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Tome premier. A - C.
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CO ADR

— xiv' s. C’est la conclusion de cest chapitre queDieu nous adresce à bien faire en délectations et entristesces, oresme, Eth. 39.

_xv* s. Et tant y sont ayenues d’aventures, et

tant de batailles adressées, froiss. i, i, i. Si s’envint sa voie, et s’adressa sur Monseigneur Geffroy,et là, en parlant à lui, il changea un peu de conte-nance, id, i, i, 329. Là endroit [avant la bataille]se confessa et adressa chacun à son loyal pouvoir,id. i, i, 4 1 . Et celui qui parlera pour le roi de France adrecera ces paroles au roi et duc et dira ainsi....id. i, i, 63. De première venue il y eut dure en-contre, et s’adresse le roi dessus messire Eustacbede Ribeumont, lequel estoit moult fort chevalier,id. i, i, 328. En leur priant humblement excuseret supployer à mon ignorance et adresser ce que yserait mal mis, i. de troyes , Chron. 1460. Garni etadressé de tout ce qu’on saurait louer en noblehomme, louis xi, Nouv. 28.

— xvi" s. Le premier à qui il s’adressa estoit vestud’une robe.... rab. Pant. v, 18 . Dieu permet bienque les trompeurs adressent quelquefois à dire vé-rité, calv. Inst. 130. Pour estre esclairez et adres-sez en la vraye religion, il nous faut commencerpar la doctrine celeste, in. Inst. 29. Ce n’est pas àl’homme d’adresser ses pas. Les pas de l’homme sontadressez de Dieu , id. ib. 138. Et puis leur gibier nes’adresse pas [ne vient pas] par deçà, des periers,Cymb. 168. A toy s’est adressée Ma clameur jourset nuits, mar. iv, 332. i un qui est soigneux, quis’adresse et exerce, le bien lui vient toujours plustostqu’à un autre, la boët. 200 . Tu t’adresses auxarmes, id. 201 . Les Dieux sont amoureux de ceuxdont ils purifient les meurs, et les addressent à lavertu, amyot, Num. 7. Ainsi que dit Epicharmus,en un petit traitté qu’il a escrit et addressé à Ante-nor, id. ib. 16 . On doibt former les meurs des en-fants, et les duire et addresser dès et depuis leurnaissance à une mesme fin, id. Lyc. et Num. 9. Mi-nutius, adressant sa parole à Brutus et à tous lesassistants, leur dit.... id. Publ. 4. U mit en piècesles premiers des ennemis, ausquelz il s’adressa etarresta tout court les autres, id. Cor. 10 . 11 receutsur son propre corps plusieurs coups qui estoientaddressez à Æmylius, id. Marc. 14. Adressant leurscorps et les endurcissant à la peine, id. Eum. 7. Onne s’adresse [on ne s’en prend] pourtant qu’à lui,mont. 1 , 99. On reçoit ces advis comme adressez aupeuple, id. 1 , 116. S’adresser aux loix pour avoirraison d’une offense, id. i, 119. N’adresse elle [re-dresse-t-elle] pas quelques fois nos conseils et lescorrige [la fortune]? id. i, 264. Il faut adresser etarrester nos désirs aux choses les plus aysées, id.iii, 277. Puis addressant son propos à son oncle,ID. IV, 324.

— ÉTYM . Picard, adrécher; wallon, adiersi; rou-chi, adercer; provenç. adressât, adreysar; espagn.aderegar; ital. addiriggare ; de à et dresser .-signifi-cation première, mettre à droit, ce que nous disonsaujourd’hui redresser, puis diriger, conduire, por-ter vers.

