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sinn de la TalHère. || 2° S’aimer dans un lieu, s’yplaire. Pourquoi me chasses-tu? Pourquoi fuis-tumes pas? — Tu meplaisloin de moi.—Je m’aime oùtu n’es pas, mol. Hélie, i, i. Il s’aime mieux dansun tronc d’arbre ou dans une grotte que dans un pa-lais ou sur un trône, pasc. l’rov. 9. C’est là-dessusque roule le siècle; on le sent, on s’en plaint et on s’yaime, mass, Mgst. Visit. || 3° En parlant des oiseauxet des plantes. Les pigeons s’aiment où il y a de l’eau.Les oliviers s’aiment dans les lieux sablonneux.|| 4° S’aimer l’un l’autre. Ils s’aiment comme frères.Les hommes sont cause que les femmes ne s’aimentpoint, labruy. 3 . Ceux qui s’aiment d’abord avec laplus violente passion, contribuent bientôt, chacunde leur part, à s’aimer moins, et ensuite à ne s’ai-mer plus, la bruy. 4. || Proverbes. Qui bienaime bien châtie; c’est une preuve d’amitié que dereprendre quelqu’un de ses défauts. || Qui m’aimeme suive ; ceux qui nous aiment doivent prendrenos intérêts , se joindre à nous. || Qui m’aimeaime mon chien ; quand on aime une personne,on aime ce qui lui appartient. || Aimer mieux deuxœufs qu’une prune ; préférer un grand avantage àun moindre.
— REM. 1. Des grammairiens ontprétendu que avecaimer suivi d’un infinitif, s’il s’agit non d’uno actionà faire, mais d’une impression reçue ou d’un état,on peut supprimer la préposition à, par exemple :11 aime entendre une bonne musique. L’usage estcontre un pareil emploi. Tout ce qu’on peut accor-der, c’est que la poésie use de cette licence, qui,n’ayant rien de contraire à la grammaire, ne seraitqu’un archaïsme. || 2. On remarquera que aimermieux , suivi d’un infinitif, ne prend ni à , nide : Saint Louis aimait mieux mourir que pécher.|| 3. Faut-il dire : Il aime mieux faire cela que defaire autre chose; ou bien : il aime mieux faire celaque faire autre chose? L’usage des auteurs montrequ’on peut à volonté mettre ou omettre ce de. Laseule remarque à faire , c’est qu’il vaut mieux lemettre quand la première alternative est une lon-gue proposition, et le supprimer quand elle est courte.On dira plutôt: J’aime mieux mourir que pécher,qu’on ne dirait : J’aime mieux mourir que de pé-cher. || 4. Aimer mieux, présente quelquefois uneconstruction difficile. Par exemple : J’aime mieuxque vous alliez à Paris que que vous perdiez votretemps chez vous. Ces deux quesont lourds. Pour leséviter , on en a parfois supprimé un : J’aimeraismieux souffrir la peine la plus dure Qu’il eût reçupour moi la moindre égratignure, mol. Tart. ni, 6.J’aimerais mieux mourir qu’un autre que moi vouseût mandé.... sév. 29 avril 4 687. Ce moyen est mau-vais; les deux quesont nécessaires. On a eu recoursà non pas intercalé entre les deux verbes. J’aimebien mieux qu’elle aille le chercher que non pasqu’elle l’attende chez moi, bancourt, Chevalier àla mode, v, 4. J’aurais mieux aimé qu’elles eussentété des lanternes que non pas qu’elles fussent descarrières, volt. Dict. phil. Monde. Cette tournureest bonne; seulement elle a un peu vieilli : on pour-rait la remettre en honneur ; car elle s’applique àtous les cas. En certaines circonstances, on substi-tue au second subjonctif un infinitif précédé de de:Il vaut mieux que vous soyez heureux que de brillerà la cour. Enfin, et c’est aujourd’hui le procédé gé-néral de remédier à cette difficulté, on substitue ausecond que la conjonction si : J’aime mieux que vousalliez à Paris que si vous perdiez votre temps chezvous. Et songez qu’il vaut mieux encor qu’il en mé-suse Que si de l’en frustrer il faut qu’on vous ac-cuse, mol. Tart. iv, i. Il vaut mieux que l’innocentpérisse que si toute la nation allait se révolter con-tre César, mass. Petit carême, vendredi saint. Voy.jullien , Gramm. p. 274. || B. Aimer de suivi d’un in-finitif est devenu un archaïsme; mais, soutenu pard’excellents auteurs et n’ayant rien d’incorrect, lapoésie et le haut style ont toujours licence de s’enservir.
