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Tome premier. A - C.
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ANN

parla violence. S’annonçant comme consul. Dès quele printemps s’annonce. Il y a des caractères qui s’an-noncent presque en naissant, J. J. houss. Hél. v, 3.Les sciences s’annoncent tous les jours par de nou-velles lumières, et les arts par de nouveaux progrès,

BARTHÉL. dans GIRAULT-DU VIVIER.

—HIST. xi* s. Il luiadanunciet, Ch.deRol.eLxxxi.

|| xii* s. Au roi [il] parole, si lui a anuncié [dé-claré]... Ronc.p. (86. || xiii* s. Trestoutes leur jour-nées [je] ne vous veuil anoncier, Berte, xvm. Sigrant mésaventure [elle] ne leur puet anoncier,ib. xix. Et qui de Blanchefleur nouveles anonça, ib.

LXXVIII.

— ÉTYM . Berry, annoncier; provenç. annunciar,anunciar, annoncfar; espagn. anunciar ; ital. annun-giare; de annunciare, de ad (voy. A) et nuncius,messager (voy. nonce).

ANNONCEUR (a-non-seur), s. m. Celui qui an-nonce. Se disait autrefois du comédien qui venait,vers la fin du spectacle, faire l’annonce des piècesqu’on devait jouer le lendemain.

— HIST. xvi* s. Le celeste annonceur [Mercure),marot, iv, 95. Siquelqu’un fustvenuà prédire ce qui•depuis est avenu, on l’eust assommé comme un an-nonceur de mensonges, lanoue, 65.

— ÉTYM . Annoncer.

ANNONCIADE (a-non-si-a-d’), s. f. || 1° Ordre dereligieuses fondé par Jeanne, reine de France , fillede Louis XI . L’ordre de l’annonciade. || 2“ S. f. Uneannonciade, une religieuse d’un couvent de l’annon-ciade. || 3° S. m. Les Annonciades, ordre de cheva-liers militaires institué sous le nom d’ordre du col-lier par Amédée VI , comte de Savoie, en (362.

— ÉTYM . Ainsi dit de Vannonciation de l’angeGabriel à la Vierge (voy. annoncer).

f ANNONCIATEUR (a-non-si-a-teur),î.m. || l°Quiannonce, qui prédit. || 2° Officier ecclésiastique quiavertissait les fidèles des fêtes à observer dans l’É-glise grecque.

—hist. xvi* s. Pourne vouloir estre annonciateurde tant de maux, lanoue, 22 .

— ÉTYM . Annoncer.

ANNONCIATION (a-non-si-a-sion; en poésie, desix syllabes),*, f. || 1*Action d’annoncer. Dans l’an-nonciation que Charles (le Chauve) fit au peuple dela partie de ce traité qui le concernait, montesq.xxxi, 25. || 2* Message de l’ange Gabriel à la Viergepour lui annoncerlemystère de l’Incarnation. || Jouroù l'Église célèbre ce mystère. L’Église célèbre l’An-nonciation le vingt-cinq mars.

— HIST. xii* s. Dex.... qui en la Virge preîsanon-cion, Bonc. p. 47. || xiii* s. L’uitime [la huitièmejoie], par iteil devise, Quant par sa sainte anoncionDou saint Esperit fus emprise, ruteb. ii, (7. Droitau mostier saint Piere afete s’orison, La mer passeà Barlet A guise de baron ; Vint en Jherusalem parDieu anoncion, Ch. d’Ant. i, (78.

— ÉTYM . Provenç. annunciatio , anunciacion ;espagn. anunciacion; ital. annunziagione; d’an-nuntiatio (voy. annoncer).

f ANNONE (a-nno-n’), s. f. Terme d’histoire ro-maine. L’ensemble des denrées nécessaires à la vie,et particulièrement le blé.

— ÉTYM . Annona, de annus, an, la récolte d’uneannée.

ANNOTATEUR (a-nno-ta-teur), s. m. Celui quifait des notes sur un texte.

— ÉTYM . Annoter.