ADROIT, OITE (a-droi, droi-t’), adj. |[ 1° Quiadel’adresse, soit de corps, soit d’esprit. Adroit tireur.Adroit à tous les exercices. Homme adroit et entre-prenant. Les gens adroits à tromper.Qu’est devenuecette redoutable cavalerie...? Ni les chevaux nesont vites, ni les hommes ne sont adroits que pourfiiir devant le vainqueur, boss. AnnedeG. L’hommeseul se trouverait-il être sans action? La nature l’au-ra-t-elle destiné à une oisiveté éternelle ? L’aura-t-elle formé si beau, si adroit, si désireux de savoir,pour le laisser toujours inutile ? id. Pensées chrét.33. Que la nature est adroite et qu’elle sait bienménager ses intérêts ! Nous pensons nous défaired’une passion ; que fait la nature? en la place decette passion, elle en substitue une autre toute con-traire, bourd. Pensées, t. 1 , p. 428. Ce n’est ni àl’intempérie de l’air, ni à la faute des peuples, ni àla stérilité des terres qu’il en fautattribuer la cause,puisque l’air y est excellent [en France ], les habi-tants laborieux, adroits, pleins d’industrie ; maisaux guerres et au défaut d’économie, vaub. Dime,p. 27 . [| 2° En parlant des choses, où il yadel’adresse.La louange agréable est l’âme des beaux vers ; Maisje tiens, comme toi, qu’il faut qu’elle soit vraie,Et que son tour adroit n’ait rien qui nous effraie,eoil. Ép.' ix. Adroit mensonge, rac. Mithr. 111 , 4.Son adroite vertu ménage son crédit, id. Brit. iv,4.

— REM. Du temps de Corneille on prononçaitaussi adret, adrète; ce qui est la prononciation nor-mande : Ma sœur vous êtes plus adroite ; Souffrez queje ménage un moment de retraite, corn. Agés. 11 ,4. D’abord j’appréhendais que cette ardeur secrète Ne

A DU

fût du noir esprit une surprise adroite, mol. Tart.iii, 3. La prononciation adret est fort ancienne, ditChiffiet, Gramm. p. 201.

— SYN. adroit, habile. Ils donnent l’un et l’autre l’i-dée d’une action facile et heureuse. Habile exprime da-vantage l’aptitude générale ; adroit, l’applicationpar-ticulièrede cette aptitude générale. Un homme adroitn’est pas nécessairement habile ; un homme habileest nécessairement adroit, et s’il ne l’estpas en unecirconstance donnée, c’est qu’il s’oublie. L’adressene suppose pas l’habileté; c’est quelque chose d’in-férieur. L’habileté au contraire ne va pas sansadresse. L’étymologie même indique la nuance ; l’ha-bile, hàbüis, de habere, a une disposition généralequi est bonne pour tout; l’adroit, de d et droit, metles choses comme droit est, c’est-à-dire se prendbien à ce qu’il fait , à un objet quelconque.

— IIIST. xii* s. Et moult adroit [il] est arrer re-tourné, Roncisv. p. 190. Il XIII* s. En la forest fuBerte, qui est gente et adroite; D’aler aval le boismoult durement s’esploite, Berte, 29. || xiv[ s.Semblablement celui qui juge adroit des operacionshumaines, qui est sain selon l’ame, oresme, Eth.19. Et quiconque conseliebien, il fait adroit, id. ib.182. || xvi* s. Carneades souloit dire que les enfantsdes roys et des riches n’apprenoient rien adroit,qu’à picquer et manier les chevaulx, amyot, Com-ment discerner le fiat, de l’ami, 30. Des combattantsbien aguerriz et adroicts aux armes, id. Tim. et P.Æm. comp. Leurs vaisseaux adroits et légers pourbien servir en un bon affaire, id. Pomp. 36.

—ÉTYM . Wallon, adreût, convenable; Berry etnorm. adret; picard, adrot, d’une façon adroite;de à, droit (voy. droit, adj.). Dans plusieurs desexemples anciens, adroit pourrait s’écrire aussi bienen deux mots, à droit,et est une espèce d’adverbe:juger adroit ou à droit ; n’apprendre rien adroit ouà droit; c’est aussi de cette façon que le picard em-ploie son adrot.Quelques étymologistes, trompés parune des significations de droit, font venir droit etadroit de dexter; c’est une erreur; il vient de ad-directus, proprement, dirigé vers, adressé.

