ADAPTER (a-da-pté),t>. a ||l”Ajust»- une choseà une autre. Adapter un robinet à un tonneau.Adapter des ornements arec goût. Adapter son lan-gage aux temps, aux lieux. Les êtres distinguésvoudraient adapter le sort commun à leurs dé-sirs, stael, Pelph. 5* part. Fragm. 4. || 2“ S’a-dapter, v. réfl. Ce couvercle s’adapte bien auvase. Ce passage s’adapte mal au sermon. Les par-ties de l’univers s’adaptent si bien.... Ce vers s’a-dapte A la situation.
— HIST. xv* s. Et la dicte sentence veue par lesclercs, furent tous d’oppinion qu’elle se adaptoitcontre le duc de Bourgoigne, Geste des nobles, vi-riville, p. 440. || xvi* s. Et yseront adaptées promp-tement des compresses, paré, xiii, <0.
— ÉTYM . Adaptare, de ad, à, et ap tare, de aptus,apte (voy. ce mot).
ADiYTIS (a-da-tî), s. m. Mousseline des Indesorientales.
f ADDITIF, IVE (a-ddi-tif, ti-v’), adj. Terme di-dactique. Qui s’ajoute.
ADDITION (a-ddi-sion; plusieurs disent a-di-sion.Palsgrave , au xvi” siècle, recommande, p. 23, de pro-noncer les deux d. Il est bon de les prononcer pouréviter la confusion avec adition), *. {. || 1° Ce qui estajouté à quelque chose. L’addition d’un mot, d’unelettre. Faire une addition à la loi. Cet ouvrage auquelj’ai fait beaucoup d’additions. Si je vois quelqu’un, jevous ferai une addition [à cette lettre], sév. 399.|| 2° En termes d’ancienne pratique, informerpar ad-dition, ajouter une nouvelle information à une pre-mière. || 3° La première règle d’arithmétique, en-seignant à ajouter plusieurs nombres les uns auxautres. Un enfant ayant fait une addition suivantses règles, hesc. Méth. || 4° En termes d’imprimerie,se dit des dates, des sommaires, des petites notes,d’un texte, placés hors de la justification.
—HIST. xiii” s. Ceste addition fu fete en l’an degrâce mil deux cent quatre vins et quatorze au moisde juignet, Livr. des Mét. 360. J| xiv” s. L’accroisse-ment ou addicion qui est faite par chascune singu-lière operacion n’est pas congneue, oresme, Eth. n.
— ÉTYM. Provenç. additio; espagn. adicion ; ital.additione; de additio, de addere, de ad, à, etdare, donner (voy. don).
ADDITIONNÉ, ÉE (a-ddi-sio-né, née, ou a-di-sio-né,née), part, passé. || 1” Sommes additionnées.|| 2° En chimie ou en pharmacie, àquoi on a ajouté.Un liquide additionné de quelques gouttes d’alcool.
ADDITIONNEL, ELLE (a-ddi-si-o-nèl, nè-1’, oua-di-si-o-nèl, nè-1’), adj. || i”Qui esten sus, qui s’a-joute. Un article additionnel. Les arbres augmententen grosseur par des couches additionnelles de nou-veau bois qui se forment à toutes les sèves entre l’é-corce et le bois aneien, buff. Exp. sur les végét.2 ” mém. || 2° En matière d’imposition, sou', centi-me additionnels, partie aliquote d’un impôt,j quis’y ajoute et qu’on fait payer en sus par les contri-buables.
ADDITIONNER (a-ddi-sio-né ou a-di-sio-né), V.a. || 1“ Ajouter plusieurs nombres l’un à l’autre.|| 2“ En chimie et en pharmacie, additionner desucre un sirop, y ajouter un peu de sucre.
ADDUCTEUR (a-ddu-kteur). || 1 °Adj. m. Termed’anatomie. Qui rapproche de Taxe du corps. Unmuscle adducteur. || 2“ S. m. Les adducteurs de lajambe.
