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Tome premier. A - C.
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the). ’Ayopsïv, parler, dire, vient de àyopà, placepublique, attendu que les affaires se discutaient surla place publique (yoy. agora).

ALLÉGORIQUE (al-lé-go-ri-k’), adj. Qui appar-tient à l’allégorie ; qui tient de l’allégorie. L’oracleeut l’esprit de rendre à l’empereur une réponse allé-gorique, fonten. Oracles, ch. 16. Sera-ce la dureté ducaillou,ou la sére du chêne, dont vous ferez un êtreallégorique? chateaub. Génie, iv,v, 2 . || En prose,il suit toujours le substantif : Discours allégorique.

— ÉTYM . Allegoricus (voy. allégorie).

ALLÉGORIQUEMENT (al-lé-go-ri-ke-man), adv.D’une manière allégorique.

— ÉTYM . Allégorique et ment.

ALLÉGORISÉ, ÉE (al-lé-go-ri-zé, zée), part,passé. Les récits d’Homère allégorisés par certainsinterprètes.

ALLÉGORISER (al-lé-go-ri-zé), V. a. Expliquerselon le sens allégorique. Plusieurs philosophes al-légorisaient les récits de la mythologie. Comme onallégorisait tout, on avait dit que.... volt. Phil. v,364.

— HIST. xv* s. Si comme la Bible , en trois ma-niérés, c’est assavoir le texte, et puis le texte et lesgloses ensemble, et puis d’une autre maniéré alle-gorisée, christ, re pisan, Charles Y, ni, ch. 12 .|| xn' s. Ce n’est pas en ceste maniéré qu’il faut al -legoriser sur le huitième jour de la circoncision,CALVIN, Instit. 1076.

— étym. Allegarizare, de allegoria (voy. allé-gorie).

ALLÉGORISEUR (al-lé-go-ri-zeur), s. m. Celui quisubtilise pour chercher des allégories.

— étym. Allégoriser.

ALLÉGORISTE (al-lé-go-ri-st’), s. m. Celui quiexplique les auteurs en un sens allégorique. Origène passe pour un allégoriste.

— ÉTYM . Allégoriser.

ALLÈGRE (a-lè-gr’; quelques-uns disent, ce quiest moins bon, al4è-gre), adj. Dispos, prompt àfaire. Esprit, caractère allègre. Rendre le corps siléger, si allègre, desc. L’homme. Les voyant touspassés, je me sentis allègre, Régnier, Sat. xi. Pours’échapper de nous Dieu sait s’il est allègre, rac.Plaid, i, 1. || On le place toujours après son substan-tif : Un homme allègre; une femme allègre.

— HIST. xii' s. Si m’aïst Diex ! bien nos poez con-querre ; Sor nos arçons en gisent nos boeles [en-trailles] ; Li plus halegres n’a soing d’aller en des-tre, Li coronement Looys ,v. 2166. |jxin's. Aureliensretourna à son seigneur et le rendit lié et haligre dela bonne responce de la damoiselle, Chr. de St-De-nis, i, 16 . Baron, car vous hastés, Alés tost à laporte, orendroit enterrés [vous entrerez] ; Vo com-paignon sont tout haliegre et en santés, Ch. d’Ant.v, 847. || xv* s. Chacun luy nuist, riens ne lui estalegre; Tout luy messiet, et reconfort l’enaigre[l’irrite], A. chart. Le débat des deux fortunes. Oresque sommes allaigres Et en santé, Dieu mercy, Lais-sons là ces cidres maigres ; Je treuve bon cestuy-cï,rasselin, xl vi. || xvi* s. La facilité subtile et alegrepromptitude à faire toutes ces choses.... charron,Sagesse, i, 16.

