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Tome premier. A - C.
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ADO

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ADOPTION(a-do-psion ; en poésie, de quatre syl-jhbes), s. f. || 1“ Action d’adopter. Entrer dansme famille par adoption. Donner son fils en adop-tion. Père par adoption. Fils de César par adop-tion, boss. Hist. i, 9.Un sceptre que jadis vos

aïeux ont reçu De ce fameux mortel que la terrea conçu; L’adoption le mit entre les mains d’E-gée , rac. Phèd. n, 2 . Tu n’as de fils qu’Octave,et nulle adoption N’a d’un autre César appuyé tamaison, volt. 31. de Cés. i, t. Droit fondé sur lagrâce de notre adoption, puisque nous tous qui avonsété baptisés en Jésus-Christ, nous avons acquis unpouvoir spécial de devenir enfants de Dieu , bodrd.Pensées, t. i, p. (3|. || 2° Par extension. La France est sa patrie d’adoption. L’adoption que Rome fai-sait, en certains cas, des étrangers.Rome vous

permet cette haute alliance, Dont vous aurait exclule défaut de naissance, Si l’honneur souverain deson adoption Ne vous autorisait à tant d’ambition,corn. Nie. i, 2 . || 3° Fig. L’adoption, dans une lan-gue , de mots étrangers. La physique est son étuded’adoption. L’adoption qu’un homme fait d’un autre.Ces adoptions de deux âmes l’une par l’autre. L’a-doption d’une loi par la Chambre. L’adoption futmise aux voix et rejetée.

— hist. xvi" s. Galba pensa qu’il n’estoit plustemps de différer l’adoption qu’il avoit porpensée,amyot, Galba, 28 .

— étym. Provenç. adoptio ; espagn. adopcion ;Mal. adozione; de adoptio, de ad, à (voy. A), etOption.

ADORABLE (a-do-ra-bl’), adj. || i" Digne d’êtreadoré. Dieu seul est adorable. Jeune peuple, courezà ce maître adorable, rac. Esth. m, 9. Cet adora-ble maître nous a dit que son joug est doux et sonfardeau léger, bourd. Pensées, 1. 1 , p. too. Tirez levoile qui me cache cet adorable, mais redoutablemystère de votre providence, id. ib. p. 56. || 2° Enparlant d’une maltresse. Une femme adorable, uneadorable amie. Yeux adorables, rotrou, Venc. n,2. O dieux qui, comme vous, la rendez adorable,Itendez-la, comme vous, à mes vœux exorable,corn. Cinna, ni, 3. || 3° Par exagération, se dit detout ce que l’on estime ou on aime extrêmement.11 est adorable du bon courage qu’il a de vouloir ve-nir, sév. 151. Dans les bouts-rimés, je vous trouveadorable, mol. F. Sav. m,5. || Ne peut se mettreavant le substantif que quand le substantif n’est pasmonosyllabe, ou, étant monosyllabe, ne commenceni par une voyelle, ni par une fi muette.

— Etym . Adorabilis, de adorare, adorer.

ADORATEUR, TRICE (a-do-ra-teur, tri-s’), s. m.

et f. Il l°Celui, cellequi adore. Les Guèbres sont adora-teurs du feu. Si le monde n’attachait les hommes quepar le bonheurdeleur condition présente, commeilnefait point d’heureux, il ne ferait point d’adorateurs,mass. Dauphin. D’adorateurs zélés à peine un petitnombre Ose des premiers temps nous retracer uneombre, BAC.Atfi.i, 1.1| 2“ Celui qui a amour et respectpour. N’étant pas en état d’en voir le faible, ilsdeviennent adorateurs de ce qu’ils ignorent, bourd.Pensées, t. n, p. 200 . Et de leur chaîne antique ado-rateurs heureux, volt. Brut. 1 , 2 . || 3° Celui qui aime,courtise une femme. Et je triompherai, voyant pé-rir mes fils, De ses adorateurs et de mes ennemis,corn. Iiod. iv, 3.je brûle pour Thésée ; Je l’ai-

me, non point tel que l’ont vu les enfers, Volageadorateur de mille objets divers, rac. Phèdr. n, 5.Laissons là, je vous prie, les adorateurs, reprit-elle, et parlons du soleil, fonten. Mondes, 1 " soir.|j 4' Adj. Je n’ai percé qu’à peine Les flots tou-jours nouveaux d’un peuple adorateur, rac. Bér. 1,3.

