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Tome premier. A - C.
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AKGO (ar-go) , s. m. Terme d’astronomie. Con-stellation de l'hémisphère austral.

— ÊTYM . ’Aoym, nom du vaisseau sur lequel Ja-jon alla conquérir la toison d’or.

f ARGON (ar-gon), s. m. Terme de chasse. Bâ-ton ou morceau de bois plié en arc, dont on sosert pour prendre des oiseaux.

ARGONAUTE (ar-go-nô-t’), s. m. || 1” Nom des hé-ros grecs qui allèrentenColchide conquérir la toisond’or. Le voyage des argonautes n’était en compa-raison [avec un voyage de circumnavigation] que lepassage d’une barque d’un bord de rivière à l’autre,volt. Louis XIV , 34. || 2° En termes d’histoire na-turelle, genre de mollusques céphalopodes, danslequel on distingue l’argonaute argo. L’Académie fait, en ce sens, argonaute du masculin; avec raisonsans doute. Pourtant les zoologistes le font fémi-nin : argonaute papyracée.

— ÉTYM . ’ApYovaür»K, de àpyùi (voy. argo), etde vaOxri;, nautonier (voy. ce mot).

4. ARGOT (ar-go), s. m. || 1“ Langage particulieraux vagabonds, aux mendiants, aux voleurs, et in-telligible pour eux seuls. || 2“ Par extension, phra-séologie particulière, plus ou moins technique, plusou moins riche, plus ou moins pittoresque, dontse servent entre eux les gens exerçant le même artet la même profession. L’argot des coulisses. || 3" Paranalogie. Il n’y a pas un paysan qui ne dise queBonaparte vit et qu’il reviendra; c’est entre euxune espèce d’argot, de mot convenu pour narguerle gouvernement, p. l. cour, u, 268 .

— ÉTYM . Origine fort obscure. La langue des vo-leurs a été appelée gergo en italien , et jargon enFrance . Argot, qui ne figure dans le Dictionnairede l’Académie qu’à partir de 4 740, paraît être névers le commencement du xvh* siècle. S’il avoitbien seu nostre argot, Fers du xvn’siècle, cité parfr. michel, Introduction, p. vi.Le jargon ou langagede l’argot reformé imprimé en 4 634. Mais à proposd’argot, dit alors Limousin , Ne m’apprendrez-vouspas, vous qui parlez latin, D’où cette belle langue apris son origine? grandval , Poème de Cartouche,

ch. x, p. 74.je veux, en un mot, Employer

comme il faut le plus sublime argot, id. ib. Fure-tière le dérive d’argos, parce que la plus grandepartie de ce langage est composée de mots tirés dugrec. Le Duchat l’a tiré de Ragot, capitaine desGueux, dans les Propos rustiques de Noël du Fail .D’autres ont dit que c’était une corruption de l’ita-lien gergo. Dans ces difficultés, on pourrait propo-ser l’ancien français argu, querelle, arguer, que-reller, argoter, argoteux; wallon , drgotè, rusé,malin: mots qui se rattachent sans doute au latinargulari, disputer, lequel vient d’arguere (voy. ar-guer). Arguche, qui s’est dit aussi pour argot, res-semble beaucoup à arguce, ancienne forme d'argu-tie (voy. ce mot).

2 . ARGOT (ar-go), s. m. Terme de jardinage.Partie du bois qui est au-dessus de l’œil.

— ÉTYM . Le même que ergot (voy. ce mot).

ARGOTÉ, ÉE (ar-go-té, tée), part, passé.

ARGOTER (ar-go-té), V. n. Terme de jardinage.Couper la partie morte d’une branche.

—HIST. xiv* s. Icellui se leva de la table et printle dit Gilet par la poitrine, et le dit Gilet lui sembla-blement, et tenoient et hargotoient l’un l’autre for-ment, nu cange, argutio.