ADROITEMENT (a-droi-te-man), adv. D’une ma-nière adroite.... cette prompte ruse Divise adroite-ment trois frères qu’elle abuse, corn. Hor. iv, 2 .Elle prévient ma plainte et cherche adroitement Xla faire passer pour un ressentiment, id. Nie. ni, 4.Sachez adroitement ce qu’on dit à la cour, th.corn. Âri. iv, 3. Je savais bien que vous aviez unemanière particulière de raisonner et d’envelopperadroitement ceux à qui vous aviez affaire, fonten.Mont, et Socrate

— ÉTYM. Adroite au féminin, et ment.

ADULATEUR, TRICE (a-du-la-teur,tri-s’). || 1“ S.m. et f. Celui, celle qui donne des louanges exces-sives. L’adulateur qui ne cherche qu’à plaire. Cettefemme est une grande adulatrice. Ne soyez à la cour,si vous voulez y plaire, Ni fade adulateur ni parieurtrop sincère, la font. Fab. vu, 7. Comme si c’étaitêtre indiscret que de n’êtrepas adulateur et prévari-cateur de son ministère, mass. Confér. Scandales. Lagrandeur, je le sais, ne manque guère d’adula-teurs, mais les grands manquent souvent (Tamis,id. Villeroy. De leur malheureux roi lâches adula-teurs, volt. Marianne, 1 , 2. De vingt maîtres diversadulateur banal, millev. Indépend. du poète. Soitqu’il fasse au sénat courir les sénateurs, D’un ty-ran soupçonneux pâles adulateurs, boil. Art. p. 11 .

|| 2° Adj. ' Langage adulateur. D’un peuple adula-teur l’ardente idolâtrie..., Tout pénétra mes sensde langueur et d’ivresse, c. delav. Par. 1 , 1 . Sipour caresser sa faiblesse, Sous tes pinceaux adu-lateurs, Tu parais du nom de sagesse Les leçons deses corrupteurs.... lamart. Médit, xix.

— HIST. xiv* s. Celui qui est adulateur ou dateurest ami ou aimé superexcedanment, oresme, Eth.242. Adulateurs, menteeurs et flatteurs, id. ib. 109.Et est manifeste que celui qui est ami est autreque n’est le flatteur ou adulateur, id. ib. 300. || xv* s.Comme sont les aduleurs ou dateurs, portans ve-nim angoisseux, ciir. de pisan, Charl. V, 1, 10.

— ÉTYM . Adulator, de adulari, aduler.

— SYN. adulateur, flatteur. Qui loue excessive-ment. On a essayé de trouver une différence, en di-sant que l’adulateur datte plus que le fiatteur. Làn’est pas îa différence. D’abord il y a la distinctionqui résulte de leur usage : datteur est du langageordinaire, adulateur appartient au langage relevé;puis le datteur peut être vrai ; l’adulateur ne Testpas. Dans la Princesse Aurélie, de c. delà vigne,m, 6, après une tirade où Alphonse peint toute l’ar-deur de son amour en rappelant à Aurélie le bon-heur que son peuple avait à la revoir, celle-ci lui ré-v

ADU

pond : « Flatteur I » Adulateur serait un contre-sens,

ADULATION (a-du-la-sion; en poésie, de cinqsyllabes), s. f. Flatterie. L’impudence de Tadulatioralla si loin.... De vaines adulations. Sivous prétendezvous en rendre digne par des bassesses, des soins,des assiduités, des adulations, des sollicitations hu-maines, vous êtes un profane qui achetez le don deDieu , mass. Conf. Amb. des clercs. Il n’estimait lavoix de l’adulation Qu’en ce qu’elle a d’utile à sonambition, lemerc. Clovis , 1 , 1 .

— SYN. adulation, flatterie. Adulation dif-fère de flatterie parce que le premier appartientau langage relevé, et que le second est de l’usagecommun ; puis parce que adulation emporte uneidée de servilité et de fausseté qui n’est pas dansflatterie. Boileau disant que lui,le satirique, a pariéde Louis XIV comme l’histoire, c’est une flatterie,mais ce n’est pas une adulation.