— ÉTYM. Nivernais , aligre, maigre, cheval ali-gre; ital. allegro; espagn. alegre; du latin alacer.Quoique cette étymologie paraisse très-naturelle, ce-pendant elle présente quelques difficultés. L’a est brefdans alacer, par conséquent l’accent est sur le pre-mier a, alacer, et ce mot aurait dû faire en français aigre. Il faut donc supposer que les populations ro-manes avaient prononcé alacer, peut-être à causede la forme alacris. De plus alacer ne rend pascompte des deux II de l’italien allegro; enfin Vhmême de l’ancien français haligre fait quelquedifficulté : celle-là est la moindre, témoin huilequi vient d ’oleum. Raynouard, frappé sans doutede ces difficultés, le tire de ad et de lætus, ancienfrançais lié, provençal let-, cela est impossible.

ALLÈGREMENT (a-lè-gre-man ; quelques-uns di-sent, moins bien, al-lè-gre-man; pourquoi l’Acadé-mie met-elle un accent aigu à allègrement, puisqueallègre a un accent grave, et que la prononciationest la même dans les deux cas T),adv. D’une manièreallègre. Nous continuâmes notre voyage aussi allè-grement que nous l’avions commencé, j. j. nouss.Conf. ni. Je descendrai au tombeau très-allégrement,volt. Roi de Prusse, 218 .

— hist. xn' s. Tous vindrent à sa rencontre : lesungs allaigrement, les autres avec regret, carl.IX, 23.

— étym. Proveqç. alegramen ; catal. alegrament;espagn. alegremente; ital. allegramente; de allègre(voy. allègre) et ment.

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ALLÉGRESSE (a-lé-grè-s’; quelques-uns disental-lé-grè-s’, moins bien), s. f. || 1° Joie qui éclate.Des transports d’allégresse. Je me suis étonné deson peu d’allégresse, rac. Phèd. iv, 1. Il veut qued’un festin la pompe et l’allégresse Confirment àleurs yeux la foi de nos serments, id. Prit, v, 1. Safrayeur a paru sous sa fausse allégresse, corn.Pomp. m, 1 . Avec une allégresse aussi pleine etsincère, id. Hor. n, 3. Jamais nous ne goûtons deparfaite allégresse; Nos plus heureux succès sontmêlés de tristesse, id. Cid, m, 6. Cet amour lescomble d’allégresse, id. ib. i,2.Etmonâmeenaprisune allégresse extrême, mol. D. Gare. n,6.Dans vosyeux doit briller l’allégresse, id. l’Étour. v,3. || 2° Lessept allégresses, certaines prières à la Vierge danslesquelles on exprime les différents sujets de joiequ’elle a eus.

— HIST. xvi' s. Il vouloyt, pour declairer l’excèsde son alegresse pourcestes bonnes nouelles, faire,quoy que il coustast, quelque chouse spectable,rab. Sciomachie. Je l’ai veupar delà 60 ans se moc-quer de nos alaigresses [agilités], mont, ii, 17.L’alaigresse [vigueur, santé....] où je suis, le plai-sir et la force, id. i, 82 . Je vouldrois jouir, se-lon la condition démon aage, de leur alaigresse etde leurs testes, id. ii, 78. A cett’ heure le chagrinprédominé en moy, à cett’heure l’alaigresse, id.ii,324. 11 arriva en son camp le 4 juillet, où fust faictgrandissime allaigresse pour sa reconvalescence,carl. iv, 31. Sonnez, trompette, une allaigresse;car vous ferez tantost bonne chere, id. v, 7. Et surcette allégresse il me donna congé, id. vn, 6.

— ÉTYM . Allègre; bourguig. aulegresse; provenç.allegresa, alegreza; anc. espagn. alegreza; ital. airlegrezza.

ALLÉGRETTO (al-lè-gré-tto). || 1“ S. m. Termede musique. Air d’un mouvement gracieux et léger.|| 2° Adv. D’un mouvement vif et léger. || Auplur.des allégrettos.

— ÉTYM . Ital. allegretto, diminutif de allegro.

ALLÉGRO (al-lé-gro). || 1' S. m. Terme de mu-sique. Airvif. Jouer un allégro. || 2'Celledes partiesd’une sonate ou d’une symphonie dont le mouve-ment est vif. || 3° Adv. D’un mouvement vif. j| Auplur. des allégros.

— ÉTYM . Ital. allegro (voy. allègre).

