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Tome premier. A - C.
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aller aux plaisirs], Va-t-en ailleurs ta fortune cher-cher, bons. 633. Tout le reste de la multitude allé-ché du gaing qu’ilz faisoient, amyot, Sylla, 65.

— ÉTYM . Berry, allicher; ital. allettare; du la-tin allectare, ieallicere, attirer, de ad, vers, et delicere pour lacéré, prendre, attirer. Lacéré est le ra-dical de laqueus, lacs (voy. ce mot). On aurait pucroire que allécher venait de lécher; mais la com-paraison avec l’italien et le latin montre qu’il s’agitici du verbe allectare.

ALLÉE (a-lée), s. ]| 1° L’action d’aller. Pour al-ler à cette chapelle, il faut toujours monter; l’alléeest très-rude, le retour est facile. || Familièrement,auplur. Allées et venues, courses, démarches. Il perdson temps en allées et venues. || Fig. La nature del’homme n’est pas d’aller toujours ; elle a ses alléeset ses venues, pasc. édit. Cous. || 2° Passage étroitentre deux murs, conduisant du dehors dans l’in-térieur d’une maison. J’entre dans une allée pouréchapper aux spectateurs, i. i. rouss. Hél. i, ».tj 3° Voie entre deux rangs d’arbres. Aristote choisitdans le Lycée un lieu où il y avait de belles alléesd’arbres, fén. Philos. Ârist. Je l’ai trouvé, sei-gneur, au bout de cette allée, Où la clarté du cielsemble toujours voilée , corn. Rodog. v, 4 . C’estlui qui a inventé les machines à transporter de grosarbres tout entiers sans les endommager, de sorteque, du jour au lendemain, Marly changeait deface, et était orné de longues allées arrivées delàveille, fonten. Sébastien. || Proverbe. 11 lui adonnél’allée et le venir; il lui a donné un soufflet surl’une et l’autre joue. Tiens, fat, voilà l’allée et le ve-nir, scarr. Jîom. corn.

— hist. xin' s. Et en poi de tans furent ces nou-velles si espandues que c’estoitmervelles; eti avoitmoult grant alée, Chr. de Rains, 169. Il est droisque toutes tes voies, Et tes alées et ti tour Soienttuit adès là entour, la Rose, 2397. L’alée i estait sipérilleuse, car le lieu là où nous devions aler estaitle perilleus, joinv. 276. Et lors demanda le roy àses freres et aus autres barons et au conte de Flan-dres, quel conseil il li donroientde s’alée ou de sademourée, id. 266. Seigneur, fist-il, je vous mercimoult à tous ceulz qui m’ont loé [conseillé] m’alée'en France , id. 266. ||xv” s. Et ne sembloit pas queil y eust allée [chemin] dedans terre, froiss. ii, iii,23. Ces allées ne plaisoient pas à tous, comm. i,12. Et incontinent qu’il eut dit le mot après plu-sieurs allées et venues.... id. ii, 4. Tousjours avoitallées et venues des François aux Anglois et aussides Anglois aux François, juvén. Charles VI , 1389.Et fut appelée celle allée le voyage de l’escluse,Rouciq. i,ch. 13. || xvi' s. Elle estait aussi ennuyéedu retour de son mari qu’elle avoit esté de son allée,marg. Nouv. ni. Quand il fut au bout de l’allée[du jardin], où nul ne les pouvoit voir, id. ibid.Debelles allées couvertes, amyot, Cimon , 24.

— ÉTYM . Allé ; bourguig. aullée. Du Cange a dit,et après lui on a répété que l’allée, anciennementl’alée, était une faute de prononciation pour la lée(lée signifiait une voie dans une forêt), faute quis’est impatronisée dans le langage : mais cela n’estpas admissible. Allée dans le sens de chemin setrouve déjà dans des textes du xm” et du xiv” siècle,époques auxquelles une pareille confusion ne se con-çoit pas encore. On a dit allée pour action decheminer, comme on dit sortie pour action de sortir ;de là, par une métonymie,'le lieu où l’on chemine,l’allée.

