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Tome premier. A - C.
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ANA

annus. On a rapproché annus de üvoç ou £voç, l’an-née, dorien Féwo ;, çévvoç, et aussi de Stoç, laco-nien Fsto?, comme du gothique athn, année; maisces rapprochements ne paraissent pas s’accorderavec l’osque amnud, équivalent de anno.. Amnudappuie ceux qui disent que annus est pour amenas,et qui y voient un radical commun aux langues cel-tiques : cornouail. amser; bas-bret. amzer; irland .am; gaél. dm, le temps; sanscrit, amali, même si-gnification. L’osque amnud empêche de confondreannus, an, et annus, anneau.

J. ANA (a-na). || 1° Affixe qui se joint à certainsnoms propres pour indiquer un recueil de penséesdétachées, de bons mots, etc. Le Ménagiana, leSegraisiana. C’est dommage qu’on n’ait pas fait unHarleana de tous les dits qui caractérisaient ce cyni-que [Harlay], st-sim. 473, 49. || 2° S. m. Recueil debons mots. Tous nos livres en ana ont répété l’histo-riette, volt. Mœurs, 4 23. Il savait par cœur tous lespetits traits desana, J. J. roüss. Conf. iv. \\Auplur.Les ana.

— ÉTYM . Suffixe latin anus, exprimant ce quiappartient à : Virgili-ams, ce qui appartient à Vir-gile et ainsi de suite ; dicta virgiliana , les dits deVirgile, ou, en français , un virgiliana, et, par lamême analogie, un huetiana, les dits de Huet, etc.d’où enfin un ana, et faisant de la finale un motqui comprend ces sortes d’ouvrages.

2. ANA, mot employé par les médecins dansleurs ordonnances, et signifiant autant de l’un quede l’autre. •

— ÉTYM . ’Avà, indiquant répétition.

f ANABAPTISME (a-na-ba-ti-sm’), ». m. Sectedes anabaptistes.

ANABAPTISTE (a-na-ba-ti-st’), s. m. Sectaire quine croit pas que les enfants puissent être baptisés,et qui les rebaptise quand ils ont atteint l’âge deraison. On a vu les illusions des anabaptistes, et onsait que c’est en suivant les principes de Luther etdes autres réformateurs qu’ils ont rejeté le baptêmesans immersion et le baptême des enfants, boss.Variât. 4 5.

— ÉTYM . ’Avà, indiquant réduplication, et paitn-a-rriç, celui qui baptise (voy. baptiser).

f ANABROCHISME (a-na-bro-chi-sm’), s. m.Terme de chirurgie. Opération imaginée autrefoispour remédier, à l’aide d’une aiguille et d’un che-veu, au renversement des cils contre le globe del’œil.

— ÉTYM . ’Avagpoxt<r[ti>{, de àvà, en sens inverse,

et > I' en -

f ANACAMPTIQUE (a-na-kan-pti-k’), adj.|| 1° Terme de physique. Qui réfléchit, en parlantdu son ou de la lumière. || 2“ En géométrie, se ditdes courbes produites par la réflexion de la lumièresur une ligne ou sur une surface.

— ÉTYM . ’Avaxàp.v£iv, réfléchir, de àvà,en sensinverse, et xàijnvreiv, courber.

ANACARDE (a-na-kar-d ’), s. m. Fruit en forme decœur dont l’amande est bonne à manger.

— hist. xvi* s. Les médicaments septiques,comme moustarde, anacarde, cantharides.... paré,XXXV, 33.

— ÉTYM . ’Avà, selon, et xapSia, cœur (voy.cœur).

ANACARDIER (a-na-kar-dié), s.m. Arbre des In-des orientales qui produit l’anacarde (anacardiumorientale, L.).

f ANACATHARTIQUE (a-na-ka-tar-ti-k’), adj. ets. m. Terme de médecine. Qui excite l’expectora-tion. Potion anacathartique. Un anacathartique.