— SYN. 1” aimer, chérir. Aimer a un sens plusétendu que chérir. Quand il s’agit de la passion del’amour,aimerdittout ce qui peut être dit ;chérirn’a-jouterait rien, et même affaiblirait le sens, car ici ilserait moins précis. Maîtresse chérie n’exprime pasplus que maîtresse aimée; et femme chérie estmoinsprécis que femme aimée; car dans femme aimée ils’agit de l’amour entre les deux sexes, et femmechérie peut s’appliquer à nos mères,à nos sœurs.Mais aimer ayant des acceptions étendues et com-portant tous les degrés du sentiment qui nous in-cline vers son objet, chérir en marque le plus hautdegré. || 2 ° aimer mieux, aimer plus. 11 y a un cas ouces deux locutions se confondent : c’est quand aimer
AIM
mieux répond à aimer bien ; alors aimer mieux esttout à fait synonyme de aimer plus. Je vous aimaisbien déjà, maisdepuis que vous vous êtes ainsi com-porté, je vous aime mieux. Dans l’autre emploi, ai-mer mieux marque non pas une affection, un sen-timent, mais seulement une préférence d’option ;quelquefois il arrive qu’on a à choisir entre deuxmaux. Au contraire, aimer plus marque non pas uneoption, mais une affection, une inclination, unsentiment, M. Guizot donne cet exemple-ci : Uneâme honnête et juste aimerait mieux être déshono-rée par les calomnies les plus atroces que de sedéshonorer elle-même par la moindre des injustices,parce qu’elle aime plus la justice que son honneurmême.
— HIST. x” s. Ne ule cose non la pouret onequepleier [que] La polie [jeune fille] non amast le deomenestier, Eulalie.
—xi' s. Etditaucomte: Jene vous aimneant, Ch.de Roi. xxn. Car autrement ne m’amerat-il mie, ib.xxxvi. Li douze pair, que Charles aimet tant, ib. xli.
— xii' s. Ne vos am [aime] de néant, Jionc. p. 1 6. JesuisRolant,qui tant vous a amé.ib. p. 9l.Licristienqui ne vous aimentmie,tf>. p. ne. Mieux [j’] ameroiedestruire ces irois, »f>. p. 130. [les mauvais amants] Dontjà dame n’iert [ne sera] amée, Couci, i. Onquesn'amai sans poor [peur], ib. Amer qui me toit [en-lève] la vie, ib. ni. Elevoit bien et conoist et ententQu’il n’en est plus qui si amt leaument, ib. v. Assez[j’] aim mieuz mourir en bon désir, Que vivre irezet m’amie haïr, ib. ix. S’onques amis eut joie pouramer [en raison de son amour].... ib. x. Et tous lesbiens qu’on peut avoir d’amer, Aura mes cuers quiadès s’i atent, ib. xm. Et vous, seigneur, qui paramour amez, Faites ainsi, se jouir en voulez,ib. xiv. Onques Tristans, cil qui but le breuvage,Plus loiaument n’ama sans repentir, ib. xix. Ou cilqui aime du cuer à sonpovoir, ib. xx. Puisque chas-cun vous aime si sans prendre [rien obtenir].... ib.xxiv. Et jà de sa prison [je] Ne quier issir se morz ouamez non, ib. ix. Sisui je riche et de moult haut pa-rage, Qu’on m’ameroit à petit de biauté, quesnes,Romancero, p. 109. On n’aime pas dame pourparenté [sa famille], Ainz quant ele est bele, cour-toise et sage,m. ib. p. no. Et cil qui plus les aimmentsont plus ensoupeçon, Sax. xxii. Et tous les Ileru-pois que il moult aime et prise, ib. xxm. Homs quibien aime est trestoz enragiez, La prise d’Orenge,306.
