52 ADI
— ÉTYM . Àdh<Tsio, de adherrere (voy. adhérer).
j- AD HOC (a-do-k), loc. adv. Expressément, pour
l’objet même. Répondez ad hoc. Proclamons laSainte Alliance , Faite au nom de la Providence Etque signe un congrès ad hoc Entre Alger, Tunis etMaroc, Béranger, Sainte Alliance .
— ÉTYM . Ad, à (voy. A), et hoc, cela (voy. hoc).
f AD HOMINEM (a-do-mi-nè-m’), loc. adv. Ar-gument ad hominem, argument attaquant directe-ment la personne à qui l’on s’adresse.
— ÉTYM . Mots latins : ad, à, et hominem,l’homme ; à l’homme.
AD HONORES (a-do-no-rès ), loc. adv. Pour l’hon-neur, sans fonction ni émolument. C’est une placead honores.
— ÉTYM . Ad, à (voy. À), et honores, les hon-neurs, de honor, honneur (voy. honneur).
ADIANTE ( a-di-an-t’), s. m. Terme de botani-que. Genre de plantes de la famille des fougères,dont deux espèces sont employées en médecine,sous le nom de capillaires.
— REM. Le dictionnaire de l’Académie fait ce motféminin; mais les éditions précédentes le faisaientmasculin, genre que lui donnent aussi les livres debotanique; c’est donc une faute de la 6* édition.
—HIST. xvi* s. Scolopendre, adianthe,politricon,paré, 64 . || N’écrivez pas adianthe par un th.
— ÉTYM . ’ASiavroc, qui ne se mouille pas, de aprivatif, etSiai'vsiv, mouiller.
ADIEU (a-dieu, au plur. a-dieû). || 1“ Loc. adv.dont on se sert par civilité en prenant congé. Direadieu. Adieu, j’assiégerai Néron de toutes parts, rac.Bnf. ni, 6. || 2- Dire adieu signifie quelquefois pren-dre congé. Il est allé dire adieu à son ami. Je n’aipas encore dit adieu à Eucharis, fén. Tél. vu. Ellerecevait des visites d’adieu dans les formes, hamilt.Gramm. 8 . La faculté dit adieu là-dessus , la font.Cont. Abb. mal. || 3° Je ne voue dis pas adieu, ou sansadieu, se dit familièrement à une personne qu’on sepropose de revoir bientôt. || 4° Adieu vous dis, locu-tion familière et qui vieillit, pour adieu simplement.|| Fig. Adieu vous dis, il ne faut plus comptersur.... Mais si dorénavant votre imprudence éclate,Adieu vous dis, mes soins, pour l’espoir qui vousflatte, mol. l’Étour. ii, 1. Adieu vous dis, qui n’estplus usité en ce sens, est ici une sorte d’adverbecomposé. || B” Fig. Dire adieu à quelque chose,y renoncer. Il a dit adieu à la poésie. Quoi! votremuse en monstre érige la sagesse ! Vous blâmez sesenfants, et leur crédit vous blesse! Vous, jeunehomme ! au bon sens avez-vous dit adieu? gilb. LeX VIII * siècle. Que Dorval, à la roulette, À tout son ordise adieu, bérang. Homme rangé. || 6“ Absolumentet figurément, adieu exprime la disparition, la perte.L’âge la fit déchoir : adieu tous les amants, la font.Fab. vu, 5. Haranguez de méchants soldats; Ilspro-mettent de faire rage ; Mais, au moindre danger, adieutout leur courage, id. ib. ix,19. Adieu mes nourris-sons,si vous les rencontrez, id. il>.v,l8. Adieu notrebraverie! mol. Préc. 16 . Puisqu’il n’y a autourde lalune ni vapeurs assez grossières, ni nuages pluvieux,adieu l’arc-en-ciel avec l’aurore, fonten. Mondes,3* soir. Je vais combattre, Agnès l’ordonne. Adieurepos; plaisirs adieu! bérang. Charles VII .
