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agréer ce séjour, mai.fil. Génie de Virgile. Ovide ,ali ! qu’à mes yeux ton infortune est grande! Nonpour n’avoir pu faire aux tyrans irrités Agréer de tesvers les lâches faussetés,*, chénier, Ép. 1 .1| Agréezmes civilités , mes hommages , mes respects, for-mules de politesse qu’on emploie en terminant unelettre. || 2° Agréer que, suivi du subjonctif, trouverbon, approuver que. Vous, madame, agréez pour votregrand héros Que ses mânes vengés goûtent un pleinrepos, corn. Sertor. v, 8. Agréez, monsieur, queje vous félicite de votre mariage, mol. Mar. f. t 2 .Mesdames, agréez que je vous présente ce gentil-homme-ci ,id. Préc. rid. 12 . Agréez, mesdames, queje m’arrête à ces dernières paroles, fléch. Mont.|| 3° V. n. Se conjugue avec l’auxiliaire avoir. Plaire.Cet homme m’agrée infiniment. Ce mariage auraitagréé à toute la famille, si.... La voix de l’hommenous agrée plus que les autres, desc. Mus. Elle a eu lebonheur d’agréer aux augustes personnes, mol. Impr.3 . L’homme parait chercher à vous servir, et la femmeà vous agréer, j. J. rouss. Ém.v. Consultons desgrands dieux la majesté sacrée, Et voyons si cechange à leurs bontés agrée, corn. Ilor. iii, 2 . Et side t’agréer je n’emporte le prix, J’aurai du moinsl’honneurde l’avoir entrepris, la font. Dédicace. Peude gens Ont le don d’agréer infusavecla vie,iD. Fab.iv, 6. On ne peut nier que cette méthode n’agrée toutautrement au monde que.... pasc. Prov. 9. U n’y aqu’à suivre l’avis qui agrée le plus, in. l’rov. 6. L’artde persuader consiste autant en celui d’agréer qu’encelui de convaincre , tant les hommes se gouver-nent plus par caprice que par raison, id. Pensées, art.3, part. 1 . Il paraît que leur intention a plutôtété d’instruire que d’agréer, balz. <J Richelieu.I| Proverbe. Quand on doit, il faut payer ou agréer,il faut donner de l’argent ou de bonnes paroles.
— REM. Au futur et au conditionnel de ceverbe , où il y a deux e , les poètes ordinairementen suppriment un; ou, si on les conserve, les deuxe ne comptent que pour un. En prose cette sup-pression serait une faute d’orthographe; mais, dureste, la prononciation de la syllabe est la mêmequ’en poésie.
— syn. agréer, v. n. plaire. Il n’est pas facilede trouver une nuance entre ces deux verbes; et laplupart du temps ils se confondent. Pourtant plairea une signification plus générale , et indique toutespèce de plaisance; au lieu que agréer signifie pré-cisément être au gré de. Ce qui plaît fait plaisir; cequi agrée est pris en gré. Il y a donc dans agréerune intervention de la personne qui n’est pas dansplaire. Ainsi, dans ce vers de La Fontaine : Le ber-ger plut au roi par ces soins diligents, on ne met-trait pas agréer au roi, parce qu’il ne s’agit pas icid’être au gré du roi. Au contraire, dans cette phrasede Pascal : Il n’y a qu’à suivre l’avis qui agrée, leverbe plaire ne conviendrait pas, vu qu’il ne s’agitpas de plaire, et que l’avis qui agrée peut n’avoirrien qui plaise.
