84 AIIA
commença à se mettre ce tranchet contre la gorge,cesper. Contes, xxi. Le frere ores ne craint rienQue les aguets de son frere, yver, p. 626 . Il avoitmis aguets par les passages, pour surprendre les-dits seigneurs, m. du bell. 482. Romulus a esté-soupçonné d’avoir par aguet fait mourir Tatius ,amyot, Numa, 9. Quoy faict, il se remeit incontinentà poursuivre son ennemy à la trace, lequel luidressa plusieurs aguets et embusches, mais jamaisil ne donna dedans pas une, id. Marcel. 40. Il estplus vraysemblable que Ctesias ait sceu certaine-ment le temps auquel elle exécuta son aguet et satrahison, id. Artax. 7.
— ÉTYM . À et guet; wallon awid; awât\ provenç.agach, aguag, aguait, agah, agaze; cat. aguayt;ilal. agato, agguato.
4 AGU1MPÉ, ÉE (a-ghin-pé, pée), adj. Garni deguimpe. Qu’à sot montrer ès parloirs aguimpées,lafont. Mazet. || Terme vieux.
4 AGYNAIRE (a-ji-nê-r’), adj. Terme de botanique.De Candolle nomme ainsi les fleurs formées parles téguments floraux et les étamines transformées,et dans lesquelles le pistil manque.
— ÉTYM . ’A priv. et yuvri, femme (voy. gynécée).
4 AGYNIEN (a-ji-niin), s. m. Terme d’histoireecclésiastique. Chrétiens du vu' siècle, qui proscri-vaient le mariage.
— Étym. ’A privatif, et yuvn, femme.
4 AGYNIQUE (a-ji-ni-que), adj. Terme de botani-que. On dit que l’insertion des étamines est agy-nique, quand ces organes n’ont pas d’adhérence avecl’ovaire.
— étym. ’A priv. etyuv^, femme (voy. gynécée).
AHI (à), interj. || 1° Sert à marquer la joie, la
douleur et les affections vives de l’âme. Ah! de quelsouvenir viens-tu frapper mon âme ? rac. Ah 1 Rome !ah! Bérénice! ah! prince malheureux! rac. Bérén.iv, 6. Ah! que de la vertu les charmes sont puissants !th. corn. Èssex, iii, 4. Ah ! que la renommée est in-juste et trompeuse 1 volt, dans Girault-Duvivier.
|| 2° Ah! souventne sert qu’à donner plus de forceàlaphrase. Ah! gardez-vous de le croire! Ah! que medites-vous? Ah ! si du fils d’Hector la perte était jurée,rac. Andr. i, 2 . Ah! si d’une autre chaîne il n’étaitpoint lié, in.Baj. m, 8. || 3° II se redouble quelque-fois; alors il exprime la surprise ou l’ironie. Ah! ah !vous en convenez enfin. Ah ! ah ! vous me la don-nez belle. || 4° Employé substantivement, il estinvariable au plur. Il poussait des ah à chaquemot.
— REM. Différence entre ah et ha; si l’on éprou-ve un sentiment de joie, de douleur, une émotionvive, on l’exprime en proférant le son prolongé ah,et c’est l’h qui, placée après ce son, peint cettedurée. Un homme , plongé dans ses réflexions ,marche sans regarder devant lui ; il trouve quelquechose qui l’arrête : un fossé par exemple; il fait unmouvement, et dans sa surprise s’écrie : ha!
AIIA N (a-an), s.m. Grand effort, tel que celui quefait un homme qui fend du bois ou soulève un far-deau pesant. Suer d’ahan, faire une chose très-pé-nible.
— REM. Ce mot populaire, très-usité jadis,tombe en désuétude. Pourtant il serait bon de fairedes efforts pour le conserver; car il est expressif eta des liaisons avec toutes les langues romanes.
