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dre leur course, d’aob. Ilist. n, (36. II despeschaau comte du Ludde pour faire marcher les partiesqui restoient de l’entreprise, comme ceci n’estantque l’amorce, id. ib. 170. Et au lieu qu’on envoiecommunément, quelques sergens et harquebusierspour faire brusler l’amorce, à ce mestier furent em-ployez trente gentilshommes, id. ib. il, 280. Il lesfalut netoier à la merci des canonnades, desquelleson eschapoit une partie par le moien d’une clochettequi sonnoit quand l’amorce brusloit, id. ib. ni, 144.Ledit seigneur se voulut venger, parquoy dressaune amorse [piège, embuscade] à ceux de la ville,H. DU BELL. 117.
— ÉTYM . Amors, participe passé de l’ancien verbeamordre, mordre à; proprement, chose à laquelleon mord; wallon , amoise, amorce dans le sens depierre d’attente; le simple est dans l’italien , morsa,pierre d’attente. Dans le xvi* siècle, on disait es-morce à côté de amorce. Le provençal a amorsar,amorsar, amorcer, amorsamen, amorcement; cequi suppose un substantif amorsa. L’orthographeamorce est mauvaise; il faudrait écrire amorse. L’A-cadémie devrait faire ce changement, autorisé d’ail-leurs par d’anciennes orthographes en français ouen provençal .
AMORCÉ, ÉE ( a-mor-sé, sée ), part, passé.|| 1° Garni d’une amorce. Une ligne amorcée.j| 2° Attiré. Les poissons amorcés par l’appât qu’onjetait. Les hommes amorcés par les plaisirs.
f AMORCEMENT (a-mor-se-man), s. m. L’actiond’amorcer. L’amorcement d’une ligne.
— ÉTYM . Amorcer; provenç. amorsamen.
AMORCER ( a-mor-sé. Le c prend une cé-dille devant a et o ; amorçons, j’amorçai), v. a.|| 1“ Garnir d’amorce. Amorcez vos hameçons, voslignes. Amorcer un fusil, un pistolet, une mine.Quand le pêcheur amorce l’eau, le poisson vient,j. i. rouss. Ém. iv. || Absolument. Amorcer. Vousn’aurez pas le temps d’amorcer. || 2° Attirer avec del’amorce. Amorcer des poissons, des oiseaux.|| 3° Fig. Attirer, par des choses qui flattent, lessens ou l’esprit. Amorcer par des récompenses. Lepremier sang versé rend sa fureur plus forte ; Il l’a-morce, il l’acharne, il en éteint l’horreur, corn.Nicom. v, 4. Vos raisons, comme vous, sont de sipeu de force, Que, loin de m’arrêter, cet obstaclem’amorce, rotrou, Antig. in, 5. ||4° Amorcer sedit, en physique, de l’action de faire le vide dansun siphon pour y déterminer l’ascension du liquidequ’on veut transvaser. || Amorcer une pompe, y ver-ser un peu d’eau, afin qu’elle puisse marcher; cela estnécessaire dans une pompe qui fait air par de pe-tites fissures. || 5" Technologie. Tremper une plaquede cuivre dans une forte dissolution d’or, de platineou d’argent. || Commencer à percer, dans une piècede fer ou de bois, un trou, qu’on achève avec la ta-rière ou le laceret. || Aplatir un morceau de ferà l’undes bouts, comme un coin.
— hist. xvi‘ s. Mais ces fols qui leur font hom-mage, Amorcez de vaines douceurs, Ne peuventsentir le dommage Que traynent ces mignardessœurs, dubell. iii, 91, recto. Il prend une pistoletoute preste, bandée et amorcée, càrl. x, 12 .
— ÉTYM . Amorce; provenç. amorsar, amorsar.Le vieux français avait amordre, qui voulait diremordre à, attirer. L’orthographe amorser ait pré-férable (voy. l’étymologie d’ amorce).
f AMORCEUR (a-mor-seur), s. m. Celui quiamorce.