— xiii' s. Dame, ceaditBerte, et je les amerai,Perte, vu. J’aim miex que elle meure, ib. xi. Elleamast assez mieux que elle eiist mentit [elle aime-rait mieux avoir menti], ib. lui. Il l’amoient[Berte]de cuer comme bien enseignée, ib. lx. Jà est-ce lachose du monde Que le miex ains et plus desirre ;Qar m’i menez, biautresdoz sire, Ren. !024t.Selicors en prison remeint,Gardés au mains qui li cuersm’aint, la Rose, 4024..Mèsor veil[je veux], por ceque je t’ains, Estrede toi si bien certains, tù.4-979.Ele [l’envie] fondoit d’ire etardoit, Quant aucunsqu’ele regardoit, Estoit ou preus, ou biaus,ougens,Ou amés, ou loés des gens, ib. 290 . Et de cestevertu descendent deus autres, qui grant mestierpoent avoir à maintenir son estât et à li avancier etfera amer de Diu et dusiecle, beaum. 2t.Biau filz,fist il, je te prie que tu te faces amer au peuple deton royaume, joinv. -193. Or vous demande je, fist-il, lequel vous ameriez miex, ou que vous feussiezmesiaus [lépreux], ou que vous eussiez fait un péchémortel, id. 4 94.
— xv* s. Mieux [j’] aimeroie à mourir, froiss. i,1 , 44. Qui m’aime, si me suive, id. 11 , 11 , 32. Ellelaissoit le boire et le manger pour aimer par amour,louis xi, Nouv. LXXXVIII.
— xvi' s. J’ayme mieulx que le sachez parsacon-fession que par ma parolle, rab. Garg. 1 , 40. Carvraie amour qui le sien cueur enflame, Plaignoitcelluy qu’au monde plus elle ame, J. marot, v,80. C’est à bon droict que je vous sers et ame,iD. v,250. Il aime ailleurs, et de luy suishaye, id.v, 325.Si quelque ennuy ne vient ramentevoir Le povrehumain d’invoquer Dieu , qui l’ame.... marot, ii,20 e: Toutesfois si les lecteurs aiment mieux d’ouirun récit des tesmoignages de la loy.... je tas-cheray de satisfaire à ceci, Calvin , Instit. 327.Frerebienaymé, mont, i, 22 . Je n’aime ny à conseillerny à suyvre une vertu si sauvage, id. 1 , 224. Ilsayment mieulx la mort que de relascher.... id. i,241 . Les femmes s’aiment le mieulx où elles ont plusde tort, id. 11 , 84. J’aimeroybien mieulx reglermesaffaires par le sort des dez que par ces songes, id.15 . Je m’aimerais mieulx bon escuyer,que bon logi-cien, id.iv, 74, Les amants,pour l’affection vehemente
qu’ilz porteraient à leurs aimez, ne les abandonne-raient jamais, amyot, Prtop. 33. 11 n’est rien sicruel ne si aimant le sang qu’est un tyran couardid. Artax. 37. Les Lacedemoniens aimantsmieux queleurs citoyens fussent obéissants que qu’ils eussentla présidence sur tous les Grecs, id. Arist. 3. Ellesaiment d’avoir quelque chose qui donne plus de lus-tre à leur beauté, lanoue, SB. M. de Chasteaubriants’y aimoittant, qu’il y a séjourné, carl. 111 , 6.
— êtym. Provenç. et espagn. amar; ital. amare;àoamare, aimer. On remarquera que l’ancien fran-çais conjuguait aimer au singulier du présent dol’indicatif : J’aim, tu aims, il aint, ou j’am, tuams, il ant. Pourtant on trouve aussi la formeactuelle.
t AIN (in) ,s.m. Terme de manufacture par lequelon désigne un certain nombre des fils de la chaîne,en sorte que les draps employés pour les troupesétant de 18 ains et de 22 ains dans le même lé, cesderniers sont plus fins, legoarant.
—ÉTYM . D’après M. Legoarant, ain serait provenud’une abréviation de centain (C"” et définitive-ment ain). ou centaine, les toiles se désignant parles centaines de fils dont la chaîne était composée.
f AINARD (è-nar), s. m. Ganse dont les pêcheursse servent pour attacher le bord de leur filet sur uneralingue qui la borde.