adieu, s. m. || 1° Un dernier adieu.Des adieux tou-chants. Il faisait ses adieux à ses amis. Sous une au-tre couleur, lui faire mes adieux, corn. Sert, i, 2 .Quel adieu gai nous leur faisions! sév. 430. Et jeviens donc vous dire un éternel adieu, rac. Bérén. i,4. Pendant que les rois faisaient leurs adieux.... fén.Tél. xii. Le temps de faire ses derniers adieux à safa-mille id. ib. xiv. Vous avez entendu son adieu magna-nime, volt. CEdip. iii , 4. Digne épouse, reçois meséternels adieux, id. Orphel. v, 6. [ô nature] Quoidonc! n’aimes-tu pas au moins celuiqui t’aime? N’as-tu pas de pitié pour notre heure suprême? Ne peux-tu, dans l’instant de nos derniers adieux, D’un nuagede deuil te voiler à mes yeux? lamart. Harold,42. || 2° Fig. Dire un adieu, faire ses adieux,renoncer à. J’ai dit à vos autels un éternel adieu,rotrou, St - Genest, m, 6. Vous allez dire au mondeun adieu éternel, mass. Prof. 4.11 3° Proverbe. Adieupaniers, vendanges sont faites, se dit d’une affairemanquée sans ressource, et quelquefois simplementd’une affaire complètement terminée.
-SYN. ADIEU, BONJOUR, BONSOIR, BONNE NUIT.
Formules de salutation où l’idée commune est celled’un souhait de bonheur. Adieu se dit quand onprend congé; bonjour, quand on se rencontre;bonsoir, quand on prend congé le soir; bonnenuit, quand on quitte quelqu’un qui va se coucher.En certaines provinces on emploie mal le mot adieu :ainsi l’on dit : Adieu, comment vous portez-vous?
Dites : Bonjour, comment vous portez-vous? Adieudoit se réserver pour le départ.
— HIST. xiii" s. Sire, dit-elle, adieu! Saluez moi,mon frere, Berte, îv. || xv* s. C’est bien désiréquant on réchappé, Sans desbourser pas ung denier,Et dire adieu au tavernier En torchant son nez à lanappe, villon, la Repue franche du souffreteux.11 se conforte des gracieuses paroles qu’il avoit euau dire-adieu et de l’espoir qu’elle lui avoit baillé,louis xi, Nouv. 48. Je vous baille le grand congé etvous dis le grand adieu; velà l’huis, prenez ce che-min, id. ib. 68. || xvi' s. Ils estoyent venus sansconvey [invitation]; aussi se sont ils retirez sansdire adieu, carl. iv, 26.
— ÉTYM. À. et Dieu , c’est-à-dire je vous recom-mande à Dieu ; picard, adé; bourguig. aidieu ,aidey ;provenc. a dieu; espagn. adios; ital. addio.
f ADIEU-VA (a-dieu-va), s. m. Terme de ma-rine. Commandement que le timonier donne à l’é-quipage d’un bâtiment pour virer de bord vent de-vant.
ADIPEUX , EUSE (a-di-peû, peû-z’), adj. Termed’anatomie. Graisseux. La même cause a fait quela veine nommée adipeuse s’est haussée, desc.Fœtus, 4.
— HIST. xvi* s. Elle n’est que membrane simple,meslée par cy par là avec la gresse à soy subjacente :et pour ce peut estre dite pannicule adipeux, paré,i, 5. Et sont dites veines adipeuses, id. i, 25.
— ÉTYM . Adeps, graisse. On trouve dans Hésy-chius âl.siji ; c’est le mot latin avec changement de len d, comme le d a été changé en l entre lacryma etSâxpuov, larme. 'AkeiJ/ a la même racine que àXeépeiv,oindre, qui est sans doute de même racine que/.ïito; ou Xiiroc, graisse (voy. aliptique).
ADIPOCIUE (a-di-po-si-r’),s. f. Terme de chimie.Nom du gras des cadavres, qui est un savon ammo-niacal, produit par l’altération spontanée des ma-tières animales enfouies dans la terre ou plongéesdans l’eau.
— ÉTYM . Adeps, graisse (voy. adipeux), et cire.
ADIRÉ, ÉE(a-di-ré, rée), part, passé. Egaré,
perdu. Pièces adirées.
ADIRER (a-di-ré), v. a. Perdre, égarer. || N’estusité qu’en jurisprudence. Adirer une pièce.
