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— ÉTYM. A et l’anglais shore, rivage, accore, étai ;!o shore up, accorer.
ACCORÉ, ÉE (a-ko-ré, rée), part, passé. Navireaccoré.
ACCORER (a-ko-ré), v. a. Terme de marine.Étayer avec des accores un bâtiment en construc-tion ou en réparation.
f ACCORNÉ ,ÊE (a-kor-né, née), adj. Terme de bla-son. Il se dit des animaux qui ont des cornes, quandelles sont d’une autre couleur que l’animal.
ACCORT, ORTE (a-kor, kor-t’), adj. || l°Qui est degentil esprit, qui est à la fois avisé etgracieux.il pour-suivait Pompée et chérit sa mémoire ; Il veut tirer àsoi, par un courroux accort, L’honneur de sa ven-geance et le fruit de sa mort, corn. if. de Pomp.iv, 4. Son éloquence accorte, enchaînant avecgrâce L’excuse du silence à celle de l’audace, id.Oth. h, 4. Voyant une beauté folâtrement ac-corte, Régnier, Sat. vu. Jene sais commentll faut setaire accort ou parler faussement, id. Sat. iii. || 2“ In-sinuant et quelquefois flatteur. Je vis de jeunes Grec-ques, vives, jolies, accortes, chateaub. ltin. ii, 45.D'humeur accorte, Perrault , Chaper. rouge , 20 .Aussi ce prince [Germanicusjétait-iid’unespritdouxet accort, perrot d’abl. Tacite, 29 .
_ HIST. xvi” s. C’est bien le plus grand mal qu’un
homme puisse avoir, Que servir une femme accorteil décevoir, rons. < 26 . Le libertin courtisan est siaccort, qu’il n’oublie aucun artifice pour couvrirce qu’il sçait bien que plusieurs reprouvent, lanoue,Rio. Lyon , regnard ; car vous tenez de la hardiesseet valeur de l’un, et estes accort, prévoyant et ad-visé comme l’autre, carloix, v, 26 . Tant estoit ac-cort et ruzé en ses responses, id. vin, U.
— ETYM. Voltaire , tout en remarquant que ce motn’est plus en usage dans le style noble (ce qui estvrai; pourtant on pourrait l’y faire rentrer dansquelques cas bien choisis), le tire de accord. C’estune erreur; accort vient de l’italien accorlo, avisé, deaccorgere ( accorgersi , s’apercevoir) pour accoreg-gere, de a et correggere (voy. corriger) : accorto,mot à mot, qui s’aperçoit, avisé, habile.
+ ACCORTEMENT (a-kor-te-man), adv. D’une ma-nière accorte. Ma bouche accortement saura s’enacquitter, corn. SIéd. 11 , 5.
— HIST. xvi* s. Quand il apparoit y avoir grandeinjustice en icelui [commandement], ne vaut-il pasmieux qu’il s’excuse accortement de l’accomplir [lecommandement] ? lanoue, 220 . Le nombre n’est paspetit de ceux qui sont abreuvez de ceste fausse opi-nion et qui la publient accortement es lieux où ilsfréquentent, id. 492.
— ÉTYM . Accorte au féminin, et ment (voy. ment).
ACCORTISE (a-kor-ti-ze), s. f. Humeur accorte.L’accortise italienne calma la vivacité française ,volt.Louis IIV, 37. Ses souplesses [d’Orry ] et son accor-tise l’avaient attaché et lié avec M. de Luxembourg et ses amis, st-simon, 43 1 , 190 . Mme d’Espinoyn’était qu’une mortelle qui vivait avec Mme de Sou-bise dans l’accortise et la subordination de sa beautéet de sa faveur, id. 69, 246.
ACCOSTA BLE (a-ko-sta-bl’), adj. Qu’on peut abor-der facilement. Les plats....N’avaient ni le maintienni la grâce accostable, Régnier, Sat. x. Si le maireétait noble de son chef, nous le trouverions accos-table, P. L. COUR. Il, 297.
