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Tome premier. A - C.
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138 AMU

amuse. Un homme amusant. Une conversation amu-sante.

AMUSÉ, ÉE (a-mu-zé, zée), part, passé. Amusépar des promesses. Amusé à des bagatelles. Amusépar ce récit. En lui [le prince], toute apparence degalanterie, tout air passionné ou amusé cause unscandale, fén. t. xxn, p. 272.

AMUSEMENT (a-mu-ze-man), s. m. || 1” Ce quiamuse, divertissement. Les choses qui font monamusement. C’était un amusement de le tromper. J’ytrouve encore quelque amusement, sêv. 62. Une lu-nette qui faisait notre amusement dans le bateau,id. 223. Faibles amusements d’une douleur si grande,rac. Bêrén. n, 2 . Lesbos même conquise.... Detoute autre valeur éternels monuments, Ne sont’d’A-chille oisif que les amusements, id. Iph. i, 2 . Cespompeux bâtiments Du loisir d’un héros nobles amu-sements, boil. Épît. i. Le lecteur sage fuit un vainamusement, id. Art poét. m. Leur esprit toutefoisse plattdans son tourment Et se fait de sa peine unnoble amusement, id. Éptt. xi. N’attendez point demoi de soupirs et de pleurs ; Ce sont amusements delégères douleurs, corn. Perthar. iv, 5. La fille aînéede Croissy avait infiniment d’esprit, de grâces etd’amusement dans l’esprit, st-sim. 33, 132 . || 2" Pertede temps, retardement. Ah! que d’amusement, mol.Mis. iv,4. Je t’attends ici pourmoins d’amusement,id. Tart. i, 3. || 3° Tromperie, prétexte. Tu prendsd’un feint courroux le vain amusement, mol.Sgan. 6. Henriette, entre nous, est un amusement, Unvoile ingénieux, un prétexte, mon frère, X couvrird’autres feux dont je sais le mystère, id. F. sav.n, 3. La haine entre les grands se calme rarement;La paix souvent n’y sert que d’un amusement, corn.Rodog. i, 7.

— HIST. xv* s. Si firent aux Françoys savoir Que,soubz umbre de parlement, L’en taschoit à les dé-cevoir Et tenir pur admusement, Vigil. de Char-les VII , part, il, p. 63.

— ÉTYM . Amuser.

AMUSEE (a-mu-zé), u. o. || 1“ Procurer de l’agré-ment. Cela amuse. Tout ce qui n’est pas Dieu peutl’a-muser [l’âme] ; mais Dieu seul est capable de laremplir, fléch. iii, 4)9. || 2' Faire perdre le tempsen choses qui amusent. Quand il s’aperçut qu’on l’a-musait. Amusez-le du moins à débattre avec vous,corn. Nicom. v. 6. Tous ces désirs de changementqui vous amusent, vous amuseront jusqu’au lit de lamort, mass. Carême, Élus. \\ Amuser l’ennemi, letromper par des lenteurs. ||3“ En parlant des choses.Amuser la tristesse, la douleur. Jusques à quand amu-serai-je les inquiétudes secrètes de mon âme par devains projets de pénitence? mass. Car. Fausse conf.La harpe d’un berger amuse sa tristesse [de Saül ],etne la guérit point, id. Avent, Cône. Mon cœur sai-gnait encor des maux qu’il m’avait faits ; D’unrayon d’espérance amuser ses souhaits, Malheu-reuse! c’était compromettre ma gloire, gilb. laMarq. de Gange . Pison peut cependant amuser leurfureur, corn. Othon, v, 2 . Ce qui me choque deces beaux esprits, c’est qu’ils ne se rendent pas utilesà leur patrie et qu’ils amusent leurs talents à des cho-ses puériles, montesq. Lett. pers. 36. || 4° Repaîtrede vaines espérances, abuser, tromper. Il les amusaitpar des espérances. Il veut que je l’amuse et ne veutrien de plus, corn. Sertor. n, 3. C’est ainsi qu’ondéguise un violent dépit.... Et qu’on croit amuserde fausses patiences Ceux dont en l’âme on craint dejustes défiances, id. Rodog. iv, 6. Les promessesdont Hananias amusait le peuple, boss. Or. 7. Onne se laissera pas amuser aux vaines excuses qu’ildébite, id. Cône. C’est amuser le monde que de fairedes réponses vagues, id. Déf. comm. Quand on ra-conte de pareilles choses, on veut amuser le monde,id. Var . 7. Les a-t-il jamais amusés pardes caresses?fléch. M. de Mont. || 5° Familièrement. Amuser letap s, dire des choses vaines, des paroles inutiles.Il est bon quelquefois de savoir agréablement amu-ser le tapis. Ceux qui savent parler sans rien dire etqui amusent une conversation pendant deux heuresde temps sans qu’il soit possible de retenir un motde ce qu’ils ont dit, montesq. Lett. pers. 82 . || 6° Entermes de jardinage, amuser la sève, laisser àl’arbreplus de bois et de bourgeons que de coutume.

