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amours, rac. Bér. i, 4. Pâris n’ignorait aucune deses amours [d’Hélène] quand il lui sacrifia les sien-nes, p. l. coubier, i, 4t. Continuez vos amoursavec eux tant qu’il vous plaira, mol. les Préc.ridic. te.|| Il se dit aussi dans ce sens au plur. m. Et mespremiers amours, et mes premiers serments, volt.Œdipe, n, 2 . Ces dieux justes vengeurs des mal-heureux amours, del. JÉnéide ,iv. Et l’onrevient tou-jours À ses premiers amours, Étienne , Joconde . Vientun danseur, nouveaux amours, bérang. Les cinqétages. || 2° Locutions diverses. Faire l’amour, courti-ser, être en commerce amoureux. Ah ! lâche, fais l’a-mour et renonce à l’empire, rac. Bérén. iv, 4. Non,non, faites l’amour, et vendez aux amants Vos ac-cueils;... Régnier, Sol. xin. Comme en faisant l’a-mour on sedoit maintenir, id. Epit. i. Qui fussent re-tournésunjour XMycènes faire l’amour, malh. vi, 1 7.Qu’ils viennent vous faire l’amour, mol. Prie. ta.Du temps qu’il faisait l’amour à Mme sa femme, hà-milt. Gramm. 1 1 . Il faisait l’amour avec Mlle de N....sév. 634. Il est peu à craindre qu’ils ne sachent pasfaire l’amour sans lui, j. i. rouss. Ém. v. Est-ce quevous croyez qu’on puisse faire l’amour sans proférerune parole? volt. Microm. 6. Raimond fit publique-ment l’amour à cette princesse [Eléonore, femme deLouis le Jeune ], volt. Moeurs, 65. || Familièrement.Filer le parfait amour, s’aimer longtemps et con-stamment. La maison de Mme de Mortagne tombafort; ils [M. et Mme de Mortagne] s’en consolèrentpar l’abondance et par filer le parfait amour, st-sim. 63, t39. || C’est un vrai remède d’amour, sedit d’une femme fort laide. || En termes de cul-ture, la terre est en amour, elle est dans un étatpropre à la végétation. || Être en amour, se ditdes femelles des animaux, et signifie être en cha-leur. || Maison d’amour, maison de filles. On trouvedans Paris d’autres maisons d’amour, régn. Sat. xi.|| 3° En général, affection profonde. L’amour desparents pour leurs enfants. Pour un fils jusqu’oùva notre amour, rac. Andr. m, 4. Ne vous assurezpoint sur l’amour qu’il vous porte, id. Mithr. 1 , 6 .Même de mon amour craignant la violence, Autantque je le puis, j’évite sa présence, id. Athal. i, 2 .Pour le sang de nos rois vous savez son amour, id.ib. n, 6. Son amour [de la fortune pour certainesfemmes] est fragile et se rompt comme verre, Etfait aux plus matois donner du nez en terre, Ré-gnier , Sat. xiv. J’assigne l’envieux cent ans aprèsla vie, Où l’on dit qu’en amour se convertit l’envie,id. ib. xv. || Au féminin. L’empereur qui lui montreune amour infime [à Sévère], id. Poly. i, 4. Excu-sez l’ardeur d’une amour fraternelle, id. Hor. i, 6. Lebaiser d’amour fraternelle, la font. Fdb. n, <6.C’est à bon droit Que, seul entre les tiens, paramour singulière, Je t’ai toujours choyé.... id. ib.vhi, 22 . Cette amour est extrêmement bonne, pasc.Pass. <39. || Pour l’amour de quelqu’un, par af-fection, par considération pour lui. Il le fit pourl’amour de moi. Je me purgerai pour l’amour devous, sév. 382. || Amour de Dieu , amour que lacréature doit porter à son créateur. L’âme est faitepour Dieu , et c’est à lui qu’elle devait se tenir atta-chée et comme suspendue par sa connaissance etpar son amour, boss. La Vaîlière, Profession .