ANNOTATION (a-nno-ta-sion; en poésie, de cinqsyllabes), s. f. || 1° Notes explicatives faites sur untexte. Je donne le manuscrit tel que je le trouve, tan-tôt sous la forme d’un récit, tantôt sous celle d’unjournal, quelquefois en lettres ou en simples anno-tations , chateaub. Amér. 332. || 2° Dansl’anciennepratique, inventaire de biens saisis par autorité dejustice.

— HIST. xvi* s. Grande annotation au jeune chi-rurgien : c’est qu’aux playes faites aux boyaux, nefaut donner clysteres, paré, viii, 36.

— ÉTYM . Provenç. annotation; espagn. anota-cion; ital. annotazione;à’annotatio (voy. annoter).

ANNOTÉ, ÉE (a-nnn-té, tée), part, passé. Cetexte annoté par un critique habile.

ANNOTER (an-no-té’), v. a. || 1° Faire des no-tes sur un texte. Annoter les œuvres de Pline.|f 2°Dansl’ancienne pratique, dresser l’inventairedes biens saisis par autorité de justice. On a saisiet annoté ses biens.

— ÉTYM . Annotare, de ad, à, et notare, noter(voy. À et noter).

ANNUAIRE (a-nnu-ê-r’), s. m. Ouvrage qui, pa-raissant chaque année, consigne ce qui est relatif àcette année, en fait de statistique, de commerce,

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d’événements. Annuaire militaire. Annuaire du Bu-reau des longitudes .

— ÉTYM . An.

f ANNUALITÉ (a-nnu-a-li-té), s. f. Néologisme.Qualité de ce qui est annuel.

ANNUEL, ELLE (a-nnu-èl, è-1’), ad). || 1” Quidure un an. X Rome, le consulat était annuel.

|| 2° Qui a lieu tous les ans. Le vote annuel de l’im-pôt. || 3° Qui est perçu ou payé par année. Rente an-nuelle. || 4° Plantes annuelles, celles qui ne viventqu’un an. On les désigne par ce signe © 11 5° Mala-dies annuelles, celles qui se manifestent chaque an-née à la même époque. || 6° En liturgie, se dit desprincipales fêtes, telles que Pâques , la Pentecôte, etc.|| S. m. Annuel majeur, fête du premier ordre. An-nuel mineur, fête du second ordre. || Se met aprèsle substantif: Dignité annuelle.

— hist. xii* s. Paroles annuaus, Th. le Uart. 85.|| xiii* s. Que nul varlet ne puisse fere euvre au sa-medi ne as quatre festes anniex puis le derrien coupde vespres, Liv. des met. 367. Feste anuel, ib. 68.Toutes les festes années, je semonnoie touz les ri-ches homes de l’ost ; dont il convenoit que le royempruntast aucune foiz de ceulz que j’avoie semons,joinv. 267. || xiv* s. Une dignité qui duroit à vie etn’estoit pas annuel comme estoient les autres, berch.f° (, verso. || xvi*s. Les cens, rentes, ou autres re-devances annuelles, lanoue, 466. Il vendoit tout àun coup tous les fruicts qu’il recueilloit de son re-venu annuel, amyot, Péric. 35. Il proposa un decret,que les capitaines annuels jurassent, que tous ansilz..., m. ib. 68. Il fut un an prevost annuel de laville d’Athènes , id. Arist. (.

— ÉTYM . Provenç. annual; espagn. anual; ital.annuale; d’annualis,à’annus (voy. an). Dans l’an-cien français le féminin se décline comme le masculin :au singulier, nominatif, annuels, annuals, annuaus,régime, annuel; au pluriel, nominatif, annuel, ré-gime, annuels, annuals, annuaus.

ANNUEL (a-nnu-èl), s. m. Messe que l’on fait diretous les jours, pendant une année, pour un mort,à compter du jour de la mort.

— HIST. xiv* s. Le quel escuyer traita avec lesamis des supplians, qu’ils feraient chanter un an-né pour l’ame du dit Collin, du cange , annalis.

