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Tome premier. A - C.
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ALC

cc mot vient de l’arabe al, le, et canthara, pont,de canthar, courber, former en arc.

ALCARRAZA (al-ca-ra-za), s. m Vase d’uneterre très-poreuse, dans lequel l’eau se rafraîchitpromptement à l’aide du refroidissement que causetoute prompte évaporation. j| Au pluriel, des alcar-razas.

— REM. L’Académie écrit au singulier alcara-zas ; mais il n’y a aucune raison pour ne pas suivrel’orthographe espagnole , alcarraxa ; surtout il fautsupprimer au singulier l’f qui est signe du pluriel,et qui rend le mot tout à fait barbare.

— étym. Espagn. alcarraxa, de l’article arabe al,et de qurax, cruche.

ALCÉE (al-sée), s. f. Belle plante bisannuelle,nommée aussi passe-rose ourosetrémière. Nous tra-versâmes une prairie semée d’alcées à panaches ro-ses, chateaub. Amér. 4<8. Les vignes sauvages s’é-lancent du tulipier à l’alcée, id. Atala, 204,

— ÉTYM . Latin, alcea ; grec, àXxéa, de àXxetv(d’où vient àXxù), être fort, secourir.

ALCHIMIE (al-chi-mie. Le dictionnaire gramma-tical de < 784 dit qu’on prononce alkimie; aujour-d’hui on prononce alchimie, comme chimie), s. f.Chimie du moyen âge,qui, au lieu d’avoir pour butl’étude de la composition des corps, cherchait lapanacée universelle et la transmutation des mé-taux. L’alchimie a été la préparation de la vraiechimie. Mazarin se faisait un mérite de ce qu’il avaitfait évanouir avec un peu de poudre d’alchimie cettenuée de prétentions, betz, n, 375.

— HIST. xdi' s. Ou d’alquemie tant aprengne Quetous metaus en color taingne, Qu’el [l’art] se por-roit ainçois tuer, Que les especes remuer, Se tantne fait qu’el les ramaine X lor nature preme-raine, la Rose, 46267.11 xiv® s. Le penser est er-reur infaicte Contre le noble art d’alchymie Et pro-fonde philosophie, L’alch. à nat. 728. ||xv" s. Ilfauldroit faire l’arquemie, Qui vouldroit forgierfaulceté, Tant qu’elle devint loyaulté, Quant enmalice est endurcie, ch. d’orl. Rondel. Il avoitacointance à ung des habiles hommes du mondequi estoit le meilleur arquemiex que on peust trou-ver, et avecques faisoit escuz d’arquemie les plusbeaulx que on pourrait dire, du cange, arquemia.Y dussai-je employer mon bien, Je ne vueil pointd’autre aichymie; Encore n’y perdrai-je rien; Carboire contente ma vie, basselin, xi. || xvi® s. X la fintout leur cas s’en va en fumée, tellement que leurarquemie se pourrait plus proprement dire art quimine, ou art qui n’est mie, desper. Contes, xiv.

— ÉTYM . Provenç. alkimia; espagn. alquimia;ital. alchimia; de l’article arabe, al, et chimie.

ALCHIMILLE (al-ki-mi-11’), s. f. Terme de bota-nique. Plante de la famille des rosacées, dite aussipied-de-lion, et employée à l’extérieur comme as-tringente, vulnéraire et détersive.

— ÉTYM . On tire ce mot de l’arabe alkemelieh,â cause de l’importance de cette plante pour les al-chimistes, qui avaient cru trouver dans la rosée re-cueillie sur ses feuilles un adjuvant pour la trans-mutation des métaux vils en or.

ALCHIMIQUE (al-chi-mi-k’), adj. Qui a rapportà l’alchimie.

ALCHIMISTE (al-chi-mi-st’), s. m. Celui qui s’oc-cupe d’alchimie. Tu vas, dis-tu, vieux et pauvrealchimiste, Tirer de l’or des métaux indigents, bé-rang. Alchim.