— HIST. xi* s. Altersi de aver endirez et de altretroveure, L. de Guill. 7. || xm* s. Moult ai le cuerdu ventre irié, Dontj’ai Bel-accueil adirié, laliose,3778. [celui] Qui nostre frere nous ramaine, quiperduz iert et adirez, ruteb. n,p. 34 4. Oez unenou-velle histoire, Qui bien devrait estre en mémoire,Lonc tens a esté adirée; Mais or l’a uns mestrestravée, Ben. 20493. Une fois un pasteur ot adiréeune seue beste, si se fu ferue en la forest, Rom. dessept Sages, 22 . Il disoient qu’il avoient perdue etadirée la soie, Livr. des Mét. 337. || xvi* s. Telle aesdiré (adirée, éd. de 1595; il y avait d’abord, Telleaperdu).... mont, iii,344. L’Italien ne s’en osoit assu-rer du premier coup, vu le long temps qu’il l’avoitadiré, desperriers, Contes, 26 . Voici venir Bellinqui seul avoit erré Tout un jour à chercher son bé-lier adiré, RONS.742.
— ÉTYM . Bas-lat. adirare, adiralus, adisratus,addisratus. Étymologie fort obscure. Du Cange pro-pose adæratus, qui veut dire évalué à prix d’argentet par suite dont on doit restituer la valeur, puisl’italien adtrafo,irrité,parce que les gens en colère,s’en allant, ne reviennent plus; ces deux originessont manifestement fausses. Henschel , le nouveléditeur de Du Cange , propose a-dexlratus, éloignéde la main, qui n’est pas sous la main; ici le sensest bon, mais la forme résiste. De Chevallet, Orig.et form. de la langue franc, i, p. 149, propose ader-rare ; mais il ne paraît pas que errare puisse don-ner irer ; et les formes endirer, esdirer (voy. l’his-torique) indiquent pour radical non irer, maisdirer.Onpeut donc en revenir à l’opinion de Nublédans Ménage. Nublé tire ce mot de d dire, signi-fiant en effet manquer dans la locution suivante : Ils’y est trouvé d dire un écu. Et qu’on ne croie pascette locution récente, on la rencontre dès le xn° s.Aisi cum nef n’en fu à dire,I arrivent à sauvement,benoit, Chr. de Norm. f. 169. De là au verbe adirer,il y a très-près; et il faudra considérer commedes formes moins exactes en-direr et es-direr. Voy.pour des mots composés de cette façon, affaire,
AFFAIRÉ, ALARME, ALARMÉ, ALITER, etc.
ADITION (a-di-sion), s. f. Terme de droit usité danscette seule locution, adition d’hérédité, acceptationd’une succession.
— ÉTYM . Aditio, de ad, à (voy. À), et ire, aller(voy. le fut. irai).
ADJACENT, ENTE (a-dja-san, san-t’), adj.
ADJ
|| i" Situé auprès. Lieux adjacents. Acquérir des terresadjacentes aux siennes. L’Algérie est adjacente à cequ’on appelle le Désert. L’élévation du sol de l’Egypte s’opère en même temps que cette extension de sasurface, et le fond du lit des fleuves s’élève dansla même proportion que les plaines adjacentes,cuv.Révol. p. 149. || 2“En géométrie, angles adjacents,angles immédiatement contigus l’un à l’autre, demanière à avoir un côté commun. || Ne se met qu’a-près son substantif.
— HIST. xvi" s. Ils eurent charge d’aller par toutle Peloponese , et de là passer dans le pays des Lo-criens-, en toute la terre ferme adjacente, jusquesen la contrée de l’Acarnanie,AMïOT , Péricl. 37.
— ÉTYM . Provenc. adjacent; espngn. adyacente;de adjacens, de ad "(voy. À), et jacëre, gésir (voy.gésir).
