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Tome premier. A - C.
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ALG

ALC

ALB

— Étym. Alarme. Alarmer, dont on n’a pasd'exemple pour le xvT siècle, paraît être Tenu enusage dans le xvn*.

ALARMISTE(a-lar-mi-st’), s. m .et f. Celui, cellequi se plaît à répandre des bruits alarmants. C’est unalarmiste. Défiez-vous des alarmistes. || Mot né dansles alarmes de la Révolution.

— ÉTYM . Alarmer.

ALATERNE (a-la-ter-n’), s. m. Terme de botani-que. Espèce de nerprun, arbrisseau toujours vert.

— Étym. Alaternus.

fALBARELLE (al-ba-rè-1’), s. f. Champignonbon à manger, qui croît sur le châtaignier et lepeuplier blanc.

ALBÂTRE (al-bâ-tr’), *. m. || 1» Espèce de pierrefort blanche. Les minéralogistes désignent parce nomdeux espèces de pierres tendres, blanches, demi-transparentes : l’une, l’albâtre gypseux, est lachaux sulfatée compacte ; l’autre, l’albâtre calcaire,est la chaux carbonatée compacte. Cette dernière aété employée en médecine comme absorbante.|| Blanc comme l’albâtre, très-blanc. || 2° Parexten-sion, blancheur éclatante. Il [Dieu ] se plut à pétrird’incarnat et d’albâtre Les charmes arrondis du seinde Pompadour, volt. Ép. 75.

— hist. xm’ s. En celle chambre n’oit noienzDe chaux, d’areine, de cimenz, Enduit, ne moille-rons n’emplaistre ; Tote entière fu d’alambastre,ducange, alabauslrum. ||xvi* s. Elle a très biencette gorge d’albastre, Ce doux parler, ce clertaint, ces beaux yeux, marot, ni, 78. Et dont lapetite folastre Dessus la gorge d’allebastre De sadame, si doucement, marot, m, 162 . Marbreblanc, albastre.... o. nE serres, 605. Alabastre,in. soa.

— ÉTYM . Provenç. alabastre; de àXâêacTpov.

ALBATROS (al-ba-tros’), s. m. Oiseau palmi-pède très-vorace. Une des espèces d’albatros, connuaussi sous le nom de mouton du Cap, nous offre leplus grand des oiseaux aquatiques.

— ÉTYM. Corruption de l’espagnol alcatrai, nomdonné à l’onocrotale. Quant à la dérivation d’alca-trai, elle est incertaine. L’Académie espagnole,dans son dictionnaire, regarde alcatrax comme uneonomatopée du bruit que l’oiseau fait dans l’eauavec son bec. Mais cela paraît douteux.

ALBERGE (al-ber-j’) , t. f. Sorte de pêche dont lachair est si adhérente au noyau qu’on ne peut lapartager. || On disait aussi auberge.

— hist. xvi* s. Les noiaux des menus abricots,des auberges et des péchés, o. de serres, 634. Il ya diverses qualités d’auberges toutes symbolisonsavec les abricots. Les auberges incarnates d’uncosté, jaunes de l’autre, colorées de rouge brun enla chair attachée au noiau, sont fort prisées; cellesaussi de jaune doré, duracines, ayans la chairferme, id. 678.

— étym. Espagn. alberchigo et alberchiga. Motdouteux; Ménage le tire de albus, blanc (voy. al-bum) , à cause de la blancheur du fruit.

ALBERGIER (al-ber-jié), s. m. Arbre qui produitdes alberges.

f ALBERTINE (al-bèr-ti-n’), s. f. Terme dejardinage. Espèce d’anémone nommée aussi pa-rangon.

f ALBIFICATION (al-bi-fi-ca-sion), s. f. Termed’ancienne chimie. Action de rendre blanc.

— HIST. xvl* e. Afin qu’en si long chemin la ma-tière soit préparée à concoction et albification, paré,i, 27.