ALLÉGATION (al-lé-ga-sion ; en poésie, de cinqsyllabes), s. f. || i° Citation d’une autorité, d’un pas-sage, d’un fait. L’allégation des passages de Cicé-ron qui prouvent que.... || 2° Proposition avancée,assertion. Détruire , prouver, réfuter une alléga-tion.

— HIST. xm' s. Nous renonçons à toutes autresexceptions, allégations et barres, Bib. des Chartes,4' série, t. ii, p. 1467. || xiv* s. Constitucions, allega-cions, proposicions par lesquelles il pourroit estresur ce empeschiez, ib. 4 e série, t. iii, p. 426. Donc-ques par les raisons dessus dites et par autres rai-sons et allegacions, il sembleroit à aucuns que....oresme , Eth. <62. || xvi* s. Cette allégation n’estpoint du tout fausse, calv. Inst. 767. Et qu’ils nepensent me battre d’authorité, de multitude d’alle-gations d’autrui.... charron, Sagesse, Préface.

— ÉTYM . Allegationem, de allegare (voy. allê-ouer).

ALLÈGE (a-lè-j’. Bien que l’Académie mette unaccent aigu sur ce mot, on le prononce comme s’ily avait un accent grave), s. /■. || 1° Embarcation quisuit un bâtiment pour le décharger ou le charger. Ilse trouva < 98 vaisseaux de guerre en comptant les

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allèges, volt. Louis XIV , 29. || 2° En termes d’ar-chitecture, mur d’appui d’une fenêtre, moins épaisque l’embrasure. || 8° Terme de marine. Chameauou sorte de machine au moyen de laquelle on sou-lève un vaisseau. || 4“ En termes de chemin de fer,chariot d’approvisionnement qui porte l’eau et lecharbon.

— ÉTYM . Bas-lat. allegium (voy. alléger). On adit dans le xm* s. alevioire. Et toutes alevioiressont quites [de péage], ù ke li grans neif soit uamont ou aval, tailliar, Recueil, p. 484.

ALLÉGÉ, ÉE (a-lé-jé, jée), part, passé. Le far-deau ayant été allégé. L’homme allégé de son far-deau. Une douleur allégée. C’est bien, je le con-fesse, une juste coutume, Que le cœur affligé, Parle canal des yeux vidant son amertume, Cherched’être allégé, malh. à Duperrier.

f ALLÉGEABLE (a-lé-ja-bl’), adj. Qui peut êtreallégé. Une douleur allégeable.

— hist. xvi* s. Seulement tu peux bien par tesvers recevoir X ta playe amoureuse un secours alle-geable [qui allège], rons. <78.

— ÉTYM . Alléger.

<. ALLÉGEANCE (a-lé-jan-s’) ,s. f. Faculté de con-soler, d’alléger; adoucissement, consolation. Portoà ses déplaisirs cette faible allégeance, corn. Pomp.v. <. Enfin mon père est mort; j’en demande ven-geance Plus pour votre intérêt que pour mon allé-geance, id. Cid, il, 9. Et quand ses déplaisirs au-ront quelque allégeance.... mol. L’Étour. il, 4.H N’est guère usité qu’en poésie.

— SYN. allégeance , allégement. Il y a entre cesdeux mots la nuance, que allégeance indique l’ac-tion d’alléger, et allégement l’accomplissement del’action d’alléger; comme la résonnance d’une voûteest l’acte ou le mouvement par lequel elle résonne,et le résonnement est le son qu’elle rend.

— hist. xii" s. Car li reis li dut rendre par finecovenance Quanqu’il ot pris del suen e des suensà vaillance ; Ne l’en volt sainz Thomas faire nulealegeance, Th. le Hart. <<9. ||xiii” s. Au revenir [je]plains et souspire, Car ma dolor croist et empire,Si que ge n’ai mès esperance De garison ne d’ale-jance, la Rose, <844. Cil Dame Diex qui le fist nes-tre Li doinst chevance, Etli en voit sa soustenance,Et me doinst encore alejance Qu’aidier li puisse....ruteb. <5. || xvi” s. En tant qu’ils jugeront estreexpédient pour en rapporter une vraye allégeance,calv. Instit. 495. Après quelques propos consola-toires pour l’allegeance du deuil paternel, yver,p. 630. L’ostracisme estait comme un contentement etune allégeance de l’envie de la commune, amyot,Thésée , 43. Ces remedes acres donnent allégeance,PARÉ, XXI, 20.