— étym. Adductor, de adducere, de ad, à, etducere, conduire (voy. duc).
ADDUCTION(a-ddu-ksion), s. f. Terme d’anato-mie. Action des muscles adducteurs.
— HIST. xvi” s. Aucuns ont voulu dire que cemuscle aide aussi à l’adduction des doigts vers lepoulce, paré, IV, 29.
— ÉTYM . Adductio (voy. adducteur).
t ....ADE, suffixe, tiré du participe passé fémininespagnol ada ou italien ata, correspondant au par-ticipe passif du latin en atus, et exprimant une ac-tion qui s’est faite, comme dans œillade, canonnade,etc.
t ADELPHE (a-dèl-f), adj. Terme de botanique.Qui a les filets des étamines soudés ensemble.
ADEMPTION (à-dan-psion), s. f. Terme de juris-prudence. Révocation d’un legs, d’une donation.
— ÉTYM . Ademptio, de ad, à, et emere, prendre.
+ ADÉNITE (a-dé-ni-t’), s. f. Terme de médecine.
Inflammation des glandes.
j ADÉNOLOGIE (a-dé-no-lo-jie),s. f Terme d’ana-tomie. Partie qui traite des- glandes.
—ÉTYM . lASrjv. glande, et Xôyo;, discours (voy.logique). ap
f ADENS (a-dan), adv. Aplat ventre. Il était tombéd’un arbre; je l’ai trouvé par terre adens:phrased’un paysan dos environs de Paris . Ce mot, un desplus anciens de la langue, rend ce que nous n’ex-primons que par une phrase ; usité encore dans lepeuple, il pourrait peut-être rentrer dans l’usage.Il y avait dans l’ancien français adenter, coucher surle ventre, s’adenter, se coucher sur le ventre, tousmots excellents et qu’il est bien dommage de voirperdus.
— HIST. xi” s. L’uns gist sur l’autre et envers etadenz, Roi. 1 23. ||xii” s. [Il] couche s’adenz, dure-ment s’umelie, Roncisv. p. 55. Li quens Rolans segeut[glt]adens au pré, ib. p. 104. || xiii” s. Sur lafontaine, tout adens,Se mistlors pour boirre dedens,la Rose, -1489. Tu commenceras à frémir, A tres-saillir, à demener ; Sor costé t’estoura torner, Uneheure envers, une heure adens, Com fait bons quia mal as dens, ib. 2443. || xv” s. Il dit qu’il a mal deteste ou de dens; Au lict se met, puis envers, puisadens, al.chart. Le débat des deuxfortunes. || xvi" s.L’un dessus l’autre adentez tomberont, rons. 646.
f ADENT (a-dan), s. m. Terme de charpentier.Entailles que Ton fait en sens inverse sur les facesopposées de deux pièces de bois afin d’assurer leurparfaite liaison.
ADEPTE (a-dè-pt’ ; ne prononcez pas adette commeon fait dans quelques provinces), s. m. et f. || 1” Unadepte, une adepte. En alchimie, celui qui croyaitêtre parvenu au grand oeuvre. On ne douta point quel’auteur de la lettre ne fût un adepte [en alchimie]ou à peu près; il fut reçu avec honneur dans le la-boratoire et prié d’y faire les fonctions de secrétaire,fonten. Leibnitz . || 2° Celui, celle qui est initié, ini-tiée aux mystères d’une doctrine, d’une secte, d’unescience.Eudore traversa le groupe des sophistes, quile prenaient pour un adepte, chateaubr. Mart. n,70. Je montrerai la copie de votre inscription d’Oro-pus aux adeptes, s’il y en a en ce pays-ci, p.l. cour.Lett. 1 , 62 .
— ÉTYM . Adeptus, qui a acquis, de adipisci, at-teindre.