— ÉTYM . Voy. argot 2. Hargoter veut dire icisaisir, empoigner; il n’est peut-être pas sans analo-gie avec argot ou ergot.

f ARGOTIQUE (ar-go-ti-k’), adj. Qui tient de l’ar-got ; qui concerne l’argot.

— ÉTYM . Argot 4.

f ARGOTISÉR (ar-go-ti-sé), v. n. Parler argot.

— ÉTYM . Argot 4.

ARGOULF.T (ar-gou-lè), s. m. On appelait argou-lets des soldats à cheval armés d’arcs, les arque-buses n’étant pas encore en usage ; on les nommadans la suite arquebusiers à cheval, et puis dra-gons.

— HIST. xvi* s. Le prince part accompagné demille gentilshommes, de cinq cents argoulets,comme on appeloit en ce temps-là, d’aub. Hist. i,4 34. En ce temps-là, à chasque compaignie de gen-darmes, il y avoit cinquante harquebuziers à che-val , qui servoient à faire les descouvertes et escar-mouches çà et là, et les appeloit on argoulets, carl.VII, 17.

— ÉTYM . Mot d’origine ignorée. Ménage croit qu’ilvient d’un mot, forgé par lui, arculetus, petit arc.

f ARGOUSIER (ar-gou-zié), s. m. Nom vulgairede l’hippophaé rhamnoïde, arbrisseau épineux ditaussi épine marante, épine marine et griset.

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ARGOUSIN (ar-gou-zin), s. m , Bas officier desbagnes, chargé de la garde des forçats.

— HIST. xvi* s. Le chevalier d’Aux, pour n’estreempesché en son aiguade, alla à terre pour asseoirson guet, ne s’asseurant du tout en son argousin,M. DU BELL. 604.

— ÉTYM . Algosans, bas officier des galères, dansRabelais; ital. aguxxino. Les mots français et ita-lien paraissent être une corruption de l’espagnol alguacil (voy. alguazil).

ARGUE (ar-gh’), s. f. Machine de bois dont lestireurs d’or, d’argent, etc., se servent pour affermirla filière. Tirer à Targue, c’est passer par la filière.|| Bureau public où les tireurs d’or portent leurslingots à dégrossir.

— ÉTYM . Ce mot tient sans doute au bas-latin ar-ganum, qui signifie toute espèce d’engin, et quiest le grec ôpyavov.

ARGUÉ, ÉE (ar-gu-é, ée), part, passé. Pièce ar-guée de faux.

4. ARGUER (ar-gu-é. L’Académie ne conjuguepas ce verbe; mais il faut écrire avec tréma :j’arguë, tu arguës, il arguë; et même il seraitbien d’écrire argQer, arguant, argué, pour indi-quer la prononciation ; autrement on le confon-drait avec le verbe arguer 2 ), u. a. || 1° Contredire,accuser. Arguer une pièce de faux. || 2° Tirer uneconséquence. Qu’arguez-vous de cela 7 || Absolument.Je suis ce juge intègre Qui toujours parle, arguë etcontredit, volt. Goût.

— hist. xi* s. Qui de bataille s’arguent et has-teient, Ch . de Roi. lxxvi. ||xii* s. Rolanz senti quela mort moût Targue, Ronc. p. 4 04. La nuit, quants’amour m’argue, Coud, Dame de Faiel. Li altreTarguent et reprenent et dient k’il soffrir ne puientla perece de sa tevor [tiédeur].... st bern. 667.|| xiii* s. Et tout fussent mort se ne fust la chevale-rie....qui soustintle fais des Sarrasins, qui moult lesarguoient, Chr.de Rains, 93. Coart le lievres moults’argue De corten cort, de rue en rue, Ren. 4 4 074.Mes cilmauvesement arguent, laRose, 6302. || xiv* s.Et ne te dois nul temps meler d'arguer ne de contre-dire chose que tu lui oies dire, bruyant dans Uéna-gier, t. H, p. 22 . Et par ceste différence povonsnous arguer à cest propos, oresme, Eth. 27. Qui di-rait ou arguerait ainsy : la terre est entre le soleilet la lune, id. ib. 5. Maistres Thumas, dist il, vousparlés folement; J’arguerai à vous; car je sai biencomment : Uns mos de l’escripture vous desmontreet aprent, Raud. de Seb. xn, 321. || xv* s. Logiquequi enseigne arguer, et entre le vray et fauls dis-cerner, christ, de pisan, Charles V , m, ch. 4 4.D’autre costé on le arguerait de sa promesse, comm.ii, 4. Il ne me appartenoit pas de arguer ny parlercontre son plaisir, id. v, 43.[| xvi* s. Le régime deschoses humaines argue si clairement de la provi-dence de Dieu qu’on ne la saurait nier, calv. Inst. 22 .Ses mouvemens et ses contenances arguent etmonstrent grande foiblesse et bassesse, amyot,Comment refréner la colère, 4 4.