—ÉTYM . Albus, blanc (voy. album), et ficare,fréquentatif de facere (voy. paire).

f ALBINISME (al-bi-ni-sm’), s. m. Terme de mé-decine. Anomalie congénitale d’organisation quiconsiste dans la diminution ou même l’absence to-tale du pigmiJt destiné à colorer la peau d’une racequelconque, humaine ou animale. L’albinisme peutêtre total ou partiel. || Albinisme des plantes, étatmaladif d’une plante dont les parties, ordinaire-ment vertes, sont blanchies par suite de la résorp-tion de la matière colorante. On l’obtient en faisantvégéter une plante en un lieu obscur; il se produitquelquefois sur une culture en plein air.

— ÉTYM . Voy. ALBINOS.

ALBINOS (al-bi-nos’), s. m. Individu qui est af-fecté d’albinisme. On a prétendu que les facultésintellectuelles des albinos étaient très-faibles; lameilleure histoire que nous possédions de l’albi-nisme chez l’homme a pourtant été écrite par unalbinos, Sachs, qui, en 1812 , a parfaitement décritl’état que lui et sa sœur présentaient. 11 y a très-peu de ces albinos, dont un a été présenté à l’Aca-démie des sciences de Paris, volt. Russie , i, l.

— ÉTYM. Espagn. albino , de albo, blanc, de al-bus (voy. aube). Il faudrait dire albino au singulieret albinos au pluriel ; albinos est le pluriel espagnol d 'albino , et barbare au singulier. Mais ce mot esttrop entré dans l’usage pour qu’on puisse le cor-riger.

ALBRAN, s. m. Voy. halbran.

ALBRENÉ, adj. Voy. halbrené.

ALBUGINÉ, ÉE (al-bu-gi-né, née), adj. Termed’anatomie. Il se dit des membranes, des tissusdont la couleur est blanche. Membrane albuginée.La tunique albuginée de l’œil ou sclérotique. La ré-traction des tissus albuginés.

— ÉTYM . Albugo (voy. ce mot).

ALBUGINEUX, EUSE (al-bu-ji-neû, neû-z’),adj. Terme d’anatomie. Blanchâtre. Une peau albu-gineuse sortit de ses yeux [de Tobie], volt. Phil.iv, 438.

— HIST. xvi* s. Le tiers et dernier humeur de l’œilest le vitreux ou plustost albugineux, ainsi nomméà cause qu’en consistence et couleur il est sembla-ble au verre, ou bien au blanc d’un œuf, paré,

IV, 6.

— étym. Albugo (voy. ce mot).

ALBUGO (al-bu-go), s. m. Terme de médecine.Tache blanche qui se forme à l’œil, et qui est causéepar le dépôt d’une matière blanchâtre dans les lamesde la cornée. L’Académie fait ce mot du féminin ;mais les livres médicaux le font du masculin.

— ÉTYM . Albugo, même signification; de albus,blanc (voy. album).

ALBUM (al-bom’), s. m. || 1* Livre sur lequel lesvoyageurs consignent leurs observations. Un Alle-mandportesonalbum cheztouslessavants, J. j. rouss.Ém. v. || 2* Cahier sur lequel on prie d’inscrire quel-ques lignes de prose, quelques vers, un dessin. Quebien longtemps cet album vous redise Qu’un chan-sonnier.... Fut un moment la dupe de vos yeux,bérang. Coupl.d’alb. || 3" Terme d’antiquité romaine.Tablettes recouvertes d’un enduit de plâtre sur les-quelles étaient inscrits les actes du préteur.

— ÉTYM . Album, neutre de albus, blanc; grec,àXçà;, tache blanche; celtique, alb.

{ALBUMEN (al-bu-mèn’), s. m. || 1" Terme debotanique. Nom donné par quelques botanistes à lasubstance qui environne l’embryon dans quelquesgraines, telles que celle du froment. || 2° Terme d’a-natomie. Mot quelquefois employé pour désigner leblanc d’œuf.