— hist. xvi* s. Le commun langage des alque-mistes, c’est qu’ils promettent un monde de richesses,desper. Contes, xiv. On pourra toucher ces ulcérésavec eau alumineuse, ou eau des alkemistes corri-gée et adoucie, comme celle qui aura jà opéré(qui est bleue) eau de sublimé, paré, xvi, 43. Lesalchymistes tiennent une autre forme de traiter lesfièvres, que ne font pas les médecins qui suiventla doctrine de Galien , id. xx, 4.

— ÉTYM . Alchimie.

t ALCIDE (al-ci-d ’), s. m. Nom d’Hercule dont onse sert pour désigner un homme très-fort. C’est unalcide.

— ÉTYM . AXxeîSin.

ALCOOL (al-ko-ol. On écrivait autrefois alcohol),i. m. || 1° Esprit-de-vin, liquide obtenu par la dis-tillation du vin. La glace factice aurait autant defeu que l’alcool le plus pur, volt. Feu, il, 2 .

Il 2“ En général, liqueur obtenue, par distillation,de la liqueur vineuse que fournissent toutes les ma-tières qui, contenant du sucre, sont susceptibles defermenter. || 3° En termes de chimie, nom génériqued’une classe de composés neutres formés de car-bone, d’hydrogène et d’oxygène, dont les fonc-tions chimiques sont semblables icelles de l’alcool

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de vin, et dont les éléments sont semblablement dis-posés. || 4° Alcool absolu, alcool qui ne contient pasd’eau.

— hist. xvi* s. Collyre est un médicament appro-prié aux yeux, fait de medicamens bien subtile-ment pulvérisés, que les Arabes disent comme al-cohol, paré, xxv, 34.

— ÉTYM . L’article arabe al, le, étant mis à part,on est en doute sur l’étymologie du reste ; les unstirent cohol de qochl, poudre très-fine, de qachal,enduire d’une poudre fine, d’un collyre ; les autresde kaly, rôtir, griller (voy. alcali). La premièrede ces dérivations parait pour la forme la plus di-recte ; mais on ne comprend pas tout d’abord com-ment le sens a passé d’une poudre très-fine à l’es-prit-de-vin. La seconde, qui ne rend pas compte dela forme du mot, est plus favorable au sens, puis-que c’est par le feu que la distillation s’opère. Maison remarquera que le mot alcohol, dans la phar-macie ancienne, désigne deux choses : 4* une pou-dre très-fine ; 2 ° l’esprit-de-vin. Or ces deux signifi-cations attachées au même mot portent, par celaseul, à croire que ce mot ne provient pas de deuxracines; et de plus, les deux significations, bienque très-différentes, se rencontrent en cela qu’ellesexpriment des objets d’une très-grande ténuité ; l’é-tymologie de qochl est donc véritable. Dans lasixième édition de son dictionnaire, l’Académie asupprimé 1 ’h étymologique qu’elle mettait précé-demment au mot alcohol.

f ALCOOLAT (al-ko-o-la), s. m. Terme de phar-macie. On donne ce nom à tout médicament liquidequi résulte de la distillation de l’alcool sur une ouplusieurs substances aromatiques, végétales ou ani-males ; c’est ce que Ton nommait autrefois esprit.

— ÉTYM . Alcool.

f ALCOOLATE (al-ko-o-la-t’), s. m. Terme dechimie. Combinaison de l’alcool avec un sel.

f AI.COOLATURE (al-ko-o-la-tu-r’), s. f. Termede pharmacie. Médicament liquide qu’on obtient enfaisant macérer des substances organiques avecl’alcool.

f ALCOOLÉ (al-ko-o-lé), s. m. Terme de phar-macie. Alcool qui, par la macération, la digestion,l’infusion et la décoction, a été chargé des prin-cipes solubles d’une ou de plusieurs substances.

— ÉTYM , Alcool.

ALCOOLIQUE (al-ko-o-li-k’), adj. Qui contient del’alcool. Liqueurs alcooliques, le vin, l’eau-de-vieet toutes les liqueurs de table.