— ÉTYM . Alléger.

2. ALLÉGEANCE (al-lé-jan-s’), s./'.Sermentd’allé-geance en Angleterre, acte d’obéissance au roi, quiregardait uniquement la souveraineté temporelledu monarque.

— ÉTYM. Angl . allegiance; bas-lat. allegiantia ;de al pour ad, vers, et de lige, fidèle (voy. lige).On voit que allégeance soulagement, et allégeancefidélité, malgré une identité apparente, dérivent deradicaux totalement différents.

ALLÉGEMENT (a-Iè-je-man), s. m. || 1° Diminu-tion d’un poids supporté.Allégement d’un plancher,d’un navire. || 2° Soulagement, adoucissement. Ettout l’allégement qu’elle en peut espérer, C’est....corn. Ilor. iii, 3. Ne me refusez pas ce triste allége-ment, id. Médée, v, 4. Mon âme avait trouvé, dansle bien de te voir, L’unique allégement qu’elle eûtpu recevoir, id. Cid, iii, 4. Si cela fait à votre allé-gement [si cela peut vous consoler], mol. le Dép.ni, 4. Un solide allégement, pasc. édit. Cous. || 3° Entermes de graveur, action de la main qui forme destailles ou des hachures en appuyant moins dans unendroit que dans l’autre.

—HIST. xii” s. Quant de lui [d’elle] [je] n’ai con-fort n’alegement, Coud, xxh. Conforteir lo travail-liant, ce est ester avoc lui en travailh, car alige-menz est del travailh la veue del travailhant compa-nion, Job. p. 467. || xm* s. Quant ele oî ce sere-ment, Moult li fut grant alegement Du grant duelqu’ele demenoit, la Rose, <6452. Amors ne viaut[veut] pas que je meure, Ains viaut que j’aie alege-ment, ib. <86<. Nus ne doit noient de l’alegementde sa nef, ne par grant iaue, ne par petite, Lits ,des Mét. 287. || xv” s. Voulez-vous sans allégementEn douleur finer vostre vie? ch. d’orl. Bal. 6. || xvi”s.Cela au moins apporte quelque gracieux et honesteallégement à leur passion, amyot, Comm. refrén .la colère, 8. Par ainsi ce sera un allégement bienmeigre ou du tout nul aux pécheurs, calv. Instit.

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604. Us cerclioient allégement de leur douleur, id.ib. 63<. Si le malade sent allégement de sa douleur,

PARÉ, XXI, 20.

— ÉTYM . Alléger; provenç. aleviament. L’Acadé-mie écrit allégement avec un accent aigu ; mais laprononciation est comme s’il y avait un acceutgrave.

ALLÉGER (a-lé-jé ; la syllabe lé garde l’accentaigu même devant une syllabe muette : j’allège,j’allégerai), v. a. |! 1“ Soulager d’une partie d’unfardeau, d’une charge. Alléger un homme. Allégerun bateau, un vaisseau. || 2° Diminuer le poids d’unechose. Alléger le fardeau. Allégeons la chargedu cheval. || 3“ Fig. Alléger les contribuables. Al-léger les charges publiques. || 4° Fig. Calmer, ren-dre moins vif. Alléger la douleur de quelqu’un.|| 5“ S’alléger, v. réfl. S’alléger d’une partie de sonfardeau. || Devenir plus léger, moindre. Ma douleurs’est un peu allégée. Volontiers les ennuis s’allégentaux discours, Régnier, Dial. || 6° En termes degraveur, alléger la main, faire une hachure ou untrait plus léger dans un endroit que dans l’autre.|| Terme de marine. Dans une manœuvre courante,synonyme d’AFFALER. || En termes de menuiserie,rapetisser, diminuer. || En termes de manège, allé-ger ou allégérir un cheval consiste, de la part ducavalier, à porter son corps en arrière, à rapprocherles jambes et à tondre les rênes, afin que le chevalallégé entame plus facilement le chemin.