— s’amuser, v. réfl. || 1” Se divertir. Les enfantsqui aiment à s’amuser. Il s’est fort amusé à cette soi-rée. S’amuser à lire un auteur. Il a fait cela pour s’a-muser. On ne s’amuse pas longtemps de l’esprit d’au-trui. || 2° Perdre le temps. Il broute, il se repose,

Il s’amuse à toute autre chose, la font. F ah. vi, ) 0 .Morbleu! je suis bien sot de m’amuser à raisonneravec vous, mol. le Fest. ni, t. Comme s’il eût étécapable de s’amuser à penser à nous, fasc. Prov. 4.

AMY

|| En parlant des choses. Les faibles déplaisirs s’a-musent à parler, corn. Pomp. v, J. Vains transportsoù sans fruit mon désespoir s’amuse, id. Médée,1 , 6 . || 3° S’amuser de, se moquer. S’amuser de quel-qu’un. S’étant beaucoup amusé aux dépens de sonvisage. || 4“ Fig. S’amuser à la moutarde, s’arrê-ter à des bagatelles.

— SYN.amuser, divertir. Amuser, c’est faire pas-ser le temps avec agrément, s’il s’agit de quelquechose qui plaît. Mais cela aussi explique pour-quoi amusera, en outre, le sens d’abuser, de repaî-tre de vaines espérances. Divertir, c’est, étymologi-quement, détourner l’esprit, et, au sens que ceverbe a pris, tourner l’esprit vers des choses agréa-bles. Aussi divertir est-il plus expressif qu’amuser,et les divertissements sont plus vifs que les amuse-ments. L’usage de la conversation tend beaucoup àdélaisser le verbe divertir, et par conséquent à don-ner à amuser tout le terrain que perd celui-là.Mais, en écrivant, on fera bien d’avoir devant lesyeux la nuance qui les sépare.

— HIST. xm* s. Or l’aRenart tant amusé Que am-bedui sont acordé, Ren. )98). || xiv* s. Et pour toyj’en parle souvent, Afin que point tu ne t’abuses,Et qu’en pratiques ne t’amuses X choses que tu necognois, Nat. à l’alch. err. 324. || xv* s. Le ducd’An-jou.... trouva des cauteles en diverses manierespouramuser le peuple, juvën. Charles VI , 1382. ||xvi*s.Vrai est que toutes ses cauteles ne sont que mome-ries ou jeux de farce et amuse-fols, calv. Inst. 267.Il amusa [occupa] toutes ses heures dernieres,mont, i, )7.Cyrus amusa une armée plusieurs joursà se venger de.... id. i, 22 . Ils ne s’amusèrent [s’oc-cupèrent] qu’à haster les mariniers dè..., id. i, 63.Les Amadis et tels fatras de livres à quoy l’enfances’amuse, id. i, )96.

— ÉTYM . X et muser (voy. muser) ; bourguig. au-busai.

AMUSETTE (a-mu-zè-t’), s. f. || i" Petit amuse-ment. Le fermier vient, le prend, l’encage bien etbeau, Le donne à ses enfants pour servir d’amu-sette, la font. Fabl . n,)6. Chaquesiècle a son amu-sette, béran a. Pèlerin, de Lis. D’Avaux, notre ambas-sadeur en Hollande, lassé de toutes les amusettes aveclesquelles on le menait, salua le roi le lendemain,st-simon, 97,29. || 2° Pièce d’artillerie de petit cali-bre ; espèce de gros fusil de rempart,monté sur affût.