AINE (ê-n’), s. f. Lepli de la cuisse au bas duventre. Des taureaux auxquels ils [les bourreaux]mirent dans l’aine des fers ardents, volt. Phil.v, 81 .
— HIST. xii* s. Si le navrant el aine.... Job, 444.|! xm* s. N’onc por Adonis n’ot tel paine, Quant lisenglers l’ot mors en l’aine, Dont il morut à granthascie, la Rose, I0650.
—ÉTYM . Wallon, ine et ewes ; provenç. mod. lon-gue , pour l'engue ; espagn. engle; ital. inguine ;d’inguen, aine; sanscr. anji, parties honteuses.
fAINE (ê-n’), s. f. || l'TechnoIogie. Petit bâtonqu’on passe dans la tète des harengs destinés àêtre fumés. || 2" Aine et demi-aine, pièce de peaude mouton qui sert à joindre une éclisse et une tê-tière dans un soufflet d’orgue.
AÎNÉ, ÉE (è-né, née), adj. || i' Celui des enfantsqui est né le premier. Fils atné. Fille aînée. Frèreaîné. Sœur atnée. || 2° Le fils atné de l’Eglise, qua-lification donnée autrefois au roi de France . || 3“ Lafille atnée des rois de France, titre que prenait au-trefois l’Université. || 4° S. m. Fils aîné. C’est làl’atné de mes fils. De deux princes jumeaux nousdéclarer l’atné, corn. Rodog. 1 , i. Quel intérêt Nousfait tous deux aînés quand et comme il vous platt?id. ib. IV, 6. || 5° S. f. Atnée , fille aînée. 11 a mariél’atnée de ses filles. || 6° Frère atné. Il est jaloux doson aîné. || 7° Qui est plus âgé qu’un autre. C’estmon atné. Respectons nos aînés. |l 8° Atné de Nor-mandie, atné particulièrement avantagé. J’ai vu 64lettres de cachet dans ma famille, et j’en ai eu 1 7 pourma part; ainsi, vous voyez que j’ai été partagé enaîné de Normandie , Mirabeau, Collection, t. iv,p. 4 06.
— HIST. xm' s. X cinq labiaus de gueule l’ainsnésfils le porta [porta sonécu], Perle, cxxxi. Li aisnésot non Robiers, et li mains né Loeys, Chr. de Pains ,p. 2 . En tel point que ses ainsnés fix n’avoit pasaage d’entrer en Dommage de ce que se [sa] mereavoit aquesté, beaum. xii, io. Tant fust ce que elesfussent ains nées des premiers mariages, id. xiii,6. Son ainzné frere qui eust mis contredit et cha-longe, s’il faire le peust, Ass. de Jérus . 1 , 220 .
|| xv* s. La raine et son ains-né fils, froiss. i,
l , 9.
— ÉTYM . L’historique, décomposant le mot, mon-tre l’étymologie : ains, avant (voy. ains) et né :né avant (voy. né). Espagn. entenado , enfant d’unpremier lit; ital. antenato, ancêtre.
AÎNESSE (è-nè-s’), s. f. Priorité d’âge entrefrères et sœurs. Le dernier peut-être d’une famillenombreuse, ou du moins exclu des droits et desprérogatives de l’aînesse , vous vous seriez vu ré-duit dans le monde à une portion de cadet tou-jours fort mince dans les maisons les plus anciennes,mass. Revenus ecclésiastiques. Et ce vieux droit d’aî-nesse est parfois si puissant Que pour remplir untrône il rappelle un absent, corn. Nie. iv, 3. L’in-vention des arts étant un droit d’atnesse, Nous de-vons l’apologue à l’ancienne Grèce , la font. Fab.
m, i.
_HIST. xiii* s. Entre femeles n’a point de en-
neece, Liv.deJust. 233. Li fiés qui vient as hoirs endescendant, il y a ainsneece, beaum. xiv, 8.
_ÉTYM . Aîné. On voit que l’ancienne forme est
ainsneece, et que aînesse est une contraction; par