— hist. xvi* s. L’adorateur se tourne vers l’O-rient, et puis se retourne devers le Dieu , amyot,Numa, 25 .

— étym. Provenç. adoraire, adorador; espagn.adorador; ital. adoratore; de adorator, de adorare,adorer. En provençal, adoraire est le nominatif, deadordlor, avec l’accent sur rd, adorador le régime,de adoratôrem, avec l’accent sur tô. Dans l’ancienfrançais , le sujet serait aorere, et le régime aoreor ;adorateur a été refait sur le latin.

ADORATION (a-do-ra-sion ; en poésie, de cinq syl-labes), s. f. || 1“ Action par laquelle on adore. L’ado-ration proprement dite n’est due qu’à Dieu seul.L’adoration que tous les peuples lui rendent, boss.Honneur, l. Ils rendaient à J. C. une adorationextérieure, id. Euch. 2 . Si avec toutes ces doctrines,toutes cés pratiques et tous ces cultes de Rome ,avec l’adoration et avec l’oblation du corps du Sau-veur.... id. Variât. 15. L’adoration qu’ils rendent àl’Eucharistie , pasc. Prov. 16 . Les adorations qu’ilsrendent à l’idole, id. Prov. 5. Conservez toutes vos

EICT. DS LA LANGUE FRANÇAISE.

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adorations pour l’Arche, fléch. Panég. 11 , p. 426.Peut-être,brillantes parcelles De l’immense création,Devant son trône imitent-elles L’éternelle adoration,lamart. H arm. 1 , 4. || 2 n Cérémonie dans laquelle lescardinaux vont rendre honneur au pape mis sur l’au-tel après son élection. Dans le même sens : Ce pape aété fait par voie d’adoration, tous les cardinauxsont allés le reconnaître pour pape, sans scrutinpréalable. || 3° Par extension, amour, attachementextrême. Il a de l’adoration pour cette femme. Jel’admirai longtemps; oui, j’eus pour Scipion Cesentiment qui tient de l’adoration, m. j. chén.Grac. 11 , 3. || 4” Au plur. Démonstrations de ten-dresse et de respect. Comme vous êtes accoutuméeà ne recevoir jamais que des hommages et des ado-rations de tout le monde, mol. Princ. d’Él. 11 , 6 .Gervaise, devant les amis de M. de La Trappe,quand ils étaient gens à être ménagés, était dansles adorations, saint-simon, 61 , 22 . || 5“ Nom destableaux et estampes qui représentent les mages auxpieds de Jésus enfant.

— HIST. xvi* s. J’appelle adoration la reverenceque lui fait la créature, se submettant à sa gran-deur, calv. Instit, 283.

— ÉTYM. Adoratio , de adorare, adorer.

ADORÉ, ÉE (a-do-ré, rée), part, passé. Les dieuxadorés par les nations. Ce roi adoré de son peuple.Une femme adorée de son mari, et, absolument,une femme adorée. Tu mugissais ainsi sous ces ro-ches profondes, Ainsi tu te brisais sur leurs flancsdéchirés; Ainsi le vent jetait l’écume de tes ondesSur ses pieds adorés, lamart. Médit, xm. Si tu doiscomme nous achever ta carrière, Sois mon appui,mon guide, et souffre qu’en tous lieux De tes pasadorés je baise la poussière, id. ib. xvii. Monsei-gneur est adoré; il est libéral, sév. 47 1 . M. deSaint-Héran a été adoré à Fontainebleau , id. 367.Du magister fille adorée, Par son bon cœur elleplaisait, Béranger, Jeanne la Rousse.

— HEM. Adoré, avec les personnes pour complé-ment, veut ordinairement de : Dieu veut être adorédes créatures ; mais, quand il s’agit des idoles, desfaux dieux, on peut très-bien mettre : Les faux dieuxétaient adorés des Romains ou par les Romains.Quand adoré est dans le sens d’aimé, de est à peuprès de rigueur : Ce général est adoré de ses sol-dats ; cet enfant est adoré de son père, etc. De s’em-ploie plus particulièrement quand il s’agit d’unsentiment, et pur quand il s’agit d’un acte extérieur:Alexandre adoré parles Perses ; ce roi adoré de sessujets.