ADJECTIF (a-djè-ktif, kti-v’). || 1° Adj . m. Termede grammaire. Nom que l’onjointàun substantif pourle qualifierou ledéterminer. Grand, bon, utile, sontdes noms adjectifs. || 2“ Avec les deux genres; Qui tientde l’adjectif. Une forme adjective. || 3 ' S. m. Heureuxest un adjectif. En anglais l’adjectif est toujours in-déclinable. Les adjectifs se divisent en deux classes :les adjectifs déterminatifs ou articles, c’est-à di re ceuiqui, sans rien ajouter à la compréhension du sub-stantif, indiquent positivement l’application du nomaux individus auxquels il peut appartenir dans lacirconstance; tels sont le, la, les, tout, aucun, etc.et les adjectifs qualificatifs ou proprement dits, ceuxqui, sans déterminer, restreindre le substantif, y ajou-tent une idée accessoire ; tels sont blanc, rond, etc.
JULLIEN, d’après DUMARSA1S, BEAUZÊE et DE TRACT.
|| 4° Terme de chimie. Couleur adjective, couleurqui ne peut être fixée sur une étoffe qu’à l’aide d’uneautre substance.
— REM. 1. L’accord de l’adjectif avec le substantifprésente un cas qui fait difficulté. C’est celui où ilse rapporte à plusieurs substantifs de différents gen-res. Si le dernier substantif est masculin, la choseva de soi : l’adjectif se met au pluriel masculin : Ilavait sa vie et son bonheur attachés au succès. Maissi le dernier substantif est féminin, faut-il suivre lamême règle? faut-il dire Son bonheur et sa vie atta-chés au succès ; Il a le cœur et la bouche ouverts àvos louanges?Ce seraitla rigueurdela règle; mais l’o-reille et l’euphonie réclament, et déjà Vaugelas décideque, dans ce cas, l’adjectif doit se rapporter au der-nier, c’est-à-dire être mis au féminin singulier. Vau-gelas a raison ; on dira donc : Son bonheur et sa vieattachée au succès ; Il a le cœur et la bouche ouverteà vos louanges. Mais, pour que cet usage ait lieu,il faut que l’adjectif ne soit séparé par aucun verbe;car on doit dire : Un lieu, où le temps et la peinesont bien employés;au masculin pluriel. CependantBossuet a dit : Les temps, les personnes et les cir-constances étaient bien différentes, Variât, il. Ensomme, pour décider cette question, l’oreille doitêtre surtout consultée. || 2. Faut-il dire les cotespersonnelle, mobiliaire et somptuaire, ou bien lacote personnelle, la mobiliaire, la somptuaire? Lesgrammairiens se sont partagés. Évidemment, riendans la grammaire n’empêche que les deux ne soientbons. Mais l’usage a établi une certaine différence. Lepremier appartient plus au langage technique et a parconséquent quelque chose de peu élégant. Lespoésies anglaise, française et italienne , ou la poé-sie anglaise, la française et l’italienne, les livresdeuxième et quatrième de l’Énéide, ou le deuxièmeet le quatrième livre, se diront suivant le style danslequel on écrira.
— ÉTYM . Âdjectivus, qui s’ajoute, d eadjicere,ajouter, de ad, à, et jacere, jeter (voy. jet).
f ABJECTION (a-djè-ksion), s. f. Terme didactique.Jonction d’une chose à une autre.
— ÉTYM . Adjectio, de adjicere (voy. adjectif).
ADJECTIVEMENT (a-djè-kti-ve-man), adv. Enmanière d’adjectif. Mot employé adjectivement.
— ÉTYM . Adjective au féminin, et ment.
ADJOINDRE (a-djoin-dr’). || 1“ V. a. Se conjuguecomme joindre. Joindre une ou plusieurs personnesà une ou à plusieurs autres pour faire une chose.On lui adjoignit un aide. Il s’adjoignit un collègue.Ceux que la fortune lui avait adjoints pour compa-gnons. Adjoignez-vous des gens capables. || 2° S’ad-joindre, v. réfl. Se faire associé. Il s’était adjoint àdes voyageurs qu’il avait rencontrés. Adjoignez-vous à des gens capables.
— HIST. xm* s. Por diverses œvres de miséricordeque on feit et fera en ladite abaïe et en l’ospitalajouint, tailliar, Recueil,p. 253. Porquei il sereitmis en faus gages, por ce qu’il aureit ajoint le copau murtre, Ass. de Jér. 148. [| xiv* s. La vie de ceulx