ALLÉGUÉ, ÉE (al-lé-ghé, ghée). || 1° Part.passé.Cité, mis en avant. Un auteur allégué à faux. Lesraisons alléguées par votre ami. Quelle est cette ri-gueur tant de fois alléguée? rac. Andr. ii, 2 . || 2"S.m. Chose qu’on allègue. Son frère [de l’abbé Cau-delet] prouva si nettement la fausseté de tous lesallégués, que le P. de La Chaise fit tout ce qu’il putpour obtenir un gros évêché à l’abbé de Caude-let, st-sim. 64, 166 . M. Fagon, par ses coups detête, approuvait cependant cet énorme allégué,id. 326 , 12 . Quelque étrange qu’un semblable allé-gué doive paraître à qui n’a pas connu le duc deChevreuse , je suis convaincu qu’il se trompait soi-même, ID. 299, 94.

ALLÉGUER (al-lé-ghé. Palsgrave , p. 23, dans le xvi'siècle, prononce les deux II. La syllabe le prend l’ac-centgrave, quand elle est suivie d’une syllabe muette :j’allègue, excepté au futur et au conditionnel, où ellegarde l’accent aigu : j’alléguerai ; contradiction àfairedisparaître), v. a. | 11° Citer une autorité, un passage,un fait. Alléguant ses autorités. Ce verset que je vousai allégué pourmontexte, boss. Serm. Quinq. 2 . Aprèsavoir allégué deux passages de saint Jean Chrysos-tome, id. Avent. Saint Paul ne cesse d’alléguer ce queMoïse a dit, id. Hist. n, 13. Je n’allègue pas auxIsraélites d’autres témoins que leurs yeux. id.Hist. ii, 3. Je pourrais ici alléguer cet illustre pré-lat qui.... id. Cornet. j| 2' Mettre en avant, s’ap-puyer de. Les excuses que vous alléguez. C’est unprétexte qu’on allègue pour flatter les princes, fén.Tél. xii. N’alléguez point des droits que je veux ou-blier, rac. Andr. iv, 3. S’il ose m’alléguer uneodieuse loi, id. Baj. i, 3. Les faits dont on allèguela preuve, boss. Hist. n, 12 . Chaque mère à sa brul’alléguait pour patron, la font. Matr. Sans rienfaire, alléguant l’exemple de Gaster, id. Fab. m,2 . Elles savent assez alléguer Artémise, Disputer dudevoir et de la foi promise, malh. vi, 26 . C’est cettedemoiselle que vous estimez si fort, qui vous allè-gue sans cesse et qui rend de grands témoignages àvotre mérite, balz. i, 263.

— HIST. xiii' s. En quelque meniere que aucunssoit semons devant le prevost, ou devant le baillif,il i doit venir por alleguier son privilège, s’il a,por soi deffendre, Liv. de just. 84. Ou quant li de-manderas demande dette ou convenence, et li def-fenderes alligue respit, beaum. vu, 3. Le [la] lon-

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gue tenure qu’il alliguent ne lor vaut riens, id.xxii, 7. || xiv' s. Et allegoient comme fols plusieursraisons l’un contre l’autre, Ménagier , i, 6.11 privade sépulture le roi Servius en alléguant que Romu-lus estoit péris et morz sans ensevelir , berchedre,f“ 23, verso. || xv's. Et par ces raisons alléguées tas-choient fort de remettre le roy en ceste guerre,comm. iii, 1. Ni ne vous allégué riens des his-toires passées pour exemple, id. iii, 4. Etayouyestimer quatre-vingtz mil escuz Tan ce qu’il tenoiten ces choses alléguées [offices] dans son patrimoine,id. m, 4. || xvi's. Combien que lesfideles allè-guent Dieu pour tesmoin et juge de leur innocencecontre la mauvaistié des hypocrites.... calv. Inst.646. Ce precepte est souvent allégué en Platon ,mont. 1 , 12 . Antigonus alleguoit que c’estoit raison,id. i, 26.

— ÉTYM . Provenç. allegar, alleguar; espagn. ale-gar; ital. allegare; de allegare, de al pour ad,vers, et de legare, envoyer, envoyer vers, citer,invoquer (voy. léguer).