ADORER (a-do-ré), v. a. |[ 1 “ Rendre à la divi-nité le culte qui lui est dû. Dieu veut être adoré deses créatures. J’adore la bonté de Dieu , je l’admire,j’y mets maconfiance, bourd. Pensées, t. 1 , p. 67.Et comme ces rois de l’aurore, Un instinct que monâme ignore,Me fait adorer un enfant, lamart. Mé-dit. xv. Assis à ce degré suprême, Il faut s’y dé-fendre soi-même,Comme les dieux sur leurs autels;Rappeler en tout leur image, Et faire adorer lenuage Qui les sépare des mortels, id. ib. Ah! j’au-rais dû peut-être.... Et courbant sous sa foi ma raisonqui l’ignore [Dieu ], L’adorer dans la langue où l’u-nivers l’adore, id. Harold, 39. Il voulut se faire ado-rer comme un dieu, boss. Hist. m, 4. De l’ombrede Ninus l’oracle est adoré, volt. Sémir. v, 1 .|| 2° Adorer la croix, se dit par relation à J. C. enparlant d’une des cérémonies du culte catholique.On ditde même : Adorerles reliques. || 3° Adorer se ditaussi absolument. De tous les endroits de la terre, lesIsraélites étaient obligés d’y veni r adorer [dans le tem-ple], mass. Car. Respect dasfrmpZes.L’immobilité d’uncorps anéanti et la profonde religion d’une âme quiadore, id. ib. || 4° Se prosterner devant. D’où vient,lui ditAlexandre, que tu ne m’adores pas? montesq.Lysim. || 5° Fig. Je ne vais pas au Louvre adorer lafortune, boil. Sat. 11 . Détestais-tu la tyrannie? Ado-rais-tu la liberté? De l’oppression impunie Ton œil

était-il révolté?. lamart. H arm. iv, 1. Les uns,

sacrifiant leur vie à leur mémoire, Adorent unécho qu’ils appellent la gloire, id. iv, 11 . ||6 11 Entermes de spiritualité , se soumettre avec adora-tion. Que j’adore en silence l’ordre de votre pro-vidence, pasc. Prière. Ils adorent les jugements deDieu , boss. Hist. 11 , 4. Ne laissez pas d’adorer lamain qui nous l’enlève, fléch. Aig . || 1° En général,dans le même sens. Puisqu’ils font des heureux,adorez leur ouvrage, corn. Pomp.i, 1 .permet-

tez Que jusques au tombeau j’adore vos bontés, id.Nie. v, 9. Et le peuple, inégal à l’endroit des ty-rans, S’il les déteste morts, les adore vivants, id.Cinna, 1 , 3. Ils adorent la main qui les tient en-chaînés, rac. Brit. iv, 4. Je sais rendre aux sul-

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tans de fidèles services; Mais je laisse au vulgaireadorer leurs caprices, id. Raj. 1, 1. J’adore aveedé-pitcet excès de courage, volt. Orphel. iv, 4. || 8* Ai-mer avec passion. Il adore Emilie, il est adoréd’elle, corn. Cinna, m, (. Vous que de tout moncœurj’ai toujours adorée, id. Théod. m, 3. Romesait vos hauts faits, et déjà vous adore, id. Nie. 1 v,4 . Cette princesse se fait adorer de toute la cour,sév. 418. Allez, en lui jurant que votre âme l’a-dore, À de nouveaux mépris l’encourager encore,rac. Andr. 11 , 5. Déjà de ma faveur on adore lebruit, id. Brit. v, 3. Ils ne seraient pas inutiles àl’éducation d’une fille qu’elle adore, i.i.nouss.IIél. 1 ,

1 . Je te jure, à mon tour, de n’adorer que toi. la-mart. Méd. 11 , 10 . || 9° Proverbial et figuré, adorerle veau d’or, faire la cour à un homme de peu demérite, à cause de ses richesses.

s’adorer, v. réfl. || 1° S’adorer l’un l’autre. Ces deuxamants s’adorent. || 2° Être en adoration de soi. Cethomme n’est occupé que de lui ; il s’adore véritable-ment.