— lllST. xi* s. Moult [ils] ont et! et peines etahans, Ch. de Roi. xix. Que Guenes meure par mer-veilleus ahan, il>. ccxci. || xn* s. Par cui [il] seüstnostre grant ahanage , Ronc. p. 8t. X moût grantpeine et à moût grant ahan, t'b. p. 84. || xin“ s.Cest premier an Me gart cil Diex en mon droit san,Oui por nous ot paine et ahan, Et me gart l’ame,RUTEii. 15. || xv” s. Tu n’as ne femme ne enfans,Tu n’as ne terre ne ahans [champs labourés], Qui nesoient tous mis à cense, froiss. Buisson de jonece.
|| xvi' s. Ce villain mot de concluer M’a fait d’ahanle front suer , marot , ii, 19G. Chacun se plainctque j’ay perdu Milan En grant enhan par guerremal menée, j. marot, v, 23t.
— ÉTYM . Provenç. a fan; catal. afany ; anc. es-pagn. a fan; ital. afa, affanno. Mot d’origine incer-taine. Diez le regarde comme né en France et passéde là aux autres langues romanes. On trouve lecomposé enhaner, ce qui suppose un radical ha-ner; aussi du Cange le tire-t-il d’une exclamation depeine, de fatigue, han! Diez n’est pas éloigné d’a-dopter cette étymologie ; cependant il note le motkymri afan, combat, trouble. Mais un mot ainsiisolé ne donne rien de sûr.
AIIANER (a-ha-né) , v. n. Éprouver une grandefatigue en faisant quelque chose. || Peu usité.
AHI
— IIlST. xiii' s. Sarteurs ne charbonniers ne vi-lains ahanant, Berte, cvn. Et prendoit [Richard]proies es paysans, et tourbloit si le pays qu’on n’isemoit ne ahanoit nient, Chr. de Rains , p. 73.S’aucuns por foie amor se sunt entredampné, Làseront mis ensemble, joint et enchaainé, Batu etdesrompu, froissié et aliané, Et maudiront le jourqu’il furent d’Adam né, J. de meung. Test. 4 071.|| xiv* s. Encor [j’] ai dix chevaus dont j’ahenne lesblez, Et cinq cens gras moutons, Guescl.xiv, 138.X ces félons quetis [prisonniers] donrai si mal douai-re, La terre ahanneront mon frere roy Islaire, Et siseront batu comme asne de Cesaire, Baud. de Seb.v, t 02 . || xv' s. C’est un povre homs, nez de pe-tites gens de labours, qui encore lianent les terres ennostre pays, chr. de pisan, Charles v , liv. ni, ch. 19.|| xvi' s. Ne vois tu point comment ahane Athlas?marot, iv, 71. Mon très cher fils , je vois que tualianes [que tu t’impatientes] D’estre à repos, J.marot, v, 128 . Je sçais combien ahanne mon ameen compaignie d’un corps si tendre, mont, i, 165. Uscroyent que l’ame d’un homme accablé soubs uneruyne, traisne et ahanne longtemps àsortir, id. ii,291. Plus j’ahanne à le trouver, plus je l’enfonceen l’oubliance, id. iii, 358. Cependant que j’ahanneX mon blé que je vanne X la chaleur du jour, dubellay, Au vent.
— étym. Voy. ahan; genev. affaner, gagneravec peine. Dans l’ancien français , ahaner veut sou-vent dire cultiver la terre; ahan, la culture ; aha-nable, cultivable.
AIIEURTÉ, ÉE (a-eur-té, tée), part, passé etadj. Qui se heurte à, qui ne veut pas aller outre.Monsieur jeta le mémoire dans le feu, et il sortit ducabinet tout aussi aheurté, retz, iv, 82 . De touttemps elle a été aheurtée à cela, mol. Mal. imag. i,6. Ils étaient aheurtés à ne jamais vouloir croireque.... boss. Conc. Entrant dans la pensée des au-tres , point aheurté à la sienne, id. Polit.
AHEURTEMENT (a-heur-te-man), s. m. Attache-ment opiniâtre à un sentiment, à une opinion. Lerégent prétendit n’avoir trouvé que aheurtementaveugle dans le chancelier esclave de toutes formescontre les raisons péremptoires de Law, st-sim. 479,192. Ces sortes d’aheurtements demandent la mêmedouceur, boss. Lett. abb. 3. Je doute fort qu’une sim-plicité, accompagnée d’un tel aheurtement et detant d’opiniâtreté, doive être traitée de bonne foi,bourd. Pensées, t. ii, p. 353.