— HIST. xvi" s. Tant y a que cette amorce futbruslée [on attira au combat], et les amorseurs def-faits, d’aub. Hist. h, 1 C 8 .
AMORÇOIR (a-mor-soir), s. m. || 1° Terme d’artsmécaniques. Outil dont l’artisan qui travaille en boisse sert pour commencer les trous. Synonyme d’é-bauchoir, qui est plus usité. || 2° Petit instrumentdont on se sert pour amorcer les fusils à piston.
f AMOROSO (a-mo-ro-zo), adv. Terme de musi-que. Indique une expression tendre et gracieuse etun mouvement un peu lent.
— ÉTYM . Ital. amoroso, amoureux (voy. cemot).
f AMORPHE (a-mor-f), adj. Terme didactique.Qui n’a pas de forme déterminée.
— ÉTYM . ”Ap.op 9 o<;, de à privatif, et gopsT], forme(voy. MORPH....).
f AMORPIIIE (a-mor-fie), s. f. Terme didactique.Absence de forme déterminée, difformité, désordredans la conformation.
AMORTI, IE (a-mor-ti, tie), part, passé. Balle
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amortie. Le coup amorti par les vêtements. Hainesamorties par le temps. L’inimitié qui règne entrenos deux partis N’y rend pas de l'honneur tous lesdroits amortis, corn. Sertor. ni, 2 . Htlas! il con-sultait de mettre bas les armes; Et déjà son cour-roux était presque amorti, rotrou, Antig. m, 7. Etjurant que la flamme est du tout amortie, Régnier,Élég. h. Les passions amorties dégradent les hom-mes extraordinaires, dider. Pens. phil. 9. Quand lafougue de la jeunesse sera amortie, volt. Ingénu,1 3. Quand de nos jeunes ans l’éclat est amorti, mol.Mis. iii, 6. Je vois de votre teint les roses amorties,id. Psych. iv, 3.
AMORTIR (a-mor-tir), v. a. || 1" Rendre commemort, c’est-à-dire rendre plus faible, moins vif,moins violent, moins dur. Ùn barrage amortissait laforce du courant. Amortir un choc, une chute. Amor-tir l’éclat de la lumière. L’âge amortira l’ardeur despassions. L’esprit ? C’est un feu qu’une maladie etqu’un accident amortissent, fléch. Jfont. Mille chosesque le temps devrait avoir amorties, sév. 26 . || Enparlant des herbes, leur faire perdre leur âcreté.Amortir ou faire amortir des herbes, du céleri.|| Rendre la viande plus tendre. Certaines viandesont besoin d’être amorties. || 2" En termes de finan-ces, racheter une dette, une rente, une redevance.|| 3° Autrefois, donner aux mainmortables le droitde devenir propriétaires. 11 Donner un bien sous lacondition qu’on sera nourri jusqu’à la mort par ledonataire. || Dans l’anciennejurisprudence, amortirun héritage, diminuer les droits, profits et revenusqui en dépendent. || Amortir la foi et hommage, sefaire décharger de la foi et hommage, à la charge dequelque autre redevance. || 4“ En termes de marine,ôter à un bâtiment sa vitesse par un moyen quel-conque. || V. n. Rester échoué pendant le reflux.|| 5° S’amortir, v. réfl. Devenir amorti. Son ardeurs’est promptement amortie. Ce nectar où tes feuxs’amortissent, Béranger, Bacchante.
