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mier qui est la cause du conflit. 11 est possible quecelui qui attaque ne soit pas l’agresseur, l’agressionpouvant consister en toute autre chose qu’une attaque.'Attaque est l’acte, le fait; agression est l’acte, lefait considéré moralement et pour savoir à qui estle premier tort.
— HIST. xvi* s. Et nous rendre coulpables d’uneaggression publique et generale, lanoue, 608. Jevueil entièrement que le tort et blasme de l’aggres-sion tombe sur luy, M. du bell. 290.
— étym. Aggressio (voy. agresseur).
AGRESTE (a-grè-st’), adj. |i 1° Qui a un caractèrede rusticité sauvage. Tous les étrangers ne sont pasbarbares, et tous nos compatriotes ne sont pas civi-lisés : de même que toute campagne n’est pas agreste,et toute ville n’est pas polie, la bruy. 12 . De mêmeque l’espèce humaine paratt agreste, contrefaite etrapetissée dans les climats glacés du Nord.... buff.Chien. || 2“ Il se dit aussi quelquefois en parlant despersonnes. Homme agreste. Manières agrestes. LesRomains étaient un peuple agreste. || On le metavant son substantif en consultant l’oreille.
— SYN. agreste, champêtre. Agreste n’est passynonyme de champêtre. Agreste emporte aveclui l’idée de sauvage; champêtre, l’idée de la cul-ture et des agréments qui l’accompagnent. Unlieu agreste présente quelque chose de triste à lavue ; un lieu champêtre offre un spectacle gai etriant.
— HIST. xiv* s. Et le vicieux qui deffaut en cestematière est appellé aigre, agreste et dur, oresme,Iiln. 138. Et celui qui fuit touz tiex deliz de corps,il est agreste et insensible, id. ib. 37.
— ÉTYM . Provenç. agrest; espagn. et ital. agreste;d’agrestis , de ager , àypoç, champ. Agreste paraitavoir été introduit par Oresme .
| AGREYEUR (a-grè-ieur), s. m. Ouvrier qui faitpasser le fil de fer par la filière.
AGRICOLE (a-gri-ko-T), adj. || 1 * Adonné à l’agri-culture. Peuple, pays, agricole. Une nation agricolepeut,moins qu’une autre peut-être,se passer du plusgrand crédit, mirab. Collection, t. iv,p. 230. || 2° Quia rapport à l’agriculture.Travail, industrie agricole.Produits agricoles. || 3“ S. m. Agriculteur. Ce sens,qui est le sens propre et d’étymologie, est tombé endésuétude. On dit agriculteur. Choiseul est agricoleet Voltaire est fermier, volt. Temps présent. || Il seplace toujours après le substantif : Peuple agricole,nation agricole.
— HIST. xvi* s. C’est le moien descrit par Colu-melle,duquel se servoit Marc Columelle son oncle,sçavant agricole, pour rendre fertiles ses terres àgrains et ses vignes, o. de serbes, 7i.
—ÉTYM . Agricola, de ager, champ (voy. agreste),et colere, cultiver (voy. culture). On voit qu’Olivierde Serres l’emploie au sens lalin comme substantif.
AGRICULTEUR (a-gri-kul-teur). || 1° S. m. Celuiqui cultive la terre. || 2° Adj. [Il] abandonne pour moile soc agriculteur, m. j. chén. Cyrus, m, 2 .
— rem. Des lexicographes ont attaqué agricul-teur comme néologique et barbare. C’est un néolo-gisme en effet; car agriculteur n’a commencé àse dire que dans le xviii* siècle, et VoJtaire s’enest souvent servi. Mais ce n’est point un terme bar-bare; on dit que culteur n’est pas français : eneffet; mais agri ne Test pas davantage, et cetteobjection frapperait agricole que Ton recomman-dait en place. Agriculteur est la transcription dulatin agricultor , qui est une formation très-cor-recte.