— hist. xvi' s. De là sourdent tant de schismes,tant d’erreurs et opinions perverses, tant de scan-dales et aheurtements de notre foi, Calvin , Inst. 30.
— étym. Aheurter.
AIIEURTER (S’) (a-heur-té), u. réfl. Se heurter àquelque chose, s’opiniâtrer, s’obstiner. S’aheurterà un sentiment, à une opinion. Elle ne s’était ja-mais aheurtée à les défendre, J. J. rouss. llél. vi,
11. Mais [elle] s’aheurte où sans plus quelque ap-pât la convie, Régnier , Sat. ix. Sans cela on ne se se-rait pas aheurté à J. C. pasc. Proph. 24.
— HIST. xiii' s. Je cuide estre mescreant, pourceque je ne puis mon cuer ahurter à ce que je croieou sacrement de l’autel, joinv. 197. || xv' s. Quant[les sujets] reçoivent familiarités Des souverains,ils en sont ahurtés X faire moins devoir, obé-dience, E. desch. Comment les r oys et les prin-ces etc. || xvi' s. Gardons nous sur toutes chosesde ce rocher, auquel on ne peut ahurter sans ma-lencontre, calv. Instit. 775. Il vault mieulx presterau coup, que, s’aheurtant à ne rien relascher, don-ner occasion à.... mont, i, 126. Les plus aheurtez àcette si juste persuasion de l’immortalité, id. ii,305. Il y en a de si aheurtez en leurs opinions,que.... lanoue, 480. Depuis ilpassa oultrele devoir ets’aheurta trop opiniastrement à vouloir empesclierl’accroissement de Scipion, amyot , Fab. 51. Ceulxqui se aheurtent obstinéement à leurs opinions, "îtne se veulent jamais accommoder à autruy, demeu-rent à la fin tous seuls, amyot, Cor. 20 . Le roi futconseillé d’eluder ces demandes, au lieu de s’y ahur-ter, d’aub. Hist. 11 , 107. Ces puissantes famillesanimées et aheurtées l’une contre l’autre , sans es-poir de réconciliation, Satyr. Mén. p. 1 19.
— étym. A (voy. i) et heurter; picard, ahur-ter.
AHI! (a-i), interj. Cri qui exprime le sentimentd’une vive douleur. Atii ! ahi ! ahi I vous ne m’avezpas dit que les coups en seraient, mol. Préc. 14.
— IIlST. xii' s. Aï ! francs cuers, qui tant convoit[convoite], Court, m. Ahi! fel Guenes, pourquoialas querant?... Ronc. p. 1 et. || xiii's. Cill’esgarde,puis li escrie : Ha ! halle leu! allie! allie! lien.1212 .
AID
— - ÉTYM. Il est possible que ahi soit une simpleexclamation composée des deux voyelles a et i;mais il se peut aussi que ahi ou aï, et surtout allie,soit pour aïe, qui est une ancienne forme d’aide(voy. aide).
4 AHRIMANE ou AHRIMAN (a-ri-ma-n’ ou a-ri-man) , s. m. Mythologie persane . Principe du malchez les anciens Perses.
— ÉTYM. Zend , agra, méchant, et maynious, es-prit, d’un radical mon, qui se trouve dans la plu-part des langues aryennes et qui signifie esprit(voy. mental).
A1IURI, IE (a-u-ri, rie). || 1“ Part, passé et adj.Troublé. Je suis ahuri par la foule et le bruit. Elleest tout ahurie. || 2° Subst. Il a l’air d’un ahuri.
AHURIR (a-u-rir), v. a. Étonner, interdire, trou-bler. Vous ahurissez ce pauvre enfant par votrebrusquerie.
— hist. xiii* s. Lagent barbée et ahurie, Robertle Diable, cité dans Diez, Etym . W.