—. HIST. xvi* s. L’ayant trouvé bien conditionné etde conversation fort accostable.... carl. iii, 7. Lorsvous trouvant aussi douce et traitable Qu’auparavantvous n’estiez accostable.... rons. 817.
+ ACCOSTANT, ANTE (a-ko-stan, stan-t’), adj.Qui accoste avec facilité, lie facilement conversation.Termes était poli et accostant, mais à peine lui ré-pondait-on en fuyant, st-simon, 129, 177.
f ACCOSTE (a-ko-st’). Terme de marine. Com-mandement d’approcher. Accoste au quai.. Substan-tivement, commander l’accoste.
— ÉTYM . Impératif du verbe accoster.
ACCOSTfi, ÉE(a-ko-stê, stée), part, passé. || 1* Ac-costé par un individu de mauvaise mine. Levaisseau fut accosté par une chaloupe. ||2°En bla-son, se dit de toutes les pièces de longueur, misesen pal ou en bande, quand elles en ont d’autres àleur côté.
ACCOSTER (a-ko-sté), v. a. || 1° Aborder quel-qu’un qu’on rencontre. [Gens qui] vous viennent ac-coster comme personnes ivres, Régnier, Sat. 11 .|| 2” S’accoster de, u. rêfl. Prendre pour compagnon,hanter, fréquenter. N’ayant point dîné, Je m’accos-
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tai d’un homme à lourde mine, volt. P. Diable.Accostez-vous de fidèles critiques ; Fouillez, puisezdans les sources antiques;Lisez les Grecs, savourezles latins; Je ne dis tous, car Rome a ses Cotins,
1 . B. rouss. Ép. iii , I ,d Uarot. || 3° En termes de ma-rine, en parlant d’un bâtiment, d’une embarcation,venir se placer le long et à côté de. La chaloupe ac-costa le vaisseau. Ce vapeur accosta le quai.
—HIST. xii* s. Ses homes se acosterentà lui, sili
distrent : Bel pere, se ii prophètes te deïst que.
Rois, 363. Lez Oliver s’acoste le meschin [il se metprès du jeune Olivier], Ronc. 60. Et à un pilier [il]s’est tenuz et acostez, Th. le Hart. 148. || xm* s.Maintes fois avint que en esté il aloit seoir au boisde Vincennes, après sa messe, et se acostoioit àun chesne, join v. 1 99. Lez un fossé se plaint etplore,Et cil luicorent andoiseure Làoùil se fu acos-tez, Ren. 18673. || xiv* s. Au lez devers la mer [il]les a fais acoster ; Les pors lor a tolus, et les pas des-tournez, Guesclin, (4782. || xv* s. Les archers d’An-gleterre estoient accostés aux deux lez du chemin,froiss. 1 , 1 , 218 . || xvi* s. J’avois le latin si prest etsi à la main que mes précepteurs craignoient à m’ac-coster, mont. 1 , <94. Junia s’estant accostée d’ellefamilièrement, elle la repoussa rudement, id. iii,i 80 . M. de Vendosme vint acoster M. de Vielleville,carloix, iv, 16 . Toutefois il s’acosta de lui pour sedescharger de sa creance, id. ii, 7. [Dans le cor-tège] les archevesques de Cologne et de Mayenceaccostoyent [étaient à côté] l’empereur, sleidan ,
p. 18.
— ÉTYM . Wallon, acoistcr; provenç. et espagn.acostar; ital. accostare; de ad, à, et Costa, côte(voy. côte). Joinville a dit acostoier, verbe fait de àet costoyer, que nous disons côtoyer. Il y avait,dans l’ancien français , le substantif acost, qui si-gnifiait action d’accoster : Et Renart si s’en vaitfuyantQuin’avoitsoing deson acost, Ren. 25916.Onremarquera que nos anciens auteurs écrivaient gé-néralement par un seul c accoster et les mots composéssemblablement. Cela prouve qu’ils n’en prononçaientqu’un seul. Nous n’en prononçons qu’un seul nonplus; pourquoi ne faisons-nous pas comme eux?C’est une simplification digne d’être recommandée àl’Académie .