— ÉTYM . Diminutif tiré d’amuser; bourguig. emu-sôte.

AMUSEUR, EUSE (a-mu-zeur, zeû-z’), s.m.etf.Celui qui amuse par ses contes, par sa conversation,ou de toute autre manière. Un agréable amu-seur. [Mme de Chevreuse disait] que jusque-là jene m’étais que plaint, parce que Ton m’amusait ;mais qu’étant à la reine au point qu’elle était, ellene lui cèlerait pas que Ton ne pouvait plus amuserl’amuseuse, retz,iii, 130.

— ÉTYM . Amuser ; Berry, un amuseux de filles,un cajoleur.

AMUSOIRE (a-mu-zoi-r’), s.f. Moyen d’amuser,de distraire. Cela n’est pas sérieux ; ce n’est qu’uneamusoire. || Très-peu usité.

— ÉTYM . Amuser.

AMYGDALE (a-mig-da-T), s. f. Terme d’anato-mie. Chacune des deux glandes placées, Tune à droite,l’autre à gauche, à l’entrée de la gorge.

— HIST. xvi* s. Spongieuse et molle, comme lesamygdales ou salivales.... dense et dure comme lesglandules qui sont à la racine de la langue, nomméesamygdales — à la racine de la langue, les tonsillesou amygdales, paré, i, )7.

— ÉTYM . Amygdala, amande (voy. amande), àcause de la forme de cette glande.

t AMYGDALIN, INE (a-mig-da-lin, li-n’), adj.Terme de pharmacie. Qui est fait avec des amandes.

— ÉTYM . Amygdala, amande (voy. ce mot).

f AMYGDALINE (a-mig-da-li-n’), s. f. Terme dechimie. Nom donné à une substance qui est dansles amandes amères.

— ÉTYM . Amygdalin.

f AMYGDALITE (a-mig-da-li-t’), s. f. Terme demédecine. Inflammation des amygdales, appeléeaussi angine tonsillaire, esquinancie.

— ÉTYM . Amygdale.

AMYGDALOÏDE (a-mig-da-lo-ï-d’), s. f. Termede minéralogie. Pierre qui renferme, au milieu desa pâte propre, d’autres parties ayant la forme d’uneamande.

— ÉTYM . ’ApvySaloEiSriç, de àu.uY8à)ri, amande(voy. ce mot), et éï8o;, forme (voy. idée).

AMYLACÉ, ÉE (a-mi-la-sé, sée), adj. Terme di-dactique. Qui ressemble à l’amidc®.

— ÉTYM. Amylum (voy. amidon).

AN

f AMYLE (a-mi-T), s. m. Terme de chimie. Ra-dical hypothétique d’une série de composés, dontl’oxyde hydraté est l’huile de pomme de terre oualcool amylique.

t AMYLÈNE (a-mi-lè-n’),s. m. Terme de chimie.Produit qui se présente sous l’aspect d’un liquideclair, incolore ; il est volatil et d’un poids spécifi-que très-peu considérable ; il est anesthésique commel’éther.

f AMYLIQUE (a-mi-li-k’), adj. Terme de chimie.Acide amylique, acide qui a une couleur citrine,une forte odeur aromatique, une saveur acide ettrès-piquante. || Alcool amylique, huile de pommede terre, liquide huileux, incolore, d’une odeurforte et désagréable, qu’ûn retire surtout en distil-lant les produits de la fermentation alcoolique de lafécule de pomme de terre.