— ÉTYM . Alcool.

f ALCOOLISATION (al-ko-o-li za-sion), s. f.Terme de chimie. Développement, dans les liquides,des propriétés qui caractérisent l’alcool.

—REM. Alcoolisation s’est dit, dans l’ancienne phar-macie, pour l’action de réduire une substance enpoudre fine.

ALCOOLISÉ , ÉE (al-ko-o-li-zé, zée), part, passi.Se dit d’un liquide qui contient de l’alcool ou danslequel il s’en est développé.

ALCOOLISER (al-ko-o-li-zé), i>. a. ||1” Mêler del’alcool avec un autre liquide. j| 2° Dans l'anciennepharmacie, réduire en poudre fine, à cause de lasignification primitive d’alcool, qui est poudrefine.

f ALCOOLISME (al-ko-o-li-sm’), s. m. Terme demédecine. Alcoolisme chronique, maladie caracté-risée par une détérioration graduelle de la consti-tution et par des accidents nerveux; elle s’ob-serve surtout dans les pays froids, où les travauxpénibles exigent l’emploi des boissons alcooliquesde la part des ouvriers ; ce qui en conduit beaucoupà abuser de ces boissons.

—ÉTYM . Alcool.

f ALCOOLOMËTRE (al-ko-o-lo-mè-tr’), s. m.Terme de chimie. Pèse-liqueur employé pour dé-terminer ce qu’un liquide contient d’alcool absolu.

—ÉTYM . Alcool, et [iéxpov, mesure (voy. mètre).

ALCORAN (al-ko-ran), s. m. || 1° Le livre qui con-tient la loi de Mahomet. Ajouter un chapitre à l’al-coran, boss. Hist. u, 13. Le glaive et l’Alcoran dansmes sanglantes mains Imposeraient silence au restedes humains, volt. Fanat. il, 6. Pour moi, je lisla Bible autant que l’Alcoran , boil. Lutr. iv. || 2° Fa-milièrement. Je n’y entends pas plus qu’à l’Alcoran,je n’y entends rien.

— rem. On dit aussi le Coran , et sans doutemieux, puisque al est l’article arabe et signifie le,ce qui fait avec notre article, une sorte de doubleemploi ; mais Alcoran est consacré par l’usage , etcoran, bien que recommandé par les orientalistes, nepeut pas le bannir.

— hist. xv* s. Turc ne serai vraiment, Car l’alco-

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ran defent Le vin, qui n’est créé que pour l’humainusage, basselin, xxiv. ||xvi® s. Quand le député duLanguedoc s’avança pour luy dire qu’il avoit tiré leplus beau et le meilleur de son propos de l’alcorande Machiavel , froumenteau, Finances, ni, p. 417 ,

— ÉTYM . L’article arabe, al, et coran (voy. cemot).

ALCÔVE (al-kô-v’. Le dictionnaire grammaticalde 1784 dit que l’o est bref : al-ko-ve. Aujourd’huiil est long), s. f. Enfoncement pratiqué dans unechambre pour y placer un lit. Dans le réduit obscurd’une alcôve enfoncée, boil. Lutr. 1 . Son lit de ve-lours rouge est dans son alcôve, sév. 443 . Là, sousjf]ï? ve som ^ re '"- ^ ne jeune beauté dort sur un litd ehène, làmàrt. Harold , vi. Le Caveau avait unlit dans une alcôve où Monseigneur couchait sou-vent l’hiver, st-sim. 04, toe. || Quelques-uns fontmal à propos alcôve masculin.

— ÉTYM. Genev. ulcowe; espagn. alcoba; portug .alcoba ou alcova; ital. cilcoro; de l’arabe al, le, etkoba, petite maison, ou kubbet, voûte, tente. D’au-tres ont cherché une étymologie allemande ; mais lemot est espagnol et, par conséquent, arabe.