ADÉQUAT, ATE(a-dé-koua,koua-t’), adj. Termede philosophie. Entier, total, d’une étendue, d’unecompréhension égale à.... On ne peut avoir de Dieu une idée adéquate, c’est-à-dire égale à son objet.Lamonade de Dieu qui n’a que des idées adéquates,volt. Newt. i, 9.
— ÉTYM . Adæquatus, de adxquare, de ad à, etæquare, égaler (voy. équité).
f ADEXTRÉ, ÉE (a-dè-kstré, ée), adj. Terme deblason qui se dit des pièces qui en ont une autre àleur droite. Pal adextré d’une croix.
— HIST. xi” s. [Donner la main droite, conduire]Espaneliz fors le vait adestrant, Roi. <88. || xiii' s.Garsions tout pleins d’ire a hautement parlé : « Alés ,si m’amenés le françois deffaé. » Et paien i coru-rent, si li ont adestré, Ch. d’Ant. v, 298. Mainthaut baron l’adestrent moult debonairement, Berte,9. || xv* s. La roine de France adextrée et menéeparmi l’eglise et le choeur jusques augrant autel,froiss. iii, iv, -t. Leroi d’Angleterre monta sur unpetit palefroy, un blanc baston en sa main, adex-tré de ses mareschaux, id. i, i, 284.
—ÉTYM . Ad, à, et dexter, droit (voy. dexté-rité).
t ADFORMANT , ANTE (ad-for-man , man-t’),adj. Terme de grammaire hébraïque. Qui sert à laformation. Lettres adformantes.
ADHÉRENCE (a-dé-ran-s’. Palsgrave , p. 19,re-commande de prononcer aveo 1 ’lt aspirée, ad-hé-rence) ,s.f.\\t‘ État d’une chose qui tient, qui est col-lée à une autre. L’adhérence de deux corps entreeux.L’adhérence du pistil. Le poumon avait contractédes adhérences avec la plèvre. Il s’était formé uneadhérence entre la paupière et le globe de l’oeil.
|| 2” Fig. Quiconque aime l’unité doit avoir uneadhérence immuable à Tordre épiscopal , boss.Bourg. 2 . La foi est une adhérence de cœur à lavérité éternelle, id. Char. -t. Vous n’avez pas bienfait de vous confesser de l’adhérence à cette prière,id. Lett. abb. 2(3. L’adhérence du coeur à des biensinvisibles et éternels, mass. Myst. Assomption.
— SYN. adhérence, adhésion. Union, jonctiond’une chose qui tient à une autre. L’adhérence estl’état d’une chose qui adhère; l’adhésion est l’actionmême d’adhérer. De là découle, quand il y a lieude distinguer, la différence dans l’emploi des deux
mots. L’adhérence, étant un état, est involontaire;l’adhésion, étant une action, est volontaire (voy.inhérence, cohérence).
— HIST. xvi” s. Pour monstrer tout ce que con-tient ledit muscle, et ses adhérences et mixtionsavec le cuir, paré, iv, 3. Lesquels aussi leur pres-teroient assistance et adherance pour le pacifier etaccorder avec le roi, M. du bellay, 209.
— ÉTYM . Provenç. adherencia; ital. aderenza(voy. adhérent).
ADHÉRENT , ENTE (a-dé-ran, ran-t’) , adj.|| i°Qui tient à une chose, qui y est collé. Une pierreadhérente à la vessie. || 2” Terme de botaniqve. Adhé-rent se dit du calice ou de l’ovaire quand ces organessont soudés. || 3° S. m. Celui qui est du sentiment, duparti de. Il avait perdu tous ses adhérents. Les miracles,dernière ressource des adhérents d’un chef mal-heureux, volt. Mœurs, 4 08 . Jules II excommuniaitJean d’Albret , comme adhérent du concile dePise,id. Mœurs, 4 4 4. || En mauvaise part, ses fauteurs etadhérents. || Il ne se met qu’après son substantif.