— HIST. xiii* s. Li cos, qui erttouz amortez, Quantil senti laschier la bouche, Bâti ses eles, si s’entouche Et vint volant sur un pomier, Renart, 1686 .Car ains qu’ele en poüt cheoir, Tost en porroit, sansresortir, La Rose du tout amortir, la Rose, 16628.Paor a que no Franc n’aient perdu la vie ; Poignants’en vient aus murs de la cité antie, Nostre gent itrova dolente et amortie : Devant eus gist l’eschielequi estoit depecie, Ch.d’Ant. vi,8i4.Tel uzagequisont amorti se passeroient par amende du meffet,beaum. xxiv, 16 . Li tiers cas, qui apartient àsainteEglise, si est de toz les biens et de toutes ammos-nes qui sont données, ammosnées ou amorties, porsainte Eglise servir et soustenir, id. xi, 4. Tout soitli héritages venus de lor sers , ce que li serf deséglises aquierent ne demeure pas amorti as églises,s’il n’est otroié du souverain, id. xlv, 33. ||xiv" s.[La mort] L’assailli tellement qu’il n’ot ne cuer neveine Qui ne fust amortis ains la sepmaine pleine,Guescl. 22677. || xv* s. [Le maître médecin] amortittout ou en partie le venin qu’il avoit pris et reçu,froiss. 11,11,70. || xvi*s. Uamortitl’inimitié qu’ilavoitportée contre ce duc [sa propre inimitié], mont, i,2. En moins de rien lui furent, que vuidés, queaccordés, que amortis, deux ou trois cents procès,des per. Contes, xxxvi. Toutes ces envies, toutesces haines et detractions à l’encontre de Marius,furent Lien tost après esteinctes et amorties parle grand danger qui survint à toute l’Italie du costédu ponent, amyot, Marius, 16 . Sa gloire et sonauthorité s’alloit petit à petit anéantissant et amor-tissant par trop demourer en paix sans rien faire,id. Marius, 66. La lassitude du corps amortissoitl’aise et le contentement de l’esprit, id. Aratus , 27.Les privilèges que quelques uns avoient de ne con-tribuer pas esgallement aux levées du pays, c’estoitque, par une somme une fois levée, ils vouloientamortir toutes ces choses, d’aub. Hist. i, 362. Sipour telles choses les porreaux ne s’amortissoient,on les touchera d’huile de vitriol, paré, v, 2t.Quelques fois on trouve les viperes si surprises defroid qu’elles demeurent toutes amorties et immo-biles, comme si elles estoient gelées, id. xxiii, 6.Ce qui attise ou amortit le feu, rons. 820.
— ÉTYM . Bourguig. émoti; provenç. amortir,amortar, amorsar; anc. cat. amortir; ital. ammor-tire, ammortare; de d et mort. L’ancien français avait aussi amorter.
AMORTISSABLE (a-mor-ti-sa-bl’), adj. Terme definances. Qui peut être amorti. Rente amortis-sable.
AMORTISSEMENT ( a-mor-ti-se-man ) , s. m.|| 1* Action d’amortir, d’affaiblir. L’amortissement du
coup. L’amortissement des haines. 112° Faculté don-née autrefois aux mainmortables de devenir proprié-taires. || 3° Rachat d’une rente, d’une pension, d’uneredevance, etc. Amortissement de la dette publique.Cette confiscation était une espèce de droit d’amortis-sement pour le prince des taxes qu’il levait sur lesJuifs, montesq. Fsp. xxi, 20 . || Caisse d’amortisse-ment, caisse établie pour l’extinction graduelle de ladette publique. || Fonds d’amortissement, fonds des-tinés à l’amortissement d’une rente. |j 4° En termesd’architecture, ce qui termine, ce qui finit le com-ble d’un bâtiment. || 6° Amortissements, les cavetsrenversés qui couvrent des corniches, des croiséeset des portes extérieures, pour les garantir de lapluie. || 6° En termes de marine, état d’un bâtimentqui est amorti.
— hist. xv* s. Lesquelz il renta moult riche-ment par amortissement perpétuel, christ, de pi-san, Charles V , ni, ch. 11 . || xvi* s. L’amortisse-ment [droit pour ce qui passe en mainmorte] de cequi est tenu immédiatement du roi s’estime à lavaleur du tiers de la chose, loysel, 78. Peu detemps après ils apperceurent bien que ce partagen’estoit point amortissement d’inimitié, ains plustost commencement de querelles et de dissensionsentre eulx, amyot, Pyrrh. 23.