ALCYON (al-si-on), s. m. || 1® Oiseau de mer as-sez semblable à l’hirondelle, dit aussi martin-pê-cheur. Les anciens racontaient que la mer demeurecalme pendant que les alcyons font leurs nids. Pourtout bruit le cri des alcyons et le murmure des va-gues, chateaub. Itinér.n 7 .Oiseaux chersàThétys,doux alcyons, pleurez, a. chén , ÉUg. 20 . || 2° Nids d’al-cyon, nids de la salangane ou hirondelle du rivage delaCochinchine. Les nids d’alcyon sont construits avecune matière gélatineuse que les cryptes du jabot decet animal sécrètent au temps de la ponte. Ils sontemployés en Chine comme aliment.

— ÉTYM . ’AXxoùv , de ÿ.X;, la mer (pour les rap-ports de ce mot, voy. sel), et de xûwv, qui fait sespetits, de xveiv, faire des petits, parce que l’alcyonfait son nid sur la mer. M. Benfey, 11 , < 66 , rattachela dernière partie du mot à y.owv, chien (voy.chien). A cause de l’étymologie quelques-uns écri-vent en latin Halcyon et Halcyone.

f ALCYONE (al-si-o-n’), s. f. Etoile tertiaire, laplus brillante des Pléiades, marquée u dans lescartes.

ALCYONIEN (al-si-o-niin), adj. m. Qui appar-tient à l’alcyon. Jours alcyoniens, les sept jours quiprécèdent et les sept jours qui suivent le solsticed’hiver, pendant lesquels l’alcyon, dit-on, fait sonnid, et la mer passe pour calme.

— ÉTYM . Alcyon.

ALDËBARAN (al-dé-ba-ran), s. m. Terme d’as-tronomie. Nom d’une étoile de première grandeur,qui est dans l’œil du Taureau.

— ÉTYM . Arabe, al, le, et debaran, nom de l’é-toile en question.

ALDÉE (al-dée), s. f. Terme de géographie. Sertà désigner les bourgs et les villages des possessionseuropéennes en Afrique et dans les Indes .

— ÉTYM. Espagn. aldca; portug . aldea etaldeia,village, et de là aldeiâo, villageois, aldeiar, diviserpar villages; de l’arabe, al, le, et daiah, fondsde terre. On a indiqué d’autres étymologies ; maisl’arabe est le seul qui explique bien la terminai-son ea.

ALDERMAN (al-dèr-man’), 4. m. Officier muni-cipal en Angleterre.

— ÉTYM. Anglais ,alderman ; suédois , œlderman;de l’anglo-sax. ealdor, ancien ; danois , œldre ; allem.ait, vieux; et de man, homme. Pour les mots ger-maniques qui signifient âgé, voyez adolescent.Quant à monn, homme, il tient au sanscrit manu,homme, auquel tient aussi le latin mas, mâle(voy. mâle).

f ALE (é-1’; on suit la prononciation anglaise ) ,s. f.Sorte de bière anglaise où il entre moins de hou-blon que dans le porter

— ÉTYM. Angl . ale-, dan. et suéd. sel.

ALÉATOIRE (a-lé-a-toi-r’), adj. || 1° Terme de

droit. Dépendant d’un événement incertain, quantau gain ou à la perte. Vendre une récolte avantqu’elle ne soit mûre, est une vente aléatoire. L’as-surance est un contrat aléatoire. || 2“ Dans le lan-gage général, soumis aux chances du hasard. Toutcela est fort aléatoire. L’urne aléatoire Nous jettebien souvent la honte pour la gloire, v. hugo,

F. d’Aut. 37.

— étym. Aleatorius, de aléa, jeu de dés.

f ALECTON (a-lè-kton), s. f. Terme de mytho-logie. Une des trois furies. Et l’inflexible Hécate etl’horrible Alecton, j. b. rouss. Circé .

— ÉTYM . ’AXuxtü) et ’aXXïixtù , de dXXriXTo;, de àprivatif, et Xqyeiv, cesser, qui ne cesse pas.