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Terme de physique. Qui grossit. Le pouvoir ampli-fiant d’une loupe.
AMPLIFICATEUR (an-pli-fi-ca-teur), s. m. Celuiqui amplifie. || Il se prend en mauvaise part.
— ÉTYM. Amplificator , de amplificare, amplifier(voy. amplifier).
f AMPUFICATIF, IVE (an-pli-fi-ka-tif, ti-v’),adj. Terme d’optique. Qui sert à amplifier. Le pou-voir amplificatifdes lunettes astronomiques.
AMPLIFICATION (an-pli-fi-ca-sion ; de six sylla-bes en vers), s. f. || 1° Terme de rhétorique. Figurequi consiste à amplifier ce que l’on dit, par l’énumé-ration des détails. [| 2° Le plus souvent,au moyen decette figure, développement d’un texte, d’un sujet.|| 3° Devoir où un élève développe un texte, un sujetdonné. Amplification française . Amplification latine.|| 4“ Augmentation du volume apparent des objets,à l’aide des verres et des lunettes.
— ÉTYM. Amplificatio , de amplificare, ampli-fier.
AMPLIFIÉ, ÉE (an-pli-fi-é, ée), part, passé. Ré-cit amplifié.
AMPLIFIER (an-pli-fi-é), v. a. || 1° Développerpar le discours. Amplifier une pensée. L’un écri-vait sous sa dictée [de Napoléon ] les phrases am-poulées dont il amplifiait ses ordres du jour, p. l.courr. Lett. ii, 240. || 2° Exagérer. Amplifier unenouvelle. || 3° En optique, grossir, en parlant desverres, des lunettes. Ce microscope amplifie beau-coup les plus petits corps. On est parvenu à fairedes objectifs qui amplifient considérablement.
—hist. xvi* s. Heraclides amplifia la nouvelle vé-ritable de ceste prise de Rome , amyot, Cam. 39.11 al-loit soubz main amplifiant sa propre puissance, id.Agésil. 6. Il faut que promptement le chirurgienamplifie la playe, paré, ix, 3. Un corps, pour am-plifier en charnure ou gresse, n’est pas dit s’aug-menter, id. Introd. 9. L’Empereur continuoit ce-pendant sa-poursuitte de faire confermer, déclareret amplifier ceste ligue, y comprenant l’estât deGennes, m. du bell. 180.
— ÉTYM . Amplificare, de amplus, ample (voy.ample), et ficare, fréquentatif de facere, faire; pro-venç. et espagn. amplifcar; ital. amplificare.
AMPLISSIME (an-pli-ssi-m’), adj. Ancien titredonné au recteur de l’université de Paris .
— ÉTYM . Amplissimus, superlatif de amplus, am-ple (voy. AMPLE).
AMPLITUDE (an-pli-tu-d’), s. f. || 1° Etendue enlargeur et en longueur. Dans l’amplitude et immen-sité de la nature, pasc. édit. Cousin. L’un est forceet l’autre est amplitude, id. Géom. ||2“ Terme degéométrie. Ligne comprise entre les deux extrémitésde l’arc d’une parabole. || 3“ Terme d’artillerie. Li-gne droite qui sous-tend l’arc parabolique décrit parun projectile sortant d’une bouche à feu. L’ampli-tude du jet. || 4“ Terme de marine. Arc de l’horizoncompris entre le point où un astre se lève ou se cou-che, et l’est et l’ouest de la boussole. || 5° En astro-nomie, courbe décrite par un astre depuis le pointoù il se lève jusqu’à celui où il se couche, et dontle milieu indique le méridien.
— SYN. amplitude, portée, en parlant d’unepièce'd’artillerie. L’amplitude est la distance mesu-rée depuis la tranche d’une bouche à feu, qui esthorizontale, jusqu’au lieu où, s’il n’était arrêtédans sa course, le projectile rencontrerait le planhorizontal passant par son point de départ. La por-tée est la distance à laquelle une bouche à feu peutchasser son projectile, legoarant.
— HIST. xvi* s. Considérant après à part moy lesautres provinces selon leur amplitude, ou petitesse,jejugeois que.... lanoue, 233.
— ÉTYM . Provenç. amplitut; espagn. amplitud;,tal. amplitudine; d’amplitudo, de amplus, ample(voy. ample).
AMPOULE (an-pou-P), s. f. || 1“ Fiole, petite bou-teille. Inusité en ce sens, excepté dans la locution,la sainte ampoule, la fiole qui contenait l’huile consa-crée à l’onction des rois de France,et que l’on croyaitavoir été apportée à Saint-Remi par une colombepour le baptême de Clovis. Henri IV fut couronné àChartres et oint de l’ampoule de saint Martin, volt.Mœurs , 13. 11 2° Petite tumeur formée par la sérositéépanchée entre le derme et l’épiderme. Le roi desIndes en eut des ampoules pour quinze jours, volt.Rabyl. I. || 3° Terme de botanique. Nom vulgaire decertains renflements pleins d’air qui se voient surplusieurs espèces de fucus.