— HIST. xi” s. Qui faus jugement fera, seit en laforfeiture le rei, s’il ne pot alejer [justifier] que plusdreit faire ne sout [sut], L. de Guill. 4<. || xn” s.Alegiez moi mes maus et mes doulors, Coud, vu.|| xiii” s. Et prier mult dévotement, Que Dcus ale-gastlur torment, marie, Purgatoire, v. <473. Qu’ilne quidast toz jors morir, quant il ne la veoit; etquant il la veoit, si alejoit un poi de ses douleurs,merlin, ms. 7<70, f° 68,recta.Li laz entor le col [il]serra, Et avec furent li dui piez, De quoi auques fualigiez,Que maintenant fust estranglez, Ren. 2<548.Les paniers a bien soufraichiez, Si lésa auques ale-giez Quedeusgranz anguillesenporte, ib. 882 . Et Re-nartle governail serre, Si l’a bien à terre apoié, EtYsengrin mist hors le pié Et de son cors la nef alie-ge, ib. 23023. Le veoir [le bouton] sans plus et l’o-dor M’alegeoient moult ma dolor, la Rose, <740.Li sires y doit métré conseil, car autrement por-roient-il carquier [charger] autres, por eus alegier,beaum. xxv, <6. Li vomirs espurge les malvaises hu-meurs ki à l’estomac sont contraires, et aliege le [la]tieste, alebrant, f° 20. || xiv” s. Quant les infortu-nés sont tristes, leur tristece est alegée par ce queleurs amis se contristent et doutaient avecques eulz,oresme, Eth. 289. || xv” s. Cela allégé le cueur [deparler à un ami]. comm. v. 5. || xvi” s. Quelquefoisles docteurs anciens exhortent les pécheurs de con-fesser leurs fautes à leurs pasteurs, afin d’en estreallégez, calv. Instit. eoe.Des souliers aux semellesplombées, pour s’alleger au courir et à saulter,mont, ii, <7. Le lion, se sentant allégé de son malet soulagé de cette douleur, id. u, <93. En moy, laproximité n’allege pas les defaults, elle les aggraveplustost, id. iv, 96. Dire son mal allégé la douleur,RONS. 631.

— ÉTYM . Provenç. aleviar; ital. alleviare, alleg-giare; espagn. aleviar, aliviar; du latin al 1er are,de al pour ad (voy. À), et de levis, léger (voy. lé-ger).

f ALLÉGÉRIR (a-lê-jé-rir), v. a. Voy. alléger.

ALLÉG1, IE (a-lé-ji, jie), part, passé.

ALLÉGIR (a-lé-jir), v. a. || 1° Terme d’arts et mé-tiers. Diminuer en tous sens le volume d’un corps.Allégir une poutre. Allégir un châssis. || 2° Termede manège. Rendre un cheval plus léger du devant.|| 3° Terme de serrurerie. Rapetisser, aiguiser.

ALLÉGORIE (al-lé-go-rie), s. f. || 1” Sorte de mé-taphore continuée, espèce de discours qui est d’a-bord présenté sous un sens propre, et qui ne sertque de comparaison pour donner l’intelligence d’unautre sens qu’on n’exprime point. Quand Pytlia-gore disait : N’attisez point le feu avec l’épée, il vou-lait dire : Ne donnez pas des armes à des gens encolère; il ne défendait pas d’employer une épée pourattiser son feu. La religion se tournait en allégories,boss. Hist. ii, <2. L’allégorie habite un palais dia-phane , lemierre. || 2° Ouvrage dans lequel on repré-sente un objet pour donner l’idée d’un autre. L’apo-logue et la parabole sont des espèces d’allégories. Ilfait une allégorie de ce livre à celui de l’Apocalypse,pasc. Prov. 5 .

— ÉTYM . ’A).Jnï°P' a , de àXloc, autre, et àyopEïv,dire ; dire autre chose que ce qu’on parait dire."AXXoç, alius, autre, ont même radical (voy. ah-