|| Pour l’amour de Dieu , dans la seule vue deplaire à Dieu , sans aucune vue d’intérêt; et aussi,ironiquement, sans soin, mal. Cela est fait pour l’a-mour de Dieu , cela est mal fait. || Ironiquement.Comme pour l’amour de Dieu , se dit pour exprimerune chose faite à contre-cœur, avec lésinerie. || 4° Enparlant des choses, sentiment vif, attachement qu’onéprouve pour une chose. Amour du plaisir, dujeu. Sil’amour des grandeurs, la soif de commander.... rac.Athal. m, 3. C’est l’amour des grandeurs qui vousrend importune, corn. Cinna, iv, 4. Tout ce quej’ai d’amour pour la vertu, fén. Tél. iv. Elle a misson amour à la dévotion, Régnier , Sat. xm.... quel-que excès d’amour qu’il porte à notre bien, malh.ii, i. || Au féminin. Une certaine amour natu-relle qu’on a pour ses sentiments, vaugel. Q. C.vn, 4. L’amour du bien lui était assez naturelle, st-évrem. n, 183. || Absolument. Nos peines ne devien-nent si douloureuses que par les attachements ou-trés qui nous liaient aux objets perdus.... l’excès denos afflictions est toujours la peine de nos amoursinjustes, mass. Avent, Afflict. La nature a mis ennous des haines et des amours, id. Car. Offenses.Telle est la première source de nos amours et de noshaines : l’injustice et la bizarrerie de notre goût,id. ib. Pour que deux hommes soient parfaits amis,il faut qu’ils aient des opinions opposées, des prin-cipes semblables, des haines et des amours diverses,chateadb. Génie, n, ni, <■ Il semblait quetoutesles
amours du peuple romain fussent courtes et malheu-reuses, perrot d’abl. Tacite, 97. || Dans le langagedes arts. Cet ouvrage est fait avec amour, l’artistes’est complu à le faire. || 5° Objet aimé. J’ai vu monamour;mais son visage était pâle, chateaub. Dargo,chant i. De quel ennui secret ton âme est-elle atteinte?Me dis-tu : cher amour, épanche ta douleur, lamart.Méd. ii , 4 0. S’il parle à de certaines filles Dont il fitlongtemps ses amours, bérang. Av. deBagn. Enfant,rêve encore! Dors, ô mes amours! v. hugo, F.d’aut. 20. Les rois qui avaient été l’amour de leurspeuples, fén. Tél. xm. Et fussiez-vous du monde etl’amour et l’effroi.... corn. Nicom. i, 4. Cette Esther,l’innocence et la sagesse même, Que je croyais duciel les plus chères amours, rac. Esth.nt, 4.Unjeunelis, l’amour de la nature, id. Athal. n, 9. || M’amourpour ma amour, au féminin. Terme caressant dont onse sert envers son mari, sa femme, sa fille, sa maî-tresse. Allez, m’amour, et passez chezvotre notaire,afin qu’il expédie ce que vous savez, mol. Mal. imag.n, 8. || 6 ° L’Amour, les Amours, divinités de la Fa-ble. L’Amour n’enfante que des larmes; Les Amourssont frères des ris, v. hugo, Odes , iv, 2. Fuyez,fuyez, oiseaux d’un noir présage; Cette nacelle ap-partient aux Amours, bérang. Comm. du Voyage. Jevousrevois ; et le temps, trop rapide, Ternit ces yeuxoù riaient les Amours, id. Déesse. Dans une taillecontrefaite, mais qui s’apercevait peu, sa figure [deMme la Duchesse] était formée par les plus tendresAmours, st-sim. 206, 22. || Fig. et familièrement.C’est un amour, se dit d’une jeune femme très-jolie,d’un enfant très-joli, et aussi de quelque objet très-joli. || 7° Amour de soi, sentiment naturel qui attachechaque homme à ce qui lui est personnel. L’amourde soi est irrépréhensible, utile, et content quandnos vrais besoins sont satisfaits. Ce sont deuxsortes d’amours qui sont ici toutes choses : l’un estl’amour de soi-même poussé jusqu’au mépris deDieu , c’est ce qui fait la vie ancienne et la vie dumonde ; l’autre, c’est l’amour de Dieu poussé jus-qu’au mépris de soi-même, c’est ce qui fait la vienouvelle du christianisme, et