— SYN. AGRICULTEUR, CULTIVATEUR, COLON. L’a-griculteur est celui qui s’occupe d’agriculture ; il sedit par rapport à la campagne en général ; il se prendadjectivement, et l’économie politique distingueles peuples agriculteurs des peuples chasseurset pasteurs. Cultivateur se dit par rapport à un champparticulier qu’on exploite; il désigne celui quilaboure, qui sème, qui taille, qui récolte. Aussidit-on un petit cultivateur, et non un petit agri-culteur. Le colon fait partie de la population descampagnes; il y habite : voilà, tout ce que le mot in-dique.
— ÉTYM. Agricultor , de ager, champ (voy. agres-te), et cultor, qui cultive, de cultum, supin de co-lère, cultiver (voy. culte).
AGRICULTURE (a-gri-kul-tu-r’), s. f. Art de cul-tiver la terre. On a besoin, pour l’agriculture, dedistinguer les saisons et d’en connaître le retour, laplace, Expos, v, I. Dans la suite tout ce pays serapeuplé de familles vigoureuses et adonnées à l’agri-culture, fénel. Tél. xii. On a soin de réserver cequ’il y a de mieux dans les grands troupeaux debœufs pour faire fleurir l’agriculture, id, ib. v. L’a-
griculture, qui est le fondement de la vie humaine,est la source de tous les vrais biens, id. ib. xix.
— ÉTYM . Provenç. et espagn. ogricultura; ital.agricollura; à’ogricultura (voy. agriculteur); motmis en usage dans le xvii* siècle.
AGRIE (a-grie), s. f. Terme de médecine. Nomdonné par quelques auteurs à la dartre rongeante.
— ÉTYM . 'Affio;, sauvage, de àypôî, champ(voy. AGRESTE).
f AGRIER (a-gri-é), s.m. ou AGRIËRE (a-gri-é-r’), s. f. Terme de droit ancien. Certaine quotité duproduit d’un champ levée comme impôt. Des rentesseigneuriales, les unes sont fixées en argent, engrain, en volailles, etc. et c’est à proprement par-ler ce qu’on appelle rentes seigneuriales; les autresse lèvent en espèces lors de la récolte, à une cer-taine quotité, plus ou moins, selon la quantité desgerbes que la terre donne, et c’est ce qu’on appellechampart ou agrier, vauban, Dime , 71.
— HIST. xv* s. Ilz avoient prins sept quinteaulzde gerbes par droit d’agrier ou teraige, du cange,agrarium.
— ÉTYM . Provenç. agreira; bas-lat. agrerium,agreria, agrarium; de agrarius (voy. agraire).
AGRIFFÉ, ÉE (a-gri-fé, fée), part, passé. Un chatagriffé à un arbre.
AGRIFFER (S’) (a-gri-fé), v. réfl. S’attacher avecses griffes.
| AGRIMENSEUR (a-gri-man-seur), s. m. Termed’antiquité romaine. Arpenteur.
— ÉTYM . Ager, champ (voy. agreste), et men-sor, qui mesure, de metiri, mesurer (voy. me-sure).
f AGRIOPHAGE (a-gri-o-fa-j’), s. m. Hommequi se nourrit d’animaux sauvages.
— ÉTYM . "Aypio;, sauvage, de àypoç, champ(voy. agreste), et çaysïv , manger (voy. phage,suffixe).
AGRIPAUME (a-gri-pô-m’), s. f. Terme de bota-nique. Plante labiée à fleurs pourpres ou blanches,qui passait autrefois pour tonique, vermifuge et car-diaque (leonurus cardiaca, L.).
— MST. xvi* s. Thym, origan, agripaurae, Sa-bine et autres semblables-, paré, xviii, 83. Agri-paume, appelée en latin cardiaca, vient sans nulsoin, en lieux mal cultivés, o. de serres, 627.
AGRIPPÉ, ÉE (a-gri-pé, pée ), part, passé. Labourse agrippée adroitement.