— hist. xn* s. Voit la [l’épée] Rollant, mervellelui agrée, Ronc. p. 66. I.i quens Rolant, cui la rai-sons agrée, ib. p. 83. Nule chançon ne m’agrée,Couci, i. Au pais [je] sui où cele est qui m’agrée,vidame de Chartres , Romancero, p. 114. || XIIl'S.Et li rois leur otroie; moût lui put agreer, Rerie,iii. Mais si viennent les chose com Dieu plaist etagrée , ib. Lxvm. Et sacliiés que moult m’agrea,Quant Cortoisie m’en pria, Et me dist que je karo-lasse, la Rose, 80 t. Si tost que je pris ce qui me fulaissié el testament, il apert que je agrée le testa-ment, et porce nelepuis je puis [ensuite] debatre,beaum. xii, 23. || xiv* s. L’hom peult l’ayder,quandelle s’avde ; Elle agrée ores le remede, Traité d’Alch.460. || xvi* s. Je crois qu’il sentit du plaisir en unesi noble action, et qu’il s’y agréa plus qu’en aultrede celles de sa vie, mont, ii, ii8. Exiler pour celaseul d’agreer trop à leurs citoyens, id. iii, 164.Ceulx qui s’agreent en eulx mesmes, et estiment cequ’ils tiennent au dessus du reste, id. iv, 68. Onse plainct do quoy je me suis agréé à continuer cetexercice, marié et vieil, id. iv, 106. Ou il ne sefault point approcher des princes ,-ou il leur faultcomplaire et aggreer, amyot, Solon , 69. lisse mei-rent tous à occuper les lieux qui plus leur aggree-rcnt, id. Cam. 66.
— étym. À et gré; provenç. agreiar , agreyar,agradar; espagn. agradar; ital. aggradare, aggra-ûire.
2 . AGREER (a-gré-er), n. a. Terme de marine.Mettre les agrès. Agréer un vaisseau. |j On dit aujour-d’hui plutôt gréer.
AGREFUR (a-gré-eur), s. m. Terme de marine.
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Celui qui prépare et fournit les agrès d’un bâtiment.On dit maintenant gréeur.
AGRÉGAT (a-gré-ga), s. m. Terme didactique.Masse produite parla réunion de substances diversesqui ont été unies ensemble à l’époque de leur forma-tion.
— étym. Aggregatum,ée aggregare (roy. agréger).
f AGRÉGATIF, IVE (a-gré-ga-tif, ti-v’),odj. Enlangage technique , qui rapproche, qui réunit.
— ÉTYM . Aggregare (voy. agréger); provenç.agregaciu.
AGRÉGATION (a-gré-ga-sion), s. f. || 1° Asso-ciation, admission dans un corps, une compagnie.|| 2“ Dans l’université, admission, après concours ouexamen, au titre d’agrégé. || 3“ En termes dephysique,assemblage de parties sans liaison propre.L’agrégation des atomes.
— ÉTYM . Provenç. agregacio, agreguacio; espagn.agregasion; ital. aggregazione (voy. agréger).
AGRÉGÉ, ÉE (a-gré-jé, jée), part, passé. || I" LesGentils agrégés aux Juifs, boss. Hist. n, 7. || 2° Sedit, en botanique, des parties déplanté qui nais-sent plusieurs ensemble d’un même point. Fleursagrégées, celles qui, simplement et distinctementpédicellées, naissent plusieurs ensemble d’un mêmepoint de la tige et sont réunies de manière à n’enformer qu’une seule, mais alors ont leurs an-thères distinctes, ce qui les distingue des fleurscomposées. Fruits agrégés, ceux qui proviennentde plusieurs ovaires appartenant à des fleurs dis-tinctes. Une espèce de trèfle, aux environs de Paris ,porte de plus des semences agrégées en forme defraises, bern.de st-p. Études, 1 . || 3° En géologie,se dit des roches composées de matériaux divers.
AGRÉGÉ (a-gré-jé), s. m. || 1“ Celui qui dansl’université a été admis, après un concours, aurang de professeur supplémentaire. Un agrégé à lafaculté de.... J| 2° Dans l’enseignement secondaire,l’agrégé est celui qui, ayant subi heureusementl’épreuve de l’agrégation, est apte à recevoi r le ti-tre de professeur dans un lycée. || On appelait au-trefois professeur-agrégé, maintenant professeurdivisionnaire, le professeur non titulaire chargéd’une division,quand la classe est partagée en deuxou plusieurs divisions.
t AGRÉGÉ (a-gré-jé), s. m. En termes de philoso-phie, se dit d’un amas de plusieurs choses qui n’ontpoint entre elles de liaison naturelle. Un monceau desable, un tas de blé sont des agrégés. || On dit pré-sentement plutôt agrégat.