c’est ce qui, étantporté à la perfection, fait la vie religieuse, boss.La Vaîlière, Profession . || 8 ° Amour-propre,amour de soi, considéré comme un sentiment ex-cessif pour soi et de préférence sur les autres; opi-nion avantageuse de soi-même. Cet homme est pé-tri d’amour-propre. C’est [l’amour de la patrie] unvéritable amour-propre, st-évrem. ii, 399. Depuis,le péché étant arrivé, l’homme a perdu le premierde ses amours [l’amour pour Dieu ] ; et l’amour poursoi-même étant resté seul dans cette grande âmecapable d’un amour infini, cet amour-propre s’estétendu et débordé dans le vide que l’amour de Dieu a laissé; et ainsi il s’est aimé tout seul, et touteschoses pour soi, c’est-à-dire infiniment : voilà l’ori-gine de l’amour-propre, pasc. Pensées, part, u,art. 18. Faut-il que l’amour-propre aveugle les es-prits ! la font. Fab. iv, 2. L’amour-propre est le plusgrand de tous les flatteurs, la rochef. Réflex. 2. Notreamour-propre souffre plus impatiemment la condam-nation de nos goûts quedenosopinions,iD. ib. 13.Sil’amour-propre était un peu plus délicat, on ne com-pterait pour louanges que celles qui auraient de pa-reils assaisonnements, fonten. Dodart. L’hommeque vous voyez si attaché àlui-même par son amour-propre, n’apas étécrééavecce défaut, boss. ta Vall.|| 9° En peinture, amour, un certain duvetquirendla toile très-propre à recevoir la colle. || 10°En maçon-nerie , espèce d’onctuosité que le plâtre laisse dans lesdoigts. || 11° Jeu de l’amour, sorte de jeu qui res-semble au jeu de l’oie, et qui se joue avec des ta-bleaux et des dés. || 12° En termes de fauconnerie,voler d’amour se dit des oiseaux qu’on laisse voleren liberté, afin qu’ils soutiennent les chiens.
|| 13° Amour en cage, s. m. Terme de botanique.Nom, dans certaines localités, de l’alkékenge et deson fruit. || Pomme d’amour, tomate. || Proverbes. Iln’y a pas de belles prisons ni de laides amours.
|| Froides mains, chaudes amours; la fraîcheur désmains passe pour annoncer un tempérament ardent.
— REM. 1. Amour, suivi d’un complément depersonne, se dit de celui qui éprouve l’affectionet de celui qui l’inspire : Une mère entourée de l’a-mour de ses enfants ; ce sont les enfants qui ai-ment. Cette mère inspirée par un amour aveugle deses enfants; ce sont les enfants qui sont aimés.
|| 2. Amour a été masculin et féminin dans les deuxsiècles derniers. Aujourd’hui il n’est susceptible derecevoir les deux genres que quand il signifie lapassion d’un sexe pour l’autre ; ailleurs il est mas-culin. L’Amour, dieu de la Fable, est toujours mas-culin. Amour au singulier n’est féminin qu’en poé-
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sie. Au pluriel, il est féminin non-seulement enpoésie, mais dans le parler ordinaire et dans cer-taines locutions. Des grammairiens ont réclamécontre la conservation de ces deux genres, disantqu’il est temps de ramener partout'le singulier etle pluriel au même genre. L’Académie ne prendrapas un tel parti, et il serait fâcheux qu’elle le prît ;car cela ferait aussitôt considérer par le gros deslecteurs comme des fautes les passages de nos au-teurs où amour est du féminin, grave dommagepour leur mémoire et pour notre plaisir, commeon le voit en plus d’un cas où le rigorisme malentendu des grammairiens l’a emporté. Amour auféminin est un archaïsme; amour, venant de amor,était féminin dans l’ancienne langue, comme tousles noms ainsi dérivés l’étaient et le sont encore :douleur, peur, etc. L’ancien français avait un excel-lent substantif, amorie, substantif féminin, pourexprimer le règne d’amour, les choses d’amour. Cemot est regrettable.