ANNUELLEMENT (a-nnu-è-le-man), adv. Parchaque année.

— HIST. xiii* s. Que lor heir en rendreient [dufief] deuxsolz annaument, Bibl. des chartes, 3* sé-rie, t. v, p. 88. || xvi* s. Ces jeux se célébreront an-nuellement au jour de son trespas, amyot, Timol.53.

— ÉTYM . Annuelle et le suffixe ment ( voy.

MENT).

ANNUITÉ (a-nnu-i-té), s. f. Somme payée pen-dant un certain nombre d’années , et qui libèrele débiteur des intérêts et du principal de sadette.

— hist. xv* s. Si tost que le mariage sera solem-nisé, Mme Isabelle aura acquis son douaire ou an-nuité de vingt mille nobles d’Angleterre, Godefroy,Annot. sur l’hist. de Charles VI , p. 683.

— ÉTYM . Voy. AN.

f ANNULABLE (a-nnu-la-bl’), adj. Terme didac-tique. Qui peut, qui doit être annulé.

— ÉTYM . Annuler.

ANNULAIRE (a-nnu-lê-r’), adj. ||1° Qui ressem-ble à un anneau. Forme annulaire.|| 2° Qui est pro-pre à recevoir un anneau. Doigt annulaire, ou sub-stantivement , l’annulaire, le quatrième doigt, où l’onmet l’anneau. || 3° En termes d’astronomie, éclipseannulaire, éclipse du soleil pendant laquelle il nereste de son disque qu’un anneau lumineux. Cespassages de Mercure sont de véritables éclipses an-nulaires du soleil qui nous prouvent que cette pla-nète en emprunte sa lumière, laplace, Ex p. i, 6.|| Il se met toujours après le substantif.

— HIST. xvi* s. Les cartilages annulaires, toutes-fois incomplettes, de la trachée artere , paré, ii,(9. Deux au petit doigt, deux au doigt médecin ouannulaire, et un au moyen, id. iv, 24.

— ÉTYM . Annulus, et, sous une autre forme, an-nellus, anneau (voy. anneau).

f ANNULATIF, IVE (a-nnu-la-tif, ti-v’), adj.Terme de jurisprudence. Qui annule. Sentence an-nulative.

— ÉTYM . Annuler.

ANNULATION (a-nnu-la-sion), s. f. Action d’an-nuler.

— ÉTYM . Provenç. anullatio; espagn. anulacion;ital. annullagione (voy. annuler).

(. ANNULÉ, ÉE (a-nnu-lé, lée), port, passé. Leslois annulées par la violence.

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f 2. ANNULÉ, ÉE (a-nnu-lé,lée), adj. Terme d’his-toire naturelle. Qui a des anneaux.

— ÉTYM . Annulus, anneau (voy. anneau).

f ANNULEMENT (a-nnu-le-man), s.m. En termesde marine, action d’annuler par un signal le si-gnal précédent.

ANNULER (a-nnu-lé), v. a. || 1” Rendre nul. L’a-dultère n’annulait pas le sacrement du mariage,volt. Mœurs, 65. || 2° Annuler quelqu’un, lui ôtertoute action, toute influence. || S’annuler, v. réfl.Devenir nul.

— SYN. ANNULER, INFIRMER, CASSER, RÉVOQUER.

Mettre hors d’usage ce qui a autorité. Annuler estle plus général; il signifie rendre nul sans rien spé-cifier de plus, ni quant à ce qui annule, ni quantà ce qui est annulé. Révoquer exprime que- la mêmeautorité qui avait octroyé la chose la retire : L’édit deNantes, accordé par Henri IV , révoquépar LouisXIV.Casser indique une autorité supérieure qui annulel’acte d’une autorité inférieure. La Cour de cassa-tion casse en dernierressortlesarrêtsoujugements.Infirmer appartient, en jurisprudence, à un tribu-nal supérieur qui défait l’arrêt d’un tribunal subal-terne, et, dans le langage général, est une expres-sion adoucie de casser.