— ÉTYM . Amortir ; provenç. amortissamcnt,amortcsimen; espagn. amortecimiento.
f AMOUILLE (a-mou-11’, Il mouillées), s. f. Nomvulgaire du premier lait fourni par une vache quivient de vêler.
f AMOUILLER (a-mou-llé, Il mouillées), v. n. Ilse dit d’une vache qui est sur le point ou qui vientde vêler.
f AMOULER ( a-mou-lé ), v. a. Technologie.Passer sur la meule, aiguiser, affiler.
— ÉTYM . i et meule (voy. meule).
AMOUR (a-mour),s. m. || 1°Sentiment d’affectiond’un sexe pour l’autre. Êprisd’amour. Brûlerd’amour.Un secret amour. Un amour partagé. L’amour des fem-mes. Lettre d’amour. Un amour violent aux raisonsne s’amuse, Régnier , Élég. n. En amour l’innocenceest un savant mystère, id. Sat. xm. Chloris et moinous nous aimions d’amour, la font. Quipr. En unhabit à donner de l’amour, id. Or. Le duc de Riche-mont mourait d’amour pour elle, hamilt. Gramm.9. Seigneur, l’amour toujours n’attendpas la raison,rac. Brit. n, 2 . L’amour n’est pas un feu qu’on ren-ferme en sonâme; Tout nous trahit, rac. Andr. n,2 . Â peine cependant Bajazet m’a parlé; L’amour fitle serment, l’amourl’a violé, m. Baj. m, 6. L’amourle plus discret Laisse par quelque marque échappersonsecret, id. ib. in, 8. Un véritable amour brave lamain des Parques, corn. Hor. iv, 4. L’amour entreles rois ne fait pasl’hyménée, id. Nicom. n, 4. L’a-mour au désespoir fait gloire encor d’aimer, id.Agésïl. IV, 7. L’amour est un tyran qui n’épargnepersonne, id. Cid, v, 4. Il n’y a point, dans lecœur d’une jeune personne, un si violent amourauquel l’intérêt ou l’ambition n’ajoute quelque cho-se, la bruy. 3. |1 Au féminin. Mais j’ai grand’peur, enfin, que l’amour soit plus forte, Régnier,Élég. il. Il disait qu’il m’aimait d’une amour sansseconde, mol. Éc. des F. a, e. Vous ne pouvez ai-mer que d’une amour grossière, id. Femmes sav.iv, 2. J’ignore le destin de mon amour ardente, id.le Dép. iv, 3. L’aimes-tu d’une amour qui soit si vio-lente? id. Mélic. 1 , 2 . C’est l’amour, jointe à la tris-tesse, qui cause la plupart des larmes, desc. Pass.117. Qu’une première amour est belle! Qu’on apeine à s’en dégager I Et qu’on doit plaindre uncœur fidèle, Lorsqu’il est forcé de changer! quin.Atys, iv, i .Outre que tant d’amour vous serait impor-tune, la font. Joconde . Votre amour de la mienneeût dû se défier, rac. Baj. v, 6. Amour ignorée,id. Brit. i, 1. De l’amour la plus tendre et la plusmalheureuse, id. Bérén. v, 7. Avant que dans soncœur cette amour fût formée, id. Baj. i, 4. Ne l’apoint averti de votre amour nouvelle, id. ib. iv, 5.Possédant une amour qui me fut déniée, id. Mithr.m, 6. Sur la foi d’une amour si saintement jurée,id. Andr. ii,i. Tant d’amour n’en peut être effacée,id. Bér. iv, 5. Si d’une égale amour votre cœur estépris, volt. Zaïre, i, 2. Que vos destins.... Coulenttoujours trempés d'ambroisie et de miel, Et nonsans quelque amour paisible et mutuelle, A. chén.92 . || Au plur. f. De mutuelles amours. Je redoutaidu roi les cruelles amours, rac. Mithr. i, 1. Il dés-honora son règne par ses amours monstrueuses,boss. Hist. i, 10 . || Commerce amoureux. Mais cen’est pas assez expier vos amours, rac. Bérén. v, 6.N’allez point par vos pleurs déclarer vos amours,id. Baj. i, 4. L’hymen va succéder à vos longues