— ÉTYM . Provenç. arguir; ital. arguire. Le pro-vençal et l’italien viennent bien d’arguere, par unchangement de la troisième conjugaison en la qua-trième. Mais le français n’en vient pas; s’il en étaitvenu, quel qu’eût été l’infinitif, le présent eût étéj’argue, prononcé j’arghe, et non j’argue, pro-noncé j’arguë, comme lemontrent les vers. 11 vientd’argutare, argutari, fréquentatif d ’arguere, répé-ter sans cesse, caqueter, sautiller. Primitivement,arguer signifie quereller, tancer, attaquer, par unchangement de sens semblable à celui qui de calum-niari afait chalenger, appeler en justice, provoquerau combat. Puis arguer, refait sans doute sur le la-tin arguere au xiv* siècle, prend le sens actuel d’or-guer, sans étouffer pourtant le sens primitif qu’ontrouve encore dans le dictionnaire de Furetière , maisqui maintenant est tout à fait tombé en désuétude.

f 2 . ARGUER (ar-glié ; il argue se prononce il ar-gh’), v. a. Technologie. Passer un fil de métal parles trous de Targue.

— ÉTYM . Argue.

f ARGUEUR (ar-gu-eur), s. m. Celui qui arguë.

— HIST. xvi* s. On le tenoit pour un grand ar-gueur et pour homme nompareil à subitement in-terroguer et cautement respondre, amyot, Grac -ques, 24.

— ÉTYM . Arguer 4 .

ARGUMENT (ar-gu-man), s. m. || 1* Raisonne-ment par lequel on tire une conséquence d’une oude deux propositions. Argument solide, plein deforce. Il plaçait ses arguments dans l’endroit où ilsdevaient produire le plus d’effet. Se laisser tromperpar des arguments captieux. Réfuter les arguments

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de son adversaire. Les arguments qu’il tire de cettesuite , boss. Euck. 3. || Argument en forme, argu-ment conforme aux règles de la logique. L’autrepréparait un argument en forme, hamilt. Gramm.i.|| Argument ad hominem , argument qui oppose àl’opinion actuelle d’un homme ses paroles ou sesactions antérieures. Ce que vous nous donnez pourun argument ad hominem, boss. Thëol . || Argumentcornu (voy. dilemme). || 2° Conjecture, indice,preuve. C’est là un argument en notre faveur toutaussi bien qu’en faveur de nos adversaires. Les ventsÉtésiens dont on veut tirer un argument. || 3* Som-maire d’un ouvrage. || 4” En termes d’astronomie,argument de la latitude; le lieu de l’aphélie et celuidu nœud d’une planète étant connus, et l’anomalievraie de la planète étant donnée, on a sa distanceau nœud, qu’on nomme autrement l’argument dela latitude.