AGRÉGER (a-gré-jé. La syllabe ge conserve sone devant o et o. On écrit agrège, agrégerai, maison prononce agrège, agrégerai), t>. a. || 1° Associerà un corps, à une compagnie. Il appelle les Gentilspour les agréger à son peuple, boss. Hist. n, 4. Dieu ne s’était pas contenté de l’appeler au christianismeet de l’agréger au corps de son Église, bourd. Pen-sées, t. n, p. 43t. || 2° En termes de physique. Elleagrège dans le sein de la terre les grains de sable encristaux, bern. de st-p. Harm. liv. v. || 3° S’agré-ger, u. réfl. Les Gentils ne cessent de s’agréger[à ce peuple], boss. Hist. n, 1 3.
— ÉTYM . Provenç. agreguar; espagn. agregar;ital. aggregare ; de aggregare, rassembler , de ad(voy. A) et grex, gregis, troupeau.
AGRÉMENT (a-gré-man), s. m. |] 1° Consente-ment, approbation. Donner son agrément pour unechose. U ne saurait disposer de cette maison qu’avecmon agrément. J’ai présupposé qu’elle avait l’agré-ment de Madame, boss. Lelt. abb. 33. Depuis la perted’Antoine, ce fut un agrément quasi général pour laconduite d’Auguste , st-évrem. ii, toa. || 2° Qua-lité de ce qui plaît. L’agrément des lieux. Lesagréments de l’esprit et du langage. Ayant plusd’agréments que de sagesse. Homme qui ne manquepas d’agrément. Les agréments de la figure. Dieu avait préparé un charme innocent au roi d’Angle-terre dans les agréments infinis de la reine son épouse,boss. Reine d'Angleterre. Leurs esprits se sont frap-pés d’un agrément égal ; c’a été un coup double, sev.367. Il ne se fait point dans sa chambre un concoursde monde de tous les états et de tous les sexes pourle féliciter sur l’agrément et la politesse de son lan-gage, la bruy. \ 5. Je ne sais si l’on pourra jamaismettre dans les lettres plus d’esprit, plus de tour,plus d’agrément et plus de style que l’on en voit danscelles de Balzac et de Voiture, id. t. Ce qui est decertain . c’est qu’avec tous ses agréments et tous sescharmes, le monde n’a rien de comparable à cessaintes délices et à ces joies secrètes que la religionnous fait goûter, bourd. Pensées,t. i, p. 226 . Pleined’agrément et d’esprit, hamh.t. Gramm. 6. Sa com-
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pagne,ou je meure,a beaucoup d’agiément,coRN. leMent, v , 4 . La dame avait un peu plus d’agrément,la font. Quipr. Il avait de l’esprit et de l’agré-ment, la bruy. 4 2 . Il avait vu ailleurs combien l’artdes agréments aide à la nature à faire des person-nes aimables, fonten. Czar Pierre. D’un agrémentinépuisable dans la bonne fortune, hamilt. Gramm.6. || 3° Plaisir, sujet de contentement. Les fablesont beaucoup d’agrément. Cette terre est une pro-priété d’agrément. La France , où les connais-sances ont été portées aussi loin et les agrémentsde la vie plus loin que partout ailleurs, font. CzarPierre. Je ne savais pas qu’il eût eu tant d’agré-ment à Versailles , sév. 664. Une femme qui faittout l’agrément de votre vie, id. 144. Je l’ai reçuet je lelis avec agrément, boss. Lelt. 164. LouisXIV s’occupait à lire des livres d’agrément dansce loisir, volt. S. de Louis XIV , 26 . || 4° Ornementque l’on met aux vêtements et aux meubles. Je fiscinq charges en tout: j’en fus quitte pour la crou-pière de mon courtaud coupée, et un agrément d’orde mon habit bleu déchiré, st.-sim. 4 2,440. || 5°Sonsaccessoires qui donnent au chant plus d’élégance etde grâce. Ce chanteur fait trop d’agréments. || Notesd’agrément, dans la musique écrite, notes plus pe-tites qu’on est libre de faire ou de ne pas faire.|| 6° Arts .d’agréments, arts comme la musique etla danse qu’on apprend pour son plaisir et le plaisirdes autres. || 7° Lavement . Usité au xvn* siècle; inu-sité aujourd’hui, l’on dit remède.