— ÉTYM . Albumen, blanc d’œuf (voy. albumine).

ALBUMINE (al-bu-mi-n’), s. f. Principe immé-diat des animaux et des végétaux qui compose leblanc de l’œuf et se coagule par la chaleur.

— HIST. xin* s. Oile [huile] violât mellé à aubund’uef, alebrant, Régime du corps, ms. n° 7929, f.34, verso.

— étym. Albumen, blanc d’œuf, de albus, blanc(voy. album). La forme de l’ancien français aubun oualbun est régulière ; albumenoa , au régime, albumine,ayant l’accent sur bu, donne albun. Albumine a étéfait récemment sur le cas régime, et n’a plus riende commun avec l’accent latin.

f ALBUMINÉ, ÉE (al-bu-mi-né, née), adj. Termede botanique. Se dit d’une graine qui est pourvued’albumine.

ALBUMINEUX, EUSE (al-bu-mi-neû, neû-z’),adj. Qui contient de l’albumine.

— ÉTYM . Albumine.

f ALBUMINOÏDE (al-bu-mi-no-i-d’), adj. Termede physiologie. On désigne sous le nom de ma-tières albuminoïdes un groupe de corps azotés,neutres, incristallisables, décomposables au feu,putrescibles, assimilables et par conséquent nutritifs ;telles sont l’albumine, la fibrine et d’autres.

— ÉTYM . Albumine, et ri8oç, forme (voy. idée).

f ALBUMINURIE (al-bu-mi-nu-rie), s. f. Termede médecine. Pissement d’albumine, c’est-à-dire émis-sion d’urines qui contiennent de l’albumine ; c’est lesymptôme de diverses affections, et entre autresd’une lésion des reins.

— ÉTYM . Mot hybride , composé de albumine etoùpâv, pisser (comp. urine).

f ALBURNO (al-bur-no), s. m. Sorte de vêtementdes Maures. Des lances ornées de pennons blancs etbleus, des alburnos étaient rangés auprès des bou-cliers, chateaub. D. des Abenc. 161.

— étym. C’est le même que burnous (voy. ce mot)avec l’article arabe al.

ALCADE (al-ka-d’), s. m. Nom de certains ma-gistrats en Espagne . Un cacique, un corrégidor,des régidors et des alcades formaient le corps mili-taire, civil et politique, des Réductions, chateaub.Génie, iv, iv, 5.

— ÉTYM. Espagn. alcalde; portug . alcaide; de l’a-rabe, al, le, et kadi, juge, ou caid, gouverneur

t ALCAEST ou ALCAHEST (al-ka-èst), s. m ,|| 1” Terme d’alchimie. Liqueur qui était supposéepropre à guérir toute sorte d’engorgements. || 2° Dis-solvant universel, capable de ramener tous lescorps de la nature à leur première vie.

— ÉTYM. Ce mot a été inventé par Paracelse , etne paraît avoir aucune étymologie.

ALCAÏQUE (al-ka-i-k’),ad/. || UVers alcaïque,sortede vers grec inventée par Alcée , et adoptée par lesLatins. || 2° Strophe alcaïque, strophe grecque ou la-tine, où entre le vers alcaïque. || 3“ Substantivement.Legrand, le petit alcaïque. Le grand alcaïque avaitdeux pieds de plus que le petit.

— ÉTYM. ’AXxaïxè;, de ’AXxaïoi;, nom du poète Al-cée . AXxaîoç veut dire le fort et vientde àXxr), force(voy. alcée).

ALCALESCENCE (al-ka-lè-ssan-s’), s. f. Terme dechimie. Mouvement par lequel une substance de-vient alcaline.

— ÉTYM . Alcalescent.

ALCALESCENT, ENTE (al-ka-lè-ssan , ssan-t’),adj. Terme de chimie. Qui prend ou qui a déjà lespropriétés alcalines.

