugrec àxaxîa. Ce mot parait venir de àxaxioc, défautde méchanceté [de a privatif, et xaxoç, méchant],parce que ce végétal, bien que couvert d’épi nés, four-nit de bonnes choses.

ACADÉMICIEN (a-ka-dê-mi-siin ; en vers, ilest de six syllabes; par exemple, dans l’épigrammede Piron : Ci-gtt Piron, qui ne fut rien, Pas mêmeacadémicien. Cependant on pourrait aussi suivrela prononciation ordinaire et le faire de cinq sylla-bes) , s. m. || 1“ Philosophe de la secte de l’Académie.Cicéron était académicien. || 2° Celui qui fait partied’une société de gens de lettres. De zélés académi-ciens. Les réceptions de nouveaux académiciens.Il fit lever le plan de cette mer [Caspienne], et,grâce à ce conquérant académicien, on en connutenfin la véritable figure, fonten. Cxar Pierre. Ilpossédait souverainement les qualités d’académi-cien, c’est-à-dire, d’un homme d’esprit qui doitvivre avec ses pareils, profiter de leurs lumières etleur communiquer les siennes, id. Dodart.

— REM. Académicien a quelquefois un féminin.L’Académie de peinture a nommé quelques femmesacadémiciennes. Il'yaen Italie des académiciennes.

— SYN. académicien, académiste. Le premier sedit de celui qui est d’une académie de gens de let-tres, 'et le second de celui qui est d’une académieoù l’on apprend à monter à cheval, à tirer des ar-mes, etc. Cette distinction s’est introduite assez tard;la comédie de Saint-Êvremond contre l’Académie était intitulée la comédie des Académistes.

— ÊTYM . Académie.

ACADÉMIE (a-ka-dé-mie), s. f. || 1* Jardin prèsd’Athènes où Platon enseigna. || 2” La doctrine mê-me de Platon et de ses successeurs. || 3* Par exten-sion, compagnie de gens de lettres, desavants oud’artistes. L’Académie française, l’Académie desinscriptions et belles-lettres, l’Académie des scien-ces, l’Académie des beaux-arts, l’Académie dessciences morales et politiques ; ces cinq académiesréunies forment ce qu’on nomme l’Institut. L’espritde discussion est assez contraire à celui de déci-sion ; maisl’ Académie doit plus examiner que décider,suivre attentivement la nature par des observationsexactes, et non pas la prévenir par des jugementsprécipités, fonten. Dodart. Je veux établir chez vousune académie de beaux esprits, mol. Préc. Rid. to.

|| 4° Absolument, l’Académie française . Discours deréception à l’Académie. Le Dictionnaire de l’Acadé-mie . L’Académie, dépositaire des bienséances et de

la pureté du goût. || 5° Par métaphore, en fait destyle, forme académique. Les oreilles sont flattéespar l’académie et l’arrangement des paroles, boss.Par. de Dieu, i.|| 6° Académie royale de musi-que, le théâtre de l’Opéra à Paris , ainsi dénommédans les lettres - patentes de son établissement.|| 7° Lieu où les jeunes gens apprennent l’équitationet d’autres exercices du corps. Tenir académie.Faire son académie. Pour m’entretenir à l’acadé-mie, hamilt. Gramm. 3. En 469), je commençais àmonter à cheval à l’académie des sieurs de Mémonet Rochefort, saint-simon, t, 2 t. Sans avoir faitson académie, un voyageur monte à cheval, j. j.rousseau, Ém. ii. || 8° Les écoliers mêmes qui fré-quentaient une académie. Ce jour-là tel écuyer fitmonter toute son académie à cheval. || 9° Lieu oùl’on donne à jouer en public. Les académies de jeuxsont souvent des coupe-gorges. Il y a un livre inti-tulé Académie des jeux, qui donne les règles desjeux en usage. Il a perdu son argent dans une aca-démie. Ma maison n’est point une académie, picard,les Deuxphü. il, 19. On dit maintenant maison dejeu. || 10" Division de l’Université de France dirigéepar un recteur. || 11° En termes de peinture, unefigure entière qui est peinte ou dessinée d’après unmodèle, et qui n’est pas destinée à entrer dans lacomposition d’un tableau.