— ÉTYM . ’AvaxaQapvixôç, de àvà, en haut, etxa-Caipsiv , purger (voy. cathartique).

f ANACÉPHALÉOSE ( a-na-sé-fa-lé-ô-z’ ), s. f.Terme de philologie. Récapitulation d’un discours,d’un écrit. || Peu usité.

— ÉTYM . ’AvaxeœaXaîwutç, de àvà, exprimant re-tour, et xespàXaiov, chapitre (de x«paXï), tête, voy.céphalique) : reprise des chapitres.

ANACHORÈTE(a-na-ko-rè-t’), s.m. || l°Religieuxqui vit dans la solitude, par opposition à. cénobite,religieux qui vit en communauté avec d’autres.Un bon vieillard, pieux anachorète, Depuis vingtans sous ce toit résidait, millev. Charlem. à Pav. y.Des anachorètes consommés dans une piété émi-nente par de longues macérations et par une vie an-gélique, mass. Vocat. à l’état eccMsiast. || 2° Hommequi vit loin du monde. 11 mène une vie d’anachorète.

— ÉTYM . ’Àvaxwpr)Tïiç, de àvà, indiquant éloigne-ment, et x«pEîv, aller.

ANACHRONISME (a-na-kro-ni-sm’), s. m. Fautecontre la chronologie. Pour éviter les anachronis-mes, cette erreur qui fait confondre les temps, boss.

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Hist. Prèf. On connaît l’heureux anachronisme del’Enéide ; tel est le privilège du génie, que les mal-heurs de Didon sont devenus une partie de la gloirede Carthage , chateaub. Itin. m, 4 25. || Anachro-nisme de costume, erreur qui consiste à attribuer àune époque des vêtements, des meubles qui n’ontexisté qu’à une autre époque.

— REM. Anachronisme se disait d’abord d’une er-reur qui consiste à placer un fait avant sa date;l’erreur opposée se disait parachronisme ; mais pa-rachronisme est devenu peu usité, et anachronismea pris une acception générale.

— ÉTYM . ’Avà, indiquant renversement, et yp6-vo;, temps (voy. chronique).

f ANACLASTIQUE (a-na-kla-sti-k’), || 1* Adj. Entermes de physique, se dit du point où un rayonlumineux se réfracte ou se réfléchit. Courbe ana-clastique, courbe apparente suivant laquelle une li-gne est vue à travers un milieu réfringent. || 2° S. f.Partie de l’optique qui traite des réfractions. On nedit plus que Dioptrique.

— ÉTYM . 'Avà, indiquant déviation, et xXdtw, jeromps.

ANACOLUTHE ( a-na-ko-lu-t’) ou plus rarementANACOLUTHIE (a-na-ko-lu-tie), s. f. Terme degrammaire. || 1° Ellipse qui consiste à employer unrelatif sans son antécédent. II y a une anacoluthedans ce vers : Je vais où va toute chose, c’est-à-diredans les lieux où.... || 2“ Tournure dans laquellecommençant par une construction, ou finit par uneautre, comme dans ces vers de Cinna, v, 4 : Toutesles dignités que tu m’as demandées, Je te les ai surl’heure et sans peine accordées.

— ÉTYM . ’AvaxaXoufli'a, et àvaxoXovôoç, de âvprivatif, et àxôXouêo;, qui suit (voy. acolythe).

f ANACOSTE (a-na-ko-st’), s. f. Terme de com-merce. Sorte de serge fabriquée en Normandie .

ANACRÉONTIQUE (a-na-kré-on-ti-k’), adj. Qui estécrit dans le goût d’Anacréon ; qui écrit dans legenre d’Anacréon . Poésie anacréontique. Poète ana-créontique. J’ai tâché de lui ressembler [à Ana-créon ] dans les odes que j’appelle anacréontiques,lamotte, Discours sur la poésie en général.

— REM.Ce mot, qui ne se trouve pas dans les édi-tions antécédentes du Dictionnaire de l’Académie,parait dû à Lamotte.