— HIST. xiv* s. Puisque les vices sont consomméset confermez ou endurcis, c’est fort de les destruireou adnuller et oster, orésme, Eth. 74. Sa félicitéen est comme honie et anullée, id. ib. 20 . La juri-diction des eschevins blecie et li droiz du roy ad-nullez, Ord. des Bois, t. vu, p. 545. || xvi* s. Si oncassoit et annulloit generalement tout ce qui au-rait esté fait soubs son authorité, il serait forceque l’on annulast aussi tout ce que luy avoit maniéen Cypre, amyot, C. d’Ut. 63.

— ÉTYM . Ad, à, et nullus, nul (voy. nul); pro-venç. annullar, anullar, anulhar; espagn. anular ;ital.’ annullare. C’est le d de ad qui, étymologique-ment, a fait doubler l’n dans ce mot et dans les au-tres semblables.

f ANNULIFÈRE (a-nu-li-fè-r’) ou ANNULIGÈRE(a-nu-li-jê-r’), adj. Terme d’histoire naturelle. Quiporte des anneaux colorés.

— ÉTYM . Annulus, anneau (voy. ce mot), et ferreou gerere, porter.

ANOBLI , IE (a-no-bli, blie). || l"Por(. passé. Quia été fait noble. || 2* S. m. Celui qui a été fait noble.Le titre de haut et puissant seigneur a été pris pardes anoblis, par des roturiers qui avaient achetéchèrement des offices, volt. Hist. de Buss. n,7.

ANOBLIR (a-no-blir), t’. a. || 1* Faire noble, don-ner un titre de noblesse. Orgon à prix d’argentveut anoblir sa race, gilb. Le xvm’siècle. ||En cepays le ventre anoblit, se dit d’un pays où l’on estréputé noble pourvu qu’on soit né d’une mère no-ble. Allié à la maison de la Prudoterie, maison oùle ventre ennoblit [anoblit], et qui, par ce beau pri-vilège, rendra vos enfants gentilshommes, mol. G.Dandin, i, 4. || 2° S’anoblir, v. réfl. Acheter des ti-tres de noblesse.

— SYN. anoblir, ennoblir. Anoblir signifie don-ner, conférer la noblesse; ennoblir signifie donnerde l’éclat, de la considération, de l’importance.Cette distinction est toute récente : bien qu’arbitraireen soi, elle est actuellement reçue, et il faut la sui-vre. Les écrivains du xvi* siècle ne la connaissentpas, comme le montre l’historique. Elle n’est pasplus connue de ceux des deux derniers siècles,comme le montrent les exemples suivants : L’amourn’anoblit-il pas tous les sentiments? i.i. rouss. Hél.v, ( 3. L’idée de faiblesse que les hommes attachentà la vertu tombe dès qu’elle est anoblie de vos mœurs[des Grands], mass. Petit car. Grands. Des passionsqui suivaient toujours les lois de la raison et quianoblissaient tous leurs objets, fléch. Serm. t. i,p. (9(.

— HIST. xvi* s. Les difficultez anoblissent, aigui-sent et rehaussent la vertu, mont, i, 70. Ceulx quiont anobli leur vie par renommée, id. i, 73. Les loisprennent leur autorité de la possession et de l’usage;il est dangereux de les ramener à leur naissance ;elles grossissent et s’anoblissent en roulant, commenos rivières, id. ii, 349. Il s’est anobly par sesvaleureux exploicts, amyot, Marius et Pyrrh. 4.Escussons et blasons de leurs premiers ayeux, Quela guerre annoblit par faits victorieux, rons. 7üo.

— ÉTYM . Ad, à, et nobilis, noble; d’où l’ortho-graphe annoblir, qui se prononçant comme enno-blir, les a confondus longtemps.

ANOBLISSEMENT (a-no-bli-se-man), s. m. Actiond’anoblir. Lettres d’anoblissement. Si jamais onen vient à l’anoblissement des serfs, J. i. rouss.Pol. 7.

— ÉTYM . Anoblir,