ACCOTÉ, ÉE (a-ko-té, tée, part, passé. || 1° Accotécontre un arbre. || 2“ En blason, se dit des pièces quisont posées à côté d’une autre pièce de l’écu.
ACCOTEMENT (a-ko-te-man), s. m. || 1» Termed’horlogerie. Rencontre vicieuse d’une roue et d’unpignon. || 2° En termes de ponts et chaussées, espacecompris entre la chaussée et le fossé, entre le ruis-seau et la maison.
ACCOTER (a-ko-té), v. a. || 1" Soutenir à l’aided’une cale, appuyer par côté. Accoter sa tête. Ac-coter un pot, de peur qu’il ne se renverse. || 2° S’ac-coter, v. réfl. S’accoter contre une muraille. Heur-tant contre une porte , en pensant m’accoter,Régnier, Sat.x. || 3° V.n. Être couché sur le côté parla force du vent, en parlant d’un navire. || 4° Enhorlogerie, frotter l’une contre l’autre, en parlantdes pièces.
— HIST. xm* s. Dedenz le cortil au vilein, S’entre-rent andui tout àplein;Le vilein ont moult redoté;Lez la paroi sont acoté, Ren. 12250. || xv* s. Et je mesarray cy à terre,Et m’acoteray sur le coûte, Afin quej’entende et escoute, Uyst. Resurr. de N. S.
— ÉTYM . Norm. acout, appui, acouter, appuyer;wallon , ascot, appui, ascoter, accoter. Dans le gé-nevois, il y a cotte, étai, cale, coller, serrer, as-sujettir; dans le franc-comtois, coule, appui. Notreverbe vient donc de à et d’un radical cote ou cotte,radical qui est sans doute celui du verbe cotir(voy. cotir). Dans l’ancien français il est souventdifficile de distinguer accoter et accouder, qui se di-sait acouter.
ACCOTOIR (a-ko-toir), s. m. || 1° Ce qui sert à s’ap-puyer par côté. Les accotoirs d’un carrosse, d’un fau-teuiL Cela vous servira d’accotoir. || 2* Étai sur le-quel on appuie les navires en construction.
— ÉTYM . Accoter; bourguig. écolôrre, appui,dossier.
j- ACCOUARDI, IE (a-kou-ar-di, die), part, passé.Rendu couard, devenu couard.
f ACCOUARDIR (a-kou-ar-dir) , v. a. Rendrecouard. || Bon mot, anciennement français , et quise comprend sans aucune explication.
— HIST. xm* s. Par parole sont moult hardi; Maistost restent acoardi, Quant vienent à un poi d’ef-fort, Heu. 46712. || xiv* s. Il estoit preux es armes,couraigeux et hardis; Oncques en un bon fait ne futacouardis, Girard deltoss. v. 4375. || xv"s. Ma dame,
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que Jhesushonneure! Me regardoit, cem’estoit vis,Si liement que tous ravis Estoie, en soi seule esgar-dant; Mais tousm’aloieacouardant, froiss. Ep. Am.
|| xvi* s. La demeure de la maison n’acouardit pastellement ceux qui la suivent, qu’une bonne partiene soit en bonne disposition de bien faire quandl’honneur le commande, lanoue, 210 . Si du frontm’as osté L’honneur, la honte et l’audace première,Acouardant mon ame prisonnière, Serve à ta volonté,RONS. 185.
— étym. 4 et couard.
ACCOUCHÉE (a-kou-chée). || 1° Part, passé f. Cettefemme ayant été accouchée par le forceps. || 2” S. f.Femme qui vient d’accoucher. || Proverbe. Elleest parée comme une accouchée, se dit d’une femmefort parée, à cause de l’habitude qu’avaient lesfemmes de recevoir en toilette, dans leur lit, lesvisites de leurs amies. || Le caquet de l’accouchée,conversation frivole, que l’on nomme ainsi à causedu babil ordinaire dans les visites qui se rendentaux femmes en couches.