— ÉTYM. Latin, anacreonticus, d”Avaxpéwv, Ana-créon , poète grec qui a donné son nom au genre danslequel il a chanté.

f ANADIPLOSE (a-na-di-plô-z’), ». f. Espèce derépétition qui consiste à placer deux fois de suite lemême mot à la fin de la phrase qui finit et au com-mencement de celle qui commence, pour donnerplus de force à l’expression. Cette phrase de Bos-suet, Or.fun. de la duchesse d’Orléans , offre uneanadiplose : Et les princes et les peuples gémissaienten vain; en vain Monsieur, en vain le roi lui-mêmetenait Madame serrée par de si étroits embrasse-ments, etc.

— ÉTYM . ’AvaSîxXftxjiç, de àvà, indiquant répé-tition, et ôurXoto, je double.

fANAÉROÏDE (a-na-è-ro-ï-d’), adj. Terme dephysique. Baromètre anaéroïde, nom donné à unappareil récemment construit pour remplir l’officede baromètre, et dont une boîte vidée d’air est lapièce principale.

— ÉTYM . ’Av privatif, et à^ip, air: sans air.

fANAFIN (a-na-fin), s.m. Sorte d’instrument de

musique arabe. Au lieu du son des anafins, du bruitdes trompettes, un silence profond régnait autourd’Aben Hamet, chateaub. Abenc. 4 57.

ANAGALLIS (a-na-gal-lis’), s.m. Voy. mouron.

— HIST. xvi* s. Du jus de porée, choux, marjo-laine, anagallis, hyssope, paré, xxv, 36.

— ÉTYM . ’AvayaXXlç.

fANAGLYPHE (a-na-gli-f) ou ANAGLYPTE (a-na-gli-pt’), s. m. Terme d’antiquité. Bas-relief ouvase orné de bas-reliefs.

— ÉTYM . ’AvàyXoxTo;, àvàyXvcpo;, de àvà, enhaut, et yXuceiv, ciseler.

ANAGNOSTE (a-nag-no-st’), s. m. Terme d’anti-quité. Esclave qui, chez les riches Romains, faisaitla lecture pendant le repas.

— ÉTYM . ’AvayvMcvriî, lecteur, de àvayivMcxeiv,lire, primitivement reconnaître, de àvà, indiquantréduplication, et yivovcxeiv, connaître (voy. gnos-tique).

f ANAGOGIE (a-na-go-jie),s./.Terme dethéologie.Ravissement de l’âme dans la contemplation deschoses divines, ou efforts qu’elle fait pour découvrirle sens mystique de quelques passages de l’Ecriture .

— ÉTYM . ’AvaYtOfia (voy. ANAG0G1QUE).

ANAGOGIQUE (a-na-go-ji-k’), adj. Terme de théo-

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logie. Interprétation anagogique, interprétation quis’élève du sens littéral à un sens spirituel. Pour dis-tinguer le sens anagogique des phrases hébraïqueschez les prophètes, volt. Phil. iv, 456 .

— ÉTYM . ’AvaywYixoc, qui élève, de àvà, en haut,et àymYÔç, qui conduit, de âyeiv (voy. agir).

+ ANAGRAMMATIQUE ( a-na-gra-mma-ti-k’),adj. Qui a rapport à l’anagramme.

ANAGRAMMATISER (a-na-gra-mma-ti-zé), v.n.Faire des anagrammes.

—ÉTYM. Anagramme. St-Amand a dit anagrammer :Il me souvient qu’un acrostiche Anagramme parl’hémistiche.... dans ménage.

ANAGRAMMATISTE (a-na-gra-mma-ti-st’), s.m.Celui qui fait des anagrammes.

ANAGRAMME (a-na-gra-m’), s. f. Transpositionde lettres, qui d’un mot ou d’une phrase fait unautre mot ou une autre phrase. Les mots nacre,rance et ancre sont des anagrammes les uns desautres. J’aimerais mieux tirer l’oison, Et même tirerà la rame, Que d’aller chercher la raison Dans lesreplis d’une anagramme, colletet , dans ménage.

— REM. C’est une faute assez commune de faireanagramme masculin.