AGRIPPER (a-gri-pé), v. a. Prendre, saisir avi-dement.
— HIST. xv* s. Bertrand agrappa la pique, ducange, arrapare.
— ÉTYM . Autre forme d’agriffer, Vf se permutantsans peine en p.
f AGRIPPINIEN (a-grip-pi-niin), s. m. Termed’histoire ecclésiastique. Disciple d’Agrippin, suivantqui le baptême administré par les hérétiques n’estpas valable.
f AGROGRAPI1IE (a-gro-gra-fie), s. f. Descrip-tion de ce qui a rapport à la culture des champs.
— ÉTYM . ’Ayp6?, champ (voy. agreste), et ypâ-96 iv, décrire (voy. graphique).
f AGROLLE (a-gro-1’), s. f. Nom vulgaire de lacorneille noire.
f AGROLOGIE (a-gro-lo-jie), s. f. La science quia pour objet la connaissance des terrains dans leurrapport avec l’agriculture.
— ÉTYM . ’Aypo;, champ (voy. agreste), et ).oyo;,traité (voy. logique).
AGRONOME (a-gro-no-m’), s. m. Celui qui estversé dans l’agriculture. Les agronomes les plus ha-biles.
— ÉTYM . ’AYpovôgoç, qui vit dans les champs,de àypôç, champ (voy. agreste), etvép. 0 ;, loi, devép-eiv, diriger (voy. nome).
AGRONOMIE (a-gro-no-mie), s. f. Théorie de l’a-griculture.
— ’ÉTYM . ’Aypovop.!a (voy. agronome).AGRONOMIQUE (a-gro-no-mi-k’), adj. Qui a rap-port à l’agronomie. Science agronomique. Sociétéagronomique.
— étym. Agronome,
f AGROSTIDE (a-gro-sti-d’ ), s. f. Genre de plan-tes annuelles ou vivaces de la famille des graminées.Les agrostides sont recherchées des bestiaux.
t AGROUELLE (a-grou-èl’), s. f. || 1" Terme de bo-tanique. Nom vulgaire donné, dans quelques cantons,à la scrofularie noueuse, à cause qu’on lui attribuede l’efficacité contre les écrouelles. || 2° En zoo-logie, nom vulgaire de la crevette des ruisseauxou gammare pulex, parce que, d’après un préjugé
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populaire, cet animal engendre des ulcères dansla bouche, si on l’avale ou si l’on boit de l’eau où ila séjourné. On dit aussi agrouette.
— étym. Altération d’écrouelles (voy. ce mot).
i f AGROUPÉ, ÉE (a-grou-pé, p te), adj. Termed’art. Disposé en groupes, ajusté. Les contrastessavants des membres agroupés, Grands, nobles,étendus et bien développés, mol. La gloire du Valde Grâce. Il faut que les membres soient agroupésaussi bien que le corps, dans félibien.
t AGROUPER (a-grou-pé), v. a. Mettre en groupe.
— étym. A et grouper. On a prétendu que esmot est un barbarisme ; mais il est formé très- régu-lièrement de à et groupe, et Molière Ta em-ployé.
AGUERRI, IE (a-ghè-ri, rie), part, passé et adj.Accoutumé à la guerre, ou, figurément, à tout cequi peut être considéré comme une sorte de guerre.Soldats aguerris. Être aguerri aux coups de la fortune.Plus aguerri contre les larmes. Était-ce par faiblesseque ce peuple demandait la paix? Vous voyez bienque non, puisqu’il est si aguerri et soutenu par desvoisins redoutables, fën. Tél. x. Mes peuples aguer-ris sous votre discipline, corn. Serlor. v, i. Ganic-tor né timide et dans la paix nourri, Aux belliqueuxaccords n’était point aguerri, millev. Élég. liv. u.Aguerri à l’adulation, d’alemb. ii , 34.