— HIST. xvi* s. Aux accouchées laissons Ces dou-ceresses boissons; Ce bon cidre caressons, s. leHOUX, 41.
ACCOUCHEMENT (a-kou-che-man), s. m. || l°Toutle travail de la mise au monde de l’enfant depuis lespremières douleurs jusqu’à la terminaison. Accou-chement heureux, laborieux. || 2° Action d’aiderunefemme à accoucher. Faire un accouchement, uncours d’accouchement. || 3° Fig. Difficulté qu’onéprouve à dire une chose, à prendre un parti. C’é-tait un accouchement pour lui que de traiter cepoint délicat.
— SYN. ACCOUCHEMENT, ENFANTEMENT. Le premierest un terme de médecine, et le second est unterme général. Le premier indique non-seulementl’enfantoment, mais tout ce qui le précède et le suitimmédiatement ; le second n’indique que l’action demettre l’enfant au monde. Le premier a un sens pas-sif : l’accouchement de cette femme par une sage-femme ; le second n’a qu’un sens actif.
ACCOUCHER (a-kou-ché). || 1“ F. n. Mettre aumonde. Accoucher à terme, avant terme. Elle estaccouchée de deux jumeaux. Et la triste Emilie estmorte en accouchant, corn. Sert, v, 2 . Que ses pa-rents et ses voisins l’avaient vue grosse de la filledont elle avait accouché, vertot, Réc. rom. v, co.Elle vient d’accoucher d’un garçon, sév. 3 . || 2* Fig.et dans le style badin ou critique. L’un enfantedes volumes, l’autre accouche d’épigrammes. Quevotre esprit accouche enfin de ce que.... Le sortde ce sonnet a droit de vous toucher; Car c’estdans votre cour que j’en viens d’accoucher, mol.F.sav. ni,4. Mais enfin j’accouche d’un dessein Quipassera l’effort de tout le genre humain, regnaud,Lég. iv, 2 . Monsieur avait accouché de projets toutela nuit, retz, ni, 4 76. Si quelquefois il n’enfan-tait pas heureusement ses idées, du moins il savaitfaire accoucher heureusement ses auditeurs des vé-rités cachées qui étaient en eux, desfont. Élogede Renau. || 3* S’expliquer. Parlez, accouchez enfin,et voyons ce qui vous inquiète. Le roi insistant, ilfallut bien accoucher, et Chamillart lui dit que....st-simon , 405, 420 . || 4“ F. a. Aider une femme àaccoucher. Accoucher une femme. Ce chirurgienaccouche bien.
— rem. Accoucher, v. ». se conjugue avec êtrequand il s’agit d’exprimer l’état, et avec avoir quandil s’agit d’exprimer l’acte : Elle est accouchée depuisun mois ; Elle a accouché heureusement. Loc. vie. :Elle a accouché d’hier. Dites : Elle est accouchéad’hier.
— HIST. xiii* s. Mahiusde Montmorency accouchamalades, et tant fu agrevés qu’il morut, ville».89. Li quens del Perche s’acoucha de maladie, id.29. La comtesse Marie si acoucha d’une fille, id. 480.Novellement est acouchée, A chascun [petit] donoitsa bouchée, Ren. 363. Et pour les dites maladies[j’ ] acouchai au lit malade en la mi careme,joinv. 237. Car trois jours devant ce que elle acou-cliast, lui vinrent les nouvelles que li rois estoitpris, id. 252. Et avint antre ces entrefates que lareine fust preste d’acouchier ; et lo jor devant queele acouchast.... merlin, P 68, recto. || xiv* s.Si le [Piètre] leva de fons [fut sa marrainej laroÿne jolie, Qui d’une fille estoit à ce temps acou-chie, Guesclin, 8621. || xv* s. Après advint quecelle dame fut enceinte, et le dit roi, son mari, ac-coucha malade au lict de la mort, froiss. i, i, 49.L’abbesse , qui belle et jeune et en bon point lorsestoit, P'jgueres s’acouche malade, L. xi, Nouv. 21.Advint qu’elle fut malade et au lit de la mort acou-