— REM. Vaugelas dit : « Agrément s’écrit et seprononce agrément et non pas agréement avec deuxe. » Plusieurs écrivaient et prononçaient ainsi dansle xvn* siècle.
— ÉTYM . Agréer t ; ital. agradimenlo.
f AGRENEIt (a-gre-né. La syllabe gre prend unaccent grave devant une syllabe muette: j’agrène),v. a. Terme de chasse. Donner de la nourriture augibier à plumes pour le fixer quelque part.
f AGRÉNEll (a-gré-né), u. a. Terme de marine.Vider l’eau d’une chaloupe ou d’un navire au moyendes pompes.
AGRÈS (a-grê), s. m. plur. || 1° Terme de marine.Tout ce qui n’est pas la coque, les mâts, les mu-nitions ou les armes, entre dans les agrès, quicomprennent ainsi, en outre du gréement, gouver-nail, ancres, avirons et autres objets de rechangeen voiles, cordages, etc. Construire un vaisseau etle munir de tous ses agrès, volt. Russie , I, 9. Déjàle sort a soufflé dans les voiles, Déjà l’espoir pré-pare les agrès, bérang. Comm. de voy. || 2° Moufleset cordages de la chèvre des maçons.
— hist. xv e s. Si tost que fus arrivé en ceste vos-tre ville de Rouen , j’y envoyai en toute diligencequérir mon lieutenant, lequel estait allé mener desaggrais à Honnefleur pour armer vos navires ,louis, duc d’Orléans , au roy, 9 juin 4 491 , Hist.deCharles VIII, in-folio, p. 613. La valeur du ra-doub, aggreils, 1 apparaux et victuailles, Guidon dela mer, ch. xix, art. 6.
AGRESSEUR (a-grè-seur; d’autres prononcentles deux s), s. m. Celui qui attaque le premier,C’est là la seule fois que M. du Hamel ait for-cé son caractère jusqu’à prendre le personnage d’a-gresseur.... fonten. du Hamel. 11 conçut quedansle célibat il courait risque non-seulement de se dé-fendre plus mal, s’il se présentait de pareilles occa-sions [galanteries], mais d’être l’agresseur, id. Oza-nam. On a tué ton père, il était l’agresseur, corn.Cid, iv, 6. Et du moins l’un des deux sera justeagresseur, id. Ilor. i, 6.
— hist. xvi e s. Je maintiens que l’aggresseur acommys crime de leze-majesté, carl. ix, 39. Sur-attendant que l’empereur fut aggresseur indubitable,M. DU BELL. 289.
— étym. Aggressor, de aggredi, attaquer, de ai(voy. À) et gradi, marcher (voy. grade).
f AGRESSIF , IVE (a-grè-sif,si-v’ : d’autres pronon-cent les deux s), adj. Qui tient de l’agression. Undiscours agressif. Des paroles agressives. || Mot nou-veau reçu et méritant de l’être.
AGRESSION (a-grè-sion ; d’autres prononcent lesdeux s), s. f. Action de celui qui attaque.
— SYN. agression, attaque. On a dit que l’a-gression est une attaque inattendue, sans raison,sans provocation ; tandis que l’attaque ne surprendpas; elle vient d’un ennemi connu dont on se défie.Cen’est pas là la vraie différence. Attaque porte simple-ment l’idée sur un combat, une lutte qui commenced’un côté; mais l’agression porte l’idée sur l’acte prp :