— ÉTYM. Academia , du grec àxocSnpûa et àxaSri-geia. Ce mot vient d’Académus, personnage de l’âgehéroïque. Dans la guerre que les Lacédémoniens fi-rent à Athènes pour reprendre Hélène enlevée parThésée , Académus leur révéla où elle était cachée.En récompense de ce service, ils ménagèrent dansleurs ravages sa maison de campagne, qui était àiooo pas d’Athènes . L’orthographe n’est pas cons-tante; on écrit aussi Hecadémus, ’Exâ8r,po; et parconséquent éxaSïjgia. Dans Horace, Ep. Il, n, 46,Atque inter silvas Academi quærere verum , ontrouve la variante Ecademi. ’AxàÔY]p.o; vient sansdoute de âxo;, remède, etSfigo;, peuple, qui guéritle peuple; et éx46np.o; de éxàç, loin, qui est loindu peuple.

ACADÉMIQUE (a-ka-dé-mi-k’), adj. || 1° Quiappartient à la doctrine de Platon . La philosophieacadémique. || 2° Qui appartient ou qui convient àdes académiciens, à une académie. Questions aca-démiques. Séances académiques. || 3° Plus parti-culièrement, qui appartient à l’Académie française .Discours académique. Fauteuil académique. || 4”Enparlant du style, des compositions littéraires etaussi des peintures correctes, élégantes, mais oùla correction et l’élégance font tort à la vérité et àla simplicité. Pourquoi appelle-t-on académique undiscours fleuri, élégant, ingénieux, harmonieux,et non un discours vrai et fort, lumineux et simple?vauven. Nouv. max. t 2 . || 5° Dans les beaux-arts,figure académique, figure d’étude, traitée sanségard à l’ensemble d’un tableau. || 6° En parlantdes personnes, digne d’être de l’Académie . Sujetacadémique, homme qui mérite d’être élu de l’A-cadémie .

— ÉTYM . Académie.

ACADÉMIQUEMENT (a-ka-dé-mi-ke-man), adv.D’une manière académique. Cela est écrit académi-quement.

— étym. Académique, et ment (voy. ment).

ACADÉMISTE (a-ka-dé-mi-st’), s. m. || 1“ Celui

qui, dans une académie, se forme à certains exerci-ces. Les gens de cette sorte sont académistes, éco-liers, pasc. Préf. g. Avecunextérieuraustère il [Har-leyfils] était aussi parfaitement débauché et aussiouvertement qu’un jeune académiste, st-simon,470, 107. || 2° Celui qui tient une académie et ensei-gne les exercices.

— ÉTYM . Académie.

ACAGNARDÉ , ÉE (a-ka-gnar-dé, dée) , part.passé. Acagnardé par la fainéantise.

ACAGNARDER (a-ka-gnar-dé), v. a. || 1° Ren-dre cagnard. La mauvaise compagnie l’a acagnardé,Acad. || 2° S’acagnarder, o. réjl. Devenir cagnard.S’acagnarder dans un fauteuil. Ces enfants sesontaea-gnardésau coin du feu. || Loc. vicieuse : acagnardirou s’acagnardir. Ce verbe est de la conjugaisonen er.

— hist. xvi” s. Je ne me peux contenter de moimesme, me voyant ici oisif, acagnardé à un foyer,yver, 663. Vous avez secouru des personnes qui es-taient dans les rues ou accagnardées près du feu ;je vous demande l’aumosne pour des gens qui ser-vent nuit et jour, iienri iv, Lettres .

— étym. À et cagnard; Genevois, s’acagnardiret aussi s’acagner, se blottir.

ACAJOU (a-ka-jou), s. m. || l°Bois d’acajou oui. — h