— HIST. xii* s. Pluisur rei le [St-Thomas] requièrentendreit pèlerinage, Prélat, moine reclus et maint
AMP
I enpoünage ; E ampolles reportent en seigne del|veage, Th. le Mart. 158. En semblance de vin etd’ewe fait user Deus son sanc par le mund pur lesanemes salver; En ewe et en ampoles fait par lemund porter Le sanc de saint Thomas pur li plushonurer, ib. 159. || xin* s. E fu sacrés à Rains àroi etenoinsde la sainte ampoule, queDiex envoyades ci us en terre à saint Remy, Cftr. de Rains, p. 3 .|| xv* s. C’est delà sainte ampoule dontmonseigneursaint Remi consacra Clovis premier rois chrestienqui fut en France , froiss. ii, ii, 74. || xvi* s. Depeur qu’ilne survint des pustules ou èmpoulles.... jetrouvay les endroits où avoient touché les oignonsn’avoir aucune vessies ou empoulles, paré, ix,i" Disc. Ainsi que vignerons qui ont ès mains l’em-poule À force de becher.... rons. 427.
— ÉTYM . Ampulla, de amp pour amb, au-tour (voy. ambe), et de olla, vase (voy. oêlaire) ;c’est-à-dire que l’ampoule est un vase à ventre ;provenç. ampola; ital. ampolla.
AMPOULE, ÉE (an-pou-lé, lée), adj. Enflé, enparlant du style. Discours ampoulé. Phrases am-poulées. Pour savoir former quatre vers ampoulés,Régnier, Sat. iv. Ni d’un vers ampoulé l’orgueil-leux solécisme, boil. Artp. i. Que devant Troie enflamme Hécube désolée Ne vienne pas pousser uneplainte ampoulée, id. ib. m. Jouet de leurs ca-resses traîtresses, de leurs compliments ampoulés,j. j. rouss. Prom. 8 .
— SYN. AMPOULÉ , EMPHATIQUE , BOURSOUFLÉ.Trois qualités défectueuses d’un style qui dépassela mesure. Emphatique marque l’exagération, et in-dique que l’on fait paraître ou briller les chosesplus qu’il ne faut. D’après Marmontel , on appelleun style, un vers, un discours ampoulé, celui oùl’on emploie de grands mots à exprimer de petiteschoses. Bousouflé exprime une rédondance degrands mots vides de sens et d’idées. On remarqueque, seul de ces trois mots , emphatique n’a pastoujours une signification défavorable ; par exemple,dans cette phrase de Bossuet : En marquant cepassage décisif, on aurait fait entendre d’abordque le terme être appelé, loin d’être diminutif,était emphatique et confirmatif.
— hist. xvi' s. Je trouvay l’autre costé tout em-poullé, paré , ix, i •* Disc. Et rapporte au logis les deuxmains empoulées, rons. 894. Maintenant que l’hy-ver de vagues empoulées Orgueillit les torrens....id. 278. Et ceux qui de gands emplombez Meurtris-soient la chair empoullée, id. 521. Les autres sonttrop empoulez et presque creux d’enfleures commehydropiques, lesquels pensent n’avoir rien faitd’excellent, s’il n’est extravagant, creux et bouffy,id. 684. Beaucoup plus empoullé que plein de ma-jesté, ID. 660.
— ÉTYM . Ampullatus, d 'ampulla, ampoule (voy.ampoulé) ; provenç. ampulhos; ital. ampolloso. Dansle xvi* siècle, ampoulé s’employait aussi pour si-gnifier affecté d’ampoules.
f AMPOULÉMENT (an-pou-lé-man), adv. D’unemanière ampoulée.
— rem. Rien n’empêcherait de se servir de cetadverbe , qui est autorisé par un ancien usage.
— hist. xvi* s. X mon commencement, quandl’humeur pindarique Enfloit empoulément mabouche magnifique..... ronsard , 126.
f AMI’OUI.ETTE (an-pou-lè-t ’),s.f. || 1° Termed’art militaire. Cylindre de saule, d’aune ou de til-leul, qui sert à fermer l’œil d’un projectile creux età en contenir la fusée. |(2° En termes de marine, sedit de deux petites fioles opposées Tune à l’autre parleur orifice, et formant un sablier dont on se sertpour mesurer la durée d’une demi-minute.
fAMPULLACÉ, ÉE (an-pul-la-sé, sée), adj. Termed’histoire naturelle. Qui a la forme d’une ampoule,d’une vessie ou d’une bouteille.
AMPUTATION (an-pu-ta-sion ; de cinq syllabesen vers), s. f. Terme de chirurgie. Opération par la-quelle on sépare du corps, avec l’instrument tran-chant , un membre, une portion d’un membre ouune partie saillante, telle que la mamelle.
— hist. xvi* s. Lorsqu’on veut faire amputationd’une jambe.... paré, x, 21. L’amputation des tes-ticules, id. Au lecteur.
—ÉTYM. Amputatio , amputation (voy. amputer).
AMPUTÉ, ÉE (an-pu-té, tée). (| 1° Part, passé. Unmembre amputé. || 2° S. m. Les amputés éprouventsouvent des douleurs dans le membre qu’ils n’ontplus. Un amputé, celui qui a eu un membre coupé.