— ÉTYM . Alcali.

ALCALI (al-ka-li), s. m. || 1° Plante marine quiproduit la soude du commerce. || 2» Produit salinde l’alcali réduit en cendres. || 3° Toute substancequi a des propriétés analogues à celles de la soude.Chez les anciens chimistes, alcalis fixes,la soude etla potasse ; alcali volatil, l’ammoniaque. Loin dedonner aucun vestige d’alcali volatil, j. j. rouss. Ém.i. || 4° En chimie, les alcalis sont des corps compo-sés qui ont pour caractères distinctifs de verdir lesirop de violette, de rougir la couleur jaune de cur-cuma, de ramener au bleu les couleurs bleues végé-tales rougies par les acides, de remplir le rôle debase en présence des acides dans les combinaisonsconnues sous le nom de sels.

— HIST. xvi* s. Des sels, comme ammoniac, al-kali.... PARÉ, xxv, 32.

—ÉTYM . Provenç. alcali; de l’arabe oï, le, alcali,nom de la salsola soda de laquelle on extrait l’al-cali.

f ALCALIFLANT , ANTE (al-ka-li-fi-an, an-t’),adj. Terme de chimie. Qui produit les alcalis. Quel-ques chimistes ont pensé que l’azote était le principealcalifiant ; opinion erronée, puisque beaucoup d’al-calis ne contiennent pas d’azote.

— ÉTYM . Alcali, et ficare , fréquentatif de facere(voy. faire).

j- ALCALIMÈTRE (al-ca-li-mè-tr’), s. m. Termede chimie. Instrument propre à mesurer la quantitéréelle d’alcali que contient une soude ou une po-tasse du commerce, d’après celle d’acide sulfuriquequ’il faut employer pour saturer une quantité don-née de l’une ou de l’autre de ces substances.

— ÉTYM . Alcali, et pivpov, mesure (voy. mètre).

f ALCALIMÉTRIE (al-ka-li-mé-trie), s. f. Termede chimie. Nom donné aux procédés de dosage àl’aide desquels on détermine la proportion du vo-lume d’alcali contenu dans un liquide.

— ÉTYM . Alcalimètre.

ALCALIN, INE (al-ka-lin, li-n’), adj. Qui a rap-port aux alcalis. Sel alcalin. Substance alcaline.

— ÉTYM . Alcali.

f ALCALINITÉ (al-ka-li-ni-té), s. f. Terme dechimie. État ou caractère d’une substance qui pos-sède les propriétés des alcalis.

f ALCALISATION (al-ka-li-za-sion), s. f. Termede chimie. Action d’alcaliser.

— ÉTYM . Alcaliser.

ALCALISË, ÉE (al-ka-li-zé, zée), part, passé.

ALCALISER (al-ka-li-zé), v. a. Terme de chimie.Dégager d’un sel neutre, par l’action du feu, lapartie acide qui y était contenue, de manière qu’ilne reste plus que la partie alcaline.

— ÉTYM . Alcali.

f ALCALOÏDE (al-ka-lo-i-d’), s. m. || 1° Terme dechimie. On nomme ainsi certains corps qu’on ex-trait des végétaux et qu’on regarde comme des al-calis parce qu’ils neutralisent les acides. La morphineest un alcaloïde. || 2° Il y a aussi des alcaloïdes azo-tés ou animaui, qui sont des composés neutres, ouqui jouent le rôle de base auprès de quelques aci-des, l’urée par exemple.

—ÉTYM . Alcali, et eîôoç, forme (voy. idée).

f ALCANTARA (al-kan-ta-ra), s. m. Ordre mili-taire d’Espagne , institué en 1170.

•— ÉTYM. Alcantara est le nom d’une ville d’Es-pagne dont le nom signifie le pont. Alcantara oun'canlcra, dans la basse latinité, signifie pont;