— ÉTYM X (voy. À) et hure (voy. ce mot). Hurea voulu dire chevelure hérissée, ahuri, hérissé, delà le sens moderne.
AÏ (a-i),.s. m. Terme d’histoire naturelle. Qua-drupède muni d’une queue et se mouvant avec uneextrême lenteur.
— HIST. xvi' s. En Afrique se trouve une bestenommée des sauvages haiif, fort difforme, et estpresque incredible qu’il en soit de telle qui ne l’au-roit veuë.... Ce haiif estant pris jette de grands sou-pirs, paré, Monstres, App. 3.
4 AÏ (a-i), s. m. Terme de chirurgie. Crépitationdouloureuse des tendons. Cette affection, qui peutattaquer tous les tendons, siège particulièrementdans ceux de l’avant-bras.
— ÉTYM . Ce mot provient sans doute de l’excla-mation de douleur qu’arrache cette affection.
4 AÏ (a-i), ville de France (Marne ), dont les envi-rons produisent un excellent vin. Le vin d’Aï ousimplement l’aï, s. m. est un vin de Champagne .Chloris, Églé me versent de leur main D’un vin d’Aïdont la mousse pressée, De la bouteille avec forceélancée, Comme un éclair fait voler le bouchon,volt. Mondain [Le peuple] Pour qui nos fontainesVersent, toujours pleines, Le beaune et l’aï, Béran-ger, Cocagne.
4 AÏAUT (a-iô), s. m. Nom vulgaire du pseudo-narcisse dans divers départements.
4AICHE ou ÉCHE (é-cli’), s. m. Nom que les pê-cheurs donnent aux vers de terre employés commeappât.
— ÉTYM. Esca, appât; ancien français , esche,amadou. Il faudrait écrire ce mot éche.
4 AICIIER (é-ché), u.o. Terme de pêche. Amorcerune ligne.
4 AIDABLE (ê-da-bl’), adj. Qui peut être aidé. 11n’y a guère d’aidables que les gens qui s’aident eux-mêmes en quelque chose.
— ÉTYM . Aider. Aidable se trouve dans l’ancienfrançais , mais avec la signification contraire de,quipeut aider, secourable. Et firent tant qu’ils furent[ dans la forteresse ] plus de quinze cents hom-mes tous aidables et pourvus de vivres, froiss.i, 1 ,253.
AIDANT, ANTE (ê-dan,dan-t’). || 1° Adj. Qui aide.Donc toutes choses étant causées et causantes, ai-dées et aidantes , médiatement et immédiatement,et s’entretenant par un lien naturel et insensiblequi lie les plus éloignées et les plus différentes, pasc.Pensées, part. 1 , art. 6. || 2“ S. m. plur. Lui et tousses aidants. Il le fera malgré vous et vos aidants.On a prétendu que la locution malgré lui, mal-gré ses dents, est une corruption pour malgré lui etses aidants. Rien n’autorise à le penser : aidant étantun mot usuel, il est difficile qu’il se soit altéré.Puis, malgré ses dents est une expression métapho-rique qui se comprend.
— HIST. xiii' s. Et li apostoles le fist escumeniierpar toute crestienté et tous ses aidans en toute ma-niéré, Chr. de Rains, 157. || xv' s. Malgré le pro-pre roi et tous ses aidans, froiss. i, i, 22 .
AIDE(ê-d’), s. f. || 1“ Secours, protection. De-mander de l’aide à quelqu’un. Leur aide nous futtrès-utile. Il recourra, dans le besoin, à notre aide.Us appelèrent le temps à leur aide. U fit cela avecl’aide de ses amis. Vous êtes toute son aide. Il n’apas eu d’autre aide que les livres qui étaient soussa main. Pompée a besoin d’aide, il vient chercherla votre, corn. Pomp. 1 , l.Tu t’es vengé sans aideet tu veux m’en donner, id. ib. m, 4. Et puisqu’ilfaut en faire une aide à ma faiblesse, id. Rodog. H,2 . Ce monsieur, son pédant à son aide réclame,