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Tome premier. A - C.
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général du même ordre a son admoniteur, qui estune espèce de surveillant, nommé par la congréga-tion générale, pour l’avertir en secret de ses fau-tes. || 3° Quelques congrégations de filles ont aussides officières qui portent le nom d’admonitrices.

— étym. Voy. admonition. L’ancien français disaitadmonesteur.

ADMONITION (a-dmo-ni-sion), s. f. || 1° Actiond’admonéter. L’admonition a été abolie. || 2° Aver-tissement. Après avoir inutilement tenté près demoi les admonitions charitables, Marcellin employales mesures sévères, chateaubr. Hart. 132.

— HI.ST. xiii* s. Et s’il n’obeist à l’ammonission,il doit estre escommeniés publiquement, beaum.xi, 13. || xvi* s. Que ceux qui sont rebelles à sonadmonition soient notés et marqués afin que cha-cun les fuie, cai.v. 298. Sachant que sa femme es-toit retrouvée par l’admonition du bon archidiacre,marguer. Nouv. 61. Amonition, o. de serres, p. 26 .

—ÉTYM . Provenç. amonicio; ital. ammonisione;de admonitio, de ad, à (voy. A), et monitio, mo-nition (voy. ce mot).

f ADNÉ, NÉE (a-dné, dnée), adj. Terme d’his-toire naturelle. Qui est immédiatement attaché à unechose et paraît faire corps avec elle.

— ÉTYM . Adnatus, de ad, à, et natus, né.

t ADNOTATION (a-dno-ta-sion), s. f. Terme dechancellerie. Réponse du pape à une supplique,quand cette réponse ne consiste qu’en une signature.

— ÉTYM . Voy. ANNOTATION.

ADOLESCENCE (a-do-lè-ssan-s’), s. f. L’âge qui

succède à l’enfance et qui commence avec les pre-miers signes de la puberté.

— SYN. adolescence, jeunesse. Dans le langagescientifique adolescence et jeunesse sont synonymeset expriment l’âge compris entre l’enfance et l’étatadulte. Mais dans le langage ordinaire il y a unenuance, et adolescence désigne de préférence lapremière partie de la jeunesse.

— hist. xiv* s. Et n’est que bien et onnesteté deainsi passer l’aage de vostre adolescence féminine,Menagier , Prologue. || xv* s. Car jeunesse et ado-lescence(C’est son parler,ne moins ne mais) Ne sontqu’abus et ignorance, Villon, Grand Test. || xvi* s.Considérez que par nous allaictez Avez esté en vos-tre adolescence, s. marot, v, 285. L’adolescence,quicommence depuis dix-huit ans jusques à vingt etcinq, est la temperée et moyenne entre tous excès,paré, Introduc. 5. Sa beauté se maintint tousjoursflorissante en son enfance, en son adolescence, etencore après qu’il fut devenu homme parfait, amyot,Ale. 2.

—étym. Provenç. et espagn. adolescentia ; ital.adolescen»a; de adolescentia, de adolescens, adoles-cent.

ADOLESCENT, ENTE (a-do-lè-ssan, ssan-t’), s.

m. et f. || 1* Celui, celle qui est dans l’âge del’adolescence. || 2° Se dit surtout des garçons, etalors souvent en plaisantant. Un jeune adolescent.L’essai et l’apprentissage d’un jeune adolescent quipasse de .la férule à la pourpre et dont la consigna-tion a fait un juge, est de décider souverainementdes vies et des fortunes des hommes, la bruy. i4.|| 3“ Adj. Encore adolescent il avait quitté Rome ,arn. Mar. à Mint. i, 2 . Mérovée est ardent, et lapitié naissante Bientôt mène à l’amour une âmeadolescente, lemerc. Fréd. et Brun, i, 2 .

— hist. xv' s. Quelle hardiesse te meut, o jeuneadolescent royal, ne quelle fiance présumés tu demettre la mayn Sux nymphes, J. lemaire , danspalsg. p. 351. || xvi* s. L’ardeur du courroux quel’on sent Au premier âge adolescent, Me fit trop ni-cement t’escrire, rons. 454.

—ÉTYM. Adolescens , de adolescere, croître, de

ad, à (voy. A), et olescere, olere, croître. Quelques-uns ont rattaché ce radical à SAo;, entier (voy. so-lide pour ce mot) ; mais l’opinion préférable est cellede Benfey, i, 70, qui le rattache à alere, nourrir(voy. aliment), de même racine qu’un radical grecâAw, je fais croître, d’où àkôalveiv, faire croître;radical qui appartient aussi aux mots congénères :gothique, aids, qui a crû, âgé (voy. alderman);allem. ait, âgé; celt. altruim, nourrir, ait, nour-riture.

] ADOMESTIQUÉ, ÉE (a-do-mè-sti-ké, kée), part,passé. Gens adomestiqués.

t ADOMESTIQUER(a-do-mè-sti-ké),ti. a. || l°Fairede sa maison. Villars l’avait adomestiqué[Heudicourt],protégé, et lui avoit souvent donné de l’argent, st-simon , 278, ( 0 . || 2° S’adomestiquer, v. réfl. Se fairede la maison.

— HIST. xv* s. Par la douçour de doulz nourris-»ementS’aprivoisist mainte bcste sauvage, S’adomes-

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che.... E. deschamps dans raynouard. || xvi* s. Parice moien le cardinal, de qui les meschancetezavoient esté odieuses auparavant, se reconcilia avecSigismond ; s’etant adomestiqué , persuada à soncousin d’ouir messe tous les matins, d’aub. Hist.III, 506.

—ÉTYM . X (voy. ce mot), et domestique; provenç.adomesgar, adomesjar ; ital. addomesticare. L’an-cienne forme française est adomescher ; adomesti-quer a été refait postérieurement sur le latin.

f ADONC (a-don-k), ad v. En ce moment, alors.Adonc Darius pousse sa dague, et d’aventure n’attei-gnit que le mage, p. l. cour.ii, I9i.|| Vieux.

— HIST. xu* s. Adonc aurez vostre guerre finie,Roncisv. p. 28. Adonc florist mes cuers et mes vouloirEn bone amour.... Coucy, vin. || xm* s. Il estoitadonc quaresmes, villeh. 18 . Adont tenoient Francles Tyœs [Allemands ] pour amis, Berte, v. || xv" s.Ce fut l'an de grâce nostre seigneur 1326, le jour deNoël [que fut couronné Edouard III ], et pouvoitavoir adonc environ seize ans, froiss. i, i, 27. 11n’estoit adoncques riens dont il eust si grantcrainte que de perdre son auctorité, comm. vi, 7.|| xvi* s. Les gendarmes ont jeté le sort,qui setiroitadonc d’un chapeau ou d’un bocal, calv. 150. Et sitout est confus, qui adoncques dira Les hymnes deta gloire et ton nom bénira? rons. 872. Quand lesentiment du feu fut passé jusques à la chair vifve,adonc commencèrent les bœufs à sedebatre, amyot,Fab. 17.

—ÉTYM. A et donc; wallon , adon; provenç. adonc;anc. catal. adonchs; ital. adunque.

ADONIEN ou ADONIQUE (a-do-niin ou a-do-ni-k’), adj. et s. m. Terme de prosodie grecque et la-tine. Se dit d’un vers composé d’un dactyle et d’unspondée.

— étym. Adonius, de Adonis (voy. ce mot).

ADONIS (a-do-ni-s’) s. m. || 1“ Dans la mytho-logie, nom d’un jeune homme célèbre par sa beautéet qui fut aimé de Vénus. || 2° Ironiquement, jeunehomme qui fait le beau et qui est très-soigneux desa parure. || 3° Terme de botanique. Plante à fleursrouges ou citrines,.qui approche de la renoncule etqui vient dans les près.

—ÉTYM. Adonis, de ’ASuviç ou ’Aïmv , de l’hébreuAdan, seigneur. Adonai en hébreu est le nom deDieu. Adonis est la forme grecque du nom d’une di-vinité phénicienne; la langue des Hébreux et celledes Phéniciens étaient deux dialectes d’une mêmelangue.

ADONISÉ , ÉE (a-do-ni-zé, zée), part, passé. Paréet adonisé.

ADONISER (a-do-ni-zé) , v. a. || 1" Parer avecune grande recherche. || 2"S’adoniser, v. réfl. S’a-juster avec un trop grand soin. Se dit surtout enparlant des hommes.

— HIST. xvi* s. Quand ses cheveux troussés des-sus l’oreille, D’une Venus imitent la façon; Quandd’un bonnet sa teste elle adonisé, Et qu’on ne sçait,tant neutre elle déguisé Son chef douteux, s’elle estfille ou garçon, rons. 51.

ADONNÉ, ÉE (a-do-né, née), part, passé. Qui s’ap-plique à. Adonné à l’étude, au vin.Grande âme, auxgrands travaux sans repos adonnée, malh. iv, 2 . Jechante dans ces vers les filles de Minée, Troupeauxarts de Pallas dès l’enfance adonnée, la font.Filles de Minée. L’abondance d’hommes adonnés à laguerre , fén. Tél. xm.

ADONNER (S’) (a-do-né), u. réfl. || 1° Se livrer,s’appliquer à quelque chose avec ardeur, habituel-lement. S’adonner à l’étude, aux plaisirs. S’adonnerâ boire. Il s’adonnera aux exercices de la religionsans en négliger aucun, bourd. Pensées, t.l,p. 97.Les exercices auxquels ils s’adonnent, fén. Tél. x.La jeunesse ne s’adonne plus aux lettres, id. ib. xiv.|| 2“ Fréquenter habituellement. S’adonner à unesociété, à un lieu. || 3" Ce chien s’est adonné à moi ;m’ayant rencontré par hasard, il s’est attaché à moi.|| 4 ° Se diriger, en parlant d’un chemin , d’unechasse, etc. Le seigneur de Thouars mandait à celuid’Oiron , qu’il chasserait un tel jour dans son voi-sinage, et qu’il eût à abattre une certaine quantitéde murs de son parc, pour ne point trouver d’obs-tacles, au cas que la chasse s’adonnât à y entrer, st-simon, 75, 223. Est-ce jamais par là que son che-min s’adonne?LA chaussée ,Préjugé à la mode,!, 6.|| 5" Adonner, t). n. Terme de marine. Devenir plusfavorable, en parlant du vent qui était contraire.

— "REM. Quoique l’Académie n’indique que le verberéfléchi s'adonner, il semblequ’on pourrait très-biendire, comme dans le xvi* siècle, adonner son cœur,son esprit, etc., à une chose.

—SYN. se donner à s’adonner à. Se mettre à un

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certain genre de travail. Se donner à l’étude, c’ests’y livrer sans réserve; s’adonner à l’étude, c’estsimplement s’y appliquer. Il y a donc une nuanceentre ces deux expressions ; et la première est plusforte que l’autre.

— HIST. xv* s. Le jeune Edouard, qui fut depuisroi d’Angleterre, s’adonnoit plus et s’inclinoit deregard et d’amour sur Philippe [fille du comte Guil-laume] que sur les autres, froiss. i, i, 15. Adonnéà tous les plaisirs, comm. v, 18 . || xvi* s. Mais Dieu ce bien ne m’a donné Que vostre chemin adonné Sesoit icy.... marot, n, no. Fut l’humain genre as-prementestonné, Et tout le monde à l’horreur adonné[enproie], id. iv, 22 . Sçavoir voulut toutes sciencesbonnes, Et qui est celle à quoy tu ne t’adonnes, id.iv, 199. Encore que mon feu pere eust adonné toutson estude à ce que je prouffictasse.... rabel. J’ant.n, 8. Quant à la congnoissance des faictz de nature,je veulx que tu te y adonnes curieusement, id.Pant. n, 8. A raison de quoy il le fault tousjoursaddoner [l’entendement] à ce qui est le meilleur,amyot, Péricl. i. Ils s’addonnent aux exercices queplus vous honorez , id. Cat. 1 5. L’estude de la phi-losophie à laquelle il s’adonna, id. Pëlop. 4. Onpeut affermer, quand ils s’adonnent à bien, qu’ilssont excellents, lanoue, 85. Pour sauver quelquesmaisons de gentils hommes et Gergeau, si le besoins’y adonnoit, d’aub. Hist.ai, I9i. Afin aussi d’adon-ner nos cœurs à l’amour d’icelle [justice] et à unehaine d’iniquité.... calv. Inst. 273. Qu’on suive har-diment l’esprit, lequel ne demandera rien de mal,moyennant qu’on s’adonne à sa conduite, id. ib.470. Il ne laissoit pas de prier au milieu de la mul-titude , si l’opportunité s’y adonnoit, id. ib. 709.Pour s’adonner du tout à la dévotion, mont, i, 113.J’ay veu nos princes s’y adonner depuis en per-sonne [à l’exercice louable de la comédie], id. i, 198.Son chemin s’adonnant au travers d’une eglise, ilne passoit jamais qu’il.... id. i, 403. Si quelque ser-viteur s’y adonne [s’attache à lui].... id. ii, 79.

—ÉTYM . A et donner; provenç. et espagn. ado-nar ; ital. adonare.

ADOPTANT (a-do-ptan), ï. m. Terme de droit.Celui qui adopte.

ADOPTÉ, EE (a-do-pté,ptée), part, passé. || ^Oc-tave adopté par César. Vous étiez des enfants dansson cœur adoptés , volt. M. de Cés. m, 3. || Substan-tivement : l’adoptant et l’adopté. || 2“ Fig. Propo-sition adoptée à l’unanimité. Règlement adoptébientôt par toutes les nations. || 3" Adopté, formulede vote qui indique que la proposition est reçue.

ADOPTER (a-do-pté), v. a. || 1* Choisir quelqu’unpour fils ou pour fille et lui en donner les droitscivils, en remplissant certaines formalités légales.Jamais, sans ses avis, Claude, qu’il gouvernait,n’eût adopté mon fils, rac. Bril. m, 3. Toutes lesfois,tyran, qu’on se laisse adopter, corn. Héracl.v,3 . || 2“ Par eitension, prendre un enfant et le trai-ter comme sien. Hélas! ce Juif jadis m’adopta poursa fille, rac. Esth. m, 4. Mais mon cœur, plus pru-dent, l’adopta par vengeance, créb. Atr. i, 3. Jet’adopte pour fils, adopte ma vengeance, ducis,Rom. iii, 5 . || 3" En général, se porter vers, s’at-tacher à. Adopter un parti. Adopter un plan, ungenre de travail. Adoptant l’opinion de cet auteur.Le peuple adopta la loi proposée. Jusque-là on n’a-vait adopté de l’antiquité que des erreurs. L’Améri-que à genoux adoptera nos mœurs, volt. Al», i, i.N’a-t-il pas adopté Nos climats et nos mœurs et no-tre liberté? ducis, Abuf. iii, 4. Il apprend mon des-sein, l’adopte, l’autorise, c. delav. Vépr. sic. i, i.

— HIST. xvi* s. Aphidnus adopta les Tyndaridespour ses enfants, comme Pylius avoit adopté Her-cules, AMYOT, Thés . 42.

—ÉTYM . Adoptare, de ad, à, et optare, opter (voy.A et opter).

f ADOPTIEN , XENNE (a-do-psien, psiè-n’), sm. et /'.Membre d’une secte chrétienne qui soutenaitque Jésus était seulement le fils adoptif de Dieu .

ADOPTIF, IVE (a-do-ptif, pti-v’), adj. || 1" Quia été adopté. Fils adoptif. || 2° Qui a adopté. Pèreadoptif. || 3° Qui a rapport à l’adoption. Le droit debourgeoisie à vos peuples donné Ne perd rien deson prix sur un front couronné ; Sous ce titre adop-tif, étant ce que vous êtes, Je pense bien valoir unede mes sujettes, corn. Sert, u, 2 . || Se met toujoursaprès son substantif.

— HIST. xvi* s. Thaïes eut un fils adoptif, il adoptaun sien nepveu nommé Cybistus, fils de sa sœur.amyot, Sol. 10 . Lorsque son pere adoptif fut tué, ilestoit en la ville d’Apollonie, id. Brut. 27.

—ÉTYM . Adoptirus (voy. adopter) ; provenç. adop-tiu; espagn. adoptivo; ital. adoltivo.