—SYN. adhérent, attaché, annexé. Une choseest adhérente à une autre naturellement, par unedisposition naturelle : l’écorce est adhérente au bois.Une chose est attachée à une autre par des liensindépendants et étrangers : les voiles sont attachéesau màt. Une chose est annexée à une autre par unesimple jonction morale, effet de la volonté et del’institution humaine : pays annexé à la France ;acte annexé à la minute; le sacerdoce auquel laroyauté était annexée.
— HIST. xv” s. Les guerres, les batailles et lesrencontres que ces doux rois et leurs adherens etaidans avoient eu l’un et l’autre, froiss. ii, iii, <8.|| xvi” s. J’esperois qu’en bref cette reverie, ne trou-vant nul adhèrent, s’evanouiroit, calv. Inst. 26 .Quant au sénat, Lycurgus I’establit premièrement deceulx qui furent adherens à son entreprise, amyot,Lyc. 63.
— REM. Il serait peut-être mieux d’écrire adbé~rant, puisque c’est le participede adhérer pris adjec-tivement ; et de réserver adhérent pour le sub-stantif. Mais l’Académie écrit adhérent, précédent,pour le substantif comme pour l’adjectif.
—ÉTYM . Adhærens, de adh.rrere , adhérer.
ADHÉRER (a-dé-ré. L’accent de dhé est grave,quand la syllabe suivante est muette ; excepté auxfutur et condit. Ce verbe se conjugue avec l’auxiliaireavoir: j’ai adhéré), v.n. || 1° Être attaché, collé à quel-que chose. L’écorce de cet arbre adhère fortementau bois. || 2° Fig. Elle implore les moyens d’arriverà lui, d’y adhérer éternellement, pasc. Conv. duP. C’est trop adhérer à vos peines, boss. Lett. abb.48. || 3“Être du parti de, du sentiment de. Adhérer àl’avis, au sentiment de quelqu’un. De ce côté ilsadhèrent trop visiblement à Terreur, boss. Or. add.C’est un crime de haute trahison de prendre les ar-mes contre le roi, ou d’adhérer à ses ennemis,fén. t. xxn, p. 44 4 , Le roi obligea M. de Cambrai àsouffrir que son livre fût examiné par ses adversai-res ou par des prélats qui leur adhéraient, st-simon,46, 24. || 4° Terme de pratique. Confirmer ou ap-prouver un premier acte par un acte subséquent.La cour adhérant aux conclusions du procureur gé-néral....
— HIST. xv” s. Et quant aux requestes qu’ilsavoyent faictes tant de adhérer à la determinaciondes cardinaux, comme à leur donner conseil....chr. de pisan, Ch. v, 3. 64. || xvi” s. Le vice adhérétoujours aux entrailles de celuy qui s’en est unefois emparé, amyot, Du vice et de la vertu, 3. Tu lè-veras ce muscle large avecledit cuir, auquel immé-diatement il adhéré, paré, iv, 3. La matière ter-restre du sang, s’adherant contre la tunique del’artere, s’endurcist et devient osseuse, id. v, 30.
— ÉTYM . Adhærere, de ad, à, et hærere, êtreattaché, dont hæsilare est le fréquentatif (voy hési-ter). L’ancien français était aerdre, provençal ader-dreet aerdre , venant, avec changement de conju-gaison, de adhærére au lieu de adhærere. Pourtantle provençal, àcôtéde aderdre, avait adherir, ahc-rir, qui, tout en changeant la voyelle, avaient con-servé l’accent sur la même syllabe que dans lelatin.
f ADHÉSIF , IVE ( a-dé-zif , zi-v’ ), adj. Terme depharmacie. Qui adhère, qui colle. Substance ad-hésive.
ADHÉSION (a -dé-zion ; de quatre syllabes dans lesvers), s. f. || 1“ Union, accolement. L’adhésion del’écorce avec le bois. || 2° Fig. Action d’adhérer, dedonner son assentiment. L’adhésion fut générale.Donner son adhésion à quelqu’un, à un projet.