ALLELUIA (al-lé-lui-ia. L’Académie devrait met-tre un accent aigu sur la syllabe le, puisque c’est larègle moderne), s. m. 111° Mot de réjouissance que l’E-glise chante au temps de Pâques , à la fin des traitset versets. L’antique alléluia de Jacob faisait retentirle dôme des églises, chateaub. Génie, i, i, 7.|| 2° Fig. Un alléluia éternel dont on entend reten-tir Jérusalem , -boss. Hist. il, 6. Afin que vous chan-tiez avec tous les saints cet alléluia, id. Lett. abb.70. || 3° Fig. et famil. Faire l’alleluia d’une chose,d’une personne, la louer beaucoup. || 4“ Petite plantedontles feuilles ont un goûtaigrelet etqui fournit lasubstance nommée sel d’oseille. L’alleluia est ainsiappelé parce qu’il fleurit vers le temps de la fêted’alleluia. On dit aussi surelle, pain de coucou, oseillede bûcheron. || Auplur. des alléluias.

— HIST. xiii' s. Les termes de septuagesime,quant l’aleyluie chiet [tombe].... Comput, f° 6.

— ÉTYM . Mot hébraïque composé de halelu, louez,et de iah, Dieu; louez Dieu .

ALLEMAND (a-le-man) , s. m. Ce mot est em-ployé dans quelques phrases proverbiales : Unequerelle d’allemand , c’est-à-dire une querelle sanssujet. || C’est de l’allemand, c’est du haut allemand pour moi, c’est-à-dire je n’y entends, je n’y com-prends rien.

— hist. xn' s. N’il ne cremi les reis l’Engleisne le Francur, Aleman ne Tieis, ne duc n’empe-reür, Th. le Hart. 100 . ||xin' s. Et ne porquantisnelemant, Se il ne fussent alemant, Les uom-maisse ; mès ce serait Tens perdus, qui les nom-merait, ruteb. ii, 154. || xvi's. Ils seraient bienaises de vous dresser une querelle d’Allemaigne,CARL. IV, 18.

— ÉTYM . Quoique ce mot ait donné lieu à beau-coup d’étymologies, cependant il faut encore s’enrapporter à Agathias , qui dit:» Les Allemands, s’ilfaut en croire Asinius Quadratus, Italien qui aécrit avec exactitude l’histoire des Germains, sontdes hommes rassemblés de divers endroits et mêlésensemble ; c’est ce que signifie le nom qu’ils por-tent. » Cette opinion doit d’autant plus être accep-tée, qu’elle se justifie sans peine par les languesgermaniques: ail, tout, et mann, homme. Le d quise trouve dans m and provient de la formé danoisemand, homme, pour mann. Quant h allemand , dansla locution querelle d’allemand , il s’agit bien, sansdoute, des Allemands . Pourtant on en a donné unsétymologie différente : on écrit alors alleman, etTon cite le dicton : Gare la queue des Alleman !Ce dicton a appartenu au Dauphiné, dont la régionmontagneuse entre le Drac et l’Isère était occupéspar une puissante et nombreuse famille de seigneursportant tous le nom d’Alleman. Malheur au voisinqui provoquait un membre de cette famille ! il seles attirait tous sur les bras. De l’ardeur avec la-quelle cette famille vengeait la plus petite injureest aussi venu, dit-on, le proverbe : Faire unequerelle d’allemand ; et Oudin (Curiosités franç.p. 462) écrit, en raison de cette origine : Querelled’alleman. Mais je remarque qu’à la fin du xvi' siè-cle, Carloix dit querelle d’Allemaigne, ce qui montreque, dès ce temps-là, on regardait, dans la locution,allemand comme le nom de peuple.

ALLEMANDE (a-le-man-d’), s. f. || 1° Danse viveà deux temps. Danser une allemande. || 2° Air surlequel on exécute cette danse. Jouer une allemande .|| 3“ Dans le siècle dernier, l’allemande était aussi urpas de danse qui consistait à prendre sa danseusepar les deux mains et à tourner une fois avec elle.En ce sens, l’allemande entrait comme Mémentdans plusieurs contredanses.