AGUERRIR (a-ghè-rir, et non a-ghè-rrir,commedisent quelques-uns) , v, a. || 1° Accoutumer à laguerre. Aguerrir une armée par de fréquentes expé-ditions. || 2“ Fig. Accoutumer à une chose pénible.11 a peine à s’accoutumer à la raillerie; il faut l'yaguerrir. || 3“ S’aguerrir, v. réfl. Les Moscovites s'a-guerrissaient tous les jours. Tâchez de vous aguerrircontre les voluptés.
— étym. A et guerre. Il est singulier que le motne se trouve pas avant le xvii* siècle. Il y avaitaguerroier avec un sens différent,faire la guerre à.
AGUETS (a-ghè), s. m. plur. || 1* Embuscade.Être aux aguets, se tenir aux aguets, épier pour sur-prendre ou pour éviter d’être surpris. Elles sont sou-vent aux aguets et aux embûches, balz. 4* dise,sur la Cour. Notre cagot s’était mis aux aguets, lafont, llerm. Que l’innocent ne tombe aux aguetsdu méchant, Régnier. Sat. u. || 2” Au sing. Quandl’aguct d’un pirate arrêta leur voyage, malii. i,4. || 3“ D’aguet, loc. adv. Je me tapis d’aguet der-rière une muraille, Régnier, Sat. xi.... le laissantd’aguet, j’eusse pu faire gile, id. Sat. viii. Je passeoutre d’aguet sans en faire semblant, id. Sat. x.Feignant de m’en aller, d’aguet je me retourne, in.Sat. xm.
— rem. L’Académie ne donne aguets que dansles locutions comme : se tenir aux aguets, être auxaguets, mettre aux aguets; mais on pourrait le dé-gager de cette chaîne et le remettre dans la circula-tion, non-seulement au pluriel, mais aussi, commeMalherbe, au singulier, et dire les aguets de lafraude, l’aguet avait été dressé.
—HIST. xii* s. Lors chevalchierent droitementà Soissons , Lor agait metent dedens un val par-funt, Raoul de C. 230. || xm* s. Dont se parti parnuit de Constantinoble à grant plenté de son ost,et se mist en un aguet où cil dévoient venir, vil-leh. xcix. Quant Salehedin vit que sa premièreesciele se desconfissoit, si en fu moult coureciés etmanda son aguait qu’il avoit repus [caché], et se fe-rment tout à un es os [dans les camps], Chr. de Rains.26. Qu’il ne face riens, ne ne die Qui japuist aguet re-sembler, la Rose, 2174 9. Murdres, si est quant aucunstue ou fet tuer autrui en agait apensé [avec prémé-ditation] puis soleil couquant dusqu’à soleil levant,beaum. xxx, 3. || xiv* s. Et pour celui qui fait malpar aguet cuide bien que celui à qui il le fait souffreinjuste, oresme, Eth. 169. En ladite mellée quiestoit meue chaleureusement et sans aguet, ducange, aventurerius. || xv* s. Retraiez vous, regartmal avisé; Vous cuidez bien que nulluy ne vousvoie; Certes, aguet par tous lieux vous convoyéPrivéement, en habit desguisé, en. d’orl. Rondel. 40.Si se doit le prince contenir en telle maniéré qu'onne cuide mie qu’il vueille partir pour fuyr, maisqu’il vueilleappareillier son agait [prendre position],chr. DEPisAN, Charles V , ii , ch. 33. Le vaillantraareschal par son sens et par son aguet leur es-toit sur le col avant que ils s’en donnassent de garde,Rouciq. i, ch. 23. Et se mirent et establirent entrois aguets, afin que cils ne leur pussent mie es-chapper, froiss. i, i, tos. || xvi* s. Il la fault ten-dre [l’âme] etroidir d’aguet [par une forte volonté],mont, ii, 126 . Il fault au mariage des fondemensplus solides et plus constans, et y marcher d’aguet,id. m, 319. J l’heure qu’il vit ce singe en aguet, il