— ÉTYM . AvàYpap,p.a, de àvà, indiquant renver-sement, etYpà<p£iv, écrire (voy. graphique).

ANAGYRE (a-na-ji-r’) ou ANAGYRIS fa-na-ji-ris’),s. m. Terme de botanique. Arbrisseau de la familledes légumineuses, dont les feuilles sont purgatives,et dont le bois et l’écorce sont fétides (anagyris fœ-tida, L.); dit vulgairement bois puant.

— ÉTYM . Avàyupiç ou àvaYupoç.

f ANAL , ALE (a-nal, na-1’), adj. Terme d’anato-mie. Qui a rapport à l’anus. Les veines anales.

ANALECTES (a-na-lè-kt 1 ), ». m. plur. Terme dephilologie. Morceaux, fragments choisis d’un auteurou de plusieurs auteurs.

— ÉTYM . ’AvàXexToc, de àvà, indiquant distribu-tion, et Xéysiv, choisir (voy. lire).

ANALÈME (a-na-lè-m’), s. m. Terme de géogra-phie astronomique. Représentation des cercles dela sphère sur une surface plane, comme on Irvoit dans les cadrans solaires (voy. aux additions).

— REM. Pourquoi ne pas écrire analemme commeon l’écrivait autrefois et comme on écrit encore au-jourd’hui lemme? Irrégularité que l’Académie auraà faire disparaître.

— ÉTYM . ’AvâXir][ji|Loc, base ou pied d’estal du ca-dran, dont on a, par métonymie, donné le nomaux lignes quiforment le gnomon; de àvà, en haut,et Xrjgpa,prise (voy. lemme), c’est-à-dire soutien.

f ANALEPSIE (a-na-lè-psie), s. f. Terme de mé-decine. Rétablissement des forces après une ma-ladie.

— ÉTYM . ’AvaXïijda (voy. analeptique).

ANALEPTIQUE (a-na-lè-pti-k’). || 1» Adj. Terme

de médecine. Qui restaure, qui rétablit les forcesépuisées. Médication , alimentation analeptique.

|| 2° S. m. Un bon analeptique.

— ÉTYM . ’AvaXïixTt'/.oç, de àvaXapiëàveiv, repren-dre , de àvà, indiquant reprise, et Xapiêàveiv,prendre (voy. lemme)

f ANALGÉSIE ou ANALGIE (a-nal-jé-zie .ou a-nal-jie), s. f. Terme de médecine. Absence de dou-leur; insensibilité à la piqûre, au pincement, etc.dans la plupart des cas d’hystérie.

— ÉTYM . ’AvaXYïiota , de àv privatif, et àXyoç,douleur.

ANALOGIE (a-na-lo-jie), s. f. || 1" Rapport, simili-tude entre plusieurs choses différentes. Il y a de l’a-nalogie entre le cheval et l’âne. || Raisonner paranalogie, former un raisonnement fondé sur les rap-ports ou sur les ressemblances en tant qu’elles indi-quent des rapports. || 2” Rapport que les mots ontentre eux par leur formation. Le mot passionné estformé de passion par la même analogie qu’affec-tionné est formé d’affection. || 3°En termes de ma-thématiques, rapport, proportion. Il y a la mêmeanalogie entre 2 et 3 qu’entre 6 et 9. Vieux en cesens. Il 4" En philosophie, procédé de l’esprit quis’élève, par l’observation des rapports, à la raisonde ces rapports. || Analogie prochaine, la perceptionactuelle de la similitude, de la ressemblance dedeux ou plusieurs choses présentes ; analogie éloi-gnée, celle par laquelle, étant connu le rapport dedeux faits, nous concluons l’existence de l’un del’existence de l’autre. En elle-même, l’analogie n’estque la somme des rapports avec les choses connues,buff. Homme, arithm. morale. Par la seule chaînedu raisonnement et les probabilités de l’analogie,lepéché originel est retrouvé, chateaub. Génie, i,m, 3.

— ÉTYM . ’AvaXoYix, de àvâXoyoi (voy._ANALoGUE).