AN (an), s. m. || 1° Le temps que met la terre àfaire sa révolution autour du soleil. || 2° Le premierjour de Tan ou le premier de Tan, le premier jourde Tannée. || 3° La fleur des ans, la première jeu-nesse. || Les jeunes ans, le temps de la jeunesse. || Lesvieux ans, le temps de la vieillesse. || Les ans, lavieillesse. Sous le faix du fagot aussi bien que desans, la font. Fab. i, )6. Approchez, je suis sourd,les ans en sont la cause, id. ib. vii , ) 6. Dans lanuit du tombeau les ans l’ont fait descendre, volt.Œdipe, v, 2 . Tithon n’a plus les ans qui le firentcigale, malh. Ode à Duperier. ||4°An du monde,an de la création, de Notre-Seigneur; Tan où Tonest depuis la création, depuis la naissance de Jésus-Christ . || 6° An i, an n, an vin s’employaientpour indiquer les années de l’ère de la républi-que française, commencée le 22 septembre )792.|| 6° Bon an mal an, compensation faite des bon-nes et des mauvaises années. Et Ton m’a assuréqu’elle portait d’ordinaire sur elle, bon an mal an,trente quintaux de chair, scarr. Rom. corn. ch. vin,2 * part. Nous payons [au gouvernement], bon anmal an, 900 millions, p. l. cour, i, )90. || 7“ Paran, chaque année. Il gagne 2000 fr. par an. || 8" Ser-vice du bout de Tan ou simplement bout de Tan,le service qu’on fait dans une église pour une per-sonne un an après sa mort. || 9° Bon jour et bon an,façon de saluer populaire quand on voit une per-sonne dans les premiers jours de Tannée. | [10° Entermes de jurisprudence, an et jour. Tannée révo-lue et un jour en plus.

— SYN. an, année. Ces deux termes s’emploientindifféremment l’un pour l’autre, sauf certaines lo-cutions consacrées où Ton ne peut pas substituerannée à an, comme bon an mal an, et sauf que,quand on veut qualifier Tannée à l’aide d’une épi-thète, on se sert non de an, mais d’année. On nedira pas un bon an, un an abondant, un an heu-reux, mais une bonne année, une année abondante,une année heureuse.

— HIST. xi* s. i tant cum la cense est de unan, L. de Guiïl. 40. Set anztouz pleinz ad ested enEspaigne , Ch. de Roi. i. Ensemble [nous] avoDSested et ans et dis [jours], ib. cxlix. || xii* s. [Char-lemagne ] a bien passé cent ans, Ùoncisv. p. 26.Puis fu set anz accomplis et entiers, ib. p. 3).En vieille geste est escriz de Ions ans, ib. p. 86. Etpour son fil qu’il eut nourri tant ans, ib. p. 142.L’an que rose ne feuille Ne fleur [je] ne voi paroir,Couci, vin. Je souferrai mon domage, Tant queTan verrai passer, Dame de Faiel dans Couci. Bien[tu] peuz conquerre France , or est entrez li ans[l’année en est venue], Sax. v. ||xm* s. Trois ans[il] fut chevaliers, pleins fut de courtoisie, Perte, n.Vingt ans avoit Pépins, ainsi [je] l’ouï esmer,ib. m. Cinq cens livres par an à chascune [il] donra,ib. cxxxi. Li an et li jour s’en vont aussi commel’aigue qui court aval sans retourner, richard defournival , dans Hist. litt. t. xxm, p. 723. Quant laterre est bien replenie de dors et de fruiz, lors estli anz coronez, Psautier, f* 76. Ceste addition fufete en Tan de grâce mil....Lit), des mét. 360. Sebaillage escheit à damoiselle qui ait douze ans ouplus d’aage, et le vueille aveir et tenir et user, Ass.deJèr. i, 267. Il pot commanderàl’eglise à qui li lais[legs] est fes, que ill’oste de se [sa] main etlemeteen main laie dedans an et jour, beaum. xn, 6.

|| xv* s. Si Monseigneur de Flandres vouloit, il au-roit, tous les ans, un grand profit sur les navieursdont il n’a maintenant rien, froiss. ii, ii, 62. Sifut cette chose si approchée que, droitement la nuitde Tan, la chose fut arrestée d’estre faite, et devoitle dit Aimery délivrer le chasteau de Calais en icellenuit, id. li, 326. || xvi* s. L’an passé est toujours lemeilleur, génin, Récréât, t. ii, p. 242.

— ÉTYM , Provenç. an; espagn. ano; Ital. anno; de