AMPUTER (an-pu-té), v. a. Faire une amputa-tion. Amputer un membre, le sein.
— HIST. xvi* s. Si on opnnoit par le contraireque ces tumeurs se puissent amputer, il y faut pro-céder comme s’ensuit, paré, v, (7.
— ÉTYM. Amputare , de am, amb, autour, etputare, couper, tailler (voy. putatif).
f AMSCIIASPAND (a-mcha-spand’), 5. m. Termede la mythologie des anciens Perses. Les sept am-chaspands, les sept esprits purs, dont Ormuzd est lepremier, et qui, sous la direction d’Ormuzd , sontles auteurs de la création.
— ÉTYM . Zend, ameshd çpentd, de ameshd, im-mortel, et çpentd, saint.
AMULETTE (a-mu-lè-t’), s. m. Objet qu’on portesur soi par superstition, dansl’idée qu’il préserve desmaladies ou des maléfices. C’est une espèce d’amu-lette que les amants portent volontiers, J. I. rouss.Ilél. ii, 28. Théophraste raconte que Périclès malademontrait à un de ses amis certains amulettes que lesfemmes lui avaient attachés au cou, p. l. cour.Lett. n. 376.
— REM. Amulette ne se trouve dans le Diction-naire de l’Académie qu’à partir de l’édition de 1762,où il est masculin ; cependant c’est un mot plus an-cien; car il est dans d’Aubigné, qui Ta fait féminin.Chateaubriand aussi Ta fait féminin : Mon hôteavait des amulettes suspendues au cou, Itinér. 74.Des grammairiens ont demandé que, prenant enconsidération la désinence ette , qui est partout ail-leurs féminine, et l’usage, qui n’est pas assuré,on donnât le genre féminin à ce mot, contre l’éty-mologie il est vrai, mais en raison de l’analogie desdésinences.
— SYN. amulette, talisman. L’amulette est desti-né à préserver du mal, des blessures , de la mort.Le talisman est tout objet auquel des idées supersti-tieuses font attribuer le pouvoir d’exercer une in-fluence extraordinaire.
— HIST. xvi* s. La frayeur croissoit avec les arti-fices exquis des voluptés, quand monsieur le conver-tisseur y mit la main avec des amulettes plus puis-santes, d’aub. Conf. i, 7.
f AMUNITIONNER (a-mu-ni-sio-né), v. a. Pour-voir une place des munitions nécessaires.
AMURE (a-mu-r’), s.f. Terme de marine. Cor-dage fixant le point d’en bas, nommé point d’a-mure, d’une basse voile qui se trouve au vent (voy.écoute).
_HIST. xi* s. Contre le ciel [il] vait l’amure
[pointe de son épieu] tornant, Ch. de Roi.lxxxix. Du bon espieu au corps [il] lui met l’amure[pointe, lame], ib. xcvn. Charles en a l’amure [dela lance dont J. C. fut percé]; mercit Deu, ib.clxxix. Envers Carlon l’amure [de sa lance] [il] ena tournée, ib. ccxl. Du brand d’acier l’amure [il]lui présente, ib. cclxxxvii. || xvi* s. Hau! amure,amure bas, rabel. Pantagr. iv, 10.
— ÉTYM . Ital. amura, mura; grec mod. poüpa;génois, amüa; malt, mura; espagn. amura, mura.D’après Jal, de a et mura, qu’il tire de morari;mais amure veut dire proprement pointe, commeon le voit par les exemples de l’ancien français ; c’esten effet le cordage de la pointe, du coin de lavoile; l’étymologie en est inconnue ; amarre est unautre mot.
AMURÉ, ÉE (a-mu-ré, rie), part, passé. Un na-vire amuré.
AMURER (a-mu-ré), t’. a. Terme de marine. Fixerl’amure d’une voile selon l’angle qui lui fera rece-voir le vent.
— HIST. xiii* s. Il s’espée devant lui tourne.... Lapointe mist devant en som [enhaut],Bien tranchantet bien amourée, RI. et Jehan, v. 4134. || xiv* s. Parleurs malvaises langues ont tout renouvelé, Et amu-rent le roi à si très grant haine, Que nés [même]pour despit d’eux hoyoit il la reine, Girart de Ross.v. 3 H 8 . || xvi* s. Comme ceux de la caraque luicommandèrent de ameiner, il abat et amure sagrand voile tout d’un coup, et hinsant la civadiere....d’aub. Hist. n, 60. Amurerest pezer à force d’hom-mes sur les couetz d’une voile pour tenir le point dela voile sur le bord, vers le vent, fournier, Inven-taire des mots, dans jal , Glossaire nautique.
_ _étym. Amure. Comme on voit, amuré voulait
dire pointu.
AMUSABLE (a-mu-za-bT), adj. Qui peut êtreamusé, distrait. Si vous saviez ce que c’est que d’a-muser un esprit qui n’est plus amusable, volt.Dial. 3.
AMUSANT, ANTE (a-mu-zan, zant-t’). adj. Quii. — 18