— SYN. 1 “ AMOUR DE SOI, AMOUR-PROPRE. Aucunedistinction entre ces deux termes n’existait au xvii*siècle, qui confondait dans une commune réproba-tion l’amour de soi et l’amour-propre. Mais depuison a distingué entre ces deux expressions : l’unen’implique aucun blâme et indique simplement l’in-térêt légitime qu’un homme prend à soi-même; l’au-tre indique que l’amour de soi tend à passer lesbornes et à s’approcher de l’égoïsme. || 2° amour,amourette. La différence qu’il y a du sérieux au ba-din, à l’égard d’un même objet, fait celle de l’amouret de l’amourette. Celle-ci amuse simplement, et ce-lui-là occupe, guizot.
— hist. ix" s. Pro Deo amur, Serment . J| xi" s.Serai ses hom par amur et par feid, Ch. de Roi.vi. La tue amurz me seit hui en présent, ib. ccxxiv.|| xii e s. Rolant respont, si le dit por amor, Ronc.p. 44. Por itex cops [il] vous a s’amor donée, ib.p. 66. Pour amorDeu, pourquoi me rampoinez? ib.p. 8). Tout par amor [de bonne volonté] [elle] pren-dra la loi saintie, ib. p. 148. Las! quel amor à duelest départie [séparée], ib. p. <63. Nule chançon nem’agrée S’el ne vient de fine amor, Coud, i. Tants’est amours affermée En mon cuer à long sejor, ib.i. Bien [je] cuidai vivre sans amour Dès or en paistout mon aé [âge], ib. ni. Et vous, seigneur, quipar amours amez, Faites ainsi, se jouir en voulez, ib.xiv. N’est pas amors dont on se peut mouvoir, ib.xviii. Ainçois me dout [je crains] qu’en trestoutmon aage [je] Ne puisse assez lui et s’amour servir,ib. xix. Lors recommencent leur premières amors,Romancero, p. 6t. Fait li dune sainz Thomas: tuznus estuet mûrir ; Ne pur mant de justise ne meverrez fléchir; E pur l’amur de Deu voil la mortsustenir, Th. le Mart. 143. || xm* s. [Dieu ] Veuillezque vostre mere m’ame de s’amour doue [doue monâme de son amour], Berle, xxxni. L’amour [amitié]que m’avez faite vous soit de Dieu rendue, ib. lii.De mauvaise marastre est l’amour moût petite, ib.liv. D’amour et de désir tout Ii cuers lui esprent,ib. ex. Que fine amors a pris au las, Chanson dansBerte aux gratis piés. Et fit semonre ses amis et sesfievés et par homage et par amours, et assembla sigrant ostquecefumervelles, Chr. de Bains, <75. Ciest le Rommant de la Rose Où l’art d’Amors est toteenclose, la Rose, titre. Carchascun qui de ses amorsOitparler, moult s’en esbaudist, ib. 2686. Mais dela foie amor se gardent, Dont li cuer esprennent etardent, Et soit l’amor sans convoitise Qui les fauscuers de prendre atise, ib. 4609. Se li lais [legs] liavoit esté fes por aumosne ou por amor carnele, lilais seroit de nule valeur, beaum. xii, 45. Ci vouspri, que vous metés votre cuer à ce pour l’amour deDieu et de moi, joinv. <94. || xiv* s. Et à ceste ma-niéré d’amisté attraient aucuns la foie amour de deuxpersones, des queles une est bele et l’autre estlaide, oresme, Eth. 244. Amour n’oheist pas àcrainte; Ne nullui n’aime par contrainte, bruyant,dans Ménagier , t. ii, p. 22 . || xv" s. Si le ferit tan-tost une estincelle de fine amour au cœur, froiss.I, i, <65. [Le roi d’Angleterre annonce aux baronsson intention de fonder un ordre de chevalerie.] Silui accordèrent bernent, pour ce que leur sembloitune chose honorable, et où toute amour se nourri-rait, id. i, i, 2< 3. Il laissa au pays de Flandres deuxcomtes, sages chevaliers et vaillans, pour tenir àamour les Flamands , et pour mieux montrer queleurs besognes estoient siennes, id. i, i, 97. El luiavoit fait ledit roi plus d’amour et de courtoisie enprison qu’il ne fit au dit messire Hervey, id. i, i,212. Et pour ceste cause n’y avoit nube amour en-tre les deux [le duc de Bourgogne et le comte deSaint-Fol], comm. ii, 6. Qui à la fois dit de bons