— HIST. xiii” s. Or entent donc à l’argument :Gedipain d’orge est de froment, Ge di pain de fromentest d’orge, Ren. 21209.Bien l’entendras [la vérité],se bien répétés Les argumens as gratis poetes, laRose, 7206. Et tous les autres estrumens Qui suntpiliers et argumens X soustenir nature humaine, ib.6994. Tu iez pors de nostre esperance, Matière denostre faconde, Argumens de nostre creance, ru-teb. ii, 40. || xiv* s. Après je respons as arguemenscontraires, oresme, Eth. 1 63. Qu’est-che?che dist liprestres. Argue vistement.. Qu’à mi voelt desputeret faire arguement ; Si vienge encontre mi mons-treir son parlement, Baud. de Seb. xii, 316. Il pro-pose la table dessus dite pardevant Appius , qui es-tait auteur de cestui argument, bercheure, f° 66,recta. || xvi* s. Dieu nous donne argument [sujet]continuel de le prier et louer, calv. Inst. 707.

— ÉTYM . Argumentum, de arguere (voy. arguer);provenç. argument; espagn. argumenta ; ital. argo-mento. Le vieux français arguement vient, non d’ar-gumentum, mais directement d’arguer.

ARGUMENTANT (ar-gu-man-tan), s. m. Celuiqui argumente dans un acte public contre le répon-dant. Les Carmes prouvèrent contre tout argumen-tant que Pythagore était un moine de leur ordre,volt. Phil. v, 26 . L’empereur chinois ne paya ja-mais des argumentants, id. Phil. m, 29.

ARGUMENTATEUR (ar-gu-man-ta-teur), s. m.Celui qui argumente, qui se plaît à argumenter.

— ÊTYM . Argumentator, de argumentari (voy.argumenter).

ARGUMENTATION (ar-gu-man-ta-sion), s. f. Ac-tion, art d’argumenter. Exceller dans l’argumenta-tion.

— HIST. xiv* s. Par une argumentacion appelléede proporcion transmuée, il convient que il ait telproporcion de douze à quatre, comme il a de six àdeux, oresme, Eth. 447.

— ÉTYM. Argumentatio , de argumentari, argu-menter.

ARGUMENTÉ, ÉE (ar-gu-man-té, tée), part,passé. Argumenté et pressé par un adversaire habile.

ARGUMENTER (ar-gu-man-té). || 1* F. n. Fairedes arguments. Argumenter selon les règles, enforme. Argumenter contre quelqu’un. || 2° Argu-menter d’une chose, en tirer des conséquences. Cu-vier, argumentant des formes des animaux actuels,détermine les conditions générales des animauxfossiles. || 3* F. a. Argumenter quelqu’un, lui adres-ser des arguments, disputer contre le répondant.|| 4* S’argumenter, t). réfl. Il n’y a qu’à mettre sesmains sur ses oreilles et s’argumenter un peu [sefaire une raison], i. J. rouss. Orig. 2 .

— HIST. xvi* s. Quand les vignes gelent en monvillage, mon prebstre en argumente Tire des dieuxsur la race humaine, mont, i, 470.

— ÉTYM . Argumentari, de argumentum, argu-ment.

| ARGUMENTEUR (ar-gu-man-teur), s. m. Celuiqui argumente. Il allait souvent disputer à des thè-ses dans les classes de philosophie, et il brillait fortpar sa qualité de bon argumenteur, fonten. Vari-gnon.

ARGUS (ar-gus’), s. m. |j 1* Personnage auquel laFable donnait cent yeux. ||Fig. etfamilièrement,avoirdes yeux d’argus, être fort vigilant, fort difficile àtromper. || 2° Surveillant, espion. J’ai des argusaux coteaux d’alentour Qui feront leur devoir d’yveiller nuit et jour, rotr. Antig. iv, 4. Je serai,si je veux, l’argus de votre vie, id. Rélis. m, 2 . Sau-mery s’en acquitta [du soin de veiller à l’entrevuede Fénelon et du duc de Bourgogne ] en argus, avecun air d’autorité qui scandalisa tout le monde, st-sim. 408, 446. Damon Établit des argus à l’entourde sa femme, la font. Coupe. Du préfet je crains les