— HIST. xin* s. Par barat estuet barater, Servir,chuer, blandir, flater Par hours, par adulacions,la Rose, 7427. || xiv" s. Et pour ce plusieurs aimentque Ton leur face adulacion, oresme, Eth. 242.|| xv* s. Sera recité par moy véritablement et sanzaucune adulation le principe et mouvement de cesteprésent petite compillation, chr. de pisan, Char-les V , 1, Prologue.

— ÉTYM . Adulatio, de adulari, aduler; provenç.adulatio, agulatio; espagn. adulacion; ital. adula-gione. Ce mot, qui était encore peu usité auxxiii’ et xiv* siècles, était tombé en désuétude auxvi' siècle. Il fut repris à la fin du xvii* siècle.

ADULÉ, ÉE (a-du-lé, Iée), part, passé. LouisXIVadulé par une cour idolâtre.

ADULER (a-du-lé), t). a. Flatter. Vite un prix ausot qui l’adule, Béranger, Denys.

— SYN. aduler, flatter. Une différence d’aduleravec flatter, c’est qu’aduler est du langage relevéet n’a d’emploi que là, tandis que flatter a un em-ploi général. Une autre, c’est qu’aduler impliqueune servilité et une fausseté qui ne sont pas néces-sairement dans flatter.

— HIST. xv* s. La haulte genealogie des noblesroys de France nous peut aydier en ceste partiecomme préambule de gloire non adulant, chr. depisan, Charles V , 1, 6.

— ÉTYM . Adulari, sur l’origine et la racine du-quel les étymologistes ne s’accordent pas.

ADULTE (a-dul-t’), adj. || 1” Qui est parvenu à lapériode de la vie comprise entre l’adolescence et lavieillesse. Âge adulte. j| 2° S. m. Un adulte.Cetle ma-ladie attaque rarement les adultes.

— ÉTYM . Provenç. adulto; catal. adult; espagn.et ital. adulto ; de adultus, part, passif de adolere,croître, dont adolescens est le part, présent (voy.adolescent).

ADULTÉRATION (a-dul-té-ra-sion),s. f. |[ 1“ Ter-me de jurisprudence. Action de gâter, de fausser.L’adultération des monnaies. || Mot peu usité en cesens. || 2“ En pharmacie, action d’adultérer les mé-dicaments ou le résultat de cette action.

— ÉTYM . Adulteralio, de adulterare, adultérer.

ADULTÈRE (a-dul-tê-r’). || 1” S. m. et f. Celui oucelle qui viole la foi conjugale. Les fornicateurs etles adultères. Faut-il que sur le front d’un profaneadultère Brille de la vertu le sacré caractère? rac.Phèdre , iv, 2 . ||2 ° Adj. Qui viole la foi conjugale.Époux adultère. Tableaux ou estampes qui représen-tent la femme adultère de l’Évangile. Flamme adul-tère, rac. Phèdre , m, 3. || 3° Par extension, ce quioffre un mélange vicieux, coupable. Pour rendre àd’autres dieux un honneur adultère, rac. Eslh. 1,1 . || 4° Fig. Votre lumière ne luit pas sur les âmesadultères et corrompues, mass. Prod.

— ltEM. On donnait autrefois un complémentà adultère. Par le moyen de Mucilia, dont il [Séjan ]était l’adultère, perr. d’abl. Tac. 200 . On dirait au-jourd’hui l’amant ou la maîtresse.

— HIST. xiii* s. Et un autre homme elle a choisi,En guise d’avoutreou d’ami, jubin. Contes, 1. 11 ,p. 37.

— ÉTYM . Adultère est une formation récentsfaite sur le modèle d’adulterium, et comme s’il Javait un mot latin adulterius. La forme ancienneest avoutre ou aoutre ; provenç. adultre, avoutre,avoutro. En effet, le latin adulter ayant l’accent surdu, le mot français dut l’avoir sur la même syl-labe : ce qui est dans avoutre, dans le provençal,dans l’italien et l’espagnol adultéra. On trouve dansun texte duxi* siècle : Ben li leist [est permis]ocirela avultere [la femme adultère], L. de Guill. 37. Ilfaudrait donc admettre un bas-latin adulterius ayantl’accent par conséquentsur te.Mais le texte des lotsGuillaume a été écrit en Angleterre, et il est