— REM. C’est par abus qu’on emploie adorer pouraimer beaucoup, quand il s’agit d’objets que l’onne peut supposer sensitdesà notre adoration. Delilledit que Voltaire adorait le café. Un autre adore leshuîtres. De telles expressions, dites sérieusement,corrompent la langue.

— SYN. adorer, vénérer, honorer. Rendre deshommages, un culte ou une espèce de culte. Hono-rer est un terme général qui n’implique que l’hom-mage qui est rendu; vénérer enchérit, il s’y jointune idée de crainte respectueuse qui n'est pas inclusedans honorer; enfin adorer ajoute à l’honneur, àla crainte respectueuse, l’idée d’un amour profondet sans bornes.

— hist. xi* s. [Dieu ] Le glorius, que deüsse aü-rer, Ch. de Roi. 9. N’i ad paien, [qui] nel prit[prie] et nel aort, ib. 66. Touz ses idoles que ilseult adorer, ib. 185. || xn* s. Et de cil Deu qu’ao-rent li Persant, Roncùv. p. 28 . Mais par Maliom,cui je doie aourer, ib. p. 78. Ainz [je] l’aim etserf et aor por usage ; Si [je] ne lui os [ ose ]mon penser descouvrir, Coud, 19. Dame, dit-il,que très bon jour Vous doint cil que j’aime et aour,audefr. le bast. Romane, p. 9. || xm* s. Qui plus aà soufrir, plus vous doit aourer, Berte, 43. Partozles sainz que l’en [on] aeure, Et se dame diex mesekeure [secourt].... Ren. 9799. Car de cent amisaparens, Soient compaignons ou parens, S’uns loren pooit demorer, Dieu en devroient aorer, la Rose,4904. Lors je plorai et rendis grâces à Dieu , et li disainsi : Sire, aouré soies tu de ceste soufraiteque tume faiz, joinv. 254. || xiv* s. Le commencement etpremier article parle de adourer et du lever, le 31e-nagier, I, 1. Et aourez de tout vostre cuer, ib. 1 ,

2 . || xv* s. Et l’adoroient toutes gens comme leurdieu, pour tant qu’il avoit donné le conseil dont....froiss. n, 11 , 160 . || xvi* s. Ils baiseront la terre oùvos piez marcheront, Ils iront après vous, ils vousadoreront, Leurs cueurs seront bruslants aus raisde votre flame, de brach, Olimpe.

— ÉTYM. Picard, aorer; provenç. adorar , azo-rar; espagn. adorar; ital. adorare ; de adorare, dead, à (voy. A), et orare, parler, de os, bouche(voy. oraison, oral). D’après quelques étymolo-gistes, adorare signifie proprement porter à labouche , baiser, de là adorer : adorare purpu-ram principis, se présenter au prince, parce qu’enl’abordant, on baisait le bas de sa robe. D’autres,prenant en considération le sens de orarequi est par-ler, ne voient dans adorare que parler à, s’adresserà, et, finalement, prier. Cette dernière explicationest la plus simple. L’ancien français était aorer, sui-vant la tendance à supprimer les consonnes et à rap-procher les voyelles. Le picard a gardé cette forme.

ADOS (a-dô), s. m. Terme de jardinage. Terreen pente inclinée vers le midi et favorable aux pri-meurs. Ils sont tout étonnés de lui voir diriger desados avec plus d’intelligence.... j. J. rouss. Em. v.Les ados qui sont des talus de terre qu’on ménagedans les potagers ou le long des espaliers, buff.Exp. sur les végét. 4* mém.

— ÉTYM . Berry, adous, s. m. et adouse, s. f. deà et dos.

ADOSSÉ,ÉE (a-dô-sé, s êe), part, passé. || 1 ”Adosséà un mur ou contre un mur. Corinthe adosséeà une montagne. Le théâtre [ à Sparte ] étaitadossé à la citadelle, chateaub. Itin. 102 . || 2“ Entermes de blason, se dit de deux pièces d’armoiriesqui sont placées dos à dos. Il porte de gueules àdeux lions adossés. || 3* En termes de dessin etd’antiquités, têtes adossées, deux